vignette|Miniature d'un manuscrit du montrant les apôtres en train de rédiger le Credo sous l'inspiration de l'Esprit saint. Le symbole des Apôtres est une confession de foi chrétienne en usage en occident dans les églises catholique et protestantes.

Son titre en latin est Symbolum Apostolorum (symbole des Apôtres) ou Symbolum Apostolicum (symbole apostolique). Il est aussi connu sous le nom de Credo (c'est-à-dire « je crois » en latin, la version dans cette langue commençant par ce mot).

Le texte de la profession de foi

Traduction en français

Voici une traduction en français du symbole des apôtres utilisée dans la liturgie de l'Église catholique :

1. Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre, 2. et en Jésus-Christ, son fils unique, notre Seigneur 3. qui a été conçu du Saint-Esprit, (et) (qui) est né de la Vierge Marie ; 4. (Il) a souffert sous Ponce Pilate, (Il) a été crucifié, (Il) est mort, (Il) a été enseveli, (Il) est descendu aux enfers ; 5. le troisième jour, (Il) est ressuscité des morts ; 6. (Il) est monté aux cieux, (Il) est assis (variante : Il siège) à la droite de Dieu, le père tout-puissant ; 7. d'où Il viendra (variante : Il viendra de là) (pour) juger les vivants et les morts. 8. Je crois en l'Esprit-Saint (variante : au Saint-Esprit) 9. à la sainte église catholique (version protestante : je crois la sainte église universelle), (à) la communion des saints, 10. la rémission des péchés, 11. la résurrection de la chair 12. la vie éternelle.

Amen.

Les variantes de la version protestante du Credo sont dues à un souci de clarté ou de traduction, mais ne traduisent pas une divergence de doctrine. Ainsi, l'adjectif « catholique » du dernier article est remplacé par sa traduction (καθολικός / katholikós signifiant « général », « universel »), pour ne pas prêter à confusion avec l'Église catholique.

Variante en français Plusieurs variantes de la version ci-dessus ont existé. L'une d'elles était donnée comme plus ancienne par les sources ecclésiastiques du début du . Celles-ci affirmaient même qu'elle était antérieure à 150Catholic Encyclopedia, 1913., selon la plupart des théologiens.

Les différences :

1. Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, [manque: « créateur du ciel et de la terre »]

4. a été crucifié sous Ponce Pilate, et a été enseveli, Au lieu de : « a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers ».

6.2. est assis à la droite du Père, Au lieu de : « est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant ».

9. à la sainte église, [manquent: (église) « catholique, (à) la communion des saints »]

Cette version ne se termine pas par la ré-affirmation de la croyance « à la vie éternelle ».

Latin vignette|Le Credo en latin.Credo in Deum, Patrem omnipotentem, Creatorem caeli et terrae. Et in Iesum Christum, Filium eius unicum, Dominum nostrum: qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria Virgine, passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus, et sepultus, descendit ad inferos, tertia die resurrexit a mortuis, ascendit ad caelos, sedet ad dexteram Dei Patris omnipotentis, inde venturus est iudicare vivos et mortuos. Credo in Spiritum Sanctum, sanctam Ecclesiam catholicam, sanctorum communionem, remissionem peccatorum, carnis resurrectionem, vitam aeternam. Amen.

Histoire Pour la tradition, le symbole des apôtres aurait été transmis directement par les apôtres sous l'influence de l'Esprit saint, ce que conteste l'exégèse historico-critique. Kattenbusch retrace l'origine du Credo jusqu'à l'époque de Tertullien. Adolf von Harnack affirme en 1893 que sa forme finale correspondait à la confession baptismale du sud de la Gaule du , mais il laisse aussi entendre qu'elle aurait pu venir de Rome au .. Le Catéchisme de l'Église CatholiqueCatéchisme de l'Église Catholique (1992) nº 194. déclare qu'il s'agit de l'ancien symbole baptismal de l'Église de Rome en citant Ambroise de Milan« Il est le symbole que garde l'Église romaine, celle où a siégé Pierre, le premier des apôtres, et où il a apporté la sentence commune », (in Explanatio symboli)..

Tertullien (vers 150-vers 220) cite le symbole dans plusieurs écrits : De Praescriptione (vers 200), De Virginibus Velandis (avant 207), Adversus Praxeam (213): De Praescriptione XIIIRemarques(1) Je crois en Dieu, le créateur du monde,Dieu tout-puissant in De Virginibus Velandis(2) au Verbe, son Fils, Jésus-Christ(3) qui par l'Esprit et la puissance de Dieu le Père prit chair dans le sein de Marie, et naquit d'ellevierge Marie in De Virginibus(4) fut attaché à une croix.(4) fut crucifié sous Ponce Pilate, in De Virginibus (4) souffrit, mourut et fut enterré, in Adversus Praxeam(5) Il se releva le troisième jour,(6) fut emporté aux Cieux,(7) prit place à la droite du Père,(9) déléguant la puissance de son Saint-Esprit,(10) pour gouverner les croyants(8) reviendra dans la gloire pour emmener le bon à la vie éternelle et condamner le mauvais au feu perpétuel,(8) reviendra pour juger les vivants et les morts, in De Virginibus et Adversus Praxeam(12) en la restauration de la chair.résurrection, in De Virginibus

Marcel d'Ancyre (285-374) le cite en grec dans une lettre au pape Jules datée de 340. Cyrille de Jérusalem (315-387) et Théodore de MopsuesteDans Les Homélies catéchétiques. (352-428) lui consacrent des catéchèses. Rufin d'Aquilée (vers 345 - 410) donne le premier texte en latin du Symbole et défend son origine apostoliqueDans son Commentaire du symbole des apôtres, 2..

Guillaume Durand (vers 1230-1296) dit que cette profession de foi s'appelle ainsi, parce que chaque apôtre y apporta sa portion et avance cette répartition. :

Deux sermons pseudo-augustiniens qui sont sans doute l’œuvre d’un prédicateur gaulois du nous proposent aussi une version découpée en 12 articles un peu différente : Pierre dit : Je crois en Dieu le Père tout-puissant, Jean dit : Créateur du ciel et de la terre. Jacob dit : Je crois aussi en Jésus-Christ son Fils unique Notre-Seigneur. André dit : Qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie. Philippe dit : A souffert sous Ponce-Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli. Thomas dit : Est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité d’entre les morts. Barthélemy dit : Est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, Matthieu dit : D’où il viendra juger les vivants et les morts. Jacques, fils d’Alphée : Je crois au Saint-Esprit, la sainte Église catholique, Simon le Zélote : La communion des saints, la rémission des péchés, Judas, fils de Jacques : La résurrection de la chair, Matthias acheva : La vie éternelle. Amen Sermon 241.

Fondements scripturaires Dès les temps apostoliques, on trouve les débuts du symbole de la foi : Matthieu, 28, 19 Romains, 10, 9 I Corinthiens, 15, 3-5

Si le texte actuel du symbole des Apôtres n'est pas un texte apostolique, il se base néanmoins sur le Nouveau Testament : Symbole des apôtresSourcesJe crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre,Éphésiens, 3, 9 I Corinthiens, 8, 6 : « Pour nous, il n' y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui tout vient »et en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, I Jean, 2, 22 Marc, 3, 11 : « Tu es le Fils de Dieu »qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie ; Luc, 1, 35a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers ;Matthieu, 27, 2 Actes, 2, 23 : « cet homme, vous l'avez fait supprimer en le faisant crucifier par la main des impies »

I Corinthiens, 15, 3 : « Le Christ est mort pour nos péchés, il a été enseveli »

Actes, 2, 31 : « il n'a pas été abandonné au séjour des morts »

Matthieu, 27, 52 : « les sépulcres s'ouvrirent ». Ainsi ici le terme « enfers » (au pluriel) ne désigne pas l'enfer mais le Shéol, c'est-à-dire la demeure des morts où se trouvent tous les défunts des époques précédant le Christ.le troisième jour, est ressuscité des morts ;I Corinthiens, 15, 4 : « il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures »est monté au ciel, est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant ;I Pierre, 3, 22 : « qui est monté au ciel, à la droite de Dieu »d'où il viendra pour juger les vivants et les morts.II Timothée, 4, 1 : « Le Christ Jésus qui doit juger les vivants et les morts »Je crois en l'Esprit-Saint,Jean, 14, 26 : « Mais le Défenseur, l'Esprit-Saint que le Père enverra en mon nom »à la sainte Église universelle, à la communion des saints,Matthieu, 16, 18 : « sur cette pierre, je bâtirai mon Église » Éphésiens, 5, 29-30 : « Personne ne méprise son propre corps... C'est ce que fait le Christ pour l'Église, parce que nous sommes les membres de son corps »à la rémission des péchés, Matthieu, 26, 28 : « Ceci est mon sang, [...] versé [...] en rémission des péchés »à la résurrection de la chair,I Corinthiens, 15, 13 : « s'il n'y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n'est pas ressuscité »et à la vie éternelle.Matthieu, 25, 46 : « ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle »

Le concile de Trente avait accepté l'origine apostolique du Credo. Son catéchisme de 1566 dit : « Ce que les chrétiens doivent savoir tout d’abord ce sont les vérités que les saints apôtres, nos maîtres et nos guides dans la foi, inspirés par l’Esprit de Dieu, ont renfermées dans les douze articles du symbole. Après avoir reçu de Notre Seigneur l’ordre d’aller remplir pour lui les fonctions d’ambassadeurs (2 Co 5, 20) et de se répandre dans le monde entier pour prêcher l’Évangile à toute créature (Mc 16, 15) ils jugèrent convenable de composer une formule de foi chrétienne afin que tous eussent la même croyance et le même langage, qu’il n’y eût ni division, ni schisme parmi ceux qu’ils allaient appeler à la même foi et que tous fussent consommés dans un même esprit et un même sentiment » (I, 1, 2).

Par ailleurs, la tradition des chrétiens d'Orient a gardé la manière symbolique de réciter le Credo. En effet, le symbole est étymologiquement un morceau d'argile qu'on brise en deux avant de se séparer. Des années peuvent passer, mais les deux personnes (ou leurs descendants) parviendront toujours à s'identifier en rapprochant les morceaux et en constatant leur complémentarité. Ainsi, en joignant les mains, on peut réciter le Credo en parcourant chaque doigt à la suite, du pouce à l'auriculaire droit puis du pouce à l'auriculaire gauche. Je crois en...Première mainDeuxième mainLienDieu le pèreJe crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre,est assis à la droite de Dieu, le Père tout-puissant ; on retrouve les mêmes adjectifs qualifiant DieuJésus son filset en Jésus-Christ, son Fils unique, notre Seigneur, d'où il viendra pour juger les vivants et les morts.Jésus est Seigneur et jugele Saint-Espritqui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie ; Je crois en l'Esprit-Saint, à la sainte Église universelle,on retrouve l'identification entre l'Eglise et la Vierge Marie, des entités humaines mais sources de DieuChrist descendu sur terrea souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, à la communion des saints, à la rémission des péchés,la mort du Seigneur nous a tous sauvés ; c'est ce qu'on appelle « communion des saints », quand les uns souffrent et prient pour le salut des autrespour nous faire monter au cielest descendu aux enfers ; le troisième jour, est ressuscité des morts ; est monté au ciel, à la résurrection de la chair, et à la vie éternelle.Jésus descend « aux enfers » pour aller chercher tous ceux qui sont morts avant sa venue et les faire monter au ciel avec lui ; et tous les hommes auront la vie éternelle

Chez les Réformés Dans la Confession de foi de La Rochelle en 1559, les Églises Réformées de France déclarent reconnaître « les trois Symboles, à savoir des Apôtres, de Nicée, et d'Athanase, parce qu'ils sont conformes à la parole de Dieu ».