alt=MJC Montchapet à Dijon|vignette|300x300px|Façade de la MJC Montchapet à Dijon.
Les maisons des jeunes et de la culture, appellation généralement abrégée en MJC, sont des structures associatives. Elles ont pour objectif la responsabilisation et l'autonomie des jeunes citoyens. Elles ont la capacité à les mettre en mouvement et à développer des initiatives nouvelles et innovantes. Elles veulent lier jeunesse et culture dans une perspective d'éducation populaire. Ce sont des lieux de rencontres et de création pour de très nombreux jeunes issus de publics variés qui permettent de se former, d'échanger et de créer.
Organisation et importance Objectifs Les maisons des jeunes et de la culture (MJC) sont des associations d’éducation populaire qui se fixent pour objectif l’émancipation individuelle et collective des personnes.
Si elles ciblent particulièrement les jeunes, les maisons des jeunes et de la culture sont ouvertes à tous. Selon la fédération régionale des MJC d'Ile-de-France, .
Comme classiquement dans les associations, le projet associatif d'une MJC est défini par le conseil d’administration et concrétisé par une équipe salariée et des bénévoles. Le projet précise les objectifs que se fixe l’association pour l’animation de son territoire et s'appuie sur les valeurs de l’éducation populaire.
Structures fédératives Jusqu'en 2020, il existait deux fédérations nationales qui regroupaient chacune une partie des MJC de France : la Confédération des maisons des jeunes et de la culture (CMJCF)Site officiel de la CMJCF. est constituée de 900 associations regroupées en fédérations régionales ; la Fédération française des maisons des jeunes et de la culture (FFMJC)Site officiel de la FFMJC. regroupe 560 MJC. Cette dernière a été mise en liquidation judiciaire le .
50 % d’entre elles, environ, sont situées en milieu rural, l'autre moitié étant situées en zone urbaine ou périurbaine.
La Fédération française des MJC était structurée au niveau local en 6 fédérations régionales, 9 fédérations ou unions départementales et 9 fédérations ou unions locales. Une nouvelle association, AIR-MJC (pour Association inter-régionale des MJC), est créée début 2021. La convergence avec le réseau confédéral est l'un de ses objectifs de travail.
Le , à Nancy, la CMJCF en accord avec AIR MJC modifie ses statuts pour acter la création d'une seule tête de réseau nationale, MJC de France. Cette décision s'accompagne de la signature d'une nouvelle déclaration de principes.
MJC de France est structurée en 16 fédérations régionales ou sous-régionales et regroupe locales, environ 43000 bénévoles et .
Lien aux collectivités territoriales vignette|Maison des jeunes à Téliré (Guinée). Ces structures associatives, souvent liées par des conventions pluriannuelles d'objectifs et de moyens aux collectivités territoriales, existent en France métropolitaine, dans les DOM et dans certains pays francophones. Elles sont, en France, rattachées au ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative.
Historique Le terme « maison de la jeunesse » (latin : domus juventutis) est utilisé dès le , comme à Condat, où l'Église entretenait l'enseignement des sciences, des lettres et des arts..
Dès le début du , Catherine Descroix puis André Lefèvre et Marthe Levasseur (responsables Éclaireurs de France comme Léo Lagrange) créent la Maison pour tous dite « La Mouffe » à ParisHistoire de la Maison pour tous, rue Mouffetard. qui est considérée comme la première MJCLe temps des fondations des MJC, 1907-1947 et 1948-1958..
Christian Maurel découpe l'histoire des MJC en quatre périodes : le temps des fondations des MJC : 1907-1947 et 1948-1958 l’essor, la maturation, le développement : 1959-1983 la transformation des rapports aux collectivités : 1984-2008 les MJC dans l’avenir à partir de 2008
En France, la FFMJC (Fédération française des maisons des jeunes et de la culture) est créée en 1948 à l'initiative d'André Philip, député socialiste du Rhône à Lyon, à la suite de la République des jeunes, mouvement issu de la Résistance de 1944. La République des jeunes s'appuyait elle-même sur les premières structures créées par le gouvernement de Vichy pendant la guerre, qui avait lui-même repris les idées de Léo Lagrange durant le Front populaire.
La critique des années 1960 La Fédération française des maisons des jeunes et de la culture subit une critique importante à la fin des années 1960, car le gouvernement de Georges Pompidou la soupçonne d'être trop proche des partis de gauche. Le ministre de la Jeunesse et des Sports nommé en , juste après la mise en ballottage de De Gaulle à la présidentielle, François Missoffe, premier titulaire de cette fonction dans l'histoireMaurice Herzog, auquel il succède, n’était que secrétaire d'État., est chargé de trouver de nouvelles façons de s'adresser à la jeunesse« Un ministre et les jeunes : François Missoffe, 1966-1968 », par Laurent Besse, dans la revue Politique, culture, société, n° 4, janvier-avril 2008.. Dans ce but, il annonce en , via une campagne médiatique développée en mai- et très controversée, puis lance une grande consultation officielle de la jeunesse, connue sous le nom de « Livre blanc » ou « rapport Missoffe ».
L’opposition souhaite mobiliser les organisations de jeunesse et d’éducation populaire en faveur d'un contre-projet, dans le sillage de Pierre Mauroy, qui a participé à une forme de cogestion lorsque Maurice Herzog était secrétaire d'État. De leur côté, les députés de la majorité s'inquiètent de la politisation croissante des jeunes, via la clientèle militante des maisons des jeunes et de la culture (MJC). Cette problématique ayant pris de l'ampleur à l’automne 1967, ces députés réclament, après les élections législatives où la gauche a progressé, une action plus ferme du ministre.
François Missoffe lance alors l'opération Mille clubs de jeunesArticle de Yves Agnès, dans Le Monde du 12 septembre 1972.Un exemple de bâtiment encore existant de ces Mille clubs de jeunes est le club des Espérances à d'Ermont (Val-d'Oise)., sans s'imaginer l'usage militant qui en sera rapidement faitUsage décrit par journaliste de L'Express Ivan Levaï dans un article commandé pour mars 1968 mais que sa directrice, Colette Gouvion, décide de publier plus tard, selon l'autobiographie du journaliste Une minute pour conclure, publiée en 2018..
La période d'élaboration du Livre blanc sur la jeunesse s'étend sur deux ans (1966-1967). Dès le printemps 1966, après quelques mois de préparation, François Missoffe annonce une vaste enquête-débat sur la jeunesse« 68 : et si tout avait commencé avant… le Livre blanc de la Jeunesse » par la Télévision belge francophone, le 11 décembre 2017, avec le concours de l'historien Laurent Besse..
Le coup d’envoi est donné lors d’Inter Actualité du , animé par Étienne Mougeotte, qui devient un « grand débat » radiophonique où le ministre « dialogue » avec plus de 50 jeunes triés sur le volet, sous le contrôle de Roland Dhordain, patron de France Inter (qui l'accompagne juste après pour le fameux Tour de France Inter réalisé en direct par l'ORTF). Entre 3 heures du matin et 22 heures, François Missoffe survole la France en avion et en hélicoptère, afin rencontrer des jeunes, filmé par les caméras, de Paris à Saint-Germain-en-Laye en passant par Brest, Bompannes (Landes), Talence (Gironde), Aix-en-Provence, Saint-Rémy-de-Provence et Dijon. La direction de la radio salue alors .
Le résultat des consultations est détaillé lors d'une conférence de , intitulée « Une politique de la jeunesse pour quoi faire ? » qui est pointée du doigt lors du conseil des ministres du où François Missoffe est .
Début , une note des Renseignements généraux montrant des liens entre le parti communiste et la Fédération des MJC, conduit Georges Pompidou à demander à François Missoffe d'accélérer le projet de substitution des clubs de jeunes aux maisons des jeunes et de la cultureLes MJC : de l'été des blousons noirs à l'été des Minguettes, 1959-1981 par Laurent Besse, Presses universitaires de Rennes, 2008., qui n'aura qu'une ampleur relative.
Autres structures Il existe d'autres structures d'animation de la jeunesse telles que le Refedd., le Warn, le mouvement français Zéro déchet., Youth ID.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Laurent Besse, Les Maisons des jeunes et de la culture, 1959-1981, de l'été des blousons noirs à l'été des Minguettes, PUR, 2008 Nathalie Boulbès, MJC, un demi-siècle d'histoire, INJEP, 2003 Christian Maurel, « Les MJC en France depuis la Libération. Genèse et enjeux », thèse de sociologie, EHESS, 1992 A. George et J. Pierson, Des taudis au palais. Histoire d'une M.J.C. de Nancy, éditions MJC Saint Epvre, 2007
Articles connexes Animation socioculturelle Éducation populaire Youth ID Association de quartier Maison de la culture
Liens externes
MJC de France (MJC de France)
FRMJC IDF (Fédération des MJC en Ile-de-France)
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