L'Olympique est un club de football français, fondé en 1908 et disparu en 1926 après avoir fusionné avec le Red Star Club. Il était d'abord situé à Pantin avant de déménager à Paris.

Le club est issu de la fusion de deux clubs, l'Étoile sportive parisienne et la Société athlétique de Pantin. Alors établi à Pantin, commune limitrophe de Paris, le club est parfois appelé Olympique de Pantin. Il fusionne avec le Sporting Club de Vaugirard en 1918 et s'installe à Paris au stade Bergeyre, récemment construit dans le . Il est alors parfois appelé Olympique de Paris. Néanmoins, le nom du club a toujours été simplement Olympique.

L'Olympique s'affilie à la Ligue de football association en 1911, ce qui lui permet de prendre de l'importance dans le paysage du football parisien. Il remporte ses premiers titres au cours de la Première Guerre mondiale, avec trois Challenges de la Renommée et surtout la toute première Coupe de France, alors appelée Coupe Charles-Simon, en 1918.

Au sortir de la guerre, l'installation du club au stade Bergeyre accroit son assise parmi les meilleurs clubs parisiens. Entre 1919 et 1924, l'Olympique se partage avec le Red Star Club presque toutes les compétitions organisées par la jeune Ligue parisienne de football association. De cette mainmise naît une forte rivalité entre les deux clubs, alimentée par une concurrence géographique pour l'attraction des supporters dans les secteurs du Nord et de l'Est de la capitale, ponctuée par un affrontement mémorable en finale de la Coupe de France 1920-1921.

L'Olympique, club français le plus titré sur la période 1914-1924 et possédant de nombreux joueurs internationaux, est exproprié de son stade en 1926 en pleine crise du logement à Paris. Privé de stade, l'Olympique fusionne dans la foulée à la surprise générale avec son rival du Red Star Club, et lui lègue ses couleurs, le vert, ainsi que son nom, le Red Star prenant le nom de Red Star Olympique jusqu'en 1967.

Historique

Genèse de l'Olympique (1908-1911)

vignette|upright=0.8|Localisation de la ville de Pantin.|alt=Plan de la région parisienne.

D'après le Dictionnaire historique des clubs de football français, l'Olympique aurait été fondé en 1895 à Paris dans le , dans un café situé à l'angle de la rue du Faubourg-Saint-Martin et du boulevard de Magenta, de la fusion de deux clubs, l'Étoile parisienne et la Société athlétique de Pantin, le club s'installant alors à Pantin, commune limitrophe dans la banlieue nord-est de Paris. Il s'agit toutefois d'une erreur, née d'une confusion avec un autre club appelé Olympique, dissident du Racing Club de France et surtout connu pour sa section de rugby, qui a bel et bien été fondé en 1895. Cet Olympique engage une équipe de football en seconde série du championnat de Paris de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) pour la saison 1896-1897. Comme le souligne Georges Duhamel dans son ouvrage Le Football français : ses débuts, qui traite du football parisien avec exhaustivité sur la période 1892-1897, cet Olympique n'est Le club de l'Olympique développé dans cet article s'installe au stade Bergeyre en 1918..

L'Olympique a en réalité été fondé en 1908 par la fusion de la Société athlétique de Pantin et de l'Étoile sportive parisienne (et non l'Étoile parisienne). Le club démarre en deuxième série du championnat de Paris de l'USFSA lors de la saison 1908-1909, prenant la place qu’y occupait la SA Pantin la saison précédente. Les dates de fondation de ces deux clubs sont incertaines. L'ES parisienne démarre en quatrième série lors de la saison 1902-1903, tandis que la SA Pantin apparaît directement en troisième série lors de la saison 1904-1905. Les deux clubs n'ont jamais atteint la première série, mais ont tous les deux joué en deuxième série, de 1904 à 1907 pour l'ES parisienne et de 1905 à 1908 pour la SA Pantin. Lors de la fusion en 1908, l'ES parisienne est redescendue en troisième série.

L'Olympique joue pendant trois saisons en deuxième série entre 1908 et 1911, sans parvenir à monter en première série. Alors qu'il ne fait pas partie de l'élite sportive parisienne, le club se retrouve néanmoins sur le devant de la scène grâce à la scission opérée en 1910 par cinq clubs de région parisienne qui se détachent de l'USFSA pour former la Ligue de football association (LFA), première fédération française entièrement consacrée au footballPour plus d'explications concernant les raisons de la fondation de la LFA, se référer aux articles championnat de France de football (USFSA) et Ligue de football association.. La LFA, composée majoritairement de clubs de seconde zone, rencontre pourtant un franc succès dès sa création et de nombreux clubs déçus de la gestion du football dans leur fédération la rejoignent. L'Olympique suit ce mouvement, quittant l'USFSA à la fin de la saison 1910-1911 pour s'affilier à la LFA, affiliation entérinée lors de l'assemblée générale du . Vingt-cinq clubs sont affiliés pour la saison 1911-1912, répartis en deux séries de huit et dix-sept clubs. L'Olympique est alors directement propulsé en première série d'un championnat tout aussi médiatisé que celui de l'USFSA.

Succès dans les compétitions de la LFA et en Coupe de France (1911-1918)

L'Olympique participe à la première série du championnat de la Ligue de football association entre les saisons 1911-1912 et 1913-1914. Son premier match a lieu le et se solde par une victoire sept buts à un face à l'Étoile sportive du . L'Olympique ne joue pas les premiers rôles dans ce championnat, ni sur les terrains, ni en dehors. La prédominance reste en effet l'apanage du Red Star Amical Club et du Cercle athlétique de Paris, deux des principaux clubs fondateurs de la LFA, régulièrement en tête du championnat et dont les membres occupent les fonctions de dirigeants les plus importantes au sein de la Ligue. Sur la période 1911-1914, un seul membre de l'Olympique, L. Berson, siège à la LFA, en tant que simple membre du comité, tandis que le club termine systématiquement en milieu de classement. Le club prend néanmoins de l'importance, passant d'une soixantaine de membres à environ cent soixante, et engageant jusqu'à huit équipes en compétitions au lieu de trois.

Il faut attendre le déclenchement de la Première Guerre mondiale pour voir l'Olympique remporter des titres. La LFA arrête son championnat durant le conflit, mais organise à la place un Challenge de la Renommée, offert par le journal L'Intransigeant et ouvert à tous les clubs de la LFA sous réserve d'inscription. Alors que le Red Star AC et le CA Paris sont présentés comme les deux grands rivaux, l'Olympique s'adjuge trois fois de suite le Challenge entre 1915 et 1917. Sa victoire en 1916 lui permet de se qualifier pour la Coupe de FranceCette compétition n'a pas de lien avec l'actuelle Coupe de France de football., une épreuve organisée par le Comité français interfédéral (CFI) sur le modèle du Trophée de France. Le club remporte la Coupe, considérée dans la presse comme un , l'Olympique étant affublé du titre officieux de .

La saison 1917-1918 voit l'apparition d'une nouvelle compétition organisée par le CFI, la Coupe Charles Simon, qui prend rapidement le nom de « Coupe de France ». L’événement est important. En pleine Union sacrée, une compétition est ouverte pour la première fois aux clubs de toutes les fédérations et de toute la France. L'Olympique parvient en finale de cette première édition contre le Football Club de Lyon, le principal club de l'agglomération lyonnaise. Le match a lieu le au stade de la rue Olivier-de-Serres à Paris. Le poids de l'Histoire rattrape le FC Lyon. Son gardien, l'Uruguayen Carlos Mutti, engagé volontaire dans la Légion étrangère, reçoit son ordre de départ au front un mois avant la finale. Les Lyonnais sont contraints de jouer avec leur avant Paul Weber dans les buts. De son côté, l'Olympique aligne quatre Belges, dont des soldats provisoirement affectés dans des régiments basés à Paris. Le gardien belge de l'Olympique, René Decoux, se fait expulser par l'arbitre après avoir asséné un crochet du droit au Lyonnais André Weber à la suite d'une charge jugée trop violente. Mais alors que le score est de zéro à zéro, le capitaine du FC Lyon, Roger Ébrard, ne voulant pas d'une finale au rabais, demande la réintégration de son adversaire. C'est le tournant du match. L'Olympique marque trois fois, un doublet d'Émile Fiévet, à la réception de deux centres de Jules Devaquez, et un but sur contre-attaque de Louis Darques. À la fin du match, le trophée est solennellement remis à Gabriel Balestra, le président de l'Olympique.

L'Olympique s'impose comme un grand club parisien (1918-1925)

Champion de Paris et double finaliste de la Coupe de France (1918-1921)

À la suite de son succès en Coupe de France, le destin de l'Olympique se lie à celui du stade Bergeyre. Cette enceinte est la propriété du Sporting Club de Vaugirard, un club parisien important qui est surtout réputé pour sa section de rugby. Grâce au mécénat de son président, Gaston Sigrand, patron d’une grande chaine de magasins de confection, le stade est construit entre 1914 et 1918 sur une butte à côté du parc des Buttes-Chaumont dans le . L’inauguration a lieu le . Dans le même temps, l'Olympique absorbe le SC Vaugirard et emménage au stade Bergeyre. Cette union permet de métamorphoser l'Olympique en un grand club omnisports, à la mesure du Racing Club de France ou du Stade français. L'Olympique adopte de plus la couleur du Sporting Club de Vaugirard, le vert.

L'Olympique arrive une nouvelle fois en finale de la Coupe de France lors de l'édition 1918-1919. Pour la dernière Coupe organisée par le Comité français interfédéral, avant que la toute nouvelle Fédération française de football association (FFFA) ne prenne la main, les Olympiens sont opposés au Club athlétique de la Société générale, le club le plus titré des compétitions de guerre. L'Olympique, qui joue avec plusieurs remplaçants, s'incline face aux banquiers par trois buts à deux dans les dernières minutes de la prolongation.

Cinq mois après la création de la FFFA, le football parisien repart pour la saison 1919-1920 sous l'égide de la Ligue parisienne de football association (LPFA). Pour ne favoriser aucun club venant de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA), de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF), de la Ligue de football association (LFA) ou de la Fédération cycliste et athlétique de France (FCAF), la Ligue parisienne décide d'organiser un , en mélangeant les clubs venant de chaque fédération et en formant deux groupes de dix équipes. Pour la première journée, disputée le , la rencontre la plus attendue met aux prises au stade Bergeyre l'Olympique, ancien de la Ligue, au Racing Club de France, ancien de l'Union. Le Racing, futur vainqueur du groupe, l'emporte par deux buts à zéro sous une pluie battante sur un Olympique diminué par l'absence de trois équipiers. En Coupe de France, l'Olympique est éliminé par l'Olympique lillois au stade des huitièmes de finale. Le match est un fiasco. Le terrain du stade Bergeyre n'est qu'un , sur lequel se sont affrontés deux semaines auparavant le Racing et l'Olympique en rugby. Mise au courant de la situation, la Fédération maintient pourtant le match, mais peu avant le coup d'envoi, alors que le public est déjà arrivé, il est décidé de déplacer la rencontre au stade de la rue Olivier-de-Serres, à l'autre bout de Paris, où le terrain est tracé à la hâte. La faute, jugée assez grave, vaudra des sanctions au secrétaire administratif de la Fédération.