Médéa (prononcé ) (en arabe : المدية, en tamazight : ) est une commune algérienne, chef-lieu de la wilaya de Médéa.
Capitale du Titteri, elle est située à au sud-ouest d'Alger. Médéa est refondée au par Bologhine ibn Ziri, elle devient au le siège du beylik du Titteri. La commune compte en 2008.
Toponymie
Le nom de Médéa connaît des interprétations souvent contradictoires. Selon des sources historiques, la nomination fait référence à la fabrication de lemmdi par ses habitants qui veut dire le ..
Le nom de ville selon une autre hypothèse, viendrait soit du latin ad Medias gîte d'étape de Maurétanie césarienne à égale distance de Tirinadi (Berrouaghia) et de Sufnsar (Amourah) sur la voie reliant la capitale Caesarea (Cherchell) à la colonie d'Auzia (Sour El Ghozlane), soit d'origine berbère de Lamdia, du nom d'une tribu sanhadja locale..
Le toponyme a traversé les âges, conservant une constance depuis l'Antiquité. Le nom antique, Lambdia, a évolué au fil du temps pour devenir Al-Meddaya tout en maintenant une consonance similaire. Une légère transformation du "b" du nom antique en "d" s'est produite, simplifiant ainsi la prononciation. Les habitants de Médéa sont appelés Lemdani, se rapprochant ainsi davantage du terme antique que Médéen.
Géographie Situation Médéa, à 981 m d'altitude, est une ville de montagne de l'Atlas tellien. Capitale de la région montagneuse du Titteri, elle est située dans une dépression entre le massif de l'Ouarsenis au sud et l'Atlas blidéen au nord, au pied du djebel Nador qui culmine à d'altitude. La ville est bâtie en amphithéâtre sur un plateau incliné.
La commune se trouve au nord-ouest de la wilaya. La ville est située à au sud-ouest d'Alger, à à l'est de Khemis MilianaDistance à vol d'oiseau Medea Khemis Miliana., à 24 km au sud de BlidaDistance à vol d'oiseau Médéa Blida. et à 42 km au nord de Ksar el BoukhariDistance à vol d'oiseau Medea Ksar el Boukhari..
Climat
Le climat à Médéa, est chaud et tempéré. En été les pluies sont moins importantes qu'elles ne le sont en hiver. La classification de Köppen est de type Csa. La température moyenne est de 15 °C et la moyenne des précipitations annuelles dépasse 700 mm..
Tectonique Dans la nuit du 28 au , un séisme d'une magnitude de 5,3 frappe la ville de Médéa, faisant 29 blessés..
Secteurs, lieux-dits vignette|gauche|Sous la neige. En 1984, la commune de Médéa est constituée à partir des lieux-dits suivants. :
Médéa-ville Ain El Araïs (Est) R'Mali Merdjechkir Kouala Taniet m Hadjar Takbou Oued Zitoun Batti Talaïche Takhabit El Kouteb Ghezarghza Sidi Amar Chelaalaa Koutiten Sidi Abdelaziz Ain D'Heb Beni Atteli Dakhla Aboucha
Géographie humaine Médéa est desservie par deux routes principales : la route nationale 1 vers Blida au nord (par les gorges du Chiffa), qui rejoint l'autoroute A1 vers Alger ; vers Laghouat et le Sahara au sud ; la route nationale 18 vers Djendel à l'ouest..
Végétation La ville de Médéa est bâtie au pied de coteaux couverts de vignobles et de vergers, où, poussent les arbres fruitiers. Quelques villages se sont développés au voisinage où la culture des céréales s’associe à celle de la vigneYver, G., “al-Madiyya”, Encyclopédie de l'Islam. Première publication en ligne: 2010..
Histoire Antiquité
Médéa occupe l’emplacement d’un établissement romain, Lambdia. Des indices matériels témoignent de l'emplacement de la ville de Médéa sur un établissement romain tel que l'aqueduc et des objets archéologiques découverts après la conquête française. Le site de Médéa a été choisi pour la fondation d'un camp militaire et la construction d'un rempart défensif. Cet établissement reliait Berrouaghia à Miliana, selon le parcours de crête secondaire.
Époque arabo-musulmane
Médéa est refondée par Bologhine ibn Ziri au , en même temps que sont créées Alger et Miliana. Elle joue un rôle important au Moyen Âge.
Selon Ibn Khaldoun, ce territoire était habité par la tribu sanhadjienne des Lamdiyya, dont le nom survit dans l’ethnique Lemdānī que portent les personnes originaires de Médéa. Il mentionne que la région de Médéa comme celles d'Alger, Blida et M'Sila font alors partie du territoire de la grande confédération des tribus berbères sanhadjas, devenues très puissante sous Ziri ibn Menad qui réussit à les unifier au . Mais épuisées par des luttes incessantes contre les Berbères nomades (les Zénètes et les Almoravides à l'ouest) et le harcèlement des tribus nomades arabes au sud, les tribus ne peuvent résister au coup final que leur portent les Almohades.
Puis un gouverneur zianide est installé dans la ville, dès le règne de Yaghmoracen Ibn Ziane. Léon l'Africain la décrit comme une ville fertile, riche grâce à son commerce.
Période ottomane gauche|vignette|313x313px|Médéa en 1843 vue depuis la ferme du bey Après avoir pris Alger en 1516, Arudj Barberousse occupe Médéa en 1517 et y installe une garnison d’infanterie turque avec quelques cavaliers andalous émigrés d'Espagne Consulté le 31/12/2011.. Dans le cadre de la régence d'Alger, Médéa devient la capitale du beylik du Titteri, l'un des quatre provinces de la régencePeyroulou Jean-Pierre, Tengour Ouanassa Siari, Thénault Sylvie, « 1830-1880 : la conquête coloniale et la résistance des Algériens », dans : Abderrahmane Bouchène éd., Histoire de l'Algérie à la période coloniale. 1830-1962. Paris, La Découverte, « Poche / Essais », 2014, p. 17-44. URL, résidence des beys, sous Hassan Pacha en 1548. Les beys n’exerçaient toutefois aucune autorité sur les habitants de la ville qui étaient soumis à un ḥākim.
Malgré son rôle de capitale régionale, la ville avait une importance moyenne. Son originalité lui vient de sa fonction économique, en tant que grand centre d'échanges. Elle était la dernière étape des caravanes venant du Sud et la zone de contact entre deux économies complémentaires : celle du Tell et celle des Hautes Plaines. Par ailleurs un groupe de commerçants très actifs assuraient le ravitaillement de l'ensemble de la population du Titteri en produits de provenance d'Alger. Comme Blida, elle doit son essor à la culture des arbres fruitiers, développée surtout par les musulmans andalous. Marmol voyageur du , parle de ce commerce et de l'abondance en blé et en troupeaux. Le commerce a influé sur le niveau de vie des habitants qui possédaient de belles maisons et une mosquée splendide.
thumb|Porte et minaret de Médéa au milieu du . La ville était peuplée par hadars, des kouloughlis et des Turcs surtout des retraités. Le quartier élevé appelé Dakhla, était habité par les kouloughlis et abritait les bâtiments administratifs et militaires. La ville basse composée des maisons plus anciennes et de bâtiments d'utilité publique, était habitée par le reste de la population. Le nombre des habitants de Médéa est difficile à déterminer de manière définitive. Avant 1839, les estimations des auteurs ne dépassent pas . Sa population urbaine aurait subi une régression au début du . Après 1830, les chiffres oscillent entre 4000 et 7000 habitants. Le dernier bey, Mostéfa Boumezrag, la dirige de 1819 à 1830, date de la conquête de l'Algérie par la France.
Période de la colonisation française thumb|Prise de la ville en 1840 Après la prise d'Alger en par les troupes du maréchal de Bourmont et le retrait d'Hussein Dey, Mostéfa Boumezrag reconnaît d'abord le nouveau pouvoirAbd el-Kader, Fayard, 1994, ., puis déclare son insoumission à la suite des exactions commises à Alger, participant dès lors à la rébellion aux alentours de cette ville.
En , le nouveauBourmont est relevé de ses fonctions à la suite de la révolution de Juillet en France. commandant en chef français, le général Clauzel, qui envisage une conquête facile de l'ensemble du pays, lance une expédition et s'empare de Blida puis de Médéa (). Mostéfa Boumezrag réussit à quitter la ville, mais se rend peu après. Clauzel nomme un nouveau bey, Mostéfa ben Omar, lui laissant une garnison française, puis repart à Alger. Dès la fin du mois, Blida doit être évacuée et une colonne de renfort (général Boyer) doit être envoyée à Médéa, attaquée par les tribus de la région. La situation paraissant rétablie, les troupes françaises sont évacuées. Cet échec relatif du général Clauzel est une des raisons de son départ au début de 1831.
La rébellion reprend un peu plus tard sous la direction du fils de Mostéfa Boumezrag, OulidAbd el-Kader, Fayard, 1994, .. En , le général Berthezène (nouveau commandant en chef) dirige une deuxième expédition à Médéa le ; Oulid Boumezrag refusant l'affrontement thumb|La place du marché arabe, avec l'épicerie Ayache vers 1910.|gauchedirect, Berthezène parcourt la région en détruisant les récoltes, puis quitte Médéa le en emmenant Ben Omar. Cette opération, considérée comme une défaite de l'Armée française, renforce les rebelles. En 1836, une nouvelle expédition, sans résultats est menée.
Le traité de la Tafna, conclu en 1837 entre le maréchal Bugeaud et l'émir Abd el-Kader, accorde à celui-ci, entre autres, le contrôle de la province du Titteri. Médéa devient donc une des capitales de l'émirat d'Abd el-Kader.. Sa population est à l'époque voisine de .. Il confie le beylik à son frère Mustapha.
En 1840, l'armée française reprend possession de Médéa« Chronologie. 1830-1880 », dans : Abderrahmane Bouchène éd., Histoire de l'Algérie à la période coloniale. 1830-1962. Paris, La Découverte, « Poche / Essais », 2014, p. 45-51. URL.. La ville subit à chaque expédition, les mêmes ravages et sa population est contrainte de se déplacer lors de son occupation définitive. En 1850, Médéa abrite l'une des trois créées par les autorités coloniales, les deux autres sont situées à Constantine et Tlemcen ; peu après elle est transférée à Alger.
thumb|La ville coloniale en 1984.
Dans les années 1950, le Larousse du qualifie Médéa de jolie ville dont la région prospère est riche en produits agricoles comme les vins, les céréales, les asperges et les olives.
En 1956, elle devient le chef-lieu du département de Médéa, qui correspond à l'ancien arrondissement du même nom du département d'Alger..
Démographie
La commune de Médéa compte selon le recensement de 2008, c'est la commune la plus peuplée de sa wilaya. La population de l'agglomération est de en 2008.
Économie La ville a une position de commandement sur l'axe reliant Alger au Sud algérien. Les vins des coteaux de Médéa sont renommés et exportés.
Elle dispose également d'un tissu industriel. À Médéa, se trouve l'une des plus grandes unités de production pharmaceutique d'Algérie en antibiotiques du Groupe Saidal., ainsi que des fabriques de chaussures et de vestes en cuir à Takbou, toutefois ce secteur a connu un repli depuis les années 1990..
Urbanisme vignette|gauche|Vue sur le tissu urbain depuis Bab El gorte. La ville de Médéa se caractérise par une sédimentation des épisodes historiques. L'ancien noyau urbain est influencé par l'architecture ottomane, il renferme le plus grand nombre de vestiges datant de cette époque, parmi lesquels la casbah de Médéa, constituée de maisonnettes, de boutiques d'artisans.. La ville précoloniale, se distinguait par son architecture des villes voisines d'Alger et de Blida, ceci surprit les auteurs de l'époque qui voyageaient depuis Alger, les maisons avaient des murs bruns et bordées de trottoirs et n'avaient pas de terrasses, mais des toits inclinés couverts de tuiles.