Toumoukoro est une ville située à l'extrême nord de la Côte d'Ivoire, dans la Région des savanes, près de Niellé et distante de près de de Korhogo, de de Ouangolodougou, de de Ferkessédougou. Elle est proche des frontières du Burkina Faso et du Mali. La localité de Toumoukoro est chef-lieu de commune et de sous-préfecture Décret du 5 mars 2008 portant création des départements de Bettié, Botro, Guéyo, Koro, Kouto, Ouangolodougou, Sinématiali, Tiapoum, Yakassé-Attobrou et Zoukougbeu..

Géographie

Situation La sous-préfecture de Toumoukoro est située à l'extrême-nord de la Côte d'Ivoire à de Ouangolodougou, et à de Niellé, son ancien chef-lieu de sous-préfecture. Elle est éloignée de de la route internationale qui mène au Mali, pays limitrophe au nord de la Côte d'Ivoire, et distante de près de de Pogo, le poste de douane principal avec le Mali, par la route internationale. Toumoukoro est éloignée d'Abidjan de , de de Korhogo, la capitale régionale du nord, et à près de de Kadiolo, la première préfecture ou chef-lieu de département au Mali voisin.

Toumoukoro est une ville au relief plat, située entre deux rivières, dont une à à l'entrée, appelée Lofouhol, et une qui traverse la ville.

Toponymie Toumoukoro est une ville qui a une double appellation. Son nom Toumoukoro lui vient de la langue malinké, ou dioula. Cette appellation s'explique de ce que le fondateur était venu s'installer sous un arbre de tamarin, appelé en malinké "tomi-yiri" Donc les passants pour indiquer le site où le fondateur du village s'est installé, disait "celui qui est là-bas sous l'arbre du tamarin" c'est-à-dire "tomikorô", ce que l'explorateur a déformé comme dans beaucoup de cas en disant « toumoukro » devenu toumoukoro. Le fondateur avait pour compagnon un coq, qui servait de boussole aux passants, le coq s'appelle en langue Sénoufo: "gopolo" ce qui a valu à Toumoukoro sa seconde appellation Gopoloh. Rappelons que le sénoufo est l'ethnie majoritaire au nord de la Côte d'Ivoire. Selon les historiens, le fondateur du village, il y a plus de cinq siècles, était assis sous cet arbre de tamarin qui est un arbre sauvage dans les savanes du nord –, appelé « Tomi » dont la production est transformée en jus, commercialisée dans beaucoup de pays de l'Afrique de l'ouest. Principalement dans le mois du ramadan, où l'extraction entre dans les ingrédients pour la rupture du jeûne. Ce nom a été incorrectement épelé et mal repris par le colonisateur, qui l'a écrit tout simplement « Toumoukoro », déformant ce qui devrait être écrit « Tomikoro », c'est-à-dire « sous l'arbre de Tomi.

Administration La localité de Toumoukoro constitue l'une des 4 sous-préfectures formant le département de Ouangolodougou. Tout comme Ouangolo, Diawala et Niellé, il est l'un des chefs-lieux de sous-préfecture du chef-lieu de département qu'est Ouangolodougou. La sous-préfecture de Toumoukoro est devenue fonctionnelle en 2009, soit près de deux après son annonce faite en grande pompe par le chef de l'État, S.E.M Laurent Gbagbo, Président de la République de Côte d'Ivoire, lors de sa tournée historique à Ferkessédougou le . Toumoukoro a pris en main sa souveraineté à partir de la cérémonie de la passation des charges entre les sous-préfets de Niellé et M. Dongo Kouakou, qui en fut le tout premier administrateur. Rappelons que M. Dongo Kouakou était précédemment secrétaire général au conseil général de Bouaflé, une localité située à moins de de la ville de Yamoussoukro capitale politique du pays. La cérémonie a eu lieu le , en présence de M le préfet de Ouangolo, des sous-préfets de Ouangolo, de Diawala et de Niellé, y ont pris part devant une foule très nombreuse en liesse, venue sur l'esplanade de la sous-préfecture, pour fêter cet évènement inédit. Un jour longtemps attendu, qui est arrivé enfin dans l'histoire de ce village qui attendait son premier administrateur depuis près de 40 ans. Les fils du village ont donné un surnom sénoufo à leur sous-préfet : commandant-Zié, qui veut dire premier fils d'une femme au pays sénoufo, comparant ainsi la sous-préfecture à une femme qui accouche de son premier fils. La cérémonie s'est terminée par un match de football qui marquant la finale d'un tournoi organisé dans la sous-préfecture, et doté du trophée Largaton Karim Ouattara, un des fils cadres du village. Toumoukoro comme tant d'autres villes récemment érigées en commune attend d'avoir un maire élu à la sortie de la crise avec l'avènement des élections générales qui vont marquer le retour définitif de la paix en Côte d'Ivoire. Le , Toumoukoro à l'instar de nombreuses nouvelles sous-préfectures de son rang, a fêté sa toute première fête d'indépendance, la depuis l'accession du pays à l'indépendance. Cette cérémonie qui avait l'allure d'une première dans l'histoire du village, s'est déroulée devant une foule immense venue non seulement de Toumoukoro, mais aussi d'ailleurs pour assister à cette première édition.

Société Démographie La commune de Toumoukoro est une sous-préfecture qui serait peuplée de près de selon de récentes estimations, y compris les populations des villages satellites. Toumoukoro est peuplée essentiellement de Sénoufos (près de 70 %), de Malinkés (25 %), et de Peuls (5 %).

Santé Toumoukoro est dotée d'un centre de santé construit dans les années 1990, subdivisé en un dispensaire et une maternité. Un dispensaire qui est resté animé et fonctionnel, grâce au courage de M. Coulibaly, l'infirmier du village qui a su braver et surmonter les aléas de la crise politico-militaire qui dure depuis 7. Une crise qui a commencé un an à peine, après son arrivée dans ce centre de santé. Il a assuré un cumul de fonctions durant six ans, à savoir celle d'infirmier et de sage-femme, pour ne pas dire "sage-femme" à la fois, jusqu'à l'arrivée il y a un an, de la sage-femme qui est à son premier poste de fonctionnaire. Cisse Djénéba devenue Madame Bamba, quelques mois après sa prise de service.

Éducation Toumoukoro est dotée d'un groupe scolaire fondé en 1958 grâce à la volonté de Robert Gnondjoloh Coulibaly. Cette école a démarré avec trois salles de classe qui accueillaient chacune le cours préparatoire (CP 1 et 2), le cours élémentaire (CE1 et 2) et le cours moyen (CM1 et 2), jusqu'à l'avènement de l'extension de l'école à 6 classes avec la construction d'un nouveau bâtiment.

Langues

Depuis l'indépendance, la langue officielle dans toute la Côte d'Ivoire est le français. La langue véhiculaire, parlée et comprise par la majeure partie de la population, est le dioula mais la langue vernaculaire de la région est le sénoufo. Le français effectivement parlé dans la région, comme à Abidjan, est communément appelé le français populaire ivoirien ou français de dagoSi, à Abidjan et dans le nord, on parle de français de Moussa, dans l'ouest du pays, on parle de français de Dago qui se distingue du français standard par la prononciation et qui le rend quasi inintelligible pour un francophone non ivoirien. Une autre forme de français parlé est le nouchi, un argot parlé surtout par les jeunes et qui est aussi la langue dans laquelle sont écrits 2 magazines satiriques, Gbich! et Y a fohi. La région accueillant de nombreux ivoiriens issus de toutes les régions du pays, toutes les langues vernaculaires du pays, environ une soixantaine, y sont pratiquées.

Urbanisme et habitat Toumoukoro est composée de plusieurs sous-quartiers, dont « Djohogogue » qui signifie le quartier des Dioula. Il abrite le marché de la commune et accueille l'étranger venant de Niellé par la voie internationale qui mène au Mali voisin, en passant par Ouaméléro, Koronani, Tiogo et Pofoun, un village de près de 400 habitants qui dispose d'une école primaire de trois classes.

Plus au sud se trouve le quartier le « Senangogue » : le quartier des Sénoufos qui est le plus grand et plus peuplé de la ville.

La construction d'un château d'eau et d'un barrage étaient envisagés. Les travaux sont arrêtés depuis le , date de déclenchement de la guerre civile.

Économie Secteur primaire Les habitants sont éleveurs et agriculteurs. À Toumoukoro l'on s'adonne à l'élevage du bovin, du caprin, de la volaille, du porcin, et de quelques autres espèces animales utilitaires, qui généralement accompagnent leurs maîtres dans la réalisation des travaux champêtres tel que l'âne. Le moyen le plus utilisé pour cultiver la terre est la charrue. Dite « culture attelée », elle nécessite le rassemblement de deux bœufs au nasaux perforés au moins et une carcasse de charrue, un alliage de pioches surmontées de manches métalliques, tiré par la paire de bœufs, accompagnés de deux individus. Ce mécanisme est secondé par les engins motorisés que sont les tracteurs, mais compte tenu de leur coût élevé, l'acquisition de ces machines n'étant pas à la portée de bourses d'un grand nombre de paysans, malgré ses avantages tant économiques qu'humains confirmés, la plupart des cultivateurs lorgnent ce système à distance, espérant en acquérir un jour très proche, mais utilisent en attendant la charrue.

Les Toumoukorolais cultivent le coton en grande quantité ; le village a d'ailleurs remporté la coupe nationale du progrès en 1970, un trophée du paysan qui était institué pour récompenser le village qui produisait le plus grand tonnage en coton. La région de Toumoukoro compte de nombreuses plantations d'anacardiers, dont la graine appelée le « cajou » est commercialisée.

Les Malinkés (ou Dioulas) sont à la fois cultivateurs, grands commerçants et éleveurs. Les Sénoufos sont essentiellement cultivateurs et moyennement éleveurs. Quant aux Peuls, ils sont connus comme les principaux éleveurs, même s'ils ont pour la plupart des portions de terre cultivable pour subvenir à leurs besoins nutritionnels.

Il existe plusieurs GVC (groupement à vocation coopérative). Ces regroupements permettent d'unifier les efforts pour le développement agricole du village. Les Gopolais, à l'instar de beaucoup d'autres peuples des régions des savanes se nourrissent de céréales : de maïs, de mil, de sorgho, de riz, soja, haricot, etc. ; de tubercules : igname, patate douce, manioc, etc. La boisson produite et préférée à Toumoukoro est le « tchapalo » ou « doro » une boisson locale et artisanale que l'on trouve dans la zone des savanes et même au-delà des frontières. Cette boisson fabriquée à base de mil exige près de trois jours pour être prête à la consommation.

Secteur tertiaire Toumoukoro dispose d'un marché animé une fois par semaine, la semaine sénoufo comportant 6 jours, un marché multiséculaire, qui a fait la notoriété de ce village. Fréquenté par des populations venant de très loin parfois, ex: de Korhogo, Boundiali, Tingréla, Ferke, Ouangolo, Niellé et surtout des populations qui venaient parfois de très loin du Mali profond, Sikasso, Koutiala, Kadiolo, Zégoua, de N'golana, etc. Ce monde qui venait parfois s'approvionner, profitait aussi pour vendre ce dont il disposait, une sorte de troc déguisé. Certains troquaient effectivement à défaut de disposer de devise sonnante. Pour faire la meilleure affaire, la plupart des marchands venaient veiller à Toumoukoro, pour être parmi les premiers et mieux servis du marché. Ils étaient parfois nombreux surtout avec la présence remarquable des commerçants venus de Korhogo, à bord des camions de transport de marchandises dits remorques, les dix-tonnes, ou des cars de transports de personnes dits" rapitis, 22 places ou badajan" ces mini-cars de marque Renault de 22 places, surmontés de porte-bagages. Il en était de même pour ceux venus de Ferke, Ouangolo, etc.