Le Fonds monétaire international (FMI ; , IMF) est une institution internationale regroupant , dont le but est de guide : qu'est-ce que le Fonds monétaire international ?, page 6, site officiel..
Le FMI a ainsi pour fonction d'assurer la stabilité du système monétaire international (SMI) et la gestion des crises monétaires et financières. Pour cela, il fournit des crédits aux pays qui connaissent des difficultés financières mettant en péril l'organisation gouvernementale du pays, la stabilité de son système financier (banques, marchés financiers) ou les flux d'échanges de commerce international avec les autres pays.
Lors d'une crise financière, pour éviter qu'un pays ne fasse « défaut » (c'est-à-dire que ce pays ne puisse plus rembourser ses créanciers, voire ne plus payer ses dépenses courantes), le FMI lui prête de l'argent le temps que la confiance des agents économiques revienne. Le FMI conditionne l'obtention de prêts à la mise en place de certaines réformes économiques visant en principe à réguler la gestion des finances publiques (ingérence financière) et à établir une croissance économique équilibrée à long terme.
L'institution est créée le et devait à l'origine garantir la stabilité du système monétaire international, dont l'écroulement après le krach de 1929 avait eu des effets catastrophiques sur l'économie mondiale. Après 1976 et la disparition d’un système de change fixe, le FMI perd l'essentiel de sa raison d'être et hérite d'un nouveau rôle face aux problèmes d'endettement des pays en développement et à certaines crises financières.
Histoire Création Le FMI est né en lors de la conférence de Bretton Woods. L'objectif était de garantir la stabilité du système monétaire international de l'après Seconde Guerre mondiale en empêchant les grandes économies mondiales de retomber dans la situation des années 1930, où les dévaluations de monnaie et les décisions de politique économique unilatérales avaient aggravé les tensions internationales.
Le nouvel ordre économique proposé par le représentant américain Harry Dexter White reposait sur trois règles : chaque État devait définir sa monnaie par rapport à l'or, ou au dollar américain lui-même convertible en or. Il en découlait pour chaque monnaie une parité officielle en or ou en dollar (système dit d'« étalon de change-or » ou « gold exchange standard ») ; la valeur des monnaies utilisées dans les échanges internationaux des devises ne devait fluctuer que dans une marge de 1 % par rapport à leur parité officielle ; chaque État était chargé de défendre cette parité en veillant à équilibrer sa balance des paiements.
Le rôle du système monétaire international est donc de promouvoir l'orthodoxie monétaire afin de maintenir un contexte favorable à l'essor du commerce mondial, tout en accordant des prêts à certains pays en difficultés dans le contexte de la reconstruction d'après guerre. Le FMI est plus ou moins complémentaire des autres grandes institutions économiques créées à l'époque : la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement, aussi appelée Banque mondiale) qui est créée en même temps que le FMI, ainsi que le GATT () signé peu de temps après.
Lors des négociations de Bretton Woods, le représentant britannique, l'économiste John Maynard Keynes, souhaitait la création d'une institution bien plus importante, une véritable Banque centrale mondiale destinée à émettre une monnaie internationale, le « Bancor ». Cette proposition est cependant rejetée. Elle aurait signifié pour les États-Unis une perte de souveraineté vis-à-vis d'une institution internationale et les aurait empêchés de profiter de la position dominante du dollar américain à l'époque.
Système de Bretton Woods gauche|vignette|Le siège du FMI à Washington, D.C. aux États-Unis. Le nouveau bâtiment, sur Pennsylvania Avenue, est construit face au premier (au fond de la photo), toujours en usage. Le rôle du FMI est initialement de tenter de garantir le bon fonctionnement du système monétaire de Bretton Woods. Lorsque certains pays se révélaient incapables de maintenir la valeur de leur monnaie dans la marge des 1 % prévue par les accords de 1944, ils pouvaient recourir à des dévaluations ou à des réévaluations selon les cas. Si leurs réajustements monétaires étaient supérieurs à 10 %, ils devaient alors obtenir l'accord préalable de l'organisation.
Pour tenter d'éviter ce genre de situation, le FMI joue un rôle d'intermédiaire financier entre États membres. Ainsi chaque État doit verser à l'organisation une certaine somme, nommée « quote-part » et dont le montant est déterminé par sa puissance économique, elle-même mesurée par son PNB et par l'importance de son commerce extérieur. 25 % de cette quote-part doivent être payés en or, le reste en monnaie nationale. En cas de déséquilibre de sa balance des paiements risquant de menacer l'équilibre monétaire sur le marché des changes, chaque pays membre peut obtenir automatiquement 25 % de sa quote-part (« droit de tirage »), lui permettant de soutenir, par l'achat, sa monnaie nationale. Si le FMI le juge nécessaire, il peut prêter à ce pays jusqu'à 125 % de sa quote-part. Ses prêts sont censés permettre aux banques centrales de défendre leur monnaie sur le marché des changes.
L'octroi de ces crédits est soumis à conditions et le pays demandeur doit s'engager dans une politique d'ajustement conseillée par l'organisation afin de remédier aux causes de la dépréciation de sa monnaie.
Le FMI fonctionne par ailleurs sur un système d'élection à majorité, où les voix sont pondérées par le montant de la « quote-part ». Ainsi à sa création, les États-Unis à eux seuls détiennent 25 % des voix, puis 17 % par la suite. Les États-Unis sont par ailleurs les seuls à disposer d’un droit de veto au sein de cette organisation..
On remarque que dans un tel système, seuls les États-Unis n'ont pas besoin de se soucier, a priori, du cours de leur monnaie vu qu'elle fait office d'étalon. Ainsi, les États-Unis pouvaient connaître d'importants déficits sans être soumis aux remarques du FMI.
Premières propositions de réforme Dans le cadre des accords de Bretton Woods, chaque banque centrale nationale devait être en mesure d'échanger en or ou en dollar, toute somme de sa monnaie nationale qui lui serait présentée par un détenteur étranger (principe de la convertibilité externe). C’est-à-dire qu'une banque nationale comme la Banque de France devait, si un Allemand possédant des francs lui demandait, lui échanger contre des dollars américains ou de l’or. Dans ce système, le dollar s’était d’abord révélé trop rare pour assurer cette fonction., mais à partir des années 1950, les déficits américains permirent de faire du dollar une monnaie abondante. En 1959, certains pays demandèrent aux États-Unis la conversion de leurs dollars en or, ce qui provoqua une première crise du système. Face à cette crise, l’économiste belge Robert Triffin (L’or et la crise du dollar, 1960) propose une réforme du FMI. Selon lui le système monétaire de Bretton Woods est confronté à un dilemme, aujourd’hui connu sous le nom de dilemme (ou paradoxe) de Triffin car : les États-Unis doivent fournir au reste du monde des quantités importantes de dollars afin de permettre l’essor du commerce mondial dont les règlements s’effectuent grâce à cette monnaie ; en même temps, ils se doivent de maintenir la valeur du dollar par rapport à l’or, ce qui revient au contraire à limiter l’émission monétaire.
Pour Robert Triffin, les emprunts concédés par le FMI sont insuffisants pour permettre aux banques centrales en difficulté de maintenir la parité officielle de leur monnaie sur le marché des changes. Il souhaite donc un renforcement du rôle de l’organisation en permettant des prêts plus importants qui seraient octroyés, non en monnaie nationale, mais dans une unité de compte commune et propre au FMI. Dans un tel système tous les pays devraient déposer une proportion uniforme de leurs réserves monétaires. Ces dépôts seraient comptabilisés dans une unité commune qui ne serait pas le dollar mais qui serait aussi convertible en or. Cette nouvelle unité de compte sous le contrôle du FMI permettrait la stabilité du système monétaire international, et résoudrait la contradiction qui découle du rôle prépondérant du dollar américain. Cette proposition célèbre ne fut pas retenue, bien que le diagnostic de Robert Triffin se révélât exact.
Création des droits de tirage spéciaux Une crise similaire à celle de la fin des années 1950 se produit à la fin de la décennie suivante. À nouveau les spéculateurs jouent contre le dollar. Les détenteurs de la monnaie américaine demandent sa conversion en or, ce qui provoque en la suspension de la convertibilité externe du dollar, mesure visant à limiter la sortie d’or des coffres américains. En 1969, face à l’incapacité du dollar à jouer son ancien rôle, le FMI va créer de toutes pièces une nouvelle monnaie, toujours existante, le DTS (droit de tirage spécial).
Le DTS est alors une monnaie définie par une parité en or ; elle fut à plusieurs reprises octroyée aux différents pays membres, selon leur quote-part, afin de créer de nouvelles liquidités internationales (en 1970, 1978 et 1981 puis récemment à certains pays n’étant pas membres de l’organisation aux dates précédentes, et ce dans un souci d’« équité »).
La fin du système de Bretton Woods Le , les États-Unis ont sonné la fin effective du système de Bretton Woods, en suspendant la convertibilité de dollar américain en or. Le rôle initial principal du FMI, garantir la stabilité des taux de change dans une marge de 1 %, a disparu.. Le système des taux de change fixes s'écroule définitivement en mars 1973 avec l'adoption du régime de changes flottants, c'est-à-dire qu'ils s'établissent en fonction des forces du marché. Il n'y a plus de système monétaire international organisé. Le , les membres du FMI signent les accords de la Jamaïque qui permettent le flottement des monnaies. Depuis 1971, le prix de l'or a flambé de jusqu'à l'once en 2011 pour franchir le seuil symbolique des au cours de l'année 2021.
Années 1980-90 Pour ce qui est des pays en développement, l’analyse des experts du FMI est simple. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les pays ayant choisi d’opter pour une croissance introvertie, comme longtemps la république populaire de Chine et l’Inde, n’ont pas connu de forte croissance, tandis que d’autres, comme les « dragons asiatiques », ont utilisé leurs avantages, dont une main-d’œuvre peu couteuse, pour s’ouvrir au commerce international et prospérer. Le FMI cherche donc généralement à contraindre les pays en développement à s’ouvrir au commerce extérieur.
Lors des années 1980, le FMI prend un nouveau rôle face à l’éclatement de la crise de la dette du tiers monde et impose ses politiques économiques d’ajustements structurels et de lutte contre la pauvreté à de nombreux pays d’Afrique et d’Amérique latine.
Le début des années 1990 est marqué par l’éclatement du bloc soviétique et la nécessité vue par le FMI d’organiser le système monétaire des pays d’Europe de l'Est et de la Russie en vue d’une intégration dans le système financier mondial et d’une meilleure transition de ces économies dirigées vers l’économie de marché.