Une prairie agricole, pâture, ou pré, est une zone enherbée en plantes fourragères, principalement composée de graminées et de légumineuses, cultivée ou non, destinée à être pâturée (directement consommée par les animaux domestiques) ou fauchée pour produire du fourrage (dans ce dernier cas, on parle plutôt de « pré de fauche »).

Ces milieux rappellent, plus ou moins selon leur degré de naturalité, les prairies sauvages (vastes surfaces majoritairement et naturellement couvertes de graminées), ou certaines pelouses naturelles.

vignette|Paysage culturel constitué de prés de fauche, entretenus à la main, dans les montagnes des environs de Bocicoel, dans les monts Maramureş (Judeţ de Maramureş, dans les Carpates orientales en Roumanie du nord). Après le recul de la forêt, la fauche entretient une strate herbacée différente de celle de la forêt, mais pouvant en contenir des reliques. Ces prés conservent un haut niveau de biodiversité.

Histoire En France, le système prairial agricole que nous connaissons s'est développé, dès le avec le mouvement des renclôtures puis la privatisation des prés communaux lors des révolutions agricoles. Dans certaines régions (Bretagne, Normandie notamment), il est associé au bocage, et aussi à la culture d'arbres fruitiers de haute tige.

Les statistiques françaises de 1840 donnent pour la France métropolitaine de pâtis, pâturages. Si l'on retranche de cette superficie de prairies naturelles et artificielles, il reste donc Becquerel (Antoine César, M.), Mémoire sur les forêts et leur influence climatérique (exemplaire numérisé par Google) ; 1865. ou 30,2 % de la superficie totale de la France en jachères, pâtures et pâtis, étendue considérable qui est à la disposition de l'agriculture, mais comme le pressent Paul Becquerel, . La France occupe ainsi au milieu du une position moyenne en Europe pour son taux de forêt, et .

Avec l'augmentation de taille des propriétés agricoles, les remembrements détruisent de nombreux fossés, talus, haies et bocages, ce qui bouleverse la configuration et la disposition des prairies, ainsi que les microclimats qui les caractérisaient.

Types de prairie

On parle de prairies pour des surfaces enherbées sur plusieurs années. Selon la durée de cette prairie, les espèces semées et les objectifs, plusieurs types peuvent être distingués : Selon la durée et la composition : prairie temporaireles caractéristiques des principales espèces prairiales cultivées : ensemencée en graminées fourragères (ray-grass anglais, ray-grass d'Italie, ray-grass hybride, fétuque élevée, fétuque des prés, dactyle, brome, fléole des prés...) ou en légumineuses fourragèresLes légumineuses fourragères, une voie pour concilier autonomie en protéines et préservation de l’environnement A. Pflimlin , J.D. Arnaud , D. Gautier , A. Le Gall, Revue Fourrages (2003) 174, 183-203 1 (luzerne, trèfle violet, trèfle blanc, sainfoin, trèfle incarnat, lotier...) en culture pure, ou en association simple (une graminée et une légumineuse) ou en mélange plus complexe de 3 à 10 espèces de graminées et des légumineuses fourragères pour une durée courte (1 à 3 ans) ou plus longue (3 à 5 ans), etc. prairie artificielle : ensemencée exclusivement avec des légumineuses fourragères (luzerne, trèfle violet, sainfoin, trèfle incarnat, etc.) pour une durée de 2 à 5 ans et qui rentre généralement dans un assolement. Ce terme est maintenant peu usité. prairie permanente : semée depuis longtemps (plus de cinq ans) avec une ou diverses espèces de graminées et éventuellement de légumineuses. Les prairies permanentes améliorées ont une valorisation plus intensive que les prairies permanentes (fertilisation, chargement, rendement), prairie semi-naturelle : prairie permanente comportant des espèces de graminées indigènes et diverses espèces herbacées, éventuellement en présence de broussailles, d'arbres ou de bosquets, parcours : vastes étendues dominées par des espèces indigènes pâturées, clôturées ou non, prairie naturelle : engazonnée naturellement depuis de nombreuses années. Selon l'objectif prairie destinée à la pâture, prairie mixte destinée à la pâture et à la fauche, prairie de fauche pour le foin ou l'ensilage en tas ou avec enrubannage (boules entourées de film plastique).

Les prairies peuvent également être qualifiées selon leur situation et leurs environnement : Les prairies bocagères peuvent relever des types précédents, elles sont simplement caractérisées par le fait qu'elles s'inscrivent écopaysagèrement dans un réseau dense et maillé de haies, le bocage. Les prairies humides (inondées ou gorgées d'eau en hiver) en pâturage extensif, sont des habitats de zone humide généralement riches en biodiversité utilisés par des herbivores, mais avec une pression de pâturage modérée et contrôléeGroupe Zones humides, 2013, Zones Humides Infos -76: L'élevage en zone humide, .. Ces prairies sont très utiles à la régulation des cours d'eau, notamment pour la prévention des inondations. Elles semblent être un outil intéressant pour la gestion écologique et l'entretien des zones humides, car elles sont l'un des moyens permettant d'entretenir des mosaïques d'habitats en milieux plus ou moins ouverts. Cette gestion restauratoiremode de gestion utilisé dans de nombreuses réserves naturelles ou espaces naturels sensibles (ENS) a pour objectif de faire faire par des animaux domestiques ou semi-domestiques le travail des grands herbivores sauvages qui limitaient l'extension des couverts forestiers en permettant la floraison de nombreuses autres espèces végétales non ligneuses au sol. Une pression suffisante pour éviter la pousse des arbres permet aussi de limiter l'évapotranspiration et la baisse de nappe qu'implique souvent l'enfrichement des petites zones humides ou le comblement rapide des zones humides par les feuilles mortes. Ces milieux sont encouragés en Europe par les mesures agroenvironnementales dans le cadre de la politique agricole commune (PAC). Les prairies sèches occupent généralement les coteaux thermophiles et secs. Elles ont une faible valeur agronomique mais par contre une grande richesse floristique. Ces milieux devenus rares ne sont plus que les résidus des espaces non mécanisables autrefois parcourus par les ruminants (majoritairement les ovins). Les nombreuses espèces végétales qui y sont liées, dont certaines sont protégées, tendent alors à se raréfier et à disparaître..

Types de pâturages

Pâturage libre extensif Le pâturage libre extensif consiste à laisser en permanence le troupeau sur l’ensemble de la surface de la prairie. Il est peu productif même avec une fertilisation azotée modérée. La croissance et la consommation du fourrage s’effectuent au même moment et sur la même surface : ce qui interfère sur la pousse de l'herbe et sa qualité nutritionnelle. Il est impératif de trouver un équilibre entre la croissance de l'herbe et la consommation : la charge de bétail est faible. Il se crée des zones sur-pâturées où les bonnes espèces s’épuisent et finissent par disparaître, et des zones sous-pâturées où l’apparition de refus est inévitable. Ce système entraîne un gaspillage de l’herbe au printemps et conduit à la dégradation de la prairie.

Pâturage tournant par parcellement Le pâturage tournant par parcellement demande la division de la surface à pâturer en un certain nombre de parcelles de façon que le bétail effectue une rotation sur chacune d’elles au moment où l’herbe est au stade idéal de pâture (quantité, qualité et utilisation par l’animal).

Les temps de repos (intervalle entre deux passages successifs du bétail) varient entre environ 3 semaines au printemps et 5 semaines en été et en arrière-saison. Le temps d’occupation devrait idéalement être de 3 à 4 jours par parcelle pour des vaches laitières et au maximum 5 à 7 jours. La taille de la parcelle dépendra du cheptel, il faut compter entre 75 et par vache et par jour. Une fertilisation azotée permet une diminution du temps de repos, mais attention aux effets négatifs de l’apport excessif d’azote. En effet, les engrais pouvant se disperser par lixiviation, il faut éviter les excès, puis au printemps, ne pas apporter d’azote avant d’avoir atteint la somme des températures nécessaire pour le départ de la végétation, selon la règle des 200 degrés cumulés pour le lieu géographique de la prairie..

Ce système de pâturage possède de nombreux avantages. En effet, il est facile de soustraire une parcelle avec beaucoup d'herbe au printemps pour la réserver à une coupe en fauche. On réduit ainsi le gaspillage de l’herbe. Les temps de repos sont variables selon la saison, permettant une production maximale de la prairie et une alimentation correcte des animaux. L’ébousage, la fauche des refus et l’application rationnelle de la fumure azotée après le passage des animaux sont de bons moyens de conserver une prairie de qualité. Ce système est très productif et permet des charges de bétail élevées tout en maintenant la flore dans un état satisfaisant.

Pâturage rationné Le pâturage rationné consiste à mettre à disposition, à l’aide d’une clôture électrique, la ration nécessaire au troupeau sur la base de 75 à par vache et par jour. Il faut disposer un fil avant et un fil arrière pour éviter le sur-pâturage des jeunes repousses. Ce système est bien adapté à des vaches laitières hautes productrices.

C’est également une solution pour éviter le gaspillage des fourrages de grande hauteur (graminées en cours de montaison, mélanges avec de la luzerne, etc.) ou éviter les risques liés à une surconsommation, notamment pour certaines légumineuses au printemps (météorisation).

Le pâturage rationné, sans fil arrière, peut être recommandé pour les parcelles d’un pâturage tournant lors de la croissance de l’herbe au printemps.

Pâturage continu intensif Le pâturage continu intensif consiste à laisser le troupeau pâturer en permanence l’ensemble de la prairie. Le principe est le même que le pâturage libre extensif mais la charge de bétail est plus élevée (minimum 4 vaches par hectare) et les apports d’azote plus importants. L’apport d’azote doit être effectué toutes les 3 à 4 semaines sur de l’herbe non mouillée (l’engrais ne doit pas coller aux plantes). La charge de bétail doit être adaptée régulièrement suivant la production d’herbe (6 à 8 bêtes / ha au printemps contre 4 à 5 en été).

Comme pour les autres pâturages, l’excédent au printemps sera réservé pour une fauche précoce puis rendue au pâturage une fois la repousse avancée.

Ce système permet une économie de main d’œuvre. La production laitière est régulière et la tranquillité du troupeau est visible. De même, on constate une diminution des frais d’entretien (clôtures, ébousages, fauche des refus,...).

Les inconvénients sont des temps de repos trop courts pour permettre une bonne valorisation de l’azote. Cette baisse de productivité primaire doit être compensée par des apports plus élevés d’engrais azoté. Si aucune fauche pour de l’ensilage n’est réalisée, il est difficile de gérer la pousse explosive de l’herbe au printemps. Ce type de pâturage nécessite de disposer d’un seul bloc de prairies (2 au maximum, de superficie égale, et pâturés alternativement chaque jour).

Prairie-pharmacie C'est une parcelle qui a été volontairement plantée en un mélange de plantes ; les unes destinées à enrichir le sol et les autres choisies pour leurs vertus médicinales. Le principe est que les animaux sont dans une certaine mesure capable de trouver des plantes médicinale. Le bétail est mis périodiquement en pâture dans la parcelle et chaque animal choisit instinctivement les plantes qui le soigneront. Une entreprise anglaise propose un mélange prêt à planter de 17 plantesBati-Actu (2018) Agriculture. Christophe cultive des champs homéopathiques à Argentré Christophe Lemesle et quatre membres de sa famille gèrent une exploitation agricole bio. Depuis un an, ils ont mis en place une prairie « pharmacie » pour les vaches.•.

Zéro-pâturage