Saint-Étienne-Vallée-Française est une commune française, située dans le sud-est du département de la Lozère en région Occitanie.
Saint-Étienne-Vallée-Française est dans les Cévennes, en zone de culture protestante où s'est déroulée la révolte des Camisards sur une terre schisteuse traversée par un des Gardons où se cultivaient des châtaigniers et s'éduquaient des vers à soie, où on produit des pélardons et aux maisons à toits de lauzes et murs de schiste.
Saint-Étienne-Vallée-Française est une commune rurale qui compte en , après avoir connu un pic de population de en 1851. Ses habitants sont appelés les Stėphanois.
Exposée à un climat méditerranéen, elle est drainée par le Gard, le Galeizon, le Gardon de Sainte-Croix, le Gardon de Saint-Germain, le ruisseau de la Traverse et par divers autres petits cours d'eau. Incluse dans les Cévennes, la commune possède un patrimoine naturel remarquable : deux sites Natura 2000 (la « vallée du Gardon de Mialet » et la « vallée du Galeizon ») et huit zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Géographie
Localisation et relief
Saint-Étienne-Vallée-Française est une commune située au sud du département de la Lozère, en limite avec le Gard, dans l'ancienne province du Gévaudan. Son territoire, en périphérie du parc national des Cévennes., est au cœur des Cévennes.
Les villes voisines sont Alès (Gard) à à l'est et Florac (Lozère) à au nordDistances données à titre indicatif, d'après le site Viamichelin.
Avec ses , la commune est au cœur des Cévennes en limite sud du Massif central en moyenne montagne et arrosée par une des branches du Gardon.
La vallée est orientée nord-ouest/sud-est. L'altitude moyenne de la commune (celle du bourg) est de . ce qui en fait une des communes les moins hautes du département. Le point culminant, la montagne de la Vieille Morte (), est sur la rive gauche du Gardon séparant la vallée du Gardon de Saint-Étienne de celle du Galeizon au nord-est alors que des monts moins hauts séparent le village de la vallée du Gardon de Sainte-Croix au sud-ouest. Le col Saint-Pierre sur la route de la Corniche des Cévennes relève, pour son versant lozérien, de la commune de Saint-Étienne.
Communes limitrophes
Accès vignette|alt=Carte de la commune|Carte de la commune. L'axe routier principal est la RD 983 de Saint-Jean-du-Gard à Moissac-Vallée-Française. Du carrefour du Martinet, elle se continue par la RD 984 qui, en traversant le village, permet de rejoindre Saint-Germain-de-Calberte puis Florac. Les deux routes suivent le cours des Gardons. Le réseau de chemins communaux permet aux habitants de la rive gauche du Gardon de rejoindre la RD 13 et le col du Pendédis, notamment en cas de crue du Gardon.
Une ligne de bus assure une liaison hebdomadaire depuis et vers Florac et Mende.. La gare la plus proche est celle d'Alès et l'aéroport, Nîmes-Garons.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards.. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Jean-du-Gard à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Végétation vignette|left|redresse=0.7|Un châtaignier.vignette|alt=une vallée boisée| Vue depuis les Avelacs. Autrefois essentiellement couvert de châtaigneraies, le territoire est encore fortement boisé même si un incendie a fait de gros dégâts en août 2003. Avec l'abandon progressif de la culture des châtaigniers, les pins ont gagné l'ensemble du territoire. De plus, l'ONF a poussé à la plantation de résineux, seule sylviculture locale économiquement viable.
Les données du réseau Natura 2000 indiquent que la végétation de la vallée est essentiellement composée de pins et de résineux (40 % des surfaces), de châtaigniers et autres arbres à feuilles caduques (37 %), de chênes verts (10 %) mais aussi de broussailles (1 %) et de rares prairies (1 %). La montagne de la Vieille Morte est un site important pour une espèce rare de Juniperus. Il y pousse aussi quelques pins de Salzmann associés à des cistes rares (ciste à feuilles de peuplier et ciste de Pouzolz). Les rochers et les éboulis rocheux occupent 1 % de sa surface Site du réseau Natura 2000.
La déprise agricole source d'embroussaillement et la généralisation des résineux ont accru les risques d'incendieAutrefois tout le territoire était pâturé. Lors d'un incendie les pommes de pin vertes éclatent et peuvent être projetées à plusieurs dizaines de mètres. Aussi, la commune est considérée comme exposée aux risques naturels d'incendie.
Faune remarquable L'argiope frelon (Argiope bruennichi) se rencontre dans les hautes herbes des terrasses de culture abandonnées. La huppe fasciée fréquente volontiers les vieux châtaigniers. En été, le circaète Jean-le-Blanc (Circaetus gallicus) chasse régulièrement sur le territoire.
Les eaux du Gardon et des ruisseaux affluents abritent, entre autres, des populations de loutres et de castors, voire des écrevisses.
Hydrographie Le village est sur la rive droite du Gardon de Saint-Étienne qui rejoint le Gardon de Sainte-Croix au sud de la commune au lieu-dit le Martinet pour former le Gardon de Mialet. Le Galeizon, affluent du Gardon d'Alès, est sur la limite nord-ouest de la commune avec Saint-Martin-de-Boubaux. Sur la commune, le Gardon de Saint-Étienne possède quatorze ruisseaux affluents. tels le ruisseau de Salvayre au sud, le ruisseau de la Combe des Avelacs, le Merlet au nord vers Saint-Germain, etc. Il existe de nombreuses sources dont certaines alimentent des fontaines comme la Font de Bouret dans le bourg ou des maisons non raccordées au réseau de distribution d'eau du fait de leur isolement.
Le débit du Gardon est insuffisant pour des activités nautiques., d'autant plus que les dernières années ont été très sèches. Cependant, il existe de nombreux gourgs (trous d'eau) où l'on peut se baigner, notamment au Martinet. La faible présence humaine et l'importance de la couche de galets et de graviers donnent une couleur turquoise à l'eau du Gardon dès qu'il y a un peu de profondeur. En 2008, la qualité de l'eau du Gardon était qualifiée de bonne sauf entre le bourg et le confluent du Martinet où elle était qualifiée d'assez bonne..
Géologie vignette|Coupe de roche mêlant micaschiste et quartz. Le sous-sol est surtout composé de schiste, de micaschiste mêlé d'un peu de quartz. Ces roches métamorphiques du Paléozoïque proviennent du socle ancien qu'est le Massif Central. Ces sols non calcaires sont légèrement acides.
Urbanisme Typologie Au , Saint-Étienne-Vallée-Française est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (96,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (96,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (69,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (26,5 %), zones agricoles hétérogènes (1,4 %), zones urbanisées (1,3 %), prairies (1,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Le bourg vignette|alt=vue d'ensemble du village depuis le sud-ouest|Le village vu du Castélas. Le bourg est constitué de trois parties contiguës. La plus ancienne, au pied de la colline du château, entoure l'église. Au Moyen Âge, ces maisons accolées constituaient, une fois barricadées, une sorte de rempart. Une seconde, plus au sud, est construite parallèlement au Gardon. Les maisons le long de la rue Cabiron forment jusqu'à la fin du la rue principale. Enfin, la partie la plus récente part vers l'ouest depuis la place du monument aux morts le long de l'avenue des Tilleuls avec la plupart des commerces, l'école et le collège. Elle conduit aux constructions nouvelles sur les anciens champs des Prats et aux HLM des Gravasses.
Les écarts vignette|alt=une maison et ses dépendances dans un vallon|Dans le vallon des Avelacs. Plusieurs hameaux, ne comptant souvent que quelques maisons, et de nombreux mas isolés, existent. Cet habitat dispersé est à la base de petites communautés que les Cévenols appellent traditionnellement les « quartiers ». Parmi ces écarts et lieux-dits, on retrouve : le Meyran Andajac Leyris Croisance les Solièges les Avelacs Droubies Serres les Passadoires le Pont de Burgen Mas Amalric Espinassous Cabrespic le Martinet la Fare Marouls
Risques majeurs Le territoire de la commune de Saint-Étienne-Vallée-Française est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, feux de forêts, mouvements de terrains et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à un risque particulier : le risque de radon.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment le Gardon, le Gardon de Sainte-Croix, le Galeizon et le Gardon de Saint-Germain. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1994, 1995, 2002, 2003, 2014, 2015 et 2020, partie 1 - chapitre Risque inondation..