vignette|droite|Enfant lors d'un examen (polysomnogramme). vignette|droite|Échographie en pédiatrie. vignette|upright|Une pédiatre examine un bébé.

La pédiatrie est une branche spécialisée de la médecine qui étudie le développement neuro-sensori-moteur et physiologique normal de l'enfant, ainsi que toute la pathologie qui y a trait (maladies infantiles), de la naissance à la période postpubertaire où il devient adulte ; c'est la médecine des enfants, l'enfant étant défini en droit comme tout sujet âgé de moins de (article de la Convention relative aux droits de l'enfant). Le médecin spécialisé en pédiatrie s'appelle le pédiatre.

La pédiatrie est différente de la médecine générale puisque s'adressant spécialement à un organisme en développement et en transformation permanente. La précocité du diagnostic est ici, encore plus qu'ailleurs, vitale pour la santé future de l'enfant et déterminante pour le pronostic.

La néonatalogie est la partie de la pédiatrie qui s'occupe du nouveau-né. C'est la coopération entre le pédiatre et l'obstétricien qui permet de prévenir les malformations fœtales et de traiter des maladies à la naissance.

Histoire de la pédiatrie en France

Jusqu'au siècle des Lumières, les spécificités et la personne de l'enfant sont pratiquement ignorées. Même les grands philosophes se désintéressent de l'enfant. Seul saint Augustin racontera son enfance . L'enfant n'est qu'un adulte miniature à la survie précaire. À partir du , l'enfant va progressivement être perçu comme un être en croissance et maturation somatique et psychique, en même temps qu'un sujet d'éducation et d'apprentissage nécessitant une intervention précoce. Toutefois, le nouveau-né sera longtemps considéré comme un simple « tube digestif », un être réflexe, sans aucune compétence, dénué de sentiments et de sensations, une considération à peine nuancée quand cet être devient rampant puis ambulant. En outre, la forte mortalité infantile est considérée comme une fatalité habituelle, presque normale et l'infanticide des malformés ainsi que l'eugénisme auront longtemps droit de cité. En fait, peu de médecins s'intéressent à la médecine de l'enfant avant les deux guerres mondiales du , même si l'on peut cependant évoquer certains précurseurs comme Nils Rosén von Rosenstein en Suède au , ainsi que beaucoup plus tard Armand Trousseau et Antoine Marfan en France à l'aube du . Les préoccupations, prise en charge et découvertes en la matière sont, en effet, récentes et ont suivi l'émergence lente et progressive de la pédiatrie sous l'effet de l'hécatombe des deux grandes guerres mondiales (nécessité de remplacer les générations sacrifiées), des révolutions pastorienne et freudienne, de l'hospitalisme et de la naissance de l'obstétrique. Le constitue toutefois l'époque charnière en matière d'hospitalisation des enfants et de promotion d'actions préventives et sociales.

vers 1620 — Peter Chamberlen l'aîné invente le forceps. vers 1800 — Jean-Louis Baudelocque et d'autres, comme le professeur Joseph Récamier son véritable précurseur, participe à la création de l'obstétrique moderne. Il fonde à Paris une maternité et une école de sages-femmes qui portent toujours son nom. Un peu plus tard, Abraham JacobiAbraham Jacobi (1830–1919) est considéré comme le père de la pédiatrie outre-Atlantique. ouvre la première clinique pour enfants aux États-Unis. 1872 — Création du mot « pédiatrie »sous la dir. d'Alain Rey, Le Robert Dictionnaire historique de la langue française, Dictionnaires Le Robert, Paris, nouvelle édition janvier 1994, tome , 1462.. 1874 — Loi du , dite loi Roussel (surveillance des enfants placés en nourrice, organisation de circonscriptions responsables de la santé des enfants qui y vivent et établissement de statistiques sur cette population à risque). 1875 — Madeleine Brès peut être considérée comme la première pédiatre françaisePremière femme française à soutenir une thèse de doctorat Mamelle et Allaitement. Elle fonde également en 1885 une des premières crèches maternelles.. 1877 — Repos de la femme enceinte. 1878 — L'enseignement de la pédiatrie est officialisé en France. 1891 — Ponction lombaire. 1892 — Première consultation pour nourrissons en France, sous la responsabilité de Pierre Budin. 1894 — L'hôpital-dispensaire de Belleville fondé par Gaston Variot devient la Goutte de lait. (bienfaits d’une alimentation infantile strictement contrôlée) 1895 — Radiographie. 1896 — La mairie de Paris met en place une commission d’étude de l’alimentation par le lait. Gaston VariotGaston Variot (1855–1930) était à l'époque médecin hospitalier à l’hospice des enfants assistés (qui deviendra l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris)., Paul Strauss et Pierre BudinPierre Budin (1846-1907), fut professeur agrégé à la faculté de médecine de Paris et membre de l'Académie de médecine. fondent la Ligue contre la mortalité infantile. 1901 — Découverte des groupes sanguins. 1906 — La cuti-réaction (test Pirquet) découverte par le pédiatre autrichien Clemens von Pirquet. 1907 — Apparition du mot « pédiatre » (Larousse). 1911 — Création de l'institut de puériculture à Paris qui comprend non seulement une formation destinée aux médecins « puériculteurs » (qualificatif de l’époque) mais aussi une « école des mères » et des cycles de conférence destinés au grand public. 1917–1920 — Création de l’école de puériculture de la faculté de médecine de Paris, ainsi que du diplôme de visiteuse d’hygiène maternelle et infantile, future infirmière puéricultrice dont le diplôme d'État sera créé par décret le . 1919 : Création de le chaire de Pédiatrie à l'université de Strasbourg qui vient de redevenir française 1920 : création de l'Association Alsacienne et Lorraine de puériculture qui forme des puéricultrices qui partent ensuite à la rencontre des familles 1935 — Décret-loi du , dite loi StraussPaul Strauss est ministre de l’hygiène à partir de 1923 et réforme également les crèches. pour la protection des enfants de moins de . Il met en place également le carnet de croissance dont tout enfant doit être pourvu dès la naissance. 1945 — Ordonnance du (protection des enfants de moins de , généralisation du carnet de santé délivré à la naissance, obligation de créer ou développer les consultations prénatales ou de nourrissons pour tous les départements). Le professeur Robert Debré crée le premier service de pédiatrie, avec du personnel infirmier et des soins spécifiques, distinct de la prise en charge des adultes. C'est le début de la pédiatrie moderne et de la protection maternelle et infantile (PMI). 1946 : publication du manuel de pédiatrie Traité de Pathologie Infantile par Robert Debré et Paul Rohmer ( pages, 2 volumes) qui fit autorité pour toute une génération de pédiatres. 1948 — Définition officielle de la prématurité par l'Organisation mondiale de la santé (enfant né vivant avec une période de gestation de moins de ). Précédée des travaux de Pierre Budin, elle sera, en pratique, affinée et précisée par la suite des découvertes scientifiques. 1950 — Naissance de la pédiatrie néonatale, première sous-spécialité de la pédiatrie. 1951–1962 — Réforme de la PMI. Un premier décret 51-953 du à propos de la vaccination par le BCG précise : « le rôle du médecin consultant et les éléments de l’examen de l’enfant à effectuer, le rôle de la puéricultrice et étend les services de PMI à l’ensemble de la population ». Le décret 62-840 du viendra compléter ces dispositions et réformer la PMI. 1960–1970 : Françoise Dolto apporte la dimension psychanalytique à la pédiatrie. C'est aussi à cette époque que s'affirment ou naissent de nombreuses sous-spécialités de la pédiatrie. 1970 — Loi du , suivie par l’arrêté du . Surveillance des nouveau-nés en maternité avec une consultation médicale obligatoire dans la première semaine. 1975 — L'échographie fœtale permet enfin d'observer le fœtus vivant dans sa bulle amniotique. , les différentes techniques de l'imagerie médicale complètent ces observations et, avec les avancées de la génétique, permettent des diagnostics de plus en plus précis et précoces. Il existe une société internationale d'histoire de la médecine (SIHM) dont l'un des présidents, le pédiatre canadien de la Broquerie Fortier (1976-1980) s'est fortement investi dans l'histoire de la pédiatrie . « Coup d'œil rétrospectif sur la société internationale de l'histoire de la médecine 1920–1982 » SIHM, 1970 et 1982 ..

Médecin spécialiste en pédiatrie Si l'on excepte les interventions en marge ou en appoint de la pédiatrie, comme celle des pédo-psychologues ou celle du personnel de puériculture, en France, la pédiatrie est au sens strict une activité médicale. Alors que le pédiatre est un médecin spécialiste, les médecins de famille peuvent aussi détenir une compétence avancée dans cette discipline médicale. Une étude du Conseil national de l'Ordre des médecins de 2004 montrait qu'il y avait environ 1,3 % des médecins généralistes ayant cette compétence.

Rôle du pédiatre généraliste vignette|Auscultation indirecte d’un nourrisson.

Hormis les pédiatres qui sont spécialisés dans une discipline particulière, le pédiatre généraliste est responsable de la surveillance régulière de la croissance de l'enfant et de son éveil, ainsi que de toutes les interventions y afférentes : vaccinations, régimes, dépistage et traitement des différentes affections.

Son intervention recouvre les quatre fonctions principales suivantes : la prévention, le dépistage, le traitement et la rééducation.

La prévention devient de plus en plus prénatale depuis que l'on sait prévenir les complications obstétricales dues aux incompatibilités sanguines. De nouvelles techniques comme la ponction amniotique qui permet d'analyser les cellules fœtales ont ouvert la voie à de nombreux progrès en matière de prévention prénatale : détection des anomalies chromosomiques, par exemple. Sans compter les avancées considérables de la génétique. L'attention est portée sur l'hygiène alimentaire, les vaccinations, l'éducation des parents, notamment sur les risques d'accidents (ingestions diverses), de mort subite du nourrisson, le surmenage scolaire ou au contraire, l'adynamie psychogène de l'adolescent (faible activité)

Le dépistage des anomalies métaboliques, comme la phénylcétonurie (ou hyperalaninémie), l'hyperphénylalaninémie et l'hypothyroïdie congénitale commence dès la naissance. L'intérêt du dépistage précoce de ces maladies dès la naissance est qu'elles peuvent bénéficier d'un traitement efficace soit par le régime soit par l'apport de médicaments et éviter ainsi toute encéphalopathie qui deviendrait définitive. On pense également au dépistage des anomalies anatomiques comme la luxation congénitale de la hanche, des anomalies sensorielles comme le strabisme ou la surdité, ou au dépistage de l'autisme. Ensuite, c'est en milieu scolaire où l'enfant passe le plus clair de son temps qu'il convient de faire ce dépistage (rôle des médecins scolaires). De nombreuses techniques de dépistage existent : test de la sueur pour la mucoviscidose, le test de Guthrie pour la phénylcétonurie

Le traitement pédiatrique a fait de nombreux progrès. Il pose surtout le problème du choix du lieu du traitement. L'hospitalisation n'est pas toujours nécessaire mais peut s'avérer indispensable si la garde et la surveillance de l'enfant ne peuvent être assurées à domicile. La pédiatrie ambulatoire offre parfois une solution satisfaisante.

La rééducation (ou réhabilitation) des séquelles d'une anomalie ayant été traitée au stade aigu est une part importante de la pédiatrie. On pense par exemple au diabète infantile