Un tata est une ancienne fortification d'Afrique de l'Ouest. Le mot désigne tantôt la muraille de terre crue entourant un village , tantôt le village fortifié lui-même, voire une véritable cité fortifiée, un centre politique et militaireOumar Ba, « Le royaume du Kabou : enquêtes lexicales », Éthiopiques , octobre 1981.
Les vestiges des tatas, par exemple celui de Maba Diakhou Bâ à Nioro du Rip (Sénégal), classé par les Monuments historiques datent le plus souvent du . Les tatas du nord-est du Togo sont classés au Patrimoine mondial de l'UnescoFrance TV Info .
Étymologie
Tata est un mot d'origine mandingue.
En langue wolof, signifie « mur d'enceinte, fortin », comme dans la phrase : (« le fortin de Nioro tombe en ruines »)Jean-Léopold Diouf, Dictionnaire wolof-français et français-wolof, Karthala, Paris, 2003, .
Construction Le tata est réalisé avec des matériaux végétaux et du banco. Les murs sont élevés et donc épais à la base afin d'assurer la stabilité de la construction.
Un puissant symbole Léopold Sédar Senghor, « Que m’accompagnent koras et balafons », Chants d'ombre, Seuil, Paris, 1945, : avec ce terme désignant une forteresse de l'époque précoloniale, le poète-président sénégalais Léopold Sédar Senghor symbolise la force de résistance des anciens empires africains pour défendre leur civilisation contre les envahisseurs occidentauxDanièle Latin, « L’"africanité" » fondatrice de Léopold Sédar Senghor » . Beaucoup de tatas ont en effet été les camps fortifiés ou campements provisoires de grands chefs de guerre tels que l'Almamy Samory Touré, le conquérant toucouleur El Hadj Omar ou le maître du Bornou, Rabah.
Le mot fera florès dans les textes de la négritude.
Pourtant les nations coloniales n'ont pas manqué de reprendre le symbole à leur compte. Lors de l'Exposition coloniale internationale de 1931, l'un des clous de la manifestation fut le pavillon de l'AOF, reconstruction monumentale d'un tata de type soudanais dans lequel beaucoup de visiteurs ont cru reconnaître la Grande mosquée de Djenné. Surdimensionné, l'édifice atteignait , alors que même les tatas de Tombouctou ne dépassaient guère Catherine Hodeir et Michel Pierre, L'exposition coloniale : 1931, Éd. Complexe, Bruxelles, 1991, .
En France, la nécropole de Chasselay, où reposent tombés en juin 1940, a été édifiée sur le modèle des tatas traditionnels.
Voir aussi Articles connexes Histoire de l'Afrique Tata de Sikasso Tata de Koniakary
Bibliographie « Tata », dans Bernard Nantet, Dictionnaire de l'Afrique. Histoire, civilisation, actualité, Larousse, Paris, 2006 (nouvelle édition), Raymond Mauny, « Du nouveau sur les murs Tata de Dakar », Notes africaines, , Dakar, 1943, C. Meillassoux, « Plans d'anciennes fortifications (Tata) en pays Malinké », Journal des Africanistes, 1966, tome 36, 1,
Filmographie Le Tata, film documentaire de Patrice Robin et Eveline Berruezo, France, 1992, . Tata, film de Boris Van Gils et Lucille Reyboz, Belgique, 2002, Le Tata Sénégalais de Chasselay : Mémoires du 25° RTS, film documentaire de Dario Arce et Rafael Gutierrez, France, 2007, - Productions Chromatiques/TLM.
Liens externes Tata Somba (Parc national de la Pendjari)
Notes et références
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