Adolphe Braun est un photographe français né le à BesançonActe de naissance sur Mémoirevive, Patrimoine numérisé de Besançon. et mort le à Dornach.

Il est à l'origine de la maison Ad. Braun & , disparue en 1969.

Biographie

Adolphe Braun se rend à Paris en 1828, pour se perfectionner dans l'art du dessin et crée en 1834 sa première société : un atelier de dessin d'industrie. En 1843, il quitte Paris et ouvre en 1847 un nouvel atelier à Dornach, près de Mulhouse. Cet atelier prospère emploie une quarantaine de personnes en 1855.

Adolphe Braun maintiendra son activité jusque vers 1870. Ses liens privilégiés avec Daniel Dollfuss-Ausset (1797-1870)., directeur de Dollfus-Mieg et Compagnie, et commanditaire de photographies de montagne dès l'invention du daguerréotype, ne sont sans doute pas étrangers à sa nouvelle passion, la photographie. En 1854, Braun présente à l'Académie des sciences une collection de Fleurs photographiées destinée aux dessinateurs industriels. Le succès qu'elles obtiennent à l'Exposition universelle de 1855 l'encourage à poursuivre dans cette voie. Braun propose alors l’Alsace photographiée (1858-1859) qui lui vaut la croix de chevalier de la Légion d'honneur et le titre de « Photographe de Sa Majesté l'Empereur ». Suivent d'autres séries.

Le tout complété par une abondante production de vues stéréoscopiques. Formant officiellement sa société parisienne en 1857, Adolphe Braun travaille avec d'autres opérateurs comme son frère Charles (1815-1892), ses fils Henri (1837-1876), qui commença comme peintre, et Gaston (1845-1928)., ou encore Jean-Claude Marmant, cité par Nadar pour son exceptionnel tour de main dans la préparation des plaques au collodion. À partir de 1866, Braun a entrepris de reproduire par la photographie, les dessins des plus importantes collections publiques et privées d'Europe (musée du Louvre, Kunstmuseum de Bâle, Albertina de Vienne, galerie des Offices de Florence, collection du grand-duc et de la grande-duchesse de Saxe-Weimar-Eisenach à Weimar).

À partir des années 1870, la reproduction photographique d'œuvres d'art devient le fer de lance de la Maison Braun. Le catalogue, qui comprend aussi des reproductions de statues, de bas-reliefs, de fresques et de peinture, est considérable. Pour les épreuves, Adolphe Braun utilise le procédé inaltérable de tirage au charbon de Joseph Swan. Il sélectionne les pigments et les teintes se rapprochant le plus de l'œuvre originale : sépia, sanguine, fusain, mine de plomb, et produit des fac-similés fidèles à l'œuvre originale. La gamme complète ira jusqu'à 24 teintes au début du . De même, le choix du collodion est adapté en fonction des peintures à reproduire. Pour améliorer le rendu, le tirage au charbon, coûteux, reste prééminent même si la maison adopte en 1872 la photoglyptie, pour produire des tirages en série à bon marché, puis en 1876, la phototypie, un procédé d'impression aux encres grasses.

Les financiers ne suivent plus, il faut de nouveaux partenaires. La Société Adolphe Braun et est créée le . Son fils Gaston, après la mort de son frère Henri, lui succède. L'entreprise au bord de la faillite sera sauvée par l'association avec son beau-père Pierre-Louis Pierson et son beau-frère Léon Clément, en 1878.

La maison Braun & (1853-1969) : l'essor de la reproduction photographique d'œuvres d'art vignette|redresse|Publicité pour Adolphe Braun & (1897). La dynastie Braun

La maison Braun & La raison sociale de l'entreprise créée par Adolphe Braun changea à de nombreuses reprises, cependant pour des raisons d'ordre pratique nous utiliserons cette unique dénomination. fut une affaire familiale, d’une grande renommée qui lui valut de travailler dans les plus beaux musées français ainsi qu’à l’étranger. La reproduction photographique d’œuvres d’art n’était pas une grande nouveauté à l’époque où Adolphe Braun (1812-1877) ouvrit son atelier photographique à Dornach en 1853. Pourtant, il parvint à s’imposer sur le marché. À l’origine dessinateur sur étoffes, il fut formé à Paris avant de s’installer à Mulhouse en 1843 pour travailler dans la firme de textile de Dollfus-Mieg et Compagnie. Ce fut à ce moment-là, qu’il s’intéressa à la photographie et expérimenta la technique du daguerréotype. En 1847, Braun ouvre un atelier de dessin sur étoffes à Dornach. La photographie s’intégra progressivement dans la production avec la publication de l’album Fleurs photographiées en 1854. Ces photographies servirent de modèle dans les écoles de dessin ainsi que pour les industriels du textile, leur offrant la possibilité de renouveler les modèles de convention. La reproduction photographique d’œuvres d’art fut pour Braun le moyen de continuer dans cette optique de fournir des modèles.

Ce fut lors d’une campagne pour la réalisation de vues pittoresquesIl est important de mentionner que Braun publie en 1859 l’album L’Alsace photographiée qu’il dédie à Napoléon III. Il reçoit la croix de la Légion d’honneur et le titre de « Photographe de Sa Majesté l’Empereur ». Jusque dans les années 1870, Braun commercialisait des vues de paysages de Savoie, Suisse, Tyrol, Allemagne, Belgique, Hollande, Italie ainsi que quelques régions françaises (Paris, Versailles, l’Isère, le Midi). que Braun en 1862 reproduit les dessins de Hans Holbein du Kunstmuseum de Bâle. L’édition du catalogue Allemagne de 1865 contient une quarantaine de reproductions d’antiques et de vues d’intérieurs des musées de Berlin et de Dresde. À l’instar des Fratelli Alinari, l’intention de Braun fut de . Un autre projet le taraude, celui de photographier les chefs-d’œuvre du musée du Louvre. Pour mener à bien ce projet de vaste envergure, Braun n’était pas seul. Son frère Charles (1815-1892), ses fils Henri (1837-1876) et Gaston (1845-1928) l’aidèrent dans son entreprise. Comme Goupil & Cie, Braun ouvrit des succursales à travers l’Europe et aux États-Unis. Son premier atelier et sa boutique installés au 14, rue Cadet à Paris ouvrit en 1868. Ses épreuves portent alors la mention :

Au cours de la décennie suivante, la société sera amenée à déménager, entre autres lors de l’association en 1872 avec Pierre-Louis Pierson et Léon Clément. À la mort d’Adolphe Braun, son fils Gaston (1845-1928) pris sa succession. Ce dernier, continua la tâche commencée par son père − extrait d’une lettre d’Adolphe Braun à Paul de Saint-Victor le , repris dans ., obtenant en 1883 un contrat d’exclusivité de trente ans entre la maison Braun & et les musées nationaux. Ce quasi-monopole provoqua un mécontentement général des autres maisons photographiques. Braun fournit une grande partie des clichés reproduits dans la Galerie contemporaine, littéraire, artistique (1876-1880).

Son neveu, Fernand Braun (1852-1948) fait son apprentissage dans les ateliers de son oncle puis part s'installer à Angoulême en 1878, puis à Royan en 1895 où il fait une carrière remarquée comme portraitiste et éditeur de cartes postales de la région des CharentesBenjamin Caillaud, Fernand Braun, photographe des Charentes, Presses universitaires de Rennes, 2015, ..

La maison Braun & et le musée du Louvre vignette|redresse|Gaston Braun (1900). La maison Braun & n’a pas attendu d’avoir un contrat d’exclusivité avant de commencer à photographier les chefs-d’œuvre du musée du Louvre. Les musées, vastes terrains pour la reproduction photographique d’œuvres d’art devinrent très prisés des photographes spécialistes dans le genre. La réglementation dans les années 1850 du musée du Louvre demeure assez floue, l’accès se faisant sur simple autorisation. L’invasion progressive des photographes, avec leur matériel encombrant, et le risque qu'elle entraîne de détérioration des salles et des œuvres engendrent le mécontentement de l’administration. Tant et si bien qu'Émilien de Nieuwerkerke, surintendant des Beaux-Arts, interdit toute opération photographique dans l’enceinte du musée par l’arrêté du . Malgré cette interdiction, Braun obtint l’autorisation de photographier les dessins du Louvre grâce à Frédéric Reiset, conservateur des dessins, dont il publie 333 reproductions de dessins au début de l’année 1867, complétées en septembre de la même année par 600 autres. Les relations mondaines de Braun lui permirent la réalisation de campagnes de reproductions photographiques. Notamment, grâce au critique d’art, fort apprécié de l’époque, Paul de Saint-Victor (1827-1881), qui malgré son opposition manifeste envers la photographie, soutint dès la fin de l’année 1867 les Braun dans leur entreprise. Ce critique devint même le conseiller de la famille quant au choix des collections à photographier. Connaissant les nombreuses oppositions de l’époque face à la photographie, on peut se douter de l’apport bénéfique qu’a procuré ce soutien.

L’interdiction de photographier dans l’enceinte du musée du Louvre fut levée en 1872 et les demandes d’autorisation de photographier réglementées. Avec la mise en place de réglementations, comme les jours de travail et horaires imposés, l’utilisation du seul collodion sec, et la remise aux archives du musée de deux épreuves de chaque œuvre photographiée. Cependant, le ministère de l’Instruction publique et des Beaux-arts, dans une volonté d’éviter toute confusion préféra s’en remettre à une seule maison pour la réalisation et l’édition des reproductions photographiques d’œuvres d’art. Malgré la présence antérieure de conflits entre la maison Braun et l’administration des muséesEn effet, la maison Braun ne respectait pas le règlement de 1872, et ne remettait pas aux archives des musées nationaux les deux épreuves. Braun ne se plia à la règle qu’en 1877, sous la menace de non-renouvellement de l’autorisation obtenue en 1876. La maison Braun & obtint malgré cela la concession, probablement par la qualité de son travail, sa renommée et ses relations mondaines. Voir ., le , Gaston Braun obtint une concession au Louvre et le titre de photographe officiel du musée du Louvre et des musées nationaux (le musée du Luxembourg, de Saint-Germain-en-Laye, de Versailles, de Cluny et le musée Condé de Chantilly de 1898 à 1903) ; entrée en vigueur en 1885 pour une durée de trente ans. La maison Braun & avait également à disposition dans l’enceinte du musée du Louvre un atelier ainsi qu’une salle de vente. Ce contrat assura dès lors la pérennité de l’entreprise avec l’assurance d’un travail jusqu’au début du siècle suivant. En échange, la maison Braun & devait fournir épreuves dont imposées par le musée à un prix déterminé en accord avec l’administration.

Les procédés techniques utilisés par la maison Braun &