thumb|300px|Le fleuve Gambie. thumb|300px|Les bassins versants des principaux fleuves d'Europe.

Fleuve est un mot pouvant sembler ambigu en français, où il désigne : un cours d'eau se jetant dans une mer ou un océan... ; un cours d'eau important aboutissant dans un désert (fleuve endoréique), comme le Tarim, Jacques-Yves Cousteau et Yves Paccalet, Les grands fleuves, , Robert Laffont, Poitiers, 1993, . ou l'Okavango ; un cours d'eau permanent. et d'importance significative, qui peut également se jeter dans une mer fermée ou dans un autre fleuveRoger Brunet (dir.), Les mots de la géographie, 1993, article « fleuve », pages 216-217..

En effet, jusqu'au , le mot rivière a pu s'appliquer indifféremment à des cours d'eau comme la Seine, l'Oise ou l'Aisne..

Plus récemment le terme de rivière a pu, de la même façon, être utilisé en français pour qualifier un cours d'eau d'importance plus faible, même s'il se jette dans la mer. ou tout cours d'eau se jetant dans un fleuve ou une autre rivière.

Cependant le dictionnaire Larousse est sans ambiguïté en la matière en qualifiant ainsi le mot fleuve Dictionnaire Larousse..

Ainsi les cours d'eau côtiers d'importance pourtant mineure sont parfois qualifiés de fleuves côtiers car se jetant dans la mer. Ainsi la Veules, petit cours d'eau de de long, est qualifié de . Le circuit du plus petit fleuve de France..

Néanmoins, la plupart des dictionnaires francophones (tels Le Robert, le Dictionnaire de l'Académie Française, TLFi, le Littré, Universalis ou encore le GDT québécois) s'accordent sur le fait que « fleuve » désigne un cours d'eau important ou remarquable (par son débit et\ou son nombre d'affluents), se jetant dans la mer.

En hydrographie contemporaine, la description d'un réseau fait appel à d'autres variables telles que les nombres de Strahler, l'importance des bassins versants et des régimes hydrologiques ; la plupart des fleuves obtenant au regard de ces critères les rangs les plus élevés.

Ambiguïtés face aux éléments physiques et hydrographiques vignette|Exemple de classification Strahler de sous-ensemble en arborescence numérotée, utile pour l'étude d'un fleuve.

Aux grandes échelles temporelles et géologiques, la dérive des continents, les transformations morphologiques naturelles, le réchauffement ou le refroidissement planétaire entraîne au rythme des phases glaciaires et interglaciaires des modifications régulières et très importantes des longueurs, largeur, débit et configuration des fleuves sur toute la surface du globe.

Il est difficile de mesurer, modéliser ou cartographier finement la longueur d'un fleuve et d'autres de ses caractéristiquesLe Pichon, C., Gorges, G., Baudry, J., Goreaud, F., Boet, P. - 2009. Spatial metrics and methods for riverscapes: quantifying variability in riverine fish habitat patterns. Environmetrics, vol. 20, , 15p. - 526 Lien., pour plusieurs raisons : les fleuves ont une propriété fractale et parfois un important lacis de bras secondaires, plus ou moins étendu selon l'époque de l'année, surtout dans le cas des fleuves « sauvages » (peu régulés)C. Amoros et al. , Regulated Rivers , 1 , 17-36, 1987., ce qui signifie que plus la mesure est précise, plus le fleuve semblera long ; il est parfois difficile de déterminer exactement les extrémités d'un fleuve car : il peut être formé en amont par des ruisseaux saisonniers, des sources intermittentes, des marais, ou des lacs éphémères, des glaciers variables ; la limite aval de son embouchure (exemples : estuaire, delta) est souvent discutable.

Les prospectivistes doivent aussi maintenant prendre en compte le dérèglement climatique et les besoins d'adaptation au changement climatique, pour l'homme comme pour les espèces des milieux aquatiquesPont, D. - 2009. Global warming and Ecological assessment of Rivers in the context of the Water Framework Directive. International Conference. Implementation of the WFD in a context of adaptation to climate change. 1 p. Lien vers site du Cemagref.Pont, D. - 2009. Impacts potentiels du changement climatique sur les communautés et les populations piscicoles : Bilan des programmes GICC. Séminaire Onema programme GICC (MEEDDAT) Changement climatique, impacts sur les milieux aquatiques et conséquences pour la gestion. Lien vers le Site du Cemagref.Pont, D. - 2009. Large river assessment and its relation to the WFD. Lien vers le site du Cemagref..

Le lit L'espace qu'occupe un cours d'eau varie selon son hydrologieMax Derruau, Les formes du relief terrestre. Notions de géomorphologie, Paris, Armand Colin, 1969, 2001, , , . : lit majeur, appelé aussi « plaine d'inondation » ou « lit d'inondation » est plus étendu que le lit ordinaire. Il est recouvert par des alluvions ; lit mineur aussi appelé lit ordinaire ou « lit apparent » ; le chenal d'étiage n'occupe qu'une partie du lit ordinaire.

La faune et la flore, et en particulier les ripisylves, les grands herbivores et le castor interagissent naturellement avec l'écologie fluviale et la forme et le débit des cours d'eau. Depuis , c'est l'homme et ses aménagements qui sont devenus la première cause de changement écologique et morphologique des cours d'eau, avec les barrages notamment.

Dans certains contextes (sols et substrats perméables ou semi-perméables), le lit interagit fortement avec des cours d'eau souterrains, les nappes (Loi de Darcy) et les zones humides adjacentes ou sous-jacentes et avec un compartiment sous-fluvial qui peut abriter une faune une biodiversité spécifiqueJanine Gibert, Pierre Marmonier, Marie-José Dole-Olivier, Sous les eaux vives prospère un univers de curiosités biologiques Un fleuve peut en cacher un autre, La Recherche. généralement plutôt étudiée dans le cadre de l'« écologie souterraine ». L'eau souterraine constitue environ 98 % des ressources en eau contre moins de 2 % pour les lacs et les cours d'eau.

Écologie Dans l'hydrosphère, les fleuves sont classés parmi les systèmes lotiques, c'est-à-dire caractérisés par un certain débit, par opposition aux systèmes « lentiques » plus lents ou stables.

Ils abritent une succession d'écosystèmes, des sources à l'estuaire, chacun caractérisé par une faune, une flore, des champignons et des micro-organismes, planctoniques notammentCilleuls, J. D. (1928). Revue générale des études sur le plancton des grands fleuves ou rivières. Internationale Revue der gesamten Hydrobiologie und Hydrographie, 20(1‐2), 174-206 (lien résumé). adaptés à la force du courant, à la profondeur et au débit de l'eau, à sa turbidité, son pH, sa dureté, etc.

La plupart des fleuves sont accompagnés d'« annexes écologiques » (zones humides, bras-morts et restes d'anciens méandres, etc.) et d'un « second fleuve » dit « compartiment sous-fluvial », qui s'écoulent beaucoup plus lentement dans le sol sous le précédent et à ses abords, avec des espèces spécifiques là où les eaux souterraines ou interstitielles permettent la vie.

Tous les fleuves sont aussi des corridors écologiques.

Plus des deux tiers des fleuves dépassant les sont entravés par des constructions humaines créées soit pour éviter les inondations, soit pour générer de l’électricité..

Quelques chiffres et statistiques

Les trois plus longs fleuves au monde sont le Nil avec , suivi par l'Amazone avec environ, et le Yangtsé avec .

L'Amazone est cependant le fleuve qui possède, et de loin, le plus grand bassin versant () et le plus grand débit (/s). Il est suivi du Congo avec le second bassin versant du monde () et le second débit (/s).

En Europe, les plus grands fleuves sont la Volga avec et le Danube avec (voir Delta du Danube).

En France le plus petit fleuve est la Veules long de .

Les dix plus longs fleuves sur Terre Les données suivantes correspondent à une longueur moyenne estimée. La mesure de la longueur d'un fleuve dépend largement de la définition de la source, et de l'estuaire. De grandes différences de mesure existent et permettent de ce fait des contestations de ce classement.

Pour les trois premières places : Nil (entre ) Amazone (entre )Le Petit Larousse 2008 Yangtsé (Chang Jiang) ()

Les quatrième à septième places font consensus : Mississippi-Missouri ()P. Carrière, article « Mississippi et Missouri », dans Encyclopædia Universalis, 2002.Roger Brunet (dir.), Géographie universelle : États-Unis, Canada, Paris, Hachette-Reclus, 1992, , . Ienisseï-Angara () Fleuve Jaune () Ob-Irtych ()

Pour les trois dernières places : Congo ( ou )la localisation de la source de ce fleuve est controversée Amour () Mékong ()

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie Roger Brunet (dir.), Les mots de la géographie, Paris, Reclus-La Documentation française, 1993, , article « fleuve », pages 217-218. Fleuves et rivières de France (Association Française des EPTB).

Articles connexes directement liés au fleuve

Listes de fleuves par localisation

Autres articles connexes

Liens externes

Initiative pour l'avenir des grands fleuves Article « Qu’est-ce qui définit un fleuve et fait son identité ? » sur Balises, magazine de la Bibliothèque publique d'information.

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