F… comme FairbanksGraphie utilisée dans le film et dans certaines encyclopédies. (également graphié F comme FairbanksAffiche du film et autres encyclopédies.) est un film français réalisé par Maurice Dugowson, sorti en 1976.

Le récit évoque un jeune chômeur, nourri de rêves et d'idéaux, qui perd les pédales au contact de la réalité et d'une passion d'amour désenchantée.

Synopsis Diplômé en ingénierie chimique et dégagé des obligations du service militaire, André Fragman retourne auprès de son père, un projectionniste d'une petite salle de cinéma, d'origine américaine et cinéphile. Le jeune homme apprécie chaleureusement son père, qui surnomme son fils « Fairbanks » en hommage à l'acteur Douglas Fairbanks, et s'installe dans son appartement après que sa petite amie, Sylvie, a refait sa vie durant son service militaire. Convaincu que son diplôme d'ingénieur chimiste peut lui ouvrir des portes et lui procurer du travail, il retrouve son ancien professeur et ami, Étienne Lambert, qui lui a promis des opportunités. Mais durant l'absence d'André, la situation économique très défavorable a évolué et les promesses d'embauches de Lambert sont tombées à l'eau.

Peu après, André retrouve un ami, Jean-Pierre, dans une salle de théâtre. Ce dernier, metteur en scène, vient de monter une nouvelle adaptation d'Alice au pays des merveilles. Durant les répétitions, il fait la connaissance de Marie, apprentie comédienne qui travaille à mi-temps dans une agence de voyages. Le courant passe immédiatement entre André et Marie, qui tombent amoureux. Alors que leur idylle démarre très bien, André n'arrive toujours pas à trouver un emploi dans le génie chimique, et les ennuis qu'il a connus dans l'armée compromettent ses chances. À mesure de ses échecs, André, d'un naturel optimiste et jovial, commence à perdre ses illusions et son moral baisse. Il se retrouve contraint de s'inscrire à l'ANPE et d'exercer des petits boulots tels qu'ouvrier sur un chantier, videur de boîte de nuit, porteur dans une gare de train ou employé dans un garage. La frustration d'André entraîne des crises de colère auprès de Marie, qui commence à supporter de moins en moins cette situation.

André retrouve son père, qui lui annonce qu'il va prendre sa retraite — la salle de cinéma où il travaille va fermer pour être détruite et remplacée par un multiplexe — et se remarier. S'enfonçant de plus en plus dans la dépression, André décide de tout quitter et veut emmener Marie avec lui. Il la rejoint mais cette dernière, s'apprêtant à jouer la pièce, refuse de l'accompagner. Alors que Marie se trouve sur scène, André débarque en pleine pièce et tente d'emmener Marie de force avec lui, mais celle-ci parvient à se réfugier dans sa loge. Le jeune homme, en pleine crise, tente de pénétrer de force dans la loge en hurlant avant d'être maîtrisé. Blessé, André est emmené en ambulance. Dans son délire, il s'imagine avec Marie survoler Paris sur un tapis volant, comme Douglas Fairbanks.

Fiche technique Titre : F… comme Fairbanks (ou F comme Fairbanks) Réalisation : Maurice Dugowson Scénario : Jacques Dugowson et Maurice Dugowson Photographie : André Diot Montage : Jean-Bernard Bonis Musique : Patrick Dewaere et Roland Vincent Costumes : Anne-Marie Marchand Décors : Raoul Albert Son : Michel Laurent Photographe de plateau : Alain Fonteray Producteur : Michel Seydoux Directeur de production : Paul Maigret Sociétés de production : Caméra One, Gaumont, FR3 Cinéma Société de distribution : Gaumont Pays de production : Format : couleur (Eastmancolor) — 35 mm — 1,66:1 — son monophonique Genre : comédie dramatique Langue : français Budget : 3,7 millions de francs. (soit environ en ) Durée : 110 minutes Dates de sortie : France : Belgique : (Gand) France : Mention CNC. : tous publics, Art et essai (visa d'exploitation délivré le )

Distribution

Patrick Dewaere : André Fragman Miou-Miou : Marie John Berry : Fragman père Michel Piccoli : Étienne Lambert Jean-Michel Folon : Jean-Pierre Christiane Tissot : Sylvie Diane Kurys : Annick Jean Lescot : Jeannot le régisseur Jean de Coninck : le photographe Evane Hanska : Françoise Thierry Lhermitte : le jeune cadre Guiguin Moro : l'assistante Christian Clavier : le serveur Yves Barsacq : le vieux cadre Jenny Clève : la grand-mère Marc Lamole : le patron du bistrot Jacques Dichamp : le vieux du bistrot Michel Poujade : le délégué syndical Mario Gonzalez : un figurant Jean-Claude Penchenat : un comédien d’Alice au pays des merveilles Jonathan Sutton : un comédien d'Alice au pays des merveilles Sylvain Salnave : le chef de chantier

Sortie et accueil À sa sortie, F... comme Fairbanks connaît de bonnes critiques de la presse, qui salue notamment la prestation de Patrick Dewaere.. Le film ne connaît qu'un accueil limité au box-office avec durant l'année de sa sortie et en fin d'exploitation, dont sur Paris.. Pour sa première année d'exploitation, il se hisse à la place du box-office annuel..

+Box-office détaillé des premiers mois d'exploitation du film, semaine par semaine, en FranceSources : « BO hebdo France 1976 » sur Les Archives du box-office , d'après le CNC. Semaine Rang Entrées Cumul du box-office hebdo.1du 5 au 1431 77731 777Vol au-dessus d'un nid de coucou2du 12 au 1045 25877 0353du 19 au 765 772142 807Le Sixième Continent4du 26 mai au 963 480206 2875du 2 au 1146 906253 1936du 9 au 1036 953290 146Cadavres exquis7du 17 au 1825 188315 334Taxi Driver8du 23 au 2015 479330 813

Distinctions Récompense Berlinale 1976 : OCIC Award - Recommendation pour Maurice Dugowson Nominations Berlinale 1976 : Ours d'or César 1977 : Meilleure actrice pour Miou-Miou

À noter Deuxième long-métrage de Dugowson avec une partie des mêmes acteurs principaux, dont Patrick Dewaere, Miou-Miou et Jean-Michel Folon. Le surnom donné par Fragman à son fils est une référence à l'acteur américain Douglas Fairbanks. « Les mythes correspondent à leurs époques. Des Fairbanks, on n'en fait plus », dira Jean-Pierre, le metteur en scène, en expliquant à Marie qui est Douglas Fairbanks. Quelques mois avant la production du film, alors que Miou-Miou vient d'être choisie pour le tournage du film D'amour et d'eau fraîche, elle tente sans succès d'imposer Patrick Dewaere pour le premier rôle au réalisateur Jean-Pierre Blanc qui choisit Julien Clerc pourtant acteur inexpérimenté. Le chanteur séduit Miou-Miou, laquelle rompt avec Patrick Dewaere. Le déchirement est profond et l'acteur va jusqu'à « casser la figure » du chanteur. L'affiche du film F comme Fairbanks réunit cependant Miou-Miou et Dewaere dans une histoire où la fiction rejoint la réalité. En 1992, dans le film de Marc Esposito, « Patrick Dewaere », Miou-Miou avoue combien ce tournage aura été éprouvant pour elle et pour son ex-compagnon, un souvenir d'autant plus douloureux que l'acteur mettra fin à ses jours quelques années plus tard, en 1982. Le , Philippe Caloni reçoit Patrick Dewaere sur France Inter pour la sortie du film La meilleure Façon de marcher « Entretien avec Patrick Dewaere » dans l'émission Inter actualités de 13h sur France Inter, le 1er mars 1976, sur le site de l'INA. La journaliste Sophie Dumoulin précise qu'il vient d'achever le tournage de F… comme Fairbanks de Maurice Dugowson. Il compare : « Dans le film de Claude Miller, je suis un type que rien n'abat alors que pour le film de Dugowson, je deviens fou à la fin », soulignant combien les événements dramatiques d'une existence peuvent affecter un être humain aussi fragile et sensible que le personnage de F… comme Fairbanks. Concernant sa technique d'acteur, Dewaere confirme qu'il refuse de « faire semblant ». Il prétend que ce serait plus simple et qu'il procéderait ainsi par paresse. Il confirme littéralement vivre les émotions du personnage et agir en fonction du rôle. Il réfute en revanche, la notion d'improvisation et confirme un choix délibéré, une réflexion et une certaine préparation. Dans le documentaire « La ballade de Fairbanks » Fiche IMDB du documentaire d'Alexandre Moix : La ballade de Fairbanks réalisé par Alexandre Moix en 2004, une archive dévoile comment Patrick Dewaere incarne son rôle. Dans l'interview, il s'exprime à la première personne, comme si le personnage parlait par sa bouche : « Moi, je suis le contraire d'un Fairbanks ; c'est ce qui m'agace, en fait. Moi, je supporte pas que mon père m'appelle Fairbanks toujours... Parce que moi, il m'arrive des ennuis tout le temps... ». Il tente de se reprendre aussitôt et déclare que c'est un film où il ne cesse de tomber, il n'a pas de boulot, sa compagne vient de le quitter, ce qui l'affecte profondément alors que selon lui, au contraire, Fairbanks réagit formidablement face aux événements, il a une posture « de gagnant, de roi, de chef » et rien ne peut l'atteindre. Dewaere poursuit : « Alors que moi, tout me diminue complètement et je finis par devenir complètement dingue à la fin. ». Le même documentaire met en évidence le fait que pour Maurice Dugowson depuis longtemps, Patrick Dewaere lui faisait penser à Douglas Fairbanks et que ce sujet a été écrit spécifiquement pour lui. Film à message social comme le précédent (Lily aime-moi), F... comme Fairbanks traite à nouveau du chômage, comme fléau majeur de notre époque. Selon le scénariste Jacques Dugowson, même un héros à la carrure de Fairbanks aurait été totalement handicapé dans une telle société, ce qu'entend de démontrer le film. Le documentaire présente l'extrait d'une émission de télévision où Dewaere, interrogé en plateau par Michel Drucker au sujet du film, déclare : « Être chômeur, ça finit par taper sur la tête d'un mec ». Il ajoute que c'est un phénomène qu'on vit comme un échec personnel. Le producteur Michel Seydoux relate qu'il existe « une certaine souffrance dans ce film », à l'opposé du film précédent, Lily aime-moi. Une douleur que ressent aussi Michel Piccoli devant interpréter un rôle plutôt antipathique et qui hésite avant d'accepter le rôle qui sort quelque peu du genre de ses films d'alors, parmi lesquels on remarque ceux de Claude Sautet comme le souligne le scénariste. Le producteur précise qu'en phase de préparation du film, le couple est alors encore uni. À quelques jours du début du tournage, Miou-Miou est séduite par Julien Clerc. Le couple va alors vivre et interpréter en parallèle sur les tournages et hors des plateaux, leur séparation. Pour Jean-Michel Folon, c'est le plus beau film de Dewaere car il est chargé d'émotions vécues. Il révèle que le soir, après le tournage, la toute petite fille née de l'union avec Miou-Miou doit tantôt repartir avec l'un ou l'autre de ses parents, ce qui est déchirant pour toute l'équipe. La tragédie perceptible dans leur interprétation se mélange aux faits réels de leur propre existence, ce qui procure au film, selon Folon, une particulière intensité.