Cet article décrit les différentes études menant au titre d'ingénieur diplômé en France. Au , il y a 204 écoles d'ingénieurs françaises accréditées par la Commission des titres d'ingénieur (CTI) à délivrer un diplôme d'ingénieur. dont sept écoles de « spécialisation »Les écoles de spécialisation délivrent un diplôme d’ingénieur de spécialisation aux étudiants déjà titulaires d’un diplôme d’ingénieur. ; la CTI tient à jour une base de données certifiées. sur les écoles et programmes accrédités.

La France possède la particularité de disposer, en plus des universités, de diverses écoles d’enseignement supérieur, les grandes écoles, dont les écoles d’ingénieurs font partie. Ces écoles se distinguent notamment par un effectif réduit dès la première année d'études. Les études durent cinq ans au total (dont deux ans de cycle préparatoire) et débouchent sur un diplôme d’ingénieur. Ce diplôme national correspond au niveau 7 du Cadre européen des certifications et confère le grade de master.

Ces cinq années d'étude peuvent avoir lieu tout d'abord dans un cycle préparatoire de deux ans, puis dans l'école d'ingénieurs proprement dite pour trois ans. Certaines écoles d'ingénieurs forment pendant cinq années « intra muros » et se répartissent en deux catégories, d'une part celles qui ont un cycle préparatoire « intégré » suivi d'un cycle d'approfondissement, et celles qui n'ont qu'un seul cycle de cinq ans. Histoire

Les premières formations d'ingénierie militaire en France sont associées au développement des armes savantes pour la marine et l'armée de terre, au travers des corps de navigateurs-hydrographes, de charpenterie de marine, de l'artillerie et du génie. Elles remontent à 1571 pour la marine avec le Collège maritime des Accoules (dont l'héritière est l'École nationale de la Marine marchande de Marseille), à 1679 pour l'artillerie avec l'École royale de l'artillerie de Douai et à 1748 pour le génie avec l'École royale du génie de Mézières.

vignette|Détail de la façade du bâtiment historique de l'ENSAM, 151 bd de l'Hôpital, Paris (). Les formations d'ingénierie d'État se développent avec la création en 1741 de l'École des ingénieurs-constructeurs des vaisseaux royaux (dont l'héritière est l'ENSTA - IP Paris) et celle l'École royale des ponts et chaussées (renommée École nationale des ponts et chaussées depuis) en 1747. Suivent, quelques années après, d'autres écoles telles que l’École des Arts et Métiers, créée en 1780, qui dispense un savoir scientifique et technique (aujourd'hui renommée Arts et Métiers), ou l'école des mines de Paris (renommée Mines ParisTech - PSL.), créée en 1783 pour former les inspecteurs de l'exploitation des mines du royaume.

À l'époque révolutionnaire, les universités sont supprimées en 1793 et remplacées par des écoles spéciales. L’École polytechnique, pour pourvoir aux grands corps d’État, et le Conservatoire national des arts et métiers sont créées en 1794Emmanuel Grison, « L'École de Monge et les Arts et Métiers », Bulletin de la Sabix, , 1999, ..

L'essor de l'industrie nécessite le développement de formations aux sciences appliquées au début du . Apparaissent des formations d'ingénierie dans les bassins industriels pionniers tels que Saint-Étienne, Paris, Lille, Lyon et Mulhouse notamment.. Des cours de dessin linéaire, de géométrie et de mécanique appliquée aux arts se développent dans les métropoles industrielles françaises. À Paris, en 1819, le Conservatoire national des arts et métiers établit une chaire d'enseignement de mécanique appliquée aux arts, tenue par Charles Dupin. À Mulhouse en 1822 et à Lille en 1823, des cours de chimie appliquée aux arts industriels sont créés pour soutenir l'industrie.

En 1824, l'École nationale des eaux et forêts est créée à Nancy, assurant la formation des cadres forestiers pour l'Administration des Eaux et Forêts qui étaient aussi les officiers du Corps des chasseurs forestiers.

En 1894, les écoles délivrant un diplôme d'ingénieur en France sont l'École supérieure des mines de Paris, l'École des mines de Saint-Étienne, l'École nationale des ponts et chaussées, l'École centrale des arts et manufactures, l'Institut industriel du Nord (École centrale de Lille) et l'École centrale lyonnaise..

En 1934 est créée la Commission des titres d'ingénieur pour habiliter les établissements et protéger les titres des diplômés, à la suite de la contraction du marché de l'emploi en période de crise économique.

Suit une réorganisation de la formation. Les écoles nationales supérieures d’ingénieurs (ENSI) sont créées en 1947, ce sont toutes des écoles appartenant à des universités. L’École nationale supérieure d'arts et métiers se restructure en 1963 pour avoir un diplôme à bac+5. Sont créés également les écoles nationales d’ingénieurs et les instituts nationaux des sciences appliquées, des écoles en cinq ans à cette époque.

À partir des années 1970, les premières écoles internes aux universités sont créées. ; leur nombre croît à partir de la loi sur l'enseignement supérieur de 1984. Au début des années 2000, est créé le réseau Polytech.

Dans les années 2000, l'importance des effectifs de jeunes diplômés qui entrent dans la finance. est parfois critiquée, compte tenu de l'éloignement par rapport aux missions commerciales ou industrielles auxquelles préparait leur enseignement« Des candidats en quête de sens », Le Figaro, (lire en ligne)., dans un contexte où la finance est accusée d'asphyxier l'industrie.

Diplôme d'ingénieur vignette|Label du Ministère de l'Enseignement Supérieur garantissant son contrôle et l'authenticité du diplôme national. Dans l’industrie traditionnelle, l’ingénieur est avant tout un animateur d’équipe et un gestionnaire qui doit composer avec d’autres collaborateurs (ouvriers, techniciens) pour assurer la production (de biens ou de services), développer de nouveaux outils ou produits (machines, logiciels, méthodes) et optimiser les procédés.

Dans les entreprises à forte composante humaine en recherche et développement (industrie du savoir), l’ingénieur est une composante « ouvrière » participant à la création d’un produit ou d’un service. Il doit avoir de solides bases scientifiques et technologiques afin de comprendre les processus mis en jeu et de les faire évoluer. L’ingénieur est soumis à une nécessité de formation permanente s’il veut « rester performant » et doit, par conséquent, pratiquer régulièrement des activités de veille technologique. vignette|L'ENSI Poitiers, au sein de l'université de Poitiers.

En France, contrairement au titre « ingénieur » seul qui n'est pas réglementé, le titre « ingénieur diplômé » est protégé par la loi. En effet, seul un étudiant d’une école habilitée par l’État devient, après ses études, « ingénieur diplômé ». Depuis 1934, une personne usurpant le titre d’« ingénieur diplômé » est passible d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de et ..

Le master est un diplôme national sanctionnant une formation en deux ans après la licence. Pour les disciplines scientifiques, cette formation possède donc une vocation très proche de celle menant au diplôme d’ingénieur, cependant l'obtention d’un master ne confère pas le titre d’« ingénieur diplômé » ; en revanche le diplôme d'ingénieur confère le grade de master.

En France, le terme « ingénieur » est utilisé en rapport avec plusieurs fonctions ou niveaux de formation, selon la Commission des titres d'ingénieur (CTI) : ingénieur diplômé : titulaire d’un titre d’« ingénieur diplômé » (Bac+5, grade ) conféré par un diplôme d’ingénieur délivré par un établissement d’enseignement supérieur habilité par l’État : ingénieur diplômé d’un établissement, la forme la plus classique, ingénieur diplômé par deux établissements, dont au moins un français (encore peu développé), ingénieur de spécialisation, diplôme délivré à des ingénieurs déjà diplômés à l'issue de deux ou trois semestres d'études supplémentaire, dont le but est d'approfondir ou compléter sa formation en développant une nouvelle compétence dans un domaine professionnel à fort potentiel de croissance, ingénieur diplômé par l’État, procédure similaire à la validation d’acquis mais sans passer par une école ; ingénieur-maître : titre accordé à certains diplômés d’un institut universitaire professionnalisé (bac+4). Ce titre a disparu avec l'application de la réforme LMD. ingénieur : non réglementé, personne exerçant la profession d'ingénieur (généralement possédant un diplôme national de master scientifique).

L'association Ingénieurs et scientifiques de France (IESF) utilise les appellations suivantes pour des personnes non titulaires d'un diplôme reconnu par la Commission des titres d'ingénieur : « ingénieur reconnu d’origine scientifique » (IRS) regroupe les titulaires d’un diplôme Bac+5 scientifique universitaire ou d’un titre scientifique reconnu par France compétences au , généralement un diplôme national de master scientifique ; « ingénieur reconnu » (IR) regroupe les titulaires d’un diplôme Bac+2 scientifique qui ont exercé, pendant une certaine durée, des fonctions d’ingénieur.

Diplôme d'ingénieur en agriculture Le diplôme d'ingénieur en agriculture est en France reconnu par l'État. Il sanctionne un cursus de cinq ans d'études supérieures après le baccalauréat, à cycle préparatoire intégré, mais des « admissions parallèles » sont également possibles. Comme tous les diplômes d'ingénieur, il confère le grade de master. Il est en outre accessible par la formation continue, l'apprentissage et la validation des acquis de l'expérience. La Commission des titres d'ingénieurs (CTI) habilite actuellement six écoles à le délivrer ; ce sont des écoles de statut associatif sous contrat avec le ministère de l'Agriculture, en vertu de la loi Rocard de 1984, qui leur confie une mission de service public d'enseignement, de recherche et de développement..

Déroulement des études

En France, le diplôme d’ingénieur est obtenu dans une école d’ingénieurs, dont les plus anciennes ont été créées au . Les études durent cinq années après un baccalauréat (bac+5). Il existe différents types d’écoles : publiques ou privées, indépendantes ou intégrées à une université. Elles organisent elles-mêmes leur formation, le plus souvent en harmonie avec les centres de recherche et les industries environnantes, et le contrôle des connaissances. En 2008, cette formation concernait , également appelés « élèves-ingénieurs ».

Ces établissements ont pour point commun d’être habilités par l'État après enquête et agrément de la commission des titres d'ingénieur (CTI) concernant entre autres la qualité de la formation.. La spécificité des écoles d'ingénieurs réside dans la diversité des ministères de tutelle auxquelles elles sont rattachées. Même si le ministère chargé de l'enseignement supérieur habilité la majorité des écoles, les ministères techniques comme l’agriculture, l'industrie, la défense, etc habilitent certaines écoles. La liste des écoles habilitées à délivrer des diplômes d'ingénieur est publiée chaque année par arrêté ministériel. En cas de refus de la part de la commission des titres d’ingénieur, l’école peut faire appel auprès du conseil supérieur de l'éducation.. Depuis 1999, le grade de master (bac+5) est conféré par l’État à tout titulaire d’un titre d'ingénieur diplômé..