vignette|redresse=1.5|Carte représentant les côtes sableuses, rocheuses et les marais maritimes de la France métropolitaine. Le littoral, long de Le trait de côte est découpé de façon fractale donc, par nature, sa longueur dépend de l'échelle utilisée pour la mesurer, elle est dite « infinie »., compte de plages qui constituent le que la collectivité nationale met à disposition des estivants.. vignette|314x314px|Carte de l'artificialisation des sols du littoral français métropolitain. . vignette|La littoralisation (forte attractivité littorale par les hommes) se traduit par le phénomène d'haliotropisme qui s'accélère depuis les années 1960 : les communes littorales qui occupent 4 % du territoire national abritent plus de 10 % de sa population.. vignette|Des écosystèmes et paysages très variés subsistent entre des zones croissantes d'urbanisation.
Le littoral français désigne le littoral situé en France et soumis à la loi Littoral86-2 du 3 janvier 1986 qui liste et classe les communes de la France métropolitaine en plusieurs catégoriespour le référentiel INSEE de 1999 : 883 communes maritimes (en bord de mer, lagunes ou étangs salés) : classées pour les communes de bord de mer ou d'océan (au nombre de 785) et 1B pour les communes d'estuaire en aval de la limite transversale de la mer (au nombre de 98)Fiches indicateurs : Présentation, Le principe des fiches, sur le site de l'Ifen.Chiffres clés : Données générales, sur le site de l'Ifen. ; 87 communes situés sur des estuaires ou deltas ; définies par décret de 2004, comme situées sur les cours d’eau littoraux, entre la limite de salure des eaux et la limite transversale de la mer ; 151 communes de bord de lacs d'une surface supérieure à hectares.. 92 communes sont également concernées dans les départements d'outre-mer.. On intègre généralement dans le littoral l’arrière-pays littoral qui est la somme des « communes non littorales des cantons littoraux »<ref>Un canton littoral est un canton ayant au moins une commune littorale</ref> ( communes).
Les de littoral se répartissent en 26 départements littorauxSophie Bahé, Les pollutions maritimes accidentelles en France : risques, planification, gestion de crise, École pratique des hautes études, p. 11, 2008.. A ces littoraux métropolitains s'ajoutent de côtes en dans les territoires d'outremer, soit au total.
Selon l'Institut français de l'environnement (IFEN), le littoral français est caractérisé par des zones urbaines, industrielles, réseaux de communication et espaces verts plus densément présentes qu'ailleurs en France métropolitaine (ces « milieux » artificiels couvrent 13 % de la surface des communes littorales, contre 2,7 fois dans une commune moyenne métropolitaine et cette proportion passe à 27 % dans la bande de près de la mer).
Les sols cultivés et les milieux naturels y sont de plus en plus fragmentés et insérés dans des territoires construits ou urbains, en dépit d'une loi dite Loi littoral votés par le Parlement (à l'unanimité) le . Le Conservatoire du littoral est chargé de la protection d'une partie du littoral français.
Le littoral est vulnérable à la montée de la mer qui est l'un des effets du dérèglement climatique, se traduisant selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) et l'Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC) par une érosion du trait de côte accrue et par un risque croissant de submersion marine des zones basses, ainsi que par des vagues et tempêtes plus importantes. Selon l'ONERC, + 30 cm à +80 cm voir plus, sont attendus pour le niveau moyen, avant 2100 et avec des variations régionales significatives, et la tendance en 2019 reste celle du pire scenarioONERC, le climat de la France au , vol 5 (le niveau marin moyen a augmenté de en dix ans, de à ).
La diversité des littoraux français Les façades maritimes françaises se trouvent dans des contextes climatiques divers, allant des tropiques aux régions polaires. La France métropolitaine abrite trois façades : la Manche (climat océanique), la façade atlantique (climat océanique) et la façade méditerranéenne (climat méditerranéen). En ce qui concerne le monde insulaire, la majorité des littoraux ultramarins se trouvent dans la zone intertropicale. La tropicalité induit une alternance entre deux saisons au cours de l'année (saison sèche et saison humide), une faible amplitude thermique et une forte humidité lors de la saison des pluies. Quelques-uns des littoraux ultramarins sont également situés dans des régions polaires, à l'image des Terres australes et antarctiques françaises.
Les morphologies et paysages côtiers français sont divers, à commencer par des interfaces entre fleuves et mers variées : mangroves dans les milieux tropical ou équatorial, delta, estuaires, rias ou abers, calanques en Méditerranée, fjords sur les Îles Kerguelen, lagunes, récifs coralliens dans le Pacifique ou encore volcans (île de la Réunion). Les plages présentent aussi des morphologies différentes (au nombre de six) qui évoluent constamment, en fonction de la dérive littorale. Sans oublier les falaises ou côtes rocheuses à falaises et les marais maritimes, appelés wadden dans le Nord-Pas-de-Calais et en Flandre.
La fragilité des littoraux français Espaces fragiles, les littoraux sont exposés à de nombreux aléas, dont l'érosion et la submersion marine, deux dynamiques naturelles accentuées par le changement climatique qui entraine une augmentation du niveau de la mer et une intensification des phénomènes climatiques extrêmes. Les espaces ultra-marins sont soumis à des risques spécifiques : cyclones (uniquement dans les latitudes intertropicales), tremblements de terre (surtout dans l'arc antillais, situé au contact des plaques tectoniques nord-américaine et caraïbe), tsunami (Antilles et océan Indien) et éruptions volcaniques (principalement à La Réunion où le volcanisme de type effusif est encore actif. Les phénomènes d'euthropisation, dont le changement climatique est l'une des composantes, n'épargnent aucun littoral, que ce soit en métropole ou en Outre-mer. Les espaces littoraux subissent aussi des pollutions importantes à cause des activités humaines.
L'anthropisation influence aussi cette fragilité, au regard de l'occupation et de la mise en valeur des littoraux français par les populations et les acteurs publics comme privés à toutes les échelles. En effet, l'artificialisation est très marquée au regard de l'occupation des littoraux et de la mise en valeur de ces derniers.
Plusieurs stratégies se mettent donc en place pour protéger les espaces littoraux. Ainsi, trois des onze parcs nationaux français se trouvent en milieu littoral : deux en métropole (Port-Cros dans le Var et les Calanques dans la région de Marseille) et un en outre-mer (en Guadeloupe). De même, crées en 2006, les parcs naturels marins, au nombre de huit, répondent à la spécificité des écosystèmes littoraux. Aussi, certains parcs naturels régionaux sont situés dans des zones littorales, à la fois en métropole et en Outre-mer. D'ailleurs, les deux premiers parcs (Scarpe-Escaut et Armorique) sont installés dans des zones littorales. Le Conservatoire du littoral est un dispositif de protection spécifique aux linéaires côtiers. Actif depuis 1975, il gère environ 13 % des côtes françaises, avec un objectif de maîtrise foncière visant à limiter les constructions, protéger les milieux naturels et préserver les paysages. Enfin, une partie significative des réserves naturelles, mesure de protection la plus stricte en France, sont de nature littorale.
Population littorale Les littoraux sont des espaces densément peuplés. Avec 272 habitants par km, la densité humaine du littoral français est supérieure à la moyenne nationale (environ 2,5 fois plus dense)Richard de Vendeuil, « Loi Littoral : alerte sur les côtes! », dans L'Express du 27/07/2006, .
Cette partie du territoire français regroupe 6 millionsEstimations 2006 du Cete Méditerranée cité par l'IFEN en octobre 2007. Le recensement de 1999 donnait 5,78 millions d'habitants contre 1,25 million pour l'arrière-pays. de résidents (1 habitant sur 10 de la France) sur seulement 4 % du territoire, et elle attire des millions de touristes chaque année ; En 2007, l'IFEN estimait la capacité d'accueil des résidences secondaires, hôtels et campings à environ sept millions de lits, permettant plus qu'un doublement de population en été (13 millions de personnes en tout)Source : Insee, Recensement de la population, 1999, Enquête tourisme 1998 (hôtellerie et hébergement de plein air), Inventaire communal 1998 (autres hébergements), calcul Insee, repris par l'Observatoire du Littoral.
Aménagement des littoraux
Le peuplement des littoraux est hérité de multiples phases anciennes d'aménagements des littoraux : assainissement des zones humides et des paluds, poldérisation, industrialisation et développement du tourisme littoral (notamment balnéaire).
Urbanisation et artificialisation croissante Depuis plus de 1000 ans, l'urbanisation et l'artificialisation du littoral français se poursuit, avec un étalement urbain marqué, en dépit des efforts du Conservatoire du littoral et de la Loi littoral.
À titre d'exemple, 98 % du littoral du département des Alpes-Maritimes est construit. Les zones urbanisées du littoral métropolitain représentent selon l'IFEN 9,8 % du territoire des communes littorales contre 4 % dans l’arrière-pays (et 3,7 % en métropole).
Cette occupation s'explique par plusieurs facteurs : activités économiques dynamiques (port, tourisme), climat généralement adouci, paysages appréciés, par les retraités notamment.
Ce processus de littoralisation des populations et des activités n'est pas propre à la France. Les dispositions importantes et contraignantes adoptées pour préserver le littoral ont donc eu des effets limités, même si l'urbanisation de grande envergure et anarchique n'est aujourd'hui plus possible.
Tendances démographiques Pour une zone littorale comprenant les communes littorales métropolitaines et de l’arrière-pays, la population résidente est en croissance continue, avec en 2003 5,8 millions de résidents permanents en France, soit une densité de population 2,5 fois plus élevée que la moyenne de la métropole. Le littoral français autrefois peu peuplé a encore gagné 1 million d’habitants en 20 ans (de 1968 et 1999), surtout dans les villes qui abritaient à en 1968 ; les grandes villes (de plus de en 1968) ont elles perdu des habitants (plus de sur cette période, en particulier Marseille, le Havre et Lorient peu attractifs pour les retraités et les activités liées au tourisme qui se sont fortement développées, les emplois liés à la pêche ayant également fortement diminué depuis un siècle).. 40 % des villages de moins de 500 en 1968 ont été source d’exode sur cette période (1968-1999).
En 1999, la population était devenue urbaine à 76 % (contre 61 % pour la France entière), avec une forte périurbanisation (puissant facteur d’artificialisation et de fragmentation écopaysagère), accrues par la création du réseau des « autoroutes des Estuaires » qui a encore plus « isolé écologiquement » les milieux naturels relictuels littoraux, qui restent parmi les plus riches en raison de leur moindre usage par l’agriculture industrielle et de leur histoire écologique. En Manche et Corse, les communes de moins de sont plus nombreuses, alors que le littoral basque et de la Mer du Nord ainsi que méditerranéen supporte des communes pour la plupart de plus de hab; la côte atlantique des Côtes-d'Armor aux Landes présente une situation intermédiaire.