Le Roman de Renard est une adaptation réaliste de Maurice Genevoix, publié chez Plon en 1958, alors que l'auteur est âgé de 68 ans. L’écrivain y déploie son talent de peintre de la vie animale.
Place dans l'œuvre de Genevoix Célébrant la liberté des bêtes appelées à mourir de leur belle mort en dehors du monde des hommes, Le Roman de Renard est un prélude à La Forêt perdue (1967) qui a également pour scène le Moyen Âge. C’est manifestement la même Florie qui, dans l’un et l’autre roman, en acceptant sa condition de femme, rend à l’animal sauvage une liberté que couronne la possibilité de mourir de sa belle mort. Mais on croit parfois entendre s’exprimer Fernand d’Aubel, le « héros » de Un jour, clamant un ultime consentement en la vie et en la mort :
Maurice Genevoix ajoutera une courte suite à ce roman dans son Bestiaire sans oubli. L’homme y apparaît cruel, sanguinaire, à peine capable de compassion, comme le Grenou de La Dernière Harde, et lâchant un sinistre .
Analyse de l'œuvre L'argument Il s’agit d’une réécriture du célèbre Roman de Renart, alimenté de 1170 à 1205 par divers écrivains auteurs des branches les plus anciennes. Genevoix y ajoute plusieurs branches, toutes faisant l’éloge d’un animal pour lequel l’écrivain avoue, par le biais d’un de ses personnages, . Nul doute que Maurice Genevoix se reconnaît en cet animal doué de vitalité, d’intelligence et d’éternelle jeunesse.
Une peinture de la vie animale Renard, seigneur de Maupertuis, est un goupil (ancien mot pour renard) et habite un simple lacis de ronces et de clématites, car il s’agit bien d’un goupil, un vrai, au poil roux, . Les attitudes de Renard y sont fidèlement dépeintes, , s’agissant d’un jeune mâle , mais doté avant toute autre chose d’une .
Symbolique Renard se montre magnifiquement attentif, capable de déchiffrer les signes comme le Fernand d’Aubel de Un jour, à force d’attention et de consentement, . Il accepte le temps, capable d’une patience infaillible :
C’est au prix d’un tel consentement que Renard gagnera sa liberté au sein d’une forêt qu’il aime, autant que Maurice Genevoix aime les espaces sauvages et libres tout au long de son œuvre : À n’en pas douter, Genevoix évoque ici les Vernelles, sa demeure orléanaise acquise grâce à la dotation reçue pour Raboliot, prix Goncourt en 1925.
Notes et références
Catégorie:Roman de Maurice Genevoix Catégorie:Roman français paru en 1958 Roman de renard Genevoix Catégorie:Œuvre littéraire se déroulant en France