Saint-Pierre-d’Oléron est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime (région Nouvelle-Aquitaine). Ses habitants sont appelés les Saint-Pierrais et les Saint-Pierraises.

Important centre administratif et commercial, Saint-Pierre-d'Oléron est la principale agglomération de l'île d'Oléron. Sa situation géographique la fait souvent considérer comme sa capitalePrésentation de Saint-Pierre-d'Oléron, site de la maison du tourisme de l'île d'Oléron et du bassin de Marennes économique. Elle est de fait la première ville de l'île d'Oléron et, en 2018, elle forme la unité urbaine de Charente-Maritime.

Cette petite cité est le chef-lieu du canton de l'Île d'Oléron depuis 2015. Elle conserve un centre historique en partie piétonnier, structuré autour de quelques monuments emblématiques (église Saint-Pierre, lanterne des Morts, maison des Aïeules, où repose l'écrivain Pierre Loti). Les quartiers périphériques concentrent entreprises, boutiques et centres commerciaux.

Sur la côte occidentale de l'île, le port de La Cotinière produit poissons nobles, crevettes et sardines, et est un centre touristique particulièrement fréquenté durant la saison estivale.

Saint-Pierre-d'Oléron abrite le siège administratif de la communauté de communes de l'Île-d'Oléron, structure intercommunale regroupant huit communes et habitants (2018).

Géographie

Présentation vignette|gauche|La partie nord-ouest de la commune est occupée par des marais, refuge de nombreuses espèces animales. vignette|redresse|Position de Saint-Pierre dans l'île d'Oléron.

La commune occupe la partie centrale de l'île d'Oléron, seconde plus grande île de France métropolitaine, dans le département de la Charente-Maritime.

Sur un plan plus général, la commune de Saint-Pierre-d'Oléron est localisée dans la partie sud-ouest de la FranceCertains y voient une appartenance géographique au Midi de la France — en référence au « Midi atlantique » cher au géographe Louis Papy - ainsi Saint-Pierre-d'Oléron comme le département de la Charente-Maritime peuvent être rattachés à deux grands ensembles géographiques, le Grand Ouest français et le Grand Sud-Ouest français, au centre de la côte atlantique dont elle est riveraine, faisant partie du « Midi atlantique »Louis Papy, Le Midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984, p.21.

Chef-lieu d'un canton compris dans l'arrondissement de Rochefort, elle se trouve à environ du Château-d'Oléron, de Rochefort, de Royan, de Saintes et de La Rochelle.

Le territoire communal est composé essentiellement de plateaux Jurassique (Saint-Pierre, Bonnemie, La Coindrie) et Crétacé (La Valinière, Les Châteliers), bordés au nord-est par un vaste marais arrière-littoral ponctué de prés-salés (marais des Salines) qui, comme son nom l'indique, est un ancien bassin salicole. Sur la côte orientale, une petite partie de cet ensemble a été reconvertie en parcs à huîtres (zone ostréicole de Fort-Royer)Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, p.931, qui s'intègrent à un ensemble plus vaste, le bassin de Marennes-Oléron. La partie méridionale des marais est aujourd'hui occupée par une importante réserve ornithologique et un centre de sauvegarde de la faune sauvage (Marais aux Oiseaux)Poitou-Charentes, guides bleu Hachette, Hachette livres, 2002, p.289, partagée entre les communes de Saint-Pierre-d'Oléron et de Dolus-d'Oléron.

La façade occidentale de la commune est formée de vastes étendues sablonneuses bordées par l'océan Atlantique. La vigueur des courants explique la dénomination de « Côte sauvage » donnée au littoral occidental de l'île d'Oléron. Quatre petits havres sont néanmoins bien présents : la baie de la Perroche (partagée avec Dolus-d'Oléron), la conche de Matha, la baie de La Cotinière et la baie de la Brimaudière.

vignette|Coucher de soleil sur la côte occidentale d'Oléron.

Les forêts sont peu nombreuses, et ne couvrent guère plus de 12 % du territoire communal, contre 53 % de territoires agricoles, 19 % de zones humides et 16 % de territoires artificialisésSite du Sigore (en constante progression). Les principaux massifs sont le bois de La Martière et le bois d'Anga. Le chêne, le chêne pédonculé, le chêne vert et le frêne en sont les essences dominantes.

La culture du blé, du maïs, de l'orge, de l'escourgeon et du tournesol constitue une part importante des productions locales, qui s'épanouissent sur les terres argilo-limoneuses calcaires de l'ouest de la commune (terres de doucins). La commune possède également des vignobles donnant des vins de pays (produits sous le nom de « Vins de pays charentais de l'Île d'Oléron ».

L'habitat oléronais est généralement réparti en hameaux, appelés villages et souvent dotés d'une identité propre. La commune en compte vingt-neuf, sans compter les deux noyaux urbains que sont le centre-ville et le port de La Cotinière, auxquels viennent s'ajouter de nombreux lieux-ditsLes villages, site de Saint-Pierre-d'Oléron.

Axes de communication vignette|Ruelles tortueuses, venelles et placettes ombragées sont un héritage du parcellaire médiéval (photo prise depuis le clocher de l'église Saint-Pierre). vignette| L'île est accessible par une voie rapide (D 26) et par le pont de l'île d'Oléron (accès gratuit). Les grands axes reliant les communes oléronaises aux principales villes du département sont la D 728 (Saintes et autoroute A10) et la D 733 (Marennes, Royan, Rochefort, La Rochelle).

La D 26 vient se greffer sur la D 734 à hauteur de Dolus-d'Oléron. Cette importante route départementale constitue l'axe majeur de l'île, qu'elle traverse selon un axe nord-ouest/sud-est. Cette voie conduit directement à Saint-Pierre-d'Oléron, et se poursuit jusqu'à la pointe de Chassiron, extrémité septentrionale de l'île.

L'importance du trafic en centre-ville (particulièrement durant la période estivale) est une source potentielle de nuisances sonores, répertoriée comme tel par les services de la DDE (classée en catégorie 3 sur une échelle de 5). Au total, six kilomètres de routes (soit environ 1 % du territoire communal) sont considérés comme présentant de tels inconvénients.

La D 274 vient couper perpendiculairement la D 734 à hauteur du centre-ville, mettant en relief la position de carrefour qu'occupe la cité. Cette voie départementale, autre axe majeur de l'île d'Oléron (quoique sensiblement moins fréquenté) permet de relier le village de Sauzelle au nord et le port de La Cotinière au sud. La D 273, qui suit un axe nord-est/sud-ouest, vient se greffer sur la D 274 à hauteur du centre-ville. Cet axe secondaire fait la liaison entre Saint-Pierre et Saint-Georges-d'Oléron. Enfin, un réseau de voies de troisième ordre permet d'accéder aux nombreux « villages » et lieux-dits de la commune (route des Châteliers, route de Matha…).

Les cars de la région Nouvelle-Aquitaine assurent la desserte des principales communes de l'île. Les aéroports les plus proches sont situés à Rochefort (Rochefort-Saint-Agnant) et à La Rochelle (La Rochelle-île de Ré). La commune dispose cependant d'un aérodrome : créé en 1936 au lieu-dit Bois Fleury, il servait à l'origine à transporter les blessés les plus graves vers les hôpitaux du continent. Il est désormais lié à l'aéroclub « Les ailes oléronaises »L'aérodrome, site de la CDC de l'Île d'Oléron.

L'île d'Oléron n'ayant plus de réseau ferroviaire depuis 1935., les gares SNCF les plus proches sont celles de Rochefort, Saintes et Royan.

Communes limitrophes La ville est entourée à l'est et au sud-est par la commune de Dolus-d'Oléron et au nord par la commune de Saint-Georges-d'Oléron.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Littoral charentais et aquitain, caractérisée par une pluviométrie élevée en automne et en hiver, un bon ensoleillement, des hivers doux (), soumis à la brise de mer. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune du Château-d'Oléron à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Environnement

Près de la moitié du territoire communal est intégré à une zone protégée en raison de la richesse de son écosystème (prairies semi-naturelles, vasières tidales, marais arrières-littoraux, vasières, landes calcifuges). De vastes étendues humides s'étendent au nord-est et au sud-est du centre-ville, et doivent à leur richesse biologique d'être classées comme réserve naturelle nationale (réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron). Les marais de Saint-Pierre sont ainsi fréquentés par de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs (busard cendré, cigogne blanche, faucon hobereau, tadorne de belon, avocette élégante)Réserve naturelle des marais de Moëze-Oléron, site de la LPO. Les marais du sud de la commune sont compris dans une réserve ornithologique et un centre de sauvegarde de la faune sauvage (Marais des Oiseaux). D'un point de vue strictement floristique, ces espaces sont le royaume de la cirse des champs, de l'ail rose, du plantain d'eau, de la berle dressée ou de la cardamine des prés, ainsi que de quelques espèces d'orchidées sauvages.

vignette|Le tadorne de Belon est une des nombreuses espèces d'oiseaux fréquentant les marais de Saint-Pierre-d'Oléron.

La directive oiseau (protection des oiseaux et de leur biotope) couvre une zone de reproduction et d'hivernage correspondant à 25 % de la commune. Près de 26 espèces de l'annexe I de la directive oiseaux y ont été recensées, auxquelles s'ajoutent 31 espèces menacées au niveau national. La directive habitats-faune-flore, qui protège des habitats naturels de grand intérêt, s'applique à 26 % de la commune.