Le gouvernement Darlan est le troisième gouvernement du régime de Vichy en France, constitué par Philippe Pétain. Il succède au gouvernement Flandin II le et se termine le , lors du rappel de Pierre Laval.

Formation du gouvernement Après la démission de Pierre-Étienne Flandin, l'amiral François Darlan est nommé vice-président du Conseil, ministre secrétaire d'État aux Affaires étrangères et à la Marine, le .

Il devient aussi responsable au du ministère de l'Intérieur en remplacement de Marcel Peyrouton.

Les autres membres du gouvernement précédant continuent de constituer le gouvernement jusqu'à ce que les membres du nouveau gouvernement soient nommés le .

La présence de Darlan au pouvoir renforce l'ingérence allemande alors que l'équipe est inspirée du diplomate Otto Abetz et de l'historien Jacques Benoist-Méchin avec une forte présence de technocrates et de réactionnaires.

Composition du gouvernement au 24 février 1941 thumb|1941.08.11 - Constitution du gouvernement de François Darlan.

PortefeuilleMinistre de tutelle Titulaire Parti ou apparentement Chef de l'État français, président du Conseil Philippe Pétain SE Vice-président du Conseil, Ministre secrétaire d'État à la Marine, aux Affaires Étrangères et à l'Intérieur, chargé de l'Information François DarlanSE Ministres Secrétaires d'État Garde des Sceaux et Ministre secrétaire d’État à la Justice Joseph Barthélemy AD Ministre secrétaire d'État à la Guerre, commandant en chef des forces terrestres Charles HuntzigerDVD Ministre secrétaire d'État à l'Économie nationale et aux Finances Yves BouthillierDVD Ministre secrétaire d'État à l'Agriculture Pierre CaziotSE Secrétaires d’État Secrétaire d'État à l'AviationVice-président du Conseil, Ministre secrétaire d'État à la Marine Jean Bergeret SE Secrétaire d'État à l'Éducation nationale et à la JeunesseMinistre secrétaire d'État à la Guerre Jérôme Carcopino SE Secrétaire d'État à la Famille et à la Santé Jacques ChevalierDXD Secrétaire d'État aux Colonies Charles Platon SE Secrétaire d'État à la Production industrielleMinistre secrétaire d'État à l'Économie nationale et aux Finances Pierre PucheuDXD Secrétaire d'État au Travail René BelinDVG Secrétaire d'État aux Communications Jean Berthelot SE Secrétaire d'État au Ravitaillement Ministre secrétaire d'État à l'Agriculture Jean Achard SE

Secrétaires généraux Portefeuille Titulaire Parti ou apparentement Délégué à l'Équipement national François Lehideux DXD Délégué général aux Affaires économiques franco-allemandes Jacques BarnaudSE Secrétaire général adjoint à la vice-présidence du Conseil pour l'Information Paul MarionPPF Secrétaire général adjoint à la vice-présidence du Conseil Jacques Benoist-Mechin PPF Délégué général du gouvernement dans les territoires occupés Fernand de BrinonGC Secrétaire général à l'Équipement national Henri GiraudSE Secrétaire général au Ravitaillement Jacques BillietSE Secrétaire général à la Justice Georges Dayras SE Secrétaire général aux Finances publiques Henri DeroySE Secrétaire général à la présidence du Conseil (jusqu'au ) Jean Fernet DXD Secrétaire général à la Jeunesse Georges Lamirand SE Secrétaire général du chef de l'État Auguste Laure SE Secrétaire général aux Questions économiques (jusqu'au ) Olivier Moreau-Néret SE Secrétaire général aux Travaux publics et Transports Maurice Schwartz SE Secrétaire général à l'Instruction publique Adolphe Terracher SE Commissaire général à l'éducation physique et aux sports Jean Borotra PSF Commissaire général des Chantiers de jeunesse (à partir du ) Joseph La Porte du Theil SE Secrétaire général des Beaux-Arts (à partir du ) Louis Hautecœur SE Secrétaire général à L'Administration générale (à partir du , jusqu'au ) Maurice SabatierSE Commissaire général aux Questions juives (à partir du ) Xavier Vallat FR

Remaniements

Secrétaire d'État à la vice-présidence du Conseil : Jacques Benoist-Méchin Secrétaire d'État à la vice-présidence du Conseil : Henri Moysset

Jean Filippi : secrétaire général aux Questions économiques.

Pierre Caziot : succède à Jean Achard comme ministre au Ravitaillement. Il conserve son poste de ministre secrétaire d'État de l'Agriculture.

Nomination de Pierre Pucheu comme secrétaire d'État à l'Intérieur

Composition du gouvernement au 11 août 1941 PortefeuilleMinistre de tutelle Titulaire Parti ou apparentement Chef de l'État français, président du Conseil Philippe Pétain SE Vice-président du Conseil, Ministre secrétaire d'État de la Défense nationale, à la Marine et aux Affaires Étrangères François DarlanSE Ministres Secrétaires d'État Garde des Sceaux et Ministre secrétaire d’État à la Justice Joseph Barthélemy AD Ministre secrétaire d'État à l'Intérieur Pierre PucheuDXD Ministre secrétaire d'État à la Guerre, commandant en chef des forces terrestres Charles HuntzigerDVD Ministre secrétaire d'État à l'Économie nationale et aux Finances Yves BouthillierDVD Ministre secrétaire d'État à l'Agriculture Pierre CaziotSE Ministre d'État Henri Moysset SE Ministre d'État Lucien Romier AD Secrétaires d’État Secrétaire d'État à la vice-présidence du Conseil Jacques Benoist-Méchin PPF Secrétaire d'État à l'AviationVice-président du Conseil, Ministre secrétaire d'État à la Marine Jean Bergeret SE Secrétaire d'État à l'Éducation nationale et à la JeunesseMinistre secrétaire d'État à la Guerre Jérôme Carcopino SE Secrétaire d'État à la Famille et à la Santé Serge HuardSE Secrétaire d'État aux Colonies Charles Platon SE Secrétaire d'État à la Production industrielleMinistre secrétaire d'État à l'Économie nationale et aux Finances François Lehideux DXD Secrétaire d'État au Travail René BelinDVG Secrétaire d'État aux Communications Jean Berthelot SE Secrétaire d'État au Ravitaillement Ministre secrétaire d'État à l'Agriculture Paul Charbin SE

Nominations du : Secrétaire général de l'Information et de la Propagande au Ravitaillement : Paul Marion Secrétaire général honoraire de la Police : Henry Chavin jusqu'au Secrétaire général à la Main-d'œuvre : Francis Million jusqu'au Délégué général aux Relations économiques franco-allemandes : Jacques Barnaud.

Secrétaire général à la vice-présidence du Conseil : Jean Jardel Secrétaire général à la Santé : Louis Aublant Commissaire général à la Famille : Philippe Renaudin

Secrétaire général à la Police : Jean Rivalland

Secrétaire général au Travail et à la Main-d'œuvre : Jean Terray

Après la mort du général Charles Huntziger, François Darlan devient ministre à la Guerre

Secrétaire général aux Affaires étrangères : Charles Rochat

Actions gouvernementales Une collaboration dans le cadre de la Shoah En février, Jacques Benoist-Méchin est nommé secrétaire général adjoint à la vice-présidence du Conseil le sur proposition d'Otto Abetz et de Fernand de Brinon pour faire l'intermédiaire entre Laval et Darlan ainsi que de rapprocher Vichy avec l'Allemagne. Darlan a rejoint l'opinion de la collaboration seulement après la rencontre de Montoire en octobre. Son objectif est donc de rester neutre et de renforcer la France. La collaboration permettrait alors de modifier le régime d'armistice. Pour l'obtenir, il favorise une collaboration intérieure. Il crée dès le , le Commissariat général aux questions juives. Il estime qu'il faut « sauver les juifs français » mais qu'il souhaite se « débarrasser » des autres, incluant les naturalisés depuis 1927. C'est Xavier Vallat qui en devient le directeur. Darlan radicalise rapidement les mesures antisémites. Le est organisé la rafle du billet vert à Paris sous l'organisation du préfet de Paris. Le , le deuxième statut vichyste des Juifs est institué. Il définit plus précisément la notion de « juif » dans un sens racial. Il interdit les juifs dans toute la fonction publique, y compris dans l'armée et dans les entreprises publiques. Les exceptions pour anciens combattants sont maintenues. De très nombreux nouveaux métiers sont interdits aux juifs, comme ceux de la finance, de la communication, du journalisme, de la culture dont le cinéma et de la radio. Il instaure aussi un numérus clausus de 2 % pour les professions libérales et de 3 % pour enseigner à l'Université. Ce statut autorise les préfets à pratiquer l'internement administratif de Juifs de nationalité française. Un décret passé en qui exclut aussi les Juifs des professions commerciales ou industrielles. Le , tous les juifs doivent être recensés. Le 21, le nombre d'étudiants juifs ne peut être que de 3 %. Le , il est interdit aux juifs d'être avocats ou d'être officiers publics. Le , il est créé une loi d'aryanisation des juifs absents. Le , il n'est autorisé que la présence de 2 % de médecins par conseil de l'ordre des médecins, il est alors procédés à des radiations. Le , le même taux est appliqué aux architectes. Le , plus aucun juif ne peut acheter un fonds de commerce. Le , les députés et sénateurs juifs sont déchus de leurs mandats et le 29, la loi porte dissolution des associations juives et transfert leurs biens à l'Union générale des Israélites de France placée sous le contrôle du Commissariat général aux questions juives. Le , un décret prévoit l'internement des étrangers et apatrides juifs entrés en France depuis le . Le , le numérus clausus est étendu à la profession de sage-femme et aux pharmaciens.

Collaboration économique Du côté économique, il est organisé une collaboration accrue, via notamment une forte exportation française vers l'Allemagne de produits d'alimentation, textiles, minerais et produits coloniaux. Si 1 331 entreprises françaises produisaient déjà directement ou indirectement pour la Wehrmacht, l’intégration économique de la France à la division allemande du travail est accrue. L'industrie aéronautique est entièrement tournée pour l'Allemagne. Darlan offre union douanière entre la France et l’Allemagne. Se montrant transitoirement intéressées, les autorités allemandes, alors que le front méditerranéen se développe, négocient un accès aux bases syriennes dans un premier temps. Vichy accepte le contrôle allemand sur les devises et un accord de « clearing » défavorable contre l’ouverture de la ligne de démarcation aux échanges économiques. Une majorité de la production militaire est aussi exportée vers l'Allemagne. La collaboration conduit par ailleurs à une perte importante du patrimoine architectural. Le , un décret est publié dans la presse parisienne, annonçant l’enlèvement de monuments, dans le but affiché de réinjecter les métaux dans le circuit de la production industrielle et agraire. L’étendue des pertes subies par le patrimoine national est énorme : selon certaines estimations des conservateurs, environ 1 700 statues furent détruites sur ordre du gouvernement de Vichy, dont plus de cent pour la seule capitale parisienne. Dakar et Casablanca deviennent des ports de ravitaillements pour les U-Bootes allemands.

Les relations avec les États-Unis se poursuivent et le gouvernement tente d'utiliser celle-ci pour infléchir la politique anglaise et réduire le blocus, ce qui n'est entravé que jusqu'au printemps. Un accord commercial de ravitaillement est conclu en février.

La recherche d'une plus grande collaboration franco-allemande (mai à juillet 1941)