Dmitri Medvedev, de son nom complet Dimitri Anatolievitch Medvedev (en ), né le à Léningrad (aujourd'hui Saint-Pétersbourg), est un homme d'État russe, Président de la Fédération de Russie de 2008 à 2012 et actuellement vice-président de Conseil de sécurité de Russie depuis 2020.

Premier vice-président du gouvernement russe à partir de 2005, il est élu à la présidence de la fédération de Russie en 2008. Il nomme alors à la présidence du gouvernement son prédécesseur, Vladimir Poutine, qui ne pouvait effectuer plus de deux mandats consécutifs.

En tant que chef de l’État, il mène une politique plus tournée vers le libéralisme et la technologie. Il s'efface au profit de Vladimir Poutine pour l'élection présidentielle de 2012.

Il est nommé à son tour président du gouvernement en 2012, lorsque Vladimir Poutine retrouve les fonctions de président de la Russie. Dmitri Medvedev devient par ailleurs président du parti présidentiel, Russie unie. Il est reconduit dans ses fonctions en 2018, après la réélection de Vladimir Poutine. Il démissionne de la tête du gouvernement en 2020 et est nommé vice-président du Conseil de sécurité. Auparavant vu comme une figure modérée et libérale, il se radicalise durant l'invasion de l'Ukraine par la Russie et, tout au long du conflit, il fait à maintes reprises de virulentes et violentes déclarations anti-occidentales et anti-ukrainiennes.

Situation personnelle Origine, études et mariage gauche|vignette|Dmitri Medvedev à l’âge de deux ans (1967).

Né en 1965 à Léningrad, Dmitri Medvedev est le fils unique d'Anatoli Afanassievitch Medvedev, décédé en 2004, professeur à l'Institut technologique Lensoviet, et de Ioulia Veniaminovna, née Chapochnikova, professeur de langue à l'Institut pédagogique Herzen, puis guide de musée. Ils vivaient dans le quartier Kouptchino à la périphérie de Saint-Pétersbourg.

Dmitri Medvedev est diplômé de la faculté de droit civil de l'université de Leningrad en 1987 et obtient son doctorat en 1990. Pendant ses études, il se passionne pour la photographie et par ailleurs remporte des compétitions d'haltérophilie.

Il se marie en 1989 avec sa camarade d'école Svetlana Linnik, née en 1965 à Kouptchino, dans l'oblast de Léningrad, dans une famille de militaires. Diplômée de l'Institut de finances et d'économie, elle travaille à Moscou et organise des manifestations publiques à Saint-Pétersbourg. Un fils, Ilia, naît de cette union en 1996.

Dmitri Medvedev apprécie le groupe Deep Purple. En 2011, lors de la tournée de celui-ci en Russie, il invite les membres du groupe à sa table. Il est adepte de la pratique du yoga, et en 2010 il déclare être « le premier yogi de l'État. ».

Carrière professionnelle De 1990 à 1999, il est professeur de droit privé à l'université d'État de Saint-Pétersbourg. De 1990 à 1995, il est conseiller du président du Conseil municipal de Saint-Pétersbourg Anatoli Sobtchak, expert auprès du Comité des relations extérieures de la Mairie de Saint-Pétersbourg, donc directement sous la direction de Vladimir Poutine. Il est alors chargé de la mise au point de divers contrats et projets d'investissement.

En 1993, il est un des fondateurs de l'entreprise « Fincell », elle-même fondatrice de « Ilim Pulp Enterprise », l'un des géants forestiers russes. Dans cette dernière structure, Medvedev est directeur des affaires juridiques.

En 1998, il entre au conseil de direction de l'une des plus grandes entreprises contrôlées par celle-ci : le combinat forestier de Bratsk.

Il devient en directeur adjoint de l’administration du Gouvernement, puis en , directeur adjoint de l'administration présidentielle, puis premier directeur adjoint de 2000 à 2003. Le , Dmitri Medvedev est promu conseiller d'État effectif de la fédération de Russie de classe (le plus haut grade civil) par décret signé par Vladimir Poutine en tant que président par intérim de la fédération de Russie.

Depuis , il siège au conseil de surveillance du groupe énergétique russe Gazprom, dont il assure la direction en ..

Parcours politique Débuts et ascension (2003-2008) En , il devient chef de l'administration du Kremlin, collaborant avec le président Vladimir Poutine, dont il deviendra l'un des plus proches collaborateurs, et ce même si leurs relations seront parfois conflictuelles sur certains sujets de société.

Entre le et , il est premier vice-président du gouvernement affecté à la mise en œuvre des projets nationaux et prioritaires.

Le , Dmitri Medvedev est désigné candidat à l'élection présidentielle de 2008 par quatre partis, Russie unie, Russie juste, le Parti agrarien et Pouvoir civil, partis de la coalition au pouvoir et soutenant le président Poutine.

Medvedev est considéré comme un des chefs de file de l'aile « libérale » au Kremlin, par opposition aux « siloviki » (armée, police, services de sécurité)Dépêche AFP du 15 février 2008, dans laquelle sont par exemple reproduits ces propos : ..

Président de la fédération de Russie (2008-2012) Élection présidentielle et investiture vignette|Dmitri Medvedev prêtant serment à la Constitution. Le il est élu à la présidence de la fédération de Russie dès le de l'élection présidentielle de 2008 avec 70,28 % des suffrages Résultats officiels de l'élection.. À 42 ans, Dmitri Medvedev devient le troisième président de la fédération de Russie post-soviétique après Boris Eltsine (1991-1999) et Vladimir Poutine (2000-2008), et également le plus jeune.

Le , Dmitri Medvedev a prêté serment en tant que troisième président de la fédération de Russie lors d'une cérémonie au Kremlin.

Après avoir prêté serment à la Constitution, il a déclaré : « Je crois que mes objectifs les plus importants seront de protéger les libertés civiles et économiques… Nous devons lutter pour un respect véritable de la loi et de surmonter le nihilisme juridique, qui entrave gravement le développement moderne« Russia's Medvedev takes power and pledges freedom », Reuters, 7 mai 2008.. » Comme son inauguration a coïncidé avec la célébration du jour de la Victoire, le , il a assisté à la traditionnelle parade militaire sur la place Rouge et a signé un décret pour fournir des logements aux anciens combattants« Décrets Medvedev à fournir des logements aux anciens combattants », Itar-Tass, 7 mai 2008..

Politique intérieure Le , Dmitri Medvedev nomme Vladimir Poutine comme président du gouvernement russe. En septembre, le pays est frappé par la crise économique. Dmitri Medvedev attribue le déclin du marché boursier russe à cette crise mondiale et soutient que la crise en Russie avait peu, sinon rien à voir avec des problèmes internes de son économie et les politiques gouvernementales. Il ordonne l'injection de fonds importants du budget de l'État sur les marchés pour stabiliser la situation« Russia floods markets with cash in shutdown », Times online, 18 septembre 2008..

Plus libéral que son prédécesseur Poutine, Medvedev parle souvent de « moderniser » la Russie. Il est même parfois considéré comme un « nouveau Gorbatchev »« L'opération de charme de Dmitri Medvedev à Paris », Le Monde, 4 mars 2010.« Can Medvedev emulate Gorbachev? », Los Angeles Times, 10 février 2010..

Le président Dmitri Medvedev envoie une proposition de révision constitutionnelle à la Douma le pour faire passer le mandat présidentiel de quatre à six ans et celui de la Douma de quatre à cinq ans, ainsi qu'une proposition offrant à cette dernière des moyens de contrôler le travail de l'exécutif « Russie : Medvedev envoie un projet de prolongement de mandat présidentiel à la Douma », AFP, 12 novembre 2008..

Le , Medvedev signe un décret présidentiel réformant le système de la fonction publique entre 2009 et 2013 dans le cadre de sa campagne contre la corruption. Ces réformes comprennent l'établissement d'un nouveau système pour gérer le service civil, l'introduction de technologies efficaces et des méthodes modernes d'exploitation des ressources humaines, afin d'accroître l'efficacité et le professionnalisme des fonctionnaires, qui manquaient sérieusement de technologies récentesAgence de presse RIA Novosti, 10 mars 2009.. Medvedev veut également réformer le système de justice en profondeur, notamment pour lutter contre la corruption.

Le , Medvedev signe un amendement par lequel le président de la Cour constitutionnelle de la fédération de Russie et ses adjoints sont proposés au Parlement par le président de Russie, et non élus par les juges, comme c'était le cas avant cela..

En , Medvedev crée la « Commission présidentielle de la fédération de Russie pour contrer les tentatives de falsifier l'histoire au détriment des intérêts de la Russie ».

Medvedev déclare que l'innovation technologique est l'une des grandes priorités de sa présidence. En , il crée la Commission présidentielle sur l'innovation qu'il préside. La commission est composée de l'ensemble du gouvernement russe et de certains des meilleurs universitaires et entrepreneurs.. Medvedev déclare que les grandes entreprises étatiques seront inévitablement privatisées, et bien que l'État ait joué un rôle accru dans l'économie ces dernières années, cela devrait rester une mesure temporaire, ce qui confirme son engagement plus libéral que Poutine« Medvedev says giant state corporations to go private », RIA Novosti, 5 juin 2009..

vignette|gauche|Medvedev avec les dirigeants du BRICS (Brésil, Russie, Inde et Chine) en 2008.

Tout comme le président du gouvernement Vladimir Poutine quelque temps plus tôt, le Medvedev annonce qu'il pourrait se représenter à la présidence en 2012, mais souligne qu'il ne s'opposerait pas à Poutine, et que tous deux réfléchiront pour trouver un accord. Au cours du même discours, il approuve la suppression de l'élection directe des gouverneurs de région datant de 2004, et met en avant l'efficacité de leur nomination par le Kremlin. Il ajoute qu'il ne voit pas de possibilité d'un retour à des élections directes, même dans 100 ans.

En Medvedev déclare qu'il ne veut pas voir le prix du pétrole revenir à des niveaux records vus en 2008. Au lieu de cela, dit-il, un prix entre et le baril serait juste. « La Russie n'a aucun intérêt à un prix du pétrole sans cesse élevé. »

vignette|Dmitri Medvedev avec Vladimir Poutine ().

En Medvedev promet de briser le quasi-monopole du parti au pouvoir Russie unie sur le système politique, position qu'il trouve injuste, affirmant que les « nouveaux temps démocratiques commencent ». Le , les élections régionales sont remportées par Russie unie avec 66 % des voix. Mais, selon Lilia ChibanovaLilya Shibanova en transcription anglaise, chef de l'organisation non gouvernementale Golos, « la concurrence politique est pratiquement nulle », Reuters (12 octobre 2009).

En toujours, un membre du gouvernement russe, Vladislav Sourkov, avertit que les expériences plus démocratiques pourraient entraîner plus d'instabilité et donc déchirer la Russie, faisant allusion à l'instabilité politique pendant la présidence de Boris Eltsine dans les années 1990 .

Son credo libéral n'influe toutefois pas sensiblement sur la politique économique du pays ou sur une libéralisation de la scène politique.

Tandem avec Poutine vignette|Dmitri Medvedev avec Nicolas Sarkozy et José Manuel Durão Barroso (Paris, 14 novembre 2008). Président sortant en 2008, Vladimir Poutine ne peut se représenter en raison de la limitation à deux mandats consécutifs inscrite dans la constitution russe. Alors que cette constitution énonce clairement la prééminence du président, des journalistes se demandent qui, de Vladimir Poutine ou de Dmitri Medvedev, détient le plus de prérogativesAndrew Osborn, « Dmitry Medvedev's Russia still feels the cold hand of Vladimir Putin », The Daily Telegraph, 7 mars 2010..

Si les débuts de la présidence de Dmitri Medvedev ont suscité l'espoir d'un renouveau en Russie, cet espoir a ensuite été déçu et il est apparu que le nouveau président restait fidèle à la ligne politique de Vladimir Poutine et soumis à ses instructions.