vignette|alt=Présentation d'un combat entre 2 boxeurs présenté au Coliseum Skating Ring de Montréal|Combat de Boxe au Coliseum Skating Ring Vers les années 1820, la boxe au Québec fait son apparition mais est contestée par la société de l’époque. Un siècle après, Montréal reçoit les boxeurs du monde entier. Le Québec et surtout Montréal sont le théâtre de multiples combats d'envergure.

La boxe au Québec Les débuts de la boxe au Québec thumb|Dave Castilloux à l'entrainement en 1941, l'un des meilleurs boxeurs québécois de l'époquePaul Foisy, Dave Castilloux, L'Encyclopédie canadienne [en ligne].. Au début du , plusieurs boxeurs québécois se battent aux États-Unis et changent même leur nom comme Ovila Chapdelaine alias Jack Delaney Bright Eyes (1900-1948), qui ne se battra qu'une seule fois au Québec (ses parents s'étant établis aux États-Unis lorsqu'il était encore enfant au début des années 1920). Ce dernier sera le premier Québécois à remporter un titre de champion du monde de boxe en défaisant Paul Berlenbach à Brooklyn, le , devenant maître des poids mi-lourds. De la même manière, Léonard Dumoulin, alias Jack Renault (1895-1967), commence sa carrière au Québec et s'y produira plusieurs fois. Les raisons sont multiples mais les principales sont que la boxe est plus développée aux États-Unis et mieux organisée. Les cachets aussi sont meilleurs.

Le à Boston, Lucien "Lou" Brouillard devient le deuxième Québécois à mettre la main sur un titre mondial en gagnant un combat des poids mi-moyens contre Young Jack Thompson. Il parviendra également à être champion du monde des poids moyens au cours de son impressionnante carrière, disputant plus de 130 combats.

Au Québec, les combats ont souvent lieu à Montréal, que ce soit dans le célèbre Forum de Montréal, au Stade Delorimier, au théâtre Saint-Denis, au Monument National mais aussi dans d'autres villes et en région, à Québec, Sherbrooke, Drummondville ou Granby.

Dans les années 1930 et 1940, Dave Castilloux est l'un des meilleurs boxeurs québécois de l'époque. Le il affronte un autre boxeur important de l'époque, Henri Pilotte.

Un combat mémorable Le , au Forum de Montréal, un des plus mémorables combats de l'histoire de la boxe a lieu. Yvon Durelle, The Fighting Fisherman Acadien affronte le légendaire Archie Moore alors âgé de . En plein hiver à l'extérieur, il fait un glacial -. Le système de chauffage en déficience fait qu'il fait à peine à l'intérieur. Yvon Durelle, tente de ravir le titre mondial des mi lourds. Moore est favori pour ce combat. Durelle, une force de la nature, ne s'entraîne presque jamais mais contre toute attente, dès le premier round, il envoie Archie Moore au tapis puis une autre fois et une troisième. Normalement à la troisième chute au tapis Durelle aurait dû gagner mais pour une raison inconnue et questionnée, la règle de trois chutes ne semble pas s'appliquer pour ce combat. Moore se relève et se bat avec toute l'expérience qu'il a après 204 combats (Durelle ayant alors 93 combats à son actif). L'Américain est expédié au tapis encore une fois au mais il se relève. Il envoie à son tour Yvon Durelle au tapis au puis une dernière fois au . Durelle prend alors trop de temps pour se relever. Moore sort victorieux de ce combat légendaire que les critiques de boxe ont cité comme l'un des plus grands combats de l'histoire de la boxe professionnelle Durelle vs. Moore: Maybe The Greatest Fight In History (eastsideboxing.com).

En 1965, la Palestre Nationale (qui deviendra le centre Paul-Sauvé) située à Montréal accueille de nombreux boxeurs amateurs qui viennent pour s'y entraîner. La boxe attire ainsi les jeunes issus souvent de classes défavorisées. La boxe québécoise connait alors son lot de succès. Pour la boxe professionnelle, les boxeurs vedettes sont tour à tour Fernand Marcotte, Gaétan Hart, Eddie Melo (le Torontois qui boxe au Québec), Donato Paduano, Jean-Claude LeClair ou encore Mario Cusson.

La venue des Fighting Hilton La famille Hilton dans les années 1980 a marqué la boxe québécoise. Surnommés les Fighting Hilton ou les Dalton des rings, ces boxeurs figurent parmi les plus grands noms de la boxe au Québec. La famille ayant un arrière-grand-père écossais champion d’Angleterre; un père champion canadien des poids légers, les cinq enfants (Dave , Alex, Matthew, Stewart et James) baignent très rapidement dans cet univers où il est de règle d'apprendre l'art de la boxe. Cette éducation se fera dans un climat de violence familiale qui marquera le futur des jeunes Hilton puisqu'ils auront à plusieurs reprises des déboires avec la justice.

Matthew Hilton est le troisième Québécois à remporter un combat de championnat du monde (et le premier à réaliser l'exploit chez les siens, à Montréal). Le , il affronte l'Américain Buster Drayton champion IBF des super welters. Le talentueux Matthew remporte haut la main ce combat aux points en 15 reprises Buster Drayton vs. Matthew Hilton (boxrec.com).

Les dessous de la boxe Surnommé le « noble art », la boxe connait aussi des drames.

La boxe est souvent reliée à la mafia. Le comité d’enquête présidé par le juge Raymond Bernier en 1986 révèle l’infiltration de la pègre américaine: des liens unissent notamment les Hilton à Frank Cotroni, le parrain présumé de la mafia montréalaise. Le promoteur des frères Hilton au début de leur carrière est Henri Spitzer. Don King, promoteur discutable, remarque rapidement leur talent et malgré l'objection de leur avocat Frank Shoofey, il parvient à signer avec Frank Cotroni un contrat d’exclusivité pour gérer leur carrière. Shoofey était fortement contre tout contrat d’exclusivité avec Don King qui mettait ainsi la main sur le futur des jeunes Hilton. On le retrouvera mort assassiné dans son bureau le .

Les experts et amateurs de boxe avaient de grands espoirs tournés vers les Hilton, mais cette famille qui a connu ses heures de gloire a fini par se perdre de déboires en déboires. Violence, bagarres, arrestation, alcool, vols, sexe. Même Gilles Proulx (animateur à la radio de CKAC à Montréal) un de leur plus fervents admirateurs, s'en est retrouvé découragé. Comble du malheur, le jeune Stewart Hilton, que les experts déclaraient comme étant le plus talentueux de la famille Hilton, meurt dans un accident de voiture emportant sa petite amie (enceinte) avec lui. Il n'avait que .

Morts et blessures graves Le , Ralph Racine (28-8-1) un boxeur de Niagara Falls, Ontario, affronte le populaire Gaétan Hart à Montréal. Ce dernier subit un KO au et dernier round. Ralph Racine sombre dans le coma. Après son réveil on constate que son cerveau a subi des dommages irréversibles: il perd l'usage de ses jambes ce qui mettra un terme à sa carrière.

Le , au Stade Olympique de Montréal, le même jour du premier combat opposant Roberto Duran à Sugar Ray Leonard, le boxeur américain d'origine guyanaise Cleveland Denny (11-1-2) affronte Gaétan Hart alors champion canadien des poids légers dans un combat revanche (Hart lui avait ravi sa ceinture deux ans plus tôt). Hart lui passe le KO au mais Denny ne se relève pas et est transporté à l'hôpital. Comme Danny Tucker (7-2-0), un boxeur jamaïcain qui affrontait Raynald Cantin à Montréal en 1971, Cleveland Denny meurt quelques jours plus tard des suites de ses blessures dans le ring, le , à l'âge de . Toute la scène de boxe montréalaise est secouée.

Dans une entrevue que Gaétan Hart accorde à Allan Tremblay :

Le corps de Denny avait été rapatrié à New York et enterré au Cypress Cemetery de Brooklyn le vendredi matin.

Hart, , était très hésitant à se présenter aux funérailles. Après s'être assuré que la famille de Denny l'accueillerait, il est entré seulement cinq minutes avant le début du service, tête basse et les yeux rougis, plein de larmes. Marchant avec hésitation, il s'est dirigé vers le cercueil de Denny exposé et a déposé la ceinture du champion autour de sa taille..

Hart (qui a été champion canadien des poids légers à trois reprises entre les années 1980 et 1984) est complètement atterré mais remonte tout de même sur le ring, son seul moyen de subsistance. À la suite du décès de Cleveland Denny, une enquête est ouverte et le rapport Néron recommande le la création d’une Fédération de boxe professionnelle québécoise (FBPQ) afin que des mesures soient prises pour assurer la sécurité des boxeurs. Avant 1980, aucune autorité régissait la boxe au Québec. Certains pourtant réclament son abolition dès 1983, la qualifiant de barbarie légale.

Au milieu des années 1980, le Québec compte une trentaine de boxeurs professionnels, comparativement à environ deux cents pour le reste du Canada, et il est difficile de vivre de ce sport. Peu accèdent à l'élite et les cachets sont bien minces par rapport aux États-Unis. Ainsi, il n'est pas rare que des boxeurs de différentes catégories s'affrontent. Les raisons sont multiples: propulser la carrière d’un jeune; fournir un adversaire dont on connaît le calibre et le niveau d'expérience; faire connaître un nouveau boxeur talentueux, le tout malgré les récriminations des commissions athlétiques chargées du contrôle de la légalité des combats qui dénoncent ces actions.

Mais la territorialité des commissions et de leurs pouvoirs assujettis aux municipalités limite fortement leurs moyens d'actions et les contournements sont faciles. Dans son rapport déposé en 1986, le juge Bernier dénonce les contrats d’exclusivité entre promoteurs et leurs boxeurs. Les abus et le monopole sont de mise et maintes fois mentionnés par la Fédération de boxe professionnelle du Québec. Vers la fin des années 1980, la boxe au Québec traverse des moments de léthargie et de délaissement. On crée enfin la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) entre autres pour pallier ces nombreux problèmes.

En 2021, une boxeuse Mexicaine nommée Jeanette Zacarias Zapata connait aussi une triste fin à la suite du combat en sous-carte contre Marie-Pier Houle. Le rapport du coroner conclut que, dans le contexte où le sport vise à "envoyer l'adversaire au tapis", il s'agit d'un accident. Les recommandations adressées à la RACJ sont mineures. Des voix s'élèvent pour pointer les défaillances d'une industrie dont la culture de la "fiche-parfaite" se fait au détriment des boxeurs les plus précaires..

Un regain de popularité (1990 à 2000) Au début des années 1990, la boxe connaît un regain de popularité avec l’arrivée de boxeurs prometteurs comme Stéphane Ouellet et Éric Lucas, qui sont encadrés par le réputé entraîneur Yvon Michel. Ce dernier cofonde en 1997 l'organisation de boxe professionnelle Interbox.. Un vent de fraîcheur souffle désormais sur la boxe au Québec. La relève des Hilton semble enfin assurée et le monde de la boxe québécoise nettoyé et maintenant bien réglementé.

En 1993, Stéphane Ouellet est face au boxeur manitobain Roddy Batson et devient champion canadien des poids super welters sous les acclamations du public. Il se hisse rapidement dans les classements internationaux et est considéré comme le meilleur espoir du Québec (faisant carrière localement) pour accéder au titre de champion du monde.

De plus, le montréalais Arturo Gatti connaît une glorieuse carrière aux États-Unis et est le quatrième Québécois à devenir champion du monde en 1995. Il devient un favori des fans, une vedette internationale et participera à de nombreux combats légendaires. au cours de sa carrière, dont la célèbre trilogie Arturo Gatti VS Micky Ward..

Le Montréalais Otis Grant réalise pour sa part l'exploit de gagner un titre à l'étranger le en Angleterre en prenant la mesure de Ryan Rhodes dans un combat des poids moyens de la WBO chaudement disputé.

La saga Ouellet-Hilton (1998 à 2001)