Les partis politiques marocains s’inscrivent dans le cadre d’une monarchie constitutionnelle.
Leur émergence remonte aux années 1930. À partir de 1956, le Maroc adopte un système politique fondé sur le multipartisme, favorisant la création de nombreux partis se revendiquant d'orientations idéologiques diverses..
Cadre juridique
Cadre général Les partis politiques marocains sont régis par deux grands textes :
La constitution marocaine La loi organique 54.25 relative aux partis politique
La Constitution marocaine de 2011 stipule dans son article 7 :
Selon l’article premier de la loi de 2006 relative aux partis politiques Dahir du 15 moharrem 1427 (14 février 2006) portant promulgation de la loi relative aux partis politiques, ; lire à son propos :
La législation sur les partis politiques a fait l'objet de nombreux changements dans l'histoire du Maroc.
La dernière évolution juridique date de fin 2025https://ledesk.ma/enclair/creation-des-partis-voici-les-nouvelles-conditions-fixees-par-le-ministere-de-linterieur/ 27.10.2025.
Incompatibilité Plusieurs catégories de fonctionnaires ne peuvent pas faire parti d'un parti politique.
Il s'agit notamment :
Des militaires Des policiers Des gendarmes Des fonctionnaires du Ministère de l'Intérieur
Conditions de création Pour créer un parti, il faut déposer une demande auprès du Ministère de l'Intérieur accompagnée des signatures de :
12 membres fondateurs issus des 12 régions du Maroc dont au moins 4 femmes Une déclaration écrite de 2000 citoyens dont au moins 20% de femmes.
La demande est ensuite transmise au tribunal administratif de Rabat. Une réponse est donnée dans les 50 jourshttps://ledesk.ma/enclair/creation-des-partis-voici-les-nouvelles-conditions-fixees-par-le-ministere-de-linterieur/, 27.10.2025.
Histoire
Naissance des premières organisations politiques marocaines À partir de , le Maroc est placé sous le protectorat français, instauré par le traité de Fès conclu entre la Troisième République française et le sultan Moulay Abd El Hafid. Ce régime perdure jusqu’au .
Durant cette période, le pays connaît plusieurs épisodes de résistance armée contre la présence coloniale, notamment la guerre du Rif (1921-1926), la guerre du Moyen Atlas menée par Mouha Ou Hammou Zayani (1914-1921), ainsi que les mouvements de résistance dans le Sud liés à Ahmed al-Hiba et à la famille de Ma El Aïnin.
Dans les années 1930, le mouvement nationaliste marocain voit l’émergence de ses premières formations politiques organisées. Le Comité d'action marocaine (CAM), fondé en 1934, constitue l’une des premières structures du nationalisme moderne. Sa dissolution par les autorités du protectorat conduit à la création de nouvelles formations, dont le Parti national pour la réalisation des réformes en 1937, notamment à Fès sous l’impulsion de Allal El Fassi.
Au cours des années 1940, le mouvement nationaliste se structure davantage autour de plusieurs organisations politiques distinctes. Le Parti communiste marocain (PCM) est fondé en 1943 ; il est interdit en 1952, puis reconstitué en 1969 sous le nom de Parti de la libération et du socialisme (PLS), avant d’être légalisé en 1974 sous l’appellation de Parti du progrès et du socialisme (PPS).
En 1944, Allal El Fassi et Ahmed Balafrej participent à la fondation du Parti de l'Istiqlal, qui s’inscrit dans la continuité du mouvement nationaliste et porte des revendications en faveur de l’indépendance du Maroc. Une scission intervient en 1946 avec la création du Parti démocratique de l'indépendance (également appelé Parti de la Choura et de l’Istiqlal), dirigé par Mohamed Hassan Ouazzani.
Reconnaissance du multipartisme au Maroc À partir du , trois premier gouvernements virent le jour et furent successivement présidés par MBarek BekkaÏ et par certains des dirigeants politiques émanant du parti de l'Istiqlal.
Le pouvoir central promulgue un nouveau Dahir concernant les libertés publiques qui vient interdire le Parti unique.
Plusieurs mouvements de contestation commençaient à émerger concernant les fondements constitutionnels ou encore la façon de gérer le pays ce qui entraînera la naissance d'un parti politique nommé l'union nationale des forces populaires (UNFP) en avec de grandes figures politiques et signataires du traité d'indépendance tel Mehdi Ben Barka, Abderrahman Youssoufi, Abellah Ibrahim, Abederrahim Bouabid et bien d'autres.
De 1956 à 1999, pas moins de douze partis verront le jour notamment en 1958 avec le Mouvement Populaire (MP) un parti politique de droite d'idéologie berbériste par Mahjoubi Aherdane.
Durant cette période le Maroc connaît une bataille acharnée entre le pouvoir central et l'UNFP qui se soldera par la victoire en 1959 de Abdallah Ibrahim qui était secrétaire général du parti de l'UNFP et qui aboutira à la formation du quatrième gouvernement qui ne durera que sept mois puisque le Maroc passera à un gouvernement royal.
Premières crises politiques Dans le contexte des premières luttes politiques, certains affrontements violents entre partisans de formations nationalistes rivales ont été évoqués dans des sources journalistiques et mémorielles, notamment autour des événements de Souk El Arbaa en 1956, qualifiés de massacre dans certaines publications.
Le Maroc connaît une crise politique après l'exil de plusieurs dirigeants politiques appartenant à l'UNFP et c'est dans ce contexte que plusieurs exilés vont former quelques partis politiques illégaux dont celui Ila Al Amame.
En parallèle malgré cette crise, en 1963 le parti Démocratique de l'indépendance et de la Choura (FDIC) est créé mais aussi le Mouvement Populaire Démocratique et Constitutionnel (MPDC) en 1965 qui deviendra plus tard Parti de la Justice et du Développement (PJD). En 1967 c'est aussi la création du parti de la justice et du développement (PJD) par Abdelkrim el Khatib.
Cette crise politique pousse a l'instauration d'un état d’exception conformément à l'article 35 de la Constitution marocaine qui durera jusqu'à 1970 date a laquelle une nouvelle Constitution est élaborée donnant plus de pouvoir à l'exécutif au détriment du législatif et judiciaire.
C'est dans ce contexte que l'UNFP et le parti de l'Istiqlal s'unissent en formant une coalition contre cette révision constitutionnelle.
Cette union se soldera par la victoire du parti de l'Istiqlal face à l'UNFP aux élections et qui entraînera le départ de quelques dirigeants politiques socialistes modérés tels qu'Abderahim Bouaabid, El Youssfi, Abdelwahed Radi, Mohammed El Yazghi et Fathallah Oulaalou ,de l’UNFP pour former le parti politique de l’union socialiste des forces populaires (l'USFP) en 1975.
Durant cette crise, c'est aussi l'apparition de plusieurs mouvements illégaux pour certains fondés sur l'idéologie islamiste tels la Chabiba Islamia dirigée par Abdelkarim Mouti ou encore par la suite comme le Tawhid ou la Fadila. Quant aux islamistes modérés ils ont pu rejoindre un parti politique reconnu qui est le parti de la justice et développement (PJD). Cependant les partis islamistes marocains ne trouvent pas leur place ni leur légitimité car le roi est considéré comme amir al moumine c'est-à-dire le commandeur des croyants. Comme l'explique Bruno Étienne, les islamistes marocains se retrouvent « très gênés dans leur action puisqu'ils se heurtent au commandeur des croyants qui occupe déjà le terrain de l’islam».
La marche verte aura un impact important dans la vie politique marocaine et entraînera la création en 1974 du Parti de l'Action (PA) et quelques plus tard en 1977 c'est la création du Rassemblement National des Indépendants (RNI) créé par Ahmed Osman puis en 1979 c'est l’apparition du Parti National Démocrate (PND) mais aussi de l'Union Constitutionnelle (UC) par Maati Bouabid qui est un mouvement de droite en 1983 et en 1984 du Parti de Centre Social (PCS).
Quelques années plus tard c'est la création du Parti National-Démocrate par Mohamed Arsalane el-Jadidi.
Dans les années 1990 c'est la création du parti de l'Avant Garde Démocratique et Social (PADS) en même temps que le Mouvement National Populaire (MNP), le Mouvement Démocrate et Social (MDS), le Parti Socialiste Démocratique (PSD) en 1996 et enfin le Parti du Front des Forces Démocratiques (FFD) en 1997.
Partis politiques des années 2000 Dans les années 2000 quatre nouveaux partis virent le jour dont l'Union Démocratique (UD), le Parti des Forces Citoyennes (PFC), le Congrès National Ittihadi (CNI) et le Parti de la Réforme et du Développement (PRD).
En parallèle la montée de l'islamisme radical à l'international donne naissance au mouvement islamiste non reconnu Al Adl Walihsan par le Cheik Abdessalam Yassine.
Six autres partis voient le jour dans les années 2002 à savoir le parti de l'Alliance des Libertés (ADL), Initiatives Citoyennes pour le Développement (ICD), le Parti du Renouveau et de l’Équité (PRE), le Parti Al Ahd, le Parti de l'Environnement et du Développement (PED), le Parti Marocain Libéral (PML).
En 2002 toujours une fusion entre l'organisation de l'action démocratique et populaire (OADP), le mouvement des démocrates (MDI) et le mouvement pour la démocratie (MPD) donnent naissance au parti de la gauche socialiste unifiée (PGSU).
En 2007 c'est la création de la fédération de la gauche démocratique (FGD) qui est une alliance de plusieurs partis politiques marocains dont le parti socialiste unifié, le parti de l'avant garde démocratique et socialiste, le congrès national Ittihadi et le mouvement clarté ambition courage.
Dans les années 2000, la mouvance populaire s'est réunifiée sous un seul parti politique : celui de l'alliance populaire. En 2008 Fouad Ali El Himmma fonde le Parti Authenticité et Modernité (PAM).
Liste des partis politiques Cette liste recense les partis politiques marocains, autorisés ou interdits, existants ou ayant existé au cours de l'histoire du Maroc.
Partis majeurs 8 partis politiques majeurs dominent la scène politique marocaine... +Parti politiquePositionnementIdéologieSymboleDate de créationSecrétaire généralNotes Parti de l'Istiqlal (PI)حزب الاستقلالDroiteRoyalisme NationalismeBalance1943Nizar BarakaParti conservateur, symbole du mouvement national marocain de la première moitié du xxe siècle. Mouvement populaire (MP)الحركة الشعبيةDroiteAmazighisme RuralismeÉpi1957Mohammed OuzzineParti créé par le caïd berbère Mahjoubi Aherdane avec l'aide du docteur Abdelkrim El Khatib. Parti du progrès et du socialisme (PPS)حزب التقدم و الاشتراكيةGaucheProgressisme SocialismeLivre1974Mohamed Nabil BenabdallahCréé par Ali Yata sous les cendres du Parti communiste marocain interdit à deux reprises pendant les années 1950. Union socialiste des forces populaires (USFP)الاتحاد الاشتراكي للقوات الشعبيةGaucheSocialisme Social-démocratieRose1975Driss LachgarParti de la rose socialiste, héritier l'UNFP. Rassemblement national des indépendants (RNI)التجمع الوطني للأحرارCentre-droitLibéralismeColombe1978Mohamed ChaoukiParti libéral créé par Ahmed Osman, juste après les élections législatives de 1977. Union constitutionnelle (UC)الاتحاد الدستويCentre-droitLibéralismeCheval1983Mohamed JoudarParti créé par Mohamed Maâti Bouabid en 1983, Premier ministre du gouvernement sortant de l'époque. Parti de la justice et du développement (PJD)حزب العدالة و التنميةExtrême DroiteIslamisme ConservatismeLampe1998Abdelilah BenkiraneParti islamiste créé par le docteur Abdelkrim El Khatib. Parti authenticité et modernité (PAM)حزب الأصالة و المعاصرةCentre-gaucheRéformisme MonarchismeTracteur2008Fatima Ezzahra El MansouriParti créé par le conseiller Fouad Ali El Himma, juste après les élections législatives de 2007, par la fusion de cinq partis politiques marocains.
Partis mineurs Les partis politiques ci-dessous ne jouent pas un rôle significatif dans la vie politique nationale.
Nationalisme