En français, on parle de Finnois (; ) pour désigner, selon la définition ethnique, le droit du sang et l'appartenance linguistique et culturelle, le groupe ethnique historique associé à la Finlande dont la langue fait partie des langues fenniques, et de Finlandais (; ) pour désigner, conformément à la constitution finlandaise, au droit du sol et au droit international, les citoyens de la Finlande et eux seuls, quelles que soient leurs langues, origines et traditions culturelles (ils sont aussi citoyens de l'Union européenne) ; ainsi, les habitants de Finlande suédophones ou les Sames sont finlandais sans être finnois..

Résumé Comme pour la plupart des groupes ethniques, la définition des Finnois peut varier. D'habitude, dans toutes les définitions, le terme Finnois inclut toutes les populations de Finlande parlant le finnois, et plus rarement d'autres populations plus restreintes en nombre comme les Kvènes de Norvège, les Tornédaliens et les habitants parlant le finnois de Suède, les Finnois ingriens et parfois les caréliens de Russie. Les Finnois peuvent être subdivisés, selon les dialectes en usage, en sous-groupes traditionnellement baptisés heimo, mais ces sous-groupes sont devenus moins pertinents avec l'intensification des migrations internes, lesquelles ont eu tendance au fil du temps à homogénéiser ces populations et la langue.

Linguistiquement, le finnois, parlé par la plupart des Finlandais, est à rapprocher des autres langues fenno-baltiques comme l'estonien ou le carélien, tandis que le suédois, parlé par les Finlandais suédophones (ou svécophones), n'y est pas rattaché, de près ou de loin (ce dernier faisant partie de la famille des langues indo-européennes). Le finnois comprend des emprunts lexicaux venant du suédois ou d'autres langues germaniques, ou même d'autres langues indo-européennes, selon différentes couches d'entrée, tandis que le suédois a peu emprunté au finnois ou aux langues fenno-baltiques.

Génétiquement, les Finnois semblent constituer un groupe relativement homogène, avec un patrimoine génétique en grande partie commun avec le reste des autres peuples européensSince the (two) population (groups') genetic, ecological and socioeconomic circumstances are equal, Swedish speakers’ longer active life is difficult to explain by conventional health-related risk factors. (Comme le patrimoine génétique des (deux) populations, leur environnement écologique et socioéconomique sont identiques, le fait que les suédophones aient une vie active plus longue est difficile à expliquer par les critères conventionnels de risques sanitaires). Cf. Hyyppä, M.T., & Mäki, J. (décembre 2003). Social participation and health in a community rich in stock of social capital. Health Education Research. 18-6. .A counter-clockwise northern route of the Y-chromosome haplogroup N from Southeast Asia towards Europe par Rootsi, S., Zhivotovsky, L. A., et al. (2006) dans European Journal of Human Genetics ..

Définition Le centre du registre finlandais de la population conserve des informations concernant le lieu de naissance, la citoyenneté et la langue maternelle des personnes vivant en Finlande, mais pas spécialement d'information sur l'ethnie auxquelles elles appartiennentStatistiques démographiques pour la Finlande en 2006. Comme pour toutes les ethnies, l'ethnogenèse est un questionnement important pour ce qui concerne les Finnois. L'histoire des langues, vivantes ou mortes, est considérée traditionnellement comme un facteur clé pour la définition d'un peuple et de sa descendance.

Finnois finnophones

Du point de vue linguistique, en plus des Finlandais parlant le finnois, les Kvènes de Norvège, les Tornédaliens du nord de la Suède et les Ingriens de Russie sont considérés comme faisant partie des peuples finnois. Les finnophones constituent la grande majorité des peuples finnois.

Finlandais suédophones

Le territoire de la Finlande actuelle fit autrefois partie du royaume de Suède, et ce durant plusieurs siècles. De ce fait, une petite communauté suédophone subsiste en Finlande. L'appartenance ethnique de ces Finlandais suédophones (ou Suédois de Finlande) reste discutée, prônant d'un côté l'aspect la nature colonisatrice d'un peuple, de l'autre son changement de langue.

En Finlande, la langue maternelle constitue le seul et unique critère qui distingue les finnophones des suédophonesHorn, F., et Niemi, H. (2004). "National minorities of Finland, the Swedish speaking Finns". Virtual Finland. Helsinki : Ministère des Affaires Étrangères.. En général, les Finlandais suédophones se considèrent comme étant autant Finlandais que la majorité finnophone, mais ils ont leur propre identité distincte de celle des autres, et veulent être reconnus en tant que tels. Cela signifie en clair que pour les Finlandais suédophones, ils ne se sentent pas finnois. Dans une enquête menée en 2005 par l'Assemblée suédoise de Finlande parmi les Finlandais suédophones, à la question « que signifie pour vous votre identité ? », 82 % des personnes s'étant exprimées répondent « Appartenir à une culture propre, mais avant tout être Finlandais »En suédois : Både att höra till en egen kultur, men också att vara en finländare bland alla andra. En finnois : Kuulumista omaan kulttuuriin, mutta myös suomalaisena olemista muiden joukossa.) Voir "Folktingets undersökning om finlandssvenskarnas identitet – Identitet och framtid". Folktinget. 2005. et .

De plus, on peut remarquer que les Finlandais suédophones remplissent quatre des critères principaux allant vers la constitution d'un groupe ethnique distinct : auto-identification comme une ethnie distincte, langue, structure sociale et ascendanceAllardt and Starck, 1981 ; Bhopal, 1997. Le dernier critère, à savoir une différenciation génétique, reste en suspens. Cf. infra.

Finnois de Suède (ou fenno-suédois) Cette catégorie inclut les immigrés récents de Finlande ainsi que les finnophones (ou les personnes d'ascendance finnophone) installés en Suède depuis des siècles. On estime qu'environ Finnois de première ou deuxième génération vivent en Suède dont à peu près la moitié parle finnois. La majorité d'entre eux quitta la Finlande pour s'installer en Suède après la Seconde Guerre mondiale, avec un pic en 1970 puis à un rythme moins soutenu. Il existe également depuis longtemps des minorités finnophones en Suède, par exemple dans le Tornedalingar (la Tornédalie finnoise) et en Dalécarlie. De ce fait, le finnois est une des cinq langues officielles de minorités présentes en SuèdeSverigefinnar (Les Finnois de Suède) par le Kulturförvaltningen (la direction de la culture) de la ville de Stockholm. .

Autres groupes finnois Dans des textes plus anciens, le terme de « Finnois » a été largement utilisé pour désigner d'autres peuples fenniques, comme les Ingriens, les Caréliens ou les Vepses de Russie, ainsi que les Estoniens et leurs minorités livoniennes (ou lives), mulgiennes, setoises, tartoises ou võroises..

Terminologie Le mot finnois pour « Finlandais » est suomalaiset (suomalainen au singulier) dont les « Finnois ethniques » aussi sont les suomalaiset (suomalainen au singulier).

Les mots finnois et suédois pour les populations suédophones de Finlande sont respectivement suomenruotsalaiset et finlandssvenskar, qui se traduisent tous deux par « Suédois de Finlande ». En suédois de Finlande, on fait usuellement la distinction suivante : la nation finlandaise se décompose en deux sous-parties complémentaires, les finnophones (en suédois de Finlande : finnar) et les Finlandais suédophones (finlandssvenskar), qui forment en compagnie d'autres minorités plus restreintes le peuple finlandais (finländare) dans son ensemble. En suédois parlé hors la Finlande, en particulier en Suède, le terme finländare est peu utilisé, et ces distinctions ne sont que rarement faites.

Une traduction habile et exacte de cette terminologie dans les langues étrangères, y compris en suédois de Suède, est périlleuse, car ces termes rendent de manière très fine la totalité des questions linguistiques relatives à la nation finlandaise, questions qui sont intimement intriquées dans le processus de cristallisation de la perception que la nation finlandaise a eu d'elle-même, dans l'interprétation de son histoire, mais également parce qu'elles l'affectent encore aujourd'hui. En réalité, le tout premier sujet qui fut abordé lors du processus d'« éveil des nations » au fut très exactement la question de la langue.

Il n'en reste pas moins qu'en français, il reste délicat de définir avec précision quelles expressions traduisent le mieux les termes finnois et suédois (de Finlande) « suomalaiset » (« finländare », « finnar ») et « finlandssvenskar » (« suomenruotsalaiset »). Néanmoins, en anglais, l'expression « Swedish-speaking Finns » (« Finnois suédophones ») semble être l'expression la plus utilisée à la fois pour désigner ces populationsNational Minorities of Finland, The Swedish-speaking Finns, article sur Virtual Finland. et par ces populations pour se désigner elles-mêmes La Finlande suédophone - Folktinget , bien que le terme « Finland Swedes » (« Suédois de Finlande ») reste encore largement utilisé, au moins chez les auteurs anglophones non nés en Fennoscandie. On peut également constater d'après ce même document que la tendance serait voisine en français, à savoir de désigner ces populations par l'expression « Finlandais suédophones ». Il n'est toutefois pas fait mention de Finnois suédophonesIl n'en reste pas moins que pour la clarté de cet exposé, nous garderons pour la suite l'expression « Finnois suédophone » qui, nous semble-t-il, permet de distinguer les personnes appartenant au groupe ethnique finnois, des « Finlandais suédophones », personnes parlant suédois et ayant la citoyenneté finlandaise, sans pour autant être finnois..

Une même difficulté apparaît lorsqu'il s'agit de désigner le mieux possible les habitants de Suède finnophones, ayant une ascendance finnoise, finlandaise ou encore finnophone. Parmi les termes utilisés en anglais, on compte le traditionnel « Sweden Finns » (« Finlandais suédois ») ou le plus moderne « Finnish Swedes » (« Suédois finlandais »), à la place desquels il semblerait préférable de faire la différence entre les « Finnish immigrants » (« immigrés finlandais ») arrivés récemment et l'« Indigenous Finnish ethnic minority in Sweden » (« minorité finnoise indigène de Suède »)Habituellement, les populations immigrées sont désignées, en anglais, ainsi que dans la plupart des autres langues, par un groupe nominal. Celui-ci est constitué, en anglais toujours, d'abord par un adjectif, indiquant le nouveau pays de résidence, suivi d'un nom, désignant cette fois le pays ou l'ethnie d'origine. Ainsi, l'expression « Sweden Finns » (qui se traduit littéralement « Finlandais suédois », où « Finlandais » est le nom, donc désigne le pays d'origine, et suédois l'adjectif qui désigne le nouveau pays d'accueil) correspond à cette méthode de désignation.

Toutefois, depuis toujours, les immigrants arrivant aux États-Unis sont désignés « de façon inverse », l'adjectif antéposé donnant l'ethnie ou le pays d'origine, et le nom le pays d'arrivée. Ainsi, « Finnish Americans », et jamais « American Finns ». On a donc affaire à des « Américains finlandais » et non à des « Finlandais américains ». La locution « Finnish Swedes » correspond à cette méthode d'appellation plus moderne. Cette méthode est de plus en plus utilisée dans de nombreux pays, notamment du fait qu'elle permet de mettre l'accent sur le fait que le nouvel arrivant accède, y compris dans la façon dont il est désigné, à un statut de citoyen totalement égal à tout autre citoyen du pays d'accueil, tout en garantissant que les informations relatives à ses origines culturelles ne sont pas perdues pour autant.