, parfois connu sous le titre Attention au lapin, est un film américain réalisé par Brian De Palma et sorti en 1972. Premier film pour un grand studio du réalisateur, c'est l'occasion pour lui de diriger Orson Welles. Néanmoins le tournage est très dur pour De Palma qui est renvoyé par la Warner et se sentira douloureusement dépossédé de son film.

Synopsis

Donald Beeman, cadre supérieur dans une entreprise, lassé de la course effrénée au succès, démissionne impulsivement et prend la route en tant que magicien et danseur de claquettes itinérant sous la tutelle d'un magicien M. Delasandro. Son ancien patron, M. Turnbull, déterminé à le convaincre de reprendre son travail de bureau, le poursuit alors qu'il se produit dans des boîtes de nuit et des bars miteux, mais les deux hommes créent finalement Tap Dancing Magicians, un cours destiné aux hommes d'affaires stressés. Lorsque leur petite entreprise devient l'une des sociétés les plus prospères au monde, Donald se retrouve ironiquement dans la même situation que lorsqu'il a quitté son emploi.

Fiche technique

Titre en français : Attention au lapin (si ce titre en français apparaît sur certains sites internet, il semble n'avoir jamais été utilisé lors de l'exploitation du film.) Titre original : Réalisation : Brian De Palma Scénario : Jordan Crittenden Musique : Jack Elliott et Allyn Ferguson Photographie : John A. Alonzo Montage : Peter Colbert et Frank J. Urioste Production : Paul Gaer et Steven Bernhardt Producteur délégué : Peter Nelson Producteur associé : Robert Birnbaum Société de production : Acrobatic Motion Works West Distribution : Warner Bros. Pays de production : Durée : 91 minutes Genre : comédie Format : couleur (Technicolor) - 1.85:1 - 35 mm - son monophonique Dates de sortie : États-Unis : (sortie limitée) New York :

Distribution : Donald Beeman John Astin : M. Turnbull Katharine Ross : Terrific-Looking Girl Orson Welles : M. Delasandro Susanne Zenor : Paula Samantha Jones : Susan Allen Garfield : Vic Charles Lane : M. Beeman M. Emmet Walsh : M. Wendel Timothy Carey : le policier

Production Genèse et développement Grâce au succès de Greetings (1968), Brian De Palma est engagé par la Warner Bros. pour réaliser une autre comédie, son premier film avec un grand studio. Il quitte alors New York pour découvrir Hollywood.. Le scénario est une commande visant à lancer la carrière d'acteur de cinéma de , une célébrité de la télévision.. Il a formé avec son frère le duo comique des Smothers Brothers qui a animé une émission comique et polémique sur CBS.

Avec ce film, Brian De Palma souhaite parler de la manière dont le capitalisme récupère et neutralise les forces qui cherchent à le contester : un homme quitte son entreprise pour devenir magicien et vivre une vie d'artiste mais il a tellement de succès que tout le monde se met à s'habiller comme lui et à adopter son mode de vie..

Brian De Palma souhaite, pour le rôle du magicien, engager Orson Welles pour qui il a une immense admiration. Mais il doit se battre contre le studio qui lui préfère Gig Young, récemment oscarisé pour son rôle dans On achève bien les chevaux. Le réalisateur finit par contacter Welles lui-même .

Tournage et montage Le tournage se passe très mal pour Brian De Palma car, venant du cinéma indépendant, il est peu préparé au contrôle qu'a l'habitude d'exercer un grand studio tel que la Warner sur la fabrication d'un film. Il entre en désaccord avec le scénariste Jonathan Crittenden sur la caractérisation du personnage principal : Brian De Palma souhaite pour lui une . Néanmoins, la rencontre avec Orson Welles est idéale : bien que Welles ait accepté le film par besoin d'argent, il se montre agréable avec ses partenaires. En revanche, Tom Smothers, en procès avec CBS qui l'a renvoyé pour avoir eu dans son show un invité trop politiquement incorrect, est, selon De Palma, instable. Peu à peu, il ne s'entend plus avec personne sur le plateau et disparaît pendant plusieurs jours sans prévenir. Beaucoup de scènes avec lui sont ratées, Brian De Palma souhaite les retourner mais le studio s'y oppose. De son côté, Tom Smothers n'aime pas la mise en scène du réalisateur et le fait savoir à la production, qui prend son avis en compte : c'est une célébrité alors que Brian De Palma est alors beaucoup moins connu. La Warner semble n'aimer ni le film ni les propositions du réalisateur pour l'améliorer. Elle fait tourner certaines séquences par un autre réalisateur. Deux semaines après une soirée où Brian De Palma s'est moqué de qui dirige la Warner, il est renvoyé.

Accueil et impact sur Brian De Palma La sortie du film est un Elle est retardée de deux ans par rapport à son tournage : Tom Smothers, n'aimant toujours pas le film, fait pression sur la Warner pour qu'il ne sorte pas : tourné en 1970, il n'est exploité en salles qu'à l'été 1972, en même temps qu'un autre film dont le retentissement est supérieur. Néanmoins, le critique du Vincent Canby écrit un long article sur le film où il affirme qu'un jour, Brian De Palma .

Brian De Palma ne voit le film terminé qu'à sa sortie comme n'importe quel spectateur. Il raconte, en 2000, avoir été dévasté par ce qui s'est passé : . Cette expérience traumatisante où il se sent manipulé fait naître en lui la décision de ne plus jamais laisser quiconque prendre le contrôle sur son œuvre. C'est à partir de cette dépossession de son œuvre que naît son film Phantom of the Paradise, sorti en 1974..

Notes et références

Annexes Bibliographie

Liens externes

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