Grégoire V est le pape de l'Église catholique, né en 972 ou 973, probablement à Stainach sur l'Enns, dans la marche de Styrie (actuellement en Autriche). Prince de la dynastie franconienne et fils du duc Othon de Carinthie, il est nommé pape par qui en retour le couronne empereur du Saint-Empire. Son pontificat dure de au Philippe Levillain (direction), Dictionnaire Historique de la Papauté, Fayard, 1994, ..

Biographie Origines Grégoire V, nom d'origine Brunon de Carinthie (en ), est originaire de Stainach en Styrie, une résidence de son père Othon de Worms et de son épouse Judith, fille du duc . Son père, nommé duc de Carinthie en 978, est un petit-fils de l'empereur du Saint-Empire dont il porte le prénom. C'est aussi le cousin d', élu roi des Romains en 983 et sacré empereur en 996.

Brunon est le deuxième fils du couple ; son frère aîné Henri est le père du futur empereur Conrad II le Salique. Son frère cadet Conrad succédait à leur père en tant que duc de Carinthie en 1004.

Désignation au pontificat Brunon est éduqué à Worms par l'archevêque Willigis de Mayence avec un autre professeur qui était Johannes Philagathos, qui deviendra , considéré comme antipape (997 à 998).

Il exerce d'abord comme vicaire à Worms et accompagne en , en tant que vicaire de la cour royale, avec l'archevêque Mayence Willigis et l'évêque Hildebold, son roi et cousin Otton III durant son premier voyage à Rome. En effet, il se rend en Italie afin de se faire couronner, mais aussi pour répondre à l'appel à l'aide du pape Jean XV, agressé et chassé de Rome par le préfet Crescentius et ses partisans. Le pape Jean XV meurt début . n'est pas encore à Ravenne lorsqu'il désigne comme candidat au titre de souverain pontife son parent et chapelain privé, Brunon de Carinthie, et le fait accompagner par l'archevêque de Mayence Willigis et l'évêque Hildebold jusqu'à Rome. Il y est reçu avec honneur et élu par le clergé et le peuple. Il est consacré pape le et prend le nom de Grégoire V, en hommage à , l'un des Pères de l'Église« Grégoire V » (Encyclopédie italienne - 1933).. Il est le premier pape d'origine germanique à recevoir la tiare papale Gerd Althoff, Die Ottonen, Königsherrschaft ohne Staat .. À , il est le pape reconnu par l'Église catholique romaineAnnuario pontificio..

Pontificat vignette|gauche|Grégoire V couronne empereur , enluminure des chroniques de Martin d'Opava ().

Les premières semaines de son pontificat sont principalement orientées dans les préparatifs pour le couronnement d', qui a lieu des mains de Grégoire V, le , jour de l'Ascension. Le lendemain, grâce à l'intervention de Grégoire V, Otton III pardonne à Crescentius, le préfet de la ville, qui avait été condamné à l'exil.

Au milieu de l'agitation des cérémonies du couronnement, sont convoqués un synode à Pavie et un concile à Rome : ils se distinguent par le fait, qu'en raison de la coopération étroite entre l'empereur et le pape, apparaît une coprésidence du synode et la double signature des décrets« Grégoire V » (Encyclopédie italienne).. Lors du concile de Rome, les principales discussions portent sur le grand schisme d'Orient qui a commencé en 991Venance Grumel, « Les préliminaires du schisme de Michel Cérulaire ou la question romaine avant 1054 », Revue des études byzantines, 10, 1952, p. 5-23., lors du concile de ReimsPons Augustin Alletz, Dictionnaire portatif des conciles.. Quand l'empereur, en , quitte l'Italie, il confie au marquis de Tuscia et à Conrad Hugues, comte de Spolète et de Camerino, la tâche de soutenir militairement le pape. Il donne à Conrad sept comtés de la Pentapole, sur lesquels la souveraineté du pape et de l'empereur n'est pas clairement accordée.

Le nouveau pape diffère par sa conduite exemplaire. Les croyants placent de grands espoirs en lui, car la fin du premier millénaire approche, avec les nombreuses craintes d'un jugement de Dieu et le souci de la fin du monde réunis.

Éviction et retour de Grégoire V vignette|La tombe de Grégoire V dans la nécropole papale de la basilique Saint-Pierre (Vatican).

Dans les derniers jours du mois de , quelques mois seulement après avoir été gracié par l'empereur Otton III, l'ancien préfet Crescentius entreprend de faire chasser Grégoire V de Rome. Celui-ci fuit à Spolète. Crescentius complote avec l'archevêque de Plaisance et l'ancien conseiller de Théophano, Jean Philagathos, et fait élire ce dernier (considéré actuellement comme un antipape) sous le nom de Jean XVI.

La révolte de Crescentius est définitivement écrasée par Otton III, qui marche une fois de plus sur Rome, en . Crescentius est décapité. Jean XVI s'enfuit, mais les troupes impériales le pourchassent puis le capturent, lui coupent le nez et les oreilles, lui arrachent la langue et l'aveuglent, l'empêchant ainsi d'écrire et l'humilient publiquement devant Otton III et Grégoire V, avant de l'enfermer dans un monastère romain. Jean XVI est, par la suite, envoyé dans le monastère de Fulda, en Germanie, où il meurt vers 1001 (ou 1013, selon certaines sources.). Grégoire V reprend son siège à Rome, mais le châtiment exemplaire, à l'encontre de Jean XVI et Crescentius, leur vaut la malédiction de l'ermite Nil de RossanoDictionnaire des papes..

Grégoire V meurt à Rome, le , probablement de paludisme à l'âge de . Selon certains, il pourrait avoir été empoisonné. Il est enterré dans les tombes papales dans l'antique basilique Saint-Pierre, à côté d'Otton II, qui est le seul empereur du Saint-Empire romain à mourir à Rome et à être enterré dans l'antique basilique vaticane.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie « Grégoire V » (Encyclopédie italienne - 1933). « GREGORIO V » - Encyclopédie des Papes - Wolfgang Huschner (2000). Ivan Gobry, Dictionnaire des papes Extraits sur Google Books.

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