La noria (arabe : ناعورة, nā‘ūra, syriaque : ܢܥܘܪܐ, nā‘urā), appelée également roue d'irrigation ou roue à godets, désigne un mécanisme permettant d'élever l'eau afin d'irriguer des cultures vivrières ou alimenter des aqueducs. L'eau est élevée au moyen de godets, ou d'augets, installés le long d'une chaîne ou d'une corde entraînée par une roue, ou encore sur la circonférence d'une roue à aubes.

Autres dénominations et variantes Selon les régions et les époques, divers noms ont été employés pour désigner la noria.

On parle parfois de « moulin » ou de « roue à eau », termes imprécis car utilisés aussi pour des machines qui ne font que transmettre la force de l'eau. On parle également de « roue d'irrigation » ou de « roue à godets ».

En Inde et en Iran notamment, la roue persane est une variante utilisant la force animale comme source d'énergie.

À Genève dans le quartier de La Jonction, il y avait les « puiserandes » qui assuraient l'irrigation des cultures potagères du , prenant l'eau dans le Rhône ou l'ArveRené Guerdan, La vie quotidienne à Genève au temps de Calvin, Hachette, 1973, .. Cette méthode avait été introduite à Plainpalais par des réfugiés huguenots à la suite de la révocation de l'édit de Nantes.

Selon le Nouveau Glossaire genevois de 1851 :

En occitan et dans les pays de langue d'oc, le terme « posaraca ». pouvait être employé (de pousa = puiser et raca = vomir). Les variantes orthographiques « pouzarenque », « pousarenque », « pousaranque », « poussaranques », « pouzaranque », « pouzeranque » sont également attestées, lire en ligne.

Histoire vignette|upright=1.3|Roue en Égypte, 1809.

La noria est une machine hydraulique combinant une roue à aubes et une roue à augets pour élever l'eau. Elle est attestée en Égypte antique et Mésopotamie antique.

Elle a été réinventée à l'époque hellénistique par des ingénieurs grecs entre le

..

Vers l'an trois cents de l'ère chrétienne, les ingénieurs romains ont remplacé les compartiments en bois par des pots en céramique attachés à la partie extérieure d'une roue ouverte, système repris aux norias originelles . Cette machine, sous le nom de tympanumPierre Lavedan, Dictionnaire illustré de la mythologie et des antiquités grecques et romaines, Paris : Hachette, 1931, pp. 606-607 : , antlia (αντλίον), antlitrochos, trochantlicon, hydrotrochosGeorgius Andreas Böcklerus, Theatum machinarum novum, Nuremberg, 1662., est largement rediffusée par les ingénieurs romains sur la majeure partie de l'Empire romain.

Plus tard, au , lorsque les territoires occupés par l'Empire romain sous Héraclius, la Palestine, la Syrie, la Mésopotamie, l'Égypte, sont reconquis par le Califat islamique, puis au lors de la conquête de l'Espagne, les ingénieurs musulmans en conservent les modèles Donald Routledge Hill (1996), "Engineering", in Roshdi Rashed, Encyclopedia of the History of Arabic Science, Vol. 3, .puis apportent des améliorations telles que la pompe aspirante à double effet automatique, qui est une partie du moteur à vapeur de notre ère Thomas F. Glick (1977), "Noria Pots in Spain", Technology and Culture 18 (4), ..alt=Illustration tirée du dictionnaire pédagogique d'Otto en langue tchèque de 1893.|gauche|vignette|Illustration tirée du en langue tchèque de 1893.La ville de Hama possède des exemplaires de noria datant du Bas-Empire romain.

Cette machine hydraulique est actuellement connue en français et dans plusieurs langues modernes sous son nom, syriaque, de noria cet instrument étant resté en usage jusqu'à l'Epoque moderne dans les territoires du Proche-Orient, conquis par les Arabes puis par les Turcs : Palestine, Syrie, Mésopotamie, Égypte.

Pompe hydraulique

vignette|Fonctionnement d'une roue à augets sur la Regnitz à Erlangen. Le terme de noria est une appellation générique employée pour désigner tout mécanisme servant à élever de l'eau. Les norias sont classifiées selon deux groupes : les norias de type ascensionnel, qui utilisent l'énergie hydraulique pour fonctionner (comme les pompes, les béliers et les colonnes d'eau) et constituent l'ancêtre des pompes hydrauliques modernes. les norias de puisage direct, qui fonctionnent suivant le principe du chapelet hydraulique (comme les roues à aubes, les roues à godets, les meuses, les pouzarenques, les puiserandes). Cela peut être une grande roue à ailettes installée sur un cours d'eau et actionnée par le courant, ou un chapelet de godets fixés à cette roue qui élève et déverse l'eau dans un aqueduc associé, qui la distribue.

Dans les zones sans cours d'eau, des machines hydrauliques, appelées roue persane ou noria par extension, étaient aussi utilisées pour remonter l'eau des puits, et ainsi irriguer les cultures. Dans ce cas, c'était le plus souvent un cheval, un mulet ou un bœuf qui, les yeux bandés, faisait tourner la roue.

Dans presque toutes les roues à godets, la roue hydraulique d'entraînement et le dispositif de puisage sont connectés de manière coaxiale. Cependant, il est aussi possible de séparer mécaniquement les deux composants pour leur permettre de tourner à des vitesses différentes et de s'adapter à différents niveaux d'eau grâce à un décalage vertical. C’est ce qui a été mis en place pour la nouvelle roue de puisage à Steffisburg. Grâce à un système d'engrenages, le dispositif de puisage est placé un peu plus haut que la roue motrice, plus grande, et tourne à une vitesse plus rapide.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Le tympanum décrit par Vitruve

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