Vaise est un quartier de Lyon situé au nord-ouest de la ville sur la rive droite de la Saône, au pied du plateau de la Duchère. Ancienne commune du département du Rhône, Vaise a été rattachée à Lyon le , faisant d'abord partie du , puis du (créé en 1964). C'est l'un des sites les plus anciennement occupés de l'actuelle commune de Lyon.
Origines du nom de « Vaise »
Quatre origines du nom sont possibles. : Vesia, patronyme d'une famille romaine, propriétaire d'un domaine près de Champvert ; « Vase » : surnom lié au fait que cette zone est facilement inondable (elle est parfois surnommée « Bourg d'eau ») ; Vacua (« zone vide »), plus tard « plaine de Vacque »., surnom lié au fait que le quartier, surtout la partie la plus humide, le long de la Saône en remontant vers Saint-Rambert) est resté inoccupé pendant longtemps ; Louis-Paul Fisher indique également la possibilité d'une racine commune avec celle de Vaison-la-Romaine (Vasio).
Géographie
Le quartier de Vaise est situé au sud du massif du Mont d'Or, et au sud de la commune Caluire-et-Cuire dont il est limitrophe.
Communes limitrophes Le territoire du quartier Vaise, tout en longueur, s'étend du Caluire-et-Cuire au sud, jusqu'à de Lyon (quartier de Saint-Rambert-l'Île-Barbe) au nord.
Relief et hydrographie
Le site de Vaise a un relief varié. Il comporte des plateaux à l'ouest et au nord, La Duchère ( d'altitude) et Saint Rambert (), terminés par des rebords en forte pente entaillés par les vallées étroites des ruisseaux des Gorges et de Rochecardon. La « cuvette de Vaise » forme une dépression centrale, peu élevée, inondable et riche en sources. Le long de la Saône se trouve une plaine alluviale qui va jusqu'au défilé de Pierre Scize. qui sépare les collines de Fourvière et de la Croix-Rousse.
Évolution des limites de Vaise Ancien Régime Sous l'Ancien Régime, Vaise est un faubourg de Lyon. Les limites territoriales de cette entrée nord-ouest de la ville ont subi de nombreuses fluctuations. Le pourtour des anciennes paroisse et juridiction ont parfois fait l'objet de contestations avec les entités voisines.
La commune créée à la Révolution La commune, créée en 1790, au début de la Révolution française, reçoit des limites claires. Au nord, elle est séparée de la commune de Saint-Rambert au niveau de l'actuelle rue Antonin Laborde ; au sud, la limite avec Lyon est moins simple : elle commence au débouché de l'actuel pont Maréchal Kœnig (ancien pont Serin) et se poursuit vers la voie ferrée au sud de l'actuelle rue de la Pépinière royale. Sont aussi établies les limites avec les communes d'Écully, de Saint-Cyr, de Saint-Didier et de Tassin. Le périmètre de Vaise est fixé le par un arrêté du Conseil général du département de Rhône-et-Loire.
Depuis le rattachement à Lyon (1852) Entre 1852 et 1964, l'appartenance de Vaise au l'unit au centre historique (Vieux Lyon, colline de Fourvière). L'annexion par Lyon de Saint-Rambert-l'Île-Barbe entraîne la création d'un nouvel arrondissement : Vaise, partie nord du en est détaché pour devenir un élément du .
La limite entre les deux arrondissements est fixée le long de l'avenue Barthélémy-Buyer, de la rue Pierre-Audry, du cimetière de Loyasse et de la montée de la Sarra.
Le est réparti entre quatre quartiers : Vaise-Industrie-Rochecardon, Saint-Rambert/L'Ile Barbe, La Duchère, Champvert-Gorge de LoupC'est la division donnée sur le site de la ville de Lyon pour le ..
En ce qui concerne Vaise, on peut distinguer différents secteurs : défilé de Pierre-Scize et pentes de l'Observance (sur le versant nord de la colline de Fourvière), Vaise-centre, Saint-Pierre, Pont-Mouton, le quartier de la gare, le quartier de l'industrieD'abord localisé autour de la gare d'eau, le quartier de l'industrie s'est étendu vers le nord le long du quai Paul Sedaillan jusqu'à la rue Joannès Carret et le boulevard périphérique nord donc sur l'ancienne commune de Saint-Rambert.
Les limites territoriales et administratives actuelles ne correspondent ni au faubourg initial, ni à l'ancienne paroisse, ni à la commune indépendante disparue en 1852. Cependant, le passé de Vaise lui forge une identité propre qui reste toujours d'actualité.
Histoire
Préhistoire et protohistoire Située sur un replat entre les Monts d'Or au nord-ouest et les collines de l'Ouest lyonnais (voir Fourvière) au sud-est, juste à l'entrée nord d'un défilé au bord de la Saône. En rive droite de la Saône sont indiqués la plaine de Vaise, le plateau de la Duchère (Monts d'Or), la colline de Fournière et le vallon de Thion qui est le défilé au sud de la plaine de Vaise., Vaise est habitée depuis l'époque préhistorique. Des découvertes, issues le plus souvent des fouilles d'archéologie préventiveCes découvertes ont été faites à l'occasion des chantiers des constructions de la ligne D du métro, de la station Gorge de Loup et du périphérique Nord mais aussi près de l'église Saint-Pierre, rue du Chapeau-Rouge et place Valmy., l'attestent : silex taillés du Paléolithique ; vestiges (amphores et éléments de construction trouvés dans les bordures de la dépression et dans le quartier de l'Industrie en bord de rivière) indiquant une occupation plus dense au début du Néolithique. L'âge du bronze est bien représenté, avec un vaste établissement dans le secteur sud de Vaise. Voir résumé., sur les sites de Gorge de Loup ou de la ( au nord-est du rond-point de la porte de Vaise).
Site de l'impasse des Jardins (Mésolithique et Néolithique récent) Situé à environ au sud-ouest du rond-point de la porte de Vaise, le site a été sujet à des coulées de boue qui ont amené depuis le haut du plateau de la Duchère un ensemble hétérogène de pièces mésolithiques moyen et récent. Des empierrements dans le sens de la pente, vraisemblablement mis en place au Néolithique récent, sont associés à cinq foyers qui ont livré 5 produits de débitage indatables. Une fosse contenait 209 artefacts lithiques dont un microlithe et 4 microburins mésolithiques..
Site de la rue des Tuileries La partie nord a livré sur environ des traces ténues de « structures » préhistoriques : un « niveau de sol » avec deux concentrations de galets de quartzite et cailloutis, un probable foyer enterré de plan ovale, un trou de poteau, et plusieurs « creusements » mal identifiables (fosses ?). L'ensemble est accompagné d'un mobilier lithique abondant et d'une belle série de faune sauvage, le tout réparti soit en poches concentrées soit en épandages. L'essentiel de la série a été attribué au Mésolithique ancien ou moyen sauveterrien (9500-8500 AP) ; un petit ensemble de pièces est daté du Mésolithique récent castelnovien. Quelques pièces intrusives, datées du Paléolithique supérieur (nucléus à lamelles) et de l'Épipaléolithique (pointe à dos courbe), confirment le caractère polyphasé de l'occupation, mais ne remettent pas en cause la très grande homogénéité de la série.
Site de la rue Auguste-Isaac (du Paléolithique moyen à l'âge du fer)
Le vaste site du 35, rue Auguste-Isaac. Cité dans .. Cité dans .. Cité dans . est situé juste au nord de la gare de Vaise, à un peu plus de de la Saône et à quelques dizaines de mètres du pied du plateau de la Duchère Couches « Cartes IGN classiques » et « Hydrographie » activées.., sur le glacis collu-alluvial qui relie ces deux unités..
La mise en œuvre dans les années 2010 d'un projet immobilier concernant un ensemble de logements individuels et collectifs sur ., est précédée par la démolition. des logements sociaux existants. et l'exploitation du terrain mis à nu pour y effectuer des sondages de reconnaissance par le Service archéologique de la ville de Lyon ; ces sondages sont suivis par une première phase d'investigation au nord de la parcelle, dirigée par Frédéric Jallet en 2010 ; puis par une fouille archéologique préventive. dirigée par Éric Bertrand..
La partie nord-ouest du site (sondage 1) a livré des vestiges médiévaux datés des s : foyer domestique dans une cuvette, plusieurs trous de poteau et de piquets, épandage de blocs et de galets comblant une seconde cuvette creusée dans les colluvions. Du charbon a été prélevé dans ce foyer (nomenclaturé US 105)..
Dans la partie nord-est du site (sondage 2)., l'occupation médiévale détectée se résume à une sépulture en pleine terre, sans mobilier ni niveau d'ouverture de la fosse. Mais une couche de plus de d'épaisseur dans un niveau de colluvions sablo-limoneuses a fourni une stratigraphie archéologique allant du Paléolithique moyen à l'âge du fer, .. Bertrand et al. (2009) mentionnent également « une seconde sépulture sous amas tumulaire de galets et de blocs de gneiss », non datée, nomenclaturée F209. Une datation au carbone 14 a été initiée sur son squelette. C. Argant a étudié la palynologie associée aux couches archéologiques non-stériles de ce sondage.
Au sud-ouest du site, le sondage 3 n'a pas pu, pour diverses raisons logistiques, explorer plus profondément que les niveaux médiévaux.
Le matériel pré- et protohistorique inclut du Mésolithique moyen et ancien Sauveterrien (entre et ans AP), inédit à Lyon ; il est localisé sur les versants du plateau de la Duchère. Les sites correspondants sont érodés. Une rupture dans l'étagement des faciès céramiques associés à la sépulture sous amas tumulaire indique une période de non-occupation du site entre cette sépulture et l'occupation mésolithique au sommet des niveaux stériles.
Site de Gorge de Loup (Bronze final et période de la Tène)
Le vallon de Gorge de Loup est occupé de la fin du s. av. n.è. et le dernier quart du s. av. n.è., ce qui vient pratiquement immédiatement après la fin du Hallstatt et au début de la Tène ou second âge du fer. S'y trouve un mélange d'habitats plutôt standardisés ; et des structures artisanales, avec de la métallurgie du fer et des alliages cuivreux, dont production de fibules, le travail de la corne et du textile, et autres artisanats. Les bâtiments liés aux activités agricoles ou pastorales sont plus rares avec seulement dix structures de stockage ; ..
L'impasse Gorge de Loup, le de la rue Gorge de Loup et le rue de la Fraternelle ont livré quelques outils lithiques (grattoir, burin) trouvés en position secondaire dans une couche du Bronze ancien, indiquant une fréquentation du lieu antérieure (Paléolithique supérieur ou Épipaléolithique). Cité dans ..
Le 31, rue Gorge-de-Loup et le 2, rue de la Fraternelle sont deux parcelles adjacentes. Fouillées en 2007 et 2008, elles ont livré une installation du Bronze final 1-2a mais avec très peu de structures bâties apparentes ; l'existence de ces structures est démontrée par une analyse spatiale de la répartition de la céramique : des effets d'alignement et d'arc de cercle délimitent l'empreinte de bâtiments. Dans la partie est du site, la fréquentation a été plus tardive avec des vestiges du Bronze final 3 et de la transition vers le Hallstatt ; mais cette partie du site a subi une érosion fluviatile après l'occupation.
Le site est abandonné à la fin du s. avant notre ère.
vignette|Collier du trésor de Vaise ().
Trouvailles d'origine grecque d'époque préromaine Outre des amphores originaires de la ville grecque de Marseille (Massilia), .
Époque romaine : un faubourg de la capitale des Gaules, Lugdunum Une colonie romaine est installée sur la colline de Fourvière en 43 , c'est-à-dire neuf ans après la fin de la conquête de la Gaule par Jules César. Cette colonie, couramment appelée du nom gaulois latinisé de Lugdunum, va devenir la capitale de la Gaule nouvellement conquise, alors que Narbonne est celle de la Gaule conquise dès 120 . Vaise devient un faubourg de cette colonie.
Une nécropole et une partie de la « voie de l'Océan » sont découvertes en 2000 rue du Chapeau Rouge, ainsi que l'atelier de potier du même nom et une carrière de schiste. (première carrière antique découverte à Lyon.).