La province de Tucumán est une province de l'Argentine située au nord-ouest du pays. Elle a pour capitale la ville de San Miguel de Tucumán. La province est connue dans tout le pays sous le surnom de « jardin de la République »
Histoire Peuples précolombiens Avant l'arrivée des Espagnols, il y eut dans la province diverse civilisations autochtones parmi lesquelles se distinguent la culture Candelaria, la culture Tafí (qui nous a laissé notamment des menhirs) et la culture Condorhuasi (ce nom récent est d'origine quechua et n'a été donné qu'au ).
Bien plus tard c'est la culture Santa María qui s'est développée ici, principalement dans les vallées Calchaquíes, donnant naissance à des petites villes fortifiées telles Quilmes et Tolombón. La culture Santa María correspondit à l'apogée de l'ethnie pazioca (diaguita), ethnie qui habitait la région montagneuse de l'ouest de la province et qui se subdivisait en diverses partialités comme les Calchaquíes, les Quilmes, les Tolombones, les Amaichas, tous sédentaires et occupant toute l'aire montagneuse de l'ouest provincial.
Outre les Diaguitas-Calchaquis, d'autres peuples occupaient la partie orientale de la province (région du Chaco occidental). Juríes ou Xuríes fut la transcription que les Espagnols firent du mot quechua surí, qui en cette langue signifie nandou, expression méprisante que les quechuas donnèrent aux peuples Lule et Toconoté durant leur invasion de la région. Les Lules habitaient la majeure partie de l'est de l'actuelle province de Tucumán, tandis que les Toconotés se situaient à l'ouest de la province de Santiago del Estero.
Conquête espagnole
vignette|droite|« Tucumán 1812 », huile de Gerardo L. Flores Ivaldi qui représente la place Independencia vers 1812. On y voit le Cabildo de Tucumán et l'église San Francisco, toujours debout.
Ces peuples Diaguitas et Calchaquís avaient atteint un niveau de développement élevé en agriculture, poterie et textile. Diego de Almagro vint en 1533 pour explorer les régions de la Quebrada de Humahuaca et les Vallées Calchaquíes. La cité de San Miguel de Tucumán fut fondée en 1565 par Diego de Villarroel originellement à la sortie sud de la (cañon du portugais) dans la plaine. La province fut créée en 1564 et nommée Province de Tucumán, Juríes et Diaguitas et gouvernée à ce moment par Francisco de Aguirre. Avec la création du gouvernement en 1566 et de l'évêché en 1570, la région commença à prendre de l'importance. Cependant la route du Pérou au Río de la Plata changea de tracé, et aussi les Indiens calchaquís rendaient la vie difficile. Si bien qu'en 1685, sous l'égide de Fernando Mate de Luna, on décida de transférer et refonder la cité de San Miguel de Tucumán à son emplacement actuel sur le bord du río Dulce.
Cependant, les aborigènes résistaient farouchement. Dès le début de la conquête espagnole, en 1561, les Diaguitas formèrent une grande armée sous le commandement de Juan Calchaquí, et réussirent à repousser les envahisseurs jusqu'à la province de Santiago del Estero. En 1630, une rébellion éclata contre la domination espagnole dans les vallées Calchaquíes. Pendant sept ans, divers groupes diaguitas tinrent la région et notamment le territoire actuel des provinces de Salta et de Tucumán sous leur contrôle, jusqu'à ce que, en 1637, leur dirigeant, le chef Chalamín, fut fait prisonnier. Il fut exécuté mais un second soulèvement débuta en 1658, dirigé cette fois par un Espagnol, Pedro Chamijo mieux connu sous le nom de Inca Hualpa, qui se prétendait descendant d'un Inca. La guerre se prolongea jusqu'en 1666, ravageant toute la région. Bohórquez fut exécuté lui aussi.
À l'ouest de la province, dans la cité de Quilmes, les membres de la partialité ou tribu des Quilmes avaient pu résister durant cent trente ans à l’invasion des Espagnols. Mais en 1667, les Quilmes, avec à leur tête le cacique Martin Iquin, furent finalement défaits. Les Espagnols donnent le nom de « Fuerte de San Francisco de Los Quilmes » à la Cité Sacrée Las ruinas de Quilmes, una historia de heroísmo y destierro journal La Nueva Provincia . Afin d'éviter de nouvelles rébellions, les Espagnols divisèrent et déracinèrent les Diaguitas. Ainsi la plus grande partie des Quilmes, furent déportés depuis Tucumán jusqu'à Buenos Aires, plus précisément dans la localité de Quilmes qui porte aujourd'hui leur nom.
Jusqu'en 1814, le mot Tucumán ou El Tucumán était donné par les Espagnols à un territoire étendu qui comprenait du nord au sud les territoires et les provinces actuelles de Tarija, Jujuy, Salta, Catamarca, la province actuelle de Tucumán, Santiago del Estero, La Rioja, San Juan, Córdoba, San Luis et Mendoza. Le tout fit partie de la vice-royauté du Río de la Plata à partir de 1776. Dans la vice-royauté, cette grande région était divisée en deux intendances : celle de Salta del Tucumán qui incluait Salta, Tarija, Jujuy, l'actuelle Tucumán, Catamarca et Santiago del Estero, et celle de Córdoba del Tucumán qui incluait Córdoba, San Luis, Mendoza, San Juan, La Rioja et quelques petits secteurs occidentaux de l'actuelle province de Santa Fe. La province donna son appui à Manuel Belgrano en 1812.
République d'Argentine (depuis 1816) En , un congrès réuni à San Miguel de Tucuman déclare l'Indépendance de l'Argentine face à l'Espagne.
Entre 1975 et 1977, la province se retrouve au cœur de l', une opération militaire d'envergure voulant mater une guérilla d'inspiration marxiste et guévariste..
Géographie Situation Elle fait partie de la région Grand nord argentin et est limitée au nord par la province de Salta, à l'est par celle de Santiago del Estero et à l'ouest par celle de Catamarca.
Description
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Avec , la province est la moins vaste de l'Argentine. Elle est divisée en deux régions : À l'est, des plaines qui forment une partie de la région du Chaco (à ne pas confondre avec la province du même nom). À l'ouest, se dresse une des chaînes des Sierras pampéennes. Dans ces montagnes, on retrouve les Vallées « Calchaquíes » et surtout la Sierra del Aconquija.
Les plus hauts sommets de la province s'y trouvent en effet. Ce sont les monts « del Bolsón » qui culmine à et le pic des deux Lagunes (ou pic des Condors) à .
La , comme toutes les sierras pampéennes, est constituée de très vieilles roches d'il y a quelque d'années. Elle est une partie du bord sud-ouest du bouclier brésilien largement surélevé par la collision entre la plaque continentale sud-américaine et la plaque océanique de Nazca, laquelle progresse sous les Andes et le plateau brésilien (phénomène de subduction) au rythme de par an. De ce choc est née la cordillère des Andes à l'ouest, et progressivement la surélévation du rebord du bouclier brésilien un peu à l'est des Andes.
Un peu plus à l'est de la Sierra del Aconquija se dresse la Sierra de San Javier, autre sierra pampéenne. Beaucoup moins élevée que la précédente ( au Cerro San Javier, point culminant), elle s'étend du sud au nord, à peu de distance de la capitale qu'elle domine du côté nord. Au-delà vers l'est s'étendent les vastes plaines du Chaco.
Voies d'accès Voies routières Par la route, on rejoint facilement la province et sa capitale, en empruntant la route nationale 9, qui va du sud vers le nord. Cette grand-route totalement asphaltée et comportant une bonne portion autoroutière relie les trois villes les plus peuplées du pays, Buenos Aires, Rosario et Córdoba ainsi que Santiago del Estero, à la ville de San Miguel de Tucumán, puis continue au nord vers Salta, San Salvador de Jujuy, et se poursuit en Bolivie.
Toujours dans le sens nord-sud, on peut aussi emprunter la route nationale 38 qui traverse la province, et met ainsi la ville de San Miguel de Tucumán en communication au sud-est avec les capitales provinciales de Catamarca puis de La rioja, pour continuer vers Patquía, et aboutir en province de San Juan, via la route nationale 150 aux environs de San José de Jáchal sur la RN 40.
La troisième grand-route sud-nord est précisément cette route nationale 40, grande voie touristique, qui parcourt, parallèlement à la RN 38, l'extrême ouest de la province sur un très court parcours le long du río Santa María. Elle permet un accès facile aux sites archéologiques de San Pedro de Colalao et des ruines de Quilmes, tous deux situés sur son trajet.
Transversalement, à l'extrême sud de la province (département de La Cocha), la route nationale 64 en direction de l'est, relie la route nationale 38 au centre de la province de Santiago del Estero (à La Banda à peu de distance de Santiago del Estero) sur la Route nationale 34.
Toujours transversalement, et de première importance, la route provinciale 307 traverse la sierra del Aconquija en empruntant le profond défilé montagneux de la Quebrada de Los Sosa. Elle unit les villes de Tucumán et Acheral à Tafí del Valle, et se termine après , à Amaicha del Valle, dans les Vallées Calchaquíes, c'est-à-dire dans la vallée du río Santa María .
Voie aérienne vignette|Aéroport de San Miguel de Tucumán.
L'aéroport de Tucumán () se trouve à à l'est de la ville dans le département de Cruz Alta. Il fut inauguré en 1984. De là partent et arrivent des vols réguliers vers et depuis Buenos Aires, Córdoba, San Salvador de Jujuy, Santiago du Chili, et Lima au Pérou. Ces connexions internationales impliquent qu'il n'est pas toujours nécessaire de voyager vers Buenos Aires (Aéroport international d'Ezeiza) pour quitter le pays. De plus en période estivale, il existe des vols directs vers Villa Gessel et Florianópolis au Brésil.
La longueur de piste de cet aéroport est de . Le nombre de passagers en 2017 se montait à dont à l'international.
Voie ferroviaire La ville de Tucumán est desservie par le Chemin de fer General Bartolomé Mitre dont elle est le point terminal. La gare fut inaugurée en 1891, et possède de belles garnitures en fer forgé. Le chemin de fer unit la ville avec notamment Rosario et Buenos Aires.
Villes principales San Miguel de Tucumán ( : en 2010). La ville possède de nombreux bâtiments historiques. À noter aussi l'existence en banlieue du Parque Sierra San Javier, aire protégée de , véritable . Le à San Miguel de Tucumán contient de beaux souvenirs historiques. Banda del Río Salí () fait partie de l'agglomération du grand Tucumán. Concepción (), chef-lieu du département de Chicligasta. Elle est située au centre-sud de la province, sur la rive du río Gastona, et sur la route nationale 38. Tafí Viejo () se trouve à au nord-ouest de San Miguel de Tucumán. C'est la capitale nationale du citron, étant donné qu'elle est au centre de la plus vaste région productrice et exportatrice de ce fruit dans le monde. Chaque année a lieu le Festival Nacional del Limón (du citron).
Autres villes
Yerba Buena ( en 2010), localité située à l'ouest de San Miguel de Tucumán. Elle fait partie de la grande agglomération du grand San Miguel de Tucumán. On y trouve la réserve Horco Molle, ainsi que le campus central de l'Universidad del Norte Santo Tomás de Aquino. La ville est constituée principalement de secteurs résidentiels (chalets, quartiers fermés et country clubs) de niveau économique moyen à élevé. Son centre gastronomique se développe principalement le long de l'Avenida Aconquija. En suivant cette grande artère, on aboutit au sommet de Cerro San Javier (à du centre), où a été érigée la statue monumentale du Cristo Bendicente. Sur les hauteurs qui dominent Yerba Buena à l'ouest se trouve la réserve naturelle de Loma Bola, une base de départ pour effectuer des vols en parapente. Aguilares () Monteros () Tafí del Valle ()
Climat vignette|centré|600px|Climogramme de San Miguel de Tucumán.