Les supporters du Paris Saint-Germain Football Club encouragent et soutiennent le club de football français du PSG.

Kop of Boulogne La genèse du Kop Le Kop de Boulogne, ou plutôt le « Kop of Boulogne » (abréviation KoB) est né le à la suite d'une modification de tarification au Parc des Princes.. Depuis le , les jeunes supporters du PSG membres du club « Juniors PSG » étaient massés en tribune K : le « Kop K ». Ce Kop K rassembla à ses débuts 500 jeunes supporters pour atteindre 3000 membres à la fin de la saison 1976-1977. La localisation de ce groupe en tribune K puis dans la tribune Boulogne tient à l'existence d'une carte de « jeune supporter » très peu chère et donnant accès à cette tribune K, et aussi au fait que les joueurs s'échauffaient alors systématiquement devant la tribune Boulogne. Cette tradition était née le à l'occasion du premier match du PSG dans la nouvelle enceinte du Parc des Princes. Il faut attendre 1998 pour voir le PSG s'échauffer devant le virage Auteuil. Bien vite pourtant, le PSG reprend ses échauffements devant la tribune Boulogne.

Le Club des Associés (1970-1972) puis Le Club des Amis du PSG (créé en ) étaient un minimum de 150 supporters pour chaque déplacement et un maximum de 1200 à Lille en . Aidé par ses aînés dans son développement, le Kop K était également actif en déplacements, comme le signalent nombres d'articles des programmes de matches du club. Lors de ces premiers déplacements de jeunes parisiens en province, nombre d'« incidents » en tribune ou à la sortie des joueurs sont déjà à signaler. Ainsi, en , à la suite de débordements lors du déplacement à Nancy (3 cars + environ 150 « indépendants »), le club et les pouvoirs publics se penchent sur le « problème » des déplacements. Cette problématique du Kop K, le Kop of Boulogne en hérite.

L'hymne du Kop K est Au Parc des Princes, sur l'air de Nini Peau de Chien (à la Bastille…) : « Au Parc des Princes on aime bien le PSG, ils sont si forts et si sportifs (« rageurs » à l'origine), on aime bien, qui ça ? Le PSG ! Où ça ? Au Parc des Princes ! » (première publication dans le programme de match du , PSG-Rouen).

Les premières années du Kop of Boulogne

Les modèles du Kop K puis du Kop Of Boulogne sont, dès l'origine, britanniques. Le choix même du terme « Kop » qui désigne la tribune des supporters en anglais est adopté en référence au Kop d'Anfield. Les finales de Coupes d'Europe des clubs champions au Parc en 1975 (Leeds United) et 1981 (Liverpool FC) offrent l'archétype du modèle britannique aux jeunes supporters du PSG : exubérance, esprit contestataire (voire "anarchiste") et violence. Le thème de l'anarchie a le vent dans le dos à Paris en 1978, mouvement punk oblige, et il n'est pas très étonnant de voir Boulogne essayer de suivre ce modèle britannique.

Les artifices les plus divers sont d'usage dès 1980 au KOB afin de mettre l'ambiance : fumigènes, chlorate, corne de brume, écharpes, drapeaux, bâches, et autre voile. La première voile géante couvrant la tribune « bleue » () du KOB entre en service en 1981. Côté chants, le KOB est très productif avec plus d'une centaine de chants et slogans différents en usage dès le début des années 1980.

Entre 1978 et 1985, la tribune Boulogne reste largement ouverte aux supporters adverses, et les incidents sont très nombreux avec ces derniers et aussi avec les forces de l'ordre. Ainsi, les supporters de la tribune Boulogne adoptent les habitudes des hooligans britanniques et défrayent rapidement la chronique ; les déplacements deviennent ingérables dès la saison 1981-82. C'est le début de la réputation de la tribune Boulogne comme une tribune dure. Cette réputation se confirme à l'été 1982 qui voit l'apparition en tribune des premiers skinheads. Au cours de ces années, les incidents vont en se multipliant.

C'est dans le virage Auteuil que se retrouvent massés les supporters du PSG à l'occasion de la finale de la Coupe de France 1982. C'est presque un match à l'extérieur pour le KOB qui peut alors compter sur à . Ce match reste notamment dans les mémoires pour l'invasion du terrain par les supporters du PSG durant plus d'une heure. Basile Boli, alors fervent supporter du PSG, était du nombre..

Quelques mois plus tard, la politique radicale nationaliste et révolutionnaire fait son entrée dans le KOB avec l'arrivée de certains nouveaux membres, pour la plupart des skinheads aux tendances d’extrême-droite, dont Serge Ayoub (dit Batskin) qui sera plus tard à l'origine des Jeunesses nationalistes révolutionnaires. Bien qu’un bon nombre de groupe de supporter ne désirent traditionnellement pas afficher de tendance politique dans les stades, cette politisation naissante aux tendances extrémistes s’affirmera par la suite au sein de la tribune côté Boulogne. Influencés par le mouvement Hooligan illustré par les supporters anglais dans les années 1970, certains membres du KOB clament haut et fort leurs idéaux à coup de chants racistes, hostilité à l’égard de personnes de couleurs ou autres graffitis arborant des symboles fascistes et d’extrême droite..

La finale de l'UEFA à Bruxelles en 1985 est marquée par le drame du Heysel : plusieurs dizaines de personnes trouvent la mort dans un affrontement entre les supporters de Liverpool et ceux de la Juventus. Cet événement aura un fort retentissement médiatique et fera découvrir au grand public, francophone notamment, le problème du hooliganisme au football. À Paris, la tribune Boulogne est fermée aux supporters adverses et la seconde période en tribune G rouge est interdite au KOB. La combinaison de ces deux modifications va fixer le KOB dans la tribune Boulogne.

Les vagues ultra puis casual

La saison 1985-1986 voit l'émergence du premier groupe Ultras : les Boulogne Boys. Cette association commence ses activités dès et dépose ses statuts en Naissance des Boulogne Boys.. Les Boys profitent d'une série d'actions d'éléments incontrôlés du KOB en début de saison. Plusieurs stades, dont ceux d'Auxerre et Nice sont en effet vandalisés. Ces actions qui entraînent l'annulation de déplacements des supporters parisiens (au Havre par exemple en ) sont sévèrement condamnées par des supporters du KOB et les Boulogne Boys profitent de ce fort sentiment de rejet, quelques mois après le drame du Heysel, pour voir le jour. Francis Borelli et l'ensemble du club, Luis Fernandez au premier chef, encouragent cette créationLuis Fernandez - Hommage aux Boulogne Boys.. Très vite, pourtant, des problèmes de personnes éclatent chez les Boys, donnant le jour dès à d'autres groupes comme les Gavroches et les Firebirds. Ces divisions freinent alors l'ascension du mouvement ultra dans le virage Boulogne.

Serge Ayoub constituera le Pitbull Kop le et les premiers incidents sérieux auront lieu à Lille lors du LOSC-PSG de la même année. L’affiliation entre le Kop Of Boulogne et le mouvement nationaliste sera même explicitée à travers les colonnes du mensuel politique français Le Choc du Mois, où les partisans du Front national font régulièrement l’apologie de la tribune parisienne.. À cette époque, les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires et leur fondateur Serge Ayoub sont étroitement liées à l’organisation Troisième Voie, un mouvement nationaliste français, ainsi qu’au Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE) avec qui ils tenteront de fédérer et structurer des groupes de skinheads. Les groupes de supporters issus de la tribune Boulogne du Parc des Princes servent alors de vitrine aux mouvement d’extrême droite et sont instrumentalisés dans le but de recruter de jeunes supporters au sein de leurs rangs. Mais dans le même temps apparaissent de nouvelles générations, composées des casuals et des indépendants, qui sont loin de la caricature du skinhead nazi, même s'ils gardent cependant une sensibilité nationaliste prononcée.

Bien que certains catégorisent l’intégralité du virage Boulogne comme appartenant à l’extrême droite et au mouvement hooligan car influencés par des groupuscules tels que le Pitbull Kop ou le Commando Pirate entre autres, d’autres groupes affirmés tels que les Boulogne Boys se développent en adoptant des directives « non violentes et apolitiques ». De plus, la majorité des supporters du KOB n'appréciaient pas la démarche de certains de ses membres de vouloir politiser la tribune ainsi que les ratonnades organisées par ces mêmes personnes aux abords du Parc des Princes.

De nombreux incidents émaillent la tribune entre les tenants des écoles britanniques et italiennes mais aussi entre les « indépendants » eux-mêmes avec d'un côté les premiers casuals refusant tout tractage politique au sein de la tribune Boulogne et de l'autre les partisans du PNFE.

Cette distinction dans le choix de la représentation des idées politiques en tribune marque également la distinction entre les catégories de supporters et les modèles auxquels ils se réfèrent. Les indépendants d’un côté, proches du modèle de supportérisme anglo-saxon et du hooliganisme, sont qualifiés comme étant plus radicaux et préoccupés par la confrontation physique avec les supporters adverses ou la police. De l’autre côté, les Ultras se revendiquent proches du modèle Italien. Organisés en groupes structurés, ils sont préoccupés par la mise en place d’animations visuelles, sonores et de chorégraphies visant à apporter le soutien le plus infaillible à leur équipe favorite. Les ultras peuvent toutefois avoir recours à la violence mais celle-ci ne constitue qu’un moyen d’action parmi d’autres tandis que le hooliganisme se base principalement sur les actions violentes.

L'ère Canal+

Le KOB lâche clairement Francis Borelli en 1990-1991 et pèse alors de tout son poids dans la balance pour provoquer un changement de direction. Depuis le titre de champion de France en 1986, en championnat, la moyenne de spectateurs baisse, rendant d'autant plus visibles et incontournables les réactions hostiles des hooligans. Si le PSG a perdu la moitié de ses spectateurs en cinq ans, le KOB fait de la résistance avec un effectif qui se stabilise au millier de membres actifs. Dans le même temps, l'OM connait une réussite sportive accompagnée d'une importante activité en tribune. Le KOB applaudit ainsi l'arrivée de Canal+ à la tête du PSG.

Avec l'arrivée de Canal+ aux commandes en 1991, le « problème Boulogne » est clairement en tête de liste. Afin de casser le KOB, Canal+ propose aux Ultras de s'installer dans le virage Auteuil, subventions à la clé. Supras, Lutèce Falco et autres Dragons (qui seront plus tard absorbés par les Tigris Mystic) en profitent pour voir le jour. Les anciens groupes de la tribune Boulogne comme les Boys, les Gavroches et les Firebirds restent à Boulogne. Mais certains de leurs membres et sympathisants acceptent la proposition du club. Le KOB perd alors une partie de ses effectifs. Cette scission réduit efficacement la violence dans le virage Boulogne, tandis qu'une rivalité s'instaure entre les deux tribunes. Les fouilles et contrôles désormais multiples sont mis en place pour limiter la violence. Un contrôle systématique d'identité est même instauré durant plusieurs saisons à Boulogne.

Pratiquant à l'occasion la mode du tifo, sans grand enthousiasme toutefois, les supporters du Kop of Boulogne radicalisent leurs chants avec l'opposition PSG-OM. « Cuits cuits cuits, les Canaris sont cuits » des années 1970 et 1980 est remplacé par le blasphème : « la Bonne-Mère est une salope ». Le KOB pratique également dans le détournement de chants adverses.… Le chambrage de l'adversaire ne se limite pas à l'OM, mais seul ce club rival a droit à un traitement « gras ». Face à Lens, les fans parisiens se contentent ainsi d'un simple « Germinal ! Germinal ! Germinal ! ». En province, les supporters adverses ont droit à des « Paysan ! Paysan ! Paysan ! ». Les supporters bordelais sont rentrés dans le jeu, et ont bâché « Fier d'être paysan » puis, la saison suivante, « Paysans II : le retour ».