Les sciences cognitives constituent une discipline scientifique ayant pour objet la description, l'explication, et le cas échéant la simulation des mécanismes de la pensée humaine, animale ou artificielle, et plus généralement de tout système complexe de traitement de l'information capable d'acquérir, conserver, utiliser et transmettre des connaissances.

Les sciences cognitives reposent sur l'étude et la modélisation de phénomènes aussi divers que la perception humaine, l'intelligence, le langage, la mémoire, l'attention, le raisonnement, les émotions, l'esprit ou même la conscience« Les sciences cognitives ont pour objet de décrire, d'expliquer et le cas échéant de simuler voire d'amplifier les principales dispositions et capacités de l'esprit humain – langage, raisonnement, perception, coordination motrice, planification, décision, émotion, conscience, culture… » cité d'après Daniel Andler, « Cognitives, Sciences », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 avril 2016. ..

Les sciences cognitives utilisent conjointement des données issues des six sous-disciplines qui la composent : les neurosciences, la linguistique computationnelle, l'anthropologie cognitive, la psychologie cognitive, la philosophie de la cognition et l'intelligence artificielle.

Nées dans les années 1950 aux États-Unis dans le cadre des progrès sur l'intelligence artificielle financées par la recherche militaire et particulièrement DARPA, les sciences cognitives recoupent les enjeux liés à la cognition artificielle et à la cognition naturelle.

En France, cette discipline a mis en place des sociétés savantes comme l'Association pour la Recherche Cognitive (ARCo) ou des associations comme la Fresco. Le CNRS a fondé en 1992 à Lyon l'Institut des Sciences cognitives à l'initiative de Marc Jeannerod. Cet institut, rebaptisé plus tard Institut Marc Jeannerod, est un institut du CNRS en partenariat avec l'Université de Lyon.

Les sciences cognitives comprennent une science fondamentale, assortie de ses applications industrielles : une science fondamentale, dite science de la cognition, dont les spécialistes, parfois appelés cogniticiensEn pratique, le terme de « cogniticien » est toutefois plutôt réservé aux spécialistes de l'intelligence artificielle, des IHM et aux ingénieurs., se réunissent, pour la plupart d'entre eux en sociétés savantes et publient dans des revues scientifiques internationales dédiées. Elle a comme principe essentiel l'utilisation de l'ordinateur pour manipuler les symboliques, un secteur applicatif industriel du domaine de l'ingénierie de la connaissance : les sciences cognitives appliquées.

Le singulier cognitive science est d'usage courant dans les pays anglophones.

L’intégrité des interfaces cognitives conçoivent des plateforme de réunion garantissant les uniformité des transparences qui s’approprient les transports, et laissent apparaître les personnes appropriées.

Les spécialistes des sciences cognitives (recherche et appliquées) sont appelés cogniticiens.

Histoire des sciences cognitives Il est d'usage de dater la naissance des sciences cognitives de 1956. En effet, cette année voit s'organiser la toute première conférence consacrée à l'intelligence artificielle et à son application à la psychologie de la cognition, à laquelle participent les informaticiens Allen Newell, John McCarthy et Marvin Minsky, le mathématicien Claude Shannon, l'économiste et psychologue Herbert Simon, le linguiste Noam Chomsky, les psychologues George Miller et John Swets, les neurobiologistes David Hunter Hubel et Torsten Wiesel. L'année 1956 est aussi riche en publications fondamentales pour le domaine des sciences cognitives.

Quelques années auparavant pourtant, les conférences Macy, organisées à New York par la fondation éponyme à partir de 1942, avaient rassemblé les mathématiciens John von Neumann, Norbert Wiener, Claude Shannon, le neurophysiologiste Warren McCulloch, les anthropologues Margaret Mead et Gregory Bateson, le psychiatre Milton Erickson dans le but de créer une science générale du fonctionnement de l'esprit. En outre, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la recherche en ce qui n'était pas encore identifié comme l'intelligence artificielle bénéficiait de soutiens importants en provenance de l'armée, notamment la DARPA américaine.

Disciplines Linguistique cognitive et grammaire générative

La linguistique formelle et plus particulièrement les travaux de Noam Chomsky ont eu une influence décisive au moment de l'émergence des sciences cognitives à la fin des années 1950. Chomsky s'est notamment élevé contre la conception du langage comme un ensemble d'« habitudes » apprises par observation et conditionnement. Contre cette vision béhavioriste, défendue entre autres, par Burrhus Frederic Skinner, Chomsky défendit l'idée d'une « faculté de langage » s'appuyant sur des dispositions innées : observant que durant l'enfance, on n'est exposé qu'à un trop petit nombre de situations de langage pour pouvoir en inférer les règles sous-jacentes — c'est l'argument dit de « la pauvreté du stimulus » On the Poverty of Stimulus, conférence de Noam Chomsky au CNRS à Paris le 29 mai 2010., Chomsky propose que la compétence linguistique humaine s'appuie, pour se développer, sur une connaissance innée (et implicite) d'une grammaire universelle dont on retrouve la structure formelle dans toutes les langues humaines naturelles.

Héritières des interrogations philosophiques sur le rôle du langage dans la pensée (voir aussi ci-dessous) et prolongeant les théories de Roman Jakobson sur les fonctions non purement communicatives du langage, les sciences cognitives s'intéressent non seulement aux processus mentaux de production du langage mais aussi au rôle de ce dernier dans les opérations mentales. Les idées de Chomsky ont ainsi été reprises et développées au-delà de la linguistique par le philosophe Jerry Fodor, dans ses fameuses thèses sur la modularité de l'esprit, notion selon laquelle certaines opérations mentales (comme l'application des règles de grammaire) se déroulent de façon automatique et autonome, et le mentalais, une métaphore d'un langage intérieur dans lequel seraient traduites les opérations mentales.

À la frontière avec l'anthropologie, le rôle du langage dans les représentations mentales est reposé. Les anthropologues et Paul Kay contestent l'hypothèse de Sapir-Whorf selon laquelle le langage et plus précisément les catégories linguistiques conditionneraient plus ou moins fortement les représentations mentales. S'appuyant sur une étude comparée des termes de couleur à travers les langues, Berlin et Kay défendent au contraire l'idée que cette apparente diversité culturelle dans le lexique est en réalité le produit d'une même structure hiérarchique dans l'organisation de la perception et de la représentation des couleurs ; selon leurs travaux, c'est donc l'esprit qui conditionne le langage.

Chercheurs Noam Chomsky Gilles Fauconnier George Lakoff John Langshaw Austin Ray Jackendoff John Searle Paul Grice Dan Sperber Leonard TalmyNotions Grammaire universelle Compétence et performance Module lexical

Philosophie analytique et philosophie de l'esprit

Frege révolutionne la logique classique en introduisant le concept de dénotation dans son article Sens et Dénotation (Sinn und Bedeutung). Le sens de « étoile du matin » (a) est différent de celui de « étoile du soir » (b) puisque leurs réalisations acoustiques ou signitives diffèrent : « La différence de sens correspond à une différence du mode de donation de l'objet désigné » néanmoins ils dénotent la même réalité : la planète Vénus d'où (a) = (b) a une valeur de connaissance car ce n'est pas tous les jours qu'on découvre qu'une étoile est une planète. Ainsi cit. « La dénotation d'« étoile du soir » et d'« étoile du matin » serait la même, mais leur sens serait différent ». Ce qui a permis d'actualiser le signe de Saussure qui refusait d'y attribuer la référence au monde. Il a introduit la quantification dans la logique formelle. On oppose le quantificateur universel : « Tous les hommes sont mortels » au quantificateur existentiel « Il existe au moins un homme mortel ». Il a fondé le calcul des prédicats. En France l'Institut Jean Nicod (ENS-EHES-CNRS) est particulièrement connue dans cette discipline des sciences cognitives.

Penseurs René Descartes Baruch Spinoza Gottlob Frege Ludwig Wittgenstein Bertrand Russell Willard Van Orman Quine Edmund HusserlPenseurs (suite) Gilbert Ryle Daniel Dennett Jerry Fodor Hilary Putnam Donald Davidson John Searle Peter Frederick StrawsonNotions Problème corps-esprit, dualisme et monisme Matérialisme Fonctionnalisme Modularité de l'esprit Qualia et Chambre chinoise Intentionnalité Énaction Négation

Intelligence artificielle

Chercheurs Allen Newell Herbert Simon Marvin Minsky John McCarthy Seymour Papert Warren McCulloch Walter PittsNotions Système expert, ontologie (informatique) Architecture cognitive et modèle cognitif Reconnaissance de formes Système multi-agents Métaheuristique Moteur d'inférence Neurone formel et réseau de neuronesRéalisations Perceptron ELIZA General Problem Solver Soar

Neurosciences

Chercheurs Jean-Pierre Changeux António Damásio Stanislas Dehaene Gerald Edelman Henri Laborit Marc Jeannerod David Hunter Hubel Brenda MilnerDisciplines Neurosciences cognitives Neuropsychologie Psychophysiologie Neurosciences computationnellesOutils & techniques Électrophysiologie Imagerie cérébrale fonctionnelle IRMf, TEP EEG, MEG (Potentiels évoqués, rythmes cérébraux) Stimulation magnétique transcrânienne (TMS) NeuropharmacologieThéories et concepts Théories du neurone grand-mère, du neurone miroir Hémisphère dominant

Psychologie cognitive

La psychologie cognitive concerne les processus d'élaboration et d'utilisation des connaissances chez l'être humain. Bien que l'on puisse trouver de nombreux précurseurs comme Hermann Ebbinghaus, Jean Piaget ou Frederic Bartlett, elle n'apparaît véritablement qu'à la fin des années 1950. Elle se caractérise par un retour des « variables intermédiaires » entre le stimulus et la réponse, bannies par le comportementalisme, et l'utilisation de nouvelles méthodes pour tenter d'observer ces variables en évitant les problèmes rencontrés par l'introspection au début du .

Chercheurs Alan Baddeley George Miller Eleanor Rosch Donald Broadbent Daniel Kahneman Hermann von Helmholtz Gustav FechnerChercheurs (suite) Ulric Neisser Jerome Bruner Frederic Bartlett Hermann Ebbinghaus Lev S. VygotskyGrandes fonctions cognitives et manipulations expérimentales Perception : illusion Mémoire Langage : effets Stroop, McGurk Raisonnement : biais cognitif Émotions et cognition sociale : théorie de l'esprit Autres grandes fonctions : décision, calcul, attention Théorie du prototype

Courants et concepts Cognitivisme

Le cognitivisme est l'un des principaux courants des sciences cognitives avec le connexionnisme, ce dernier tendant aujourd'hui à le supplanter. Il est fondé sur l'idée que l'esprit est un système de traitement symbolique de l'information (métaphore de l'ordinateur), autrement dit, un système opérant sur des représentations en fonction de leurs propriétés syntaxiques plutôt qu'en vertu de leur signification. Inspirés par les résultats de Turing, de nombreux chercheurs ont en outre admis que ce type de traitement pouvait être réalisé par des machines complètement différentes du point de vue physique, et que la simulation et la modélisation informatique pouvaient donc fournir de nouveaux moyens d'étudier le fonctionnement de l'esprit, rejoignant ainsi le projet de la cybernétique qui consiste à intégrer dans un même cadre théorique l'étude des systèmes naturels et artificiels.

Réseaux de neurones et connexionnisme