Jean SoanenPrononcer « Swanin » avec a fermé et très long. E est nasalisé normalement en « in ». Toute autre prononciation est à bannir : « Soanène » par exemple est fantaisiste. Cf. M. Laurent., né à Riom, le Cf. Ch. Juge-Chapsal et M. Laurent. Cf. Bibliographie. et mort le , est un oratorien, évêque de Senez, prédicateur du roi, apprécié de Louis XIV et cité comme un modèle. par Fénelon.

Sympathisant janséniste, il est suspendu en 1727 par le concile d'Embrun à cause de son opposition à la bulle Unigenitus de Clément XI qui condamnait l'ouvrage de Pasquier Quesnel développant des thèses jansénistes.

Biographie

Il est le fils de Gilberte de Sirmond et de Mathieu Soanen. Il est le petit-neveu du père de Sirmond, confesseur de , mais aussi le neveu de Jean de Sirmond (-), homme de lettres, et d'Antoine de Sirmond (-), théologien jésuite.

Son père, Mathieu Soanen, consul de Riom et procureur au présidial de la même ville est mis en prison pour ne pas avoir dépouillé les pauvres et condamné à payer de ses propres deniers à la place des taillables défaillants. (source?).

Formé par le collège oratorien de sa ville, il est reçu, malgré les propositions des Jésuites de Billom, le à l'Oratoire de Paris où le père Pasquier Quesnel devient son confesseur. De à , il poursuit ses études au collège de Troyes où il devient ensuite professeur d’humanités ainsi que successivement dans le Forez, à Beaune, à Dieppe où il reçoit la prêtrise, et à Riom vers . En , il est envoyé à Vienne afin d'établir le séminaire de l'Oratoire.

L’un des « quatre évangélistes » Soanen est considéré comme l’un des quatre prédicateurs les plus distingués de l’Oratoire avec Honoré de Quiqueran de Beaujeu, Mathieu Hubert et Pompone Guibert : prédications à Lyon , Orléans , Paris (à Saint-Benoit ainsi que l'oraison funèbre de la reine Marie-Thérèse à Saint-Honoré), (Saint-André-des-Arts), (Notre-Dame), à la Cour pour le carême en et en , aux religieuses de Saint-Thomas pour l’Avent de . Fénelon le cite comme un modèle« Ne prenez point d’autre modèle que le Père Louis Bourdaloue (…) et le Père Soanen ». Les sermons de Soanen étaient particulièrement appréciés par le jésuite Bourdaloue dans ses « Dialogues sur l’éloquence ».

Assez rigoriste, il prêche notamment contre les spectacles. Bien que de sympathie janséniste, il est apprécié par qui le surnomme et qui dit de lui, devant ses détracteurs : Remarque adressée à La Feuillade selon l’abbé Candel..

Député du roi à l’assemblée de l’Oratoire en , il intervient contre le supérieur, le père Abel de Sainte-Marthe, accusé de « jansénisme ».

M. Laurent note cependant une ombre : Si Soanen ne s’est pas spécialement engagé dans la lutte contre les cinq propositions et le Formulaire, il tranche néanmoins, avec le père Coqueri, au détriment d’un confrère oratorien riomois, le père Galipaud, dont le cours sur la grâce opposait ce dernier au supérieur des Sulpiciens de Clermont.

L’évêque du plus petit diocèse de France Il signe le Formulaire d'Alexandre VII.

Au grand regret du père Quesnel ( et d’ajouter ), nomme, le , Jean Soanen évêque de Senez (dans les actuelles Alpes-de-Haute-Provence). Il est sacré à Paris par Louis-Antoine de Noailles le . , selon Soanen qui y exerce charité et sévérité à l'égard des débauchés, suscitant des inimitiés qui se réveilleront à Embrun. Soanen poursuit ses prêches : Aix en , Toulouse en , Montpellier en où il se lie d’amitié avec Colbert de Croissy. En , il est député à l’Assemblée du clergé. Les Jésuites tentent de le rallier en lui promettant l’archevêché de Vienne en échange d’une Instruction condamnant l’ouvrage du père Quesnel.

Tout à l’écoute de son diocèse, Soanen s’occupe peu des querelles religieuses. Mais la publication, en , de la bulle le sort de sa réserve : non seulement il s’y oppose catégoriquement mais encore il s’élève contre les projets d’Acceptation suivie d’Explications. Il est l'un des premiers signataires de l'Appel à la réunion d'un concile sur la question, avec Charles-Joachim Colbert de Croissy.

La victime du « Brigandage » d’Embrun

Sympathisant janséniste et opposant déterminé de la bulle (1713), il prend la tête du mouvement de l'Appel le avec trois autres prélats : Colbert de Croissy évêque de Montpellier, La Broue évêque de Mirepoix, Pierre de Langle évêque de Boulogne.

vignette|redresse|Page de titre de l'Instruction pastorale de Jean Soanen.

En , Jean Soanen réplique à son exil par son Instruction pastorale de l'évêque de Senez, dans laquelle il appelle les fidèles de son diocèse à suivre leur évêque malgré la pression qui s'exerce. On y retrouve les principaux thèmes figuristes, notamment celui du . Très influencée par l'abbé d'Étemare, elle est plus tard reprise, sous une forme remaniée par ses disciples Besoigne et Legros, pour servir de catéchisme à l'usage des fidèles. C'est la première fois qu'un évêque prône de manière ouverte l'idée d'une résistance minoritaire au sein de l'église..

Dès , l'idée d'un concile est émise pour frapper les chefs des appelants d'abord P. de Langle, puis en , Colbert de Croissy et l'évêque de Bayeux M. de Lorraine. Le cardinal Fleury, premier ministre, hésite à faire comparaître un évêque noble. Roturier d'origine et d'un activisme sans faille depuis auprès de son ami Colbert et le cardinal de Noailles, Jean Soanen est un coupable acceptable ; son Instruction pastorale de le délit, objet de la plainte du promoteur M. d’Hugues. La prise de fonctions de Premier Ministre, en , par Fleury, qui n’en a cependant pas le titre, amorce un régime plus répressif (plus de de cachet seront émises sous sa gouvernance).

Le prélat octogénaire est convoqué avec ses douze juges selon une procédure inusitée (lettres de cachet signées de Maurepas) pour le , à EmbrunCf. ..

Le concile provincial s'ouvre sous la présidence de l'archevêque local Pierre Guérin de TencinC'est ce prélat qui introduit le « concile » avec les mots suivants , et qui adressait à la princesse Borghèse, en quittant l'Italie pour rejoindre le diocèse d'Embrun, . Le , « L’Embrunade » Expression de l’évêque de Montpellier, Colbert de Croissy. suspend Soanen de tout pouvoir et juridiction épiscopale. L’affaire Soanen entraîne à la fin de l’année la « consultation » de cinquante avocats parisiens favorables au prélat déchu, suivie par la démarche d’une douzaine d’évêques, qui prétextent un motif de pure forme pour se solidariser de Soanen. Des estampes représentent Soanen la tête entourée d’un rayon de gloire et ses persécuteurs assis sur les genoux des Jésuites.

L’exilé de La Chaise-Dieu

Soanen quitte Embrun le , sur ordres de la cour, pour La Chaise-Dieu.. Sur le chemin, à Grenoble, il est convié par l'évêque Jean de Caulet à un déjeuner avec un autre père du « concile », Flodoard Moret de Bourchenu, évêque de Vence. À leur demande de bien vouloir oublier le passé, Soanen répond Soanen entame alors une abondante correspondance qu’il ne signe plus que par .

Il meurt « Réappelant » M. Laurent dénonce « Jaloustre… (et son) roman sur une prétendue rétractation (). le . Le lendemain de son décès, le père prieur vient signifier l’ordre du roi qui défend qu’on l’inhume dans l’église de l’abbaye, ouverte au public. Il est enseveli dans la chapelle du Collège, à l’entrée du sanctuaire, avec tous les honneurs dus à un évêque. Son tombeau et sa dépouille n’ont pas été retrouvésM. Laurent voit dans les « mésaventures » postmortem du « Prisonnier du Christ » « l’insolent triomphe de l’ultramontanisme au qui voulait détruire toute trace, physique et spirituelle », le collège des Novices ayant été détruit et transformé en hôtel et étable Cf. .. Le cœur est déposé dans l’église Saint-Josse à Paris le ..

Œuvres Lettres de messire Jean Soanen, évêque de Senez, Cologne, , 1750 lire en ligne le premier volume.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie Anonyme, La vie et les lettres de messire Jean Soanen évêque de Senez, Cologne, 1750, en 2 volumes ( vol. 1 & vol. 2) Père Soanen, Prêtre de l’Oratoire «Sermons sur différents sujets prêchés devant le roi », Lyon, 1767, 2 vol. in 12°. Soanen, «Correspondances », 1750, une édition en 7 volumes.

. .

Sources Augustin Gazier, Histoire du mouvement janséniste depuis ses origines jusqu'à nos jours, tome 1, Paris, Honoré Champion, 1924, pp. 255 à 273. On trouvera une biographie détaillée sur le site de la Médiathèque du conseil général de la Loire notice d'un article sur l'analogie un peu poussée qu'il fait de sa disgrâce avec celle d'Hilaire de Poitiers.

Autres références . . . .

Liens externes

Liste de poèmes satiriques relatifs à Jean Soanen

Catégorie:Jansénisme au XVIIIe siècle Catégorie:Personnalité du jansénisme Catégorie:Évêque de Senez Catégorie:Évêque catholique français du XVIIIe siècle Catégorie:Naissance en janvier 1647 Catégorie:Naissance à Riom Catégorie:Décès en décembre 1740 Catégorie:Décès à 93 ans Catégorie:Écrivain auvergnat