Les Olcades (du latin ) sont un peuple celte de la péninsule Ibérique, dont le territoire est localisé près de leur capitale, la cité de d'après Tite-Live ou selon Polybe.

La tribu des Olcades peuple à l'époque le cours supérieur de l'actuel fleuve espagnol Guadiana et le sud-est du système Ibérique. C'est l'un des peuples les plus méconnus de l'Ibérie pendant l'Antiquité. Ne pratiquant pas l'écriture, il ne nous est connu que par les sources grecques, puniques et romaines.

Les Olcades seraient issus d'une migration des Volques au , un peuple celte du sud de la Gaule. Aux , ils se développent économiquement grâce à l'élevage et l'agriculture. En , leur capitale est assiégée puis pillée par l'armée carthaginoise d'Hannibal Barca, nommé récemment chef de l'Espagne barcide. L'année suivante, les Olcades participent à l'embuscade ratée contre l'armée carthaginoise à la bataille du Tage aux côtés des Carpétans et des Vaccéens. La deuxième guerre punique entre Carthaginois et Romains commence en avec le siège de Sagonte et les Olcades sont contraints de fournir à Carthage des troupes qui sont envoyées en Afrique. Au , ils passent sous la domination romaine puis disparaissent au , probablement assimilés par leurs voisins.

Leur localisation suscite de nombreux débats depuis deux siècles : La Alcarria, la province de Cuenca ou d'autres propositions plus septentrionales ou orientales. Leur ville principale est . Segóbriga est probablement un de leurs . Après la conquête les Romains fondent sur leur territoire pour le contrôler. Leur appartenance culturelle, ibère ou celtibère, a également fait l'objet de nombreux débats.

Ethnonymie

Pour Pere Bosch Gimpera, les Olcades peuvent être rattachés au mot celtique olca qui signifie « terre cultivable » ou « ouche ».

Histoire Origines

Les Olcades sont apparentés à la fois aux Celtibères et aux Carpétans.

On pense que les Olcades sont issus des Volques du sud de la Gaule qui sont arrivés en Ibérie à la suite des migrations celtiques du . Les habitants commencent alors à créer des villes fortifiées appelées , à l'image de ce qui s'est passé en Gaule et dans le reste de la péninsule Ibérique. Pendant les , ce peuple est marqué par une évolution vers une société paysanne grâce aux contacts des civilisations méditerranéennes.

Guerre contre Carthage

vignette|gauche|alt=Carte sur les campagnes d'Hannibal Barca en péninsule Ibérique en partant de Qart Hadash|Campagnes d'Hannibal Barca en - avec comme premier objectif le territoire des Olcades. vignette|alt=Carte montrant en Ibérie les possessions carthaginoises, les alliés des Carthaginois et les peuples sous influence carthaginoise|Zone d'influence carthaginoise en Ibérie avant la deuxième guerre punique, mais après l'expédition contre les Olcades.

Ils sont mentionnés par Tite-Live et Polybe, lorsque ce dernier raconte qu'Hannibal Barca décide de les soumettre en . Le nouveau chef carthaginois décide d'abandonner la politique d'apaisement et de traités conduite par son beau-frère et prédécesseur Hasdrubal le Beau. Cet acte hostile est dû à la localisation des Olcades au sud de l'Èbre, qui les fait entrer, selon le récent traité signé en par les Romains et les Carthaginois dans « la compétence » de ces derniers. Pour José María Gómez Fraile, la première décision d'Hannibal Barca en tant que chef de guerre d'attaquer ce peuple pourrait être liée au fait que l'assassinat d'Hasdrubal le Beau ait eu lieu près de leur territoire. Hannibal Barca réussit à les soumettre au terme d'une campagne militaire difficile, après avoir conquis leur capitale Cartala selon Tite-Live ou Althia selon Polybe (aujourd'hui Orgaz). Il en tire un butin important et les force à rendre hommage.

L'année suivante, à l'été , après avoir passé l'hiver à Qart Hadasht chargé de butin, Hannibal Barca s'attaque aux Vaccéens. Puis ce sont les Vettons qui vont subir les attaques carthaginoises. Les villes d' ou selon Polybe, puis de ou chez Polybe sont conquises, cette dernière après un long siège. Les Carpétans, les Vaccéens et les Olcades s'unissent pour affronter les Carthaginois. Ils se préparent à tendre un piège au chef de l'armée carthaginoise sur le chemin du retour, près du fleuve Tage. Hannibal Barca réussit à éviter l'embuscade qui lui est tendue et décide d'affronter les armées conjointes des Carpétans, complétés par des contingents de Vaccéens et de fugitifs olcades à la bataille du Tage. Ensuite, l'habileté d'Hannibal lui permet de l'emporter sur ces trois peuples, lorsque les forces ennemies qui traversent le fleuve afin de s'aligner pour la bataille imminente sur la rive opposée, chargées d'armes et de bagages, sont lourdement battues et se soumettent à la domination carthaginoise. Après cette expédition, Hannibal Barca lance son armée vers Sagonte, en fait le siège et délaisse la conquête complète des Olcades, préférant un glacis autour des possessions puniques en Ibérie.

Après le début de la deuxième guerre punique, les Olcades ont l'obligation de fournir des troupes de mercenaires aux Carthaginois, que ces derniers expédient en renfort en Afrique en . La disparition de la jeunesse olcade dans les combats liés à la deuxième guerre punique va peu à peu faire absorber ce peuple par ses voisins.

Domination romaine

Ils sont probablement peu à peu absorbés par les Carpétans au . Puis, les Olcades disparaissent des sources entre et . Après la conquête romaine, ils sont intégrés à la province d'Hispanie citérieure en - par les Romains. Ils semblent néanmoins être restés de fidèles alliés de Rome, repoussant par la suite avec succès les attaques des Lusitaniens commandés par Viriate dans les années contre la cité de Segóbriga.

Le préteur d'Hispanie citérieure, Caius Valerius Flaccus y fonde la colonie militaire de entre et sur le territoire olcadien après avoir remporté une grande victoire sur les Celtibères l'année précédente.

Disparition

Enrique Flórez est le premier, au , à évoquer la disparition des Olcades en mentionnant qu'il s'agit en fait des Lobetans. Plus tard, Adolf Schulten ne propose pas de réelle explication. Pour Pere Bosch Gimpera et María-Pilar González-Conde, en se basant sur la localisation de villes comme Segóbriga et , ils s'intègrent aux Celtibères.

Territoire vignette|gauche|alt=Trois propositions de localisation des Olcades au centre de la péninsule Ibérique|Propositions de localisation des Olcades. vignette|alt=Carte du territoire des Olcades avec leur capitale et les peuples voisins|Localisation des Olcades et de leur capitale /. Le territoire des Olcades est localisé dans la partie orientale de la péninsule Ibérique. Il se situe plus précisément au nord du cap de la Nau mais également au nord du Petit Èbre, c'est-à-dire le Júcar d'après Jérôme Carcopino. Ils occupent les terres accidentées du sud du système Ibérique au sud de la serranía de Cuenca, appartenant déjà aux Celtibères, entre les plaines côtières habitées par les Edetans et les plaines intérieures par les Carpétans. Leur territoire est rattaché à l'ensemble qui forme la Celtibérie. Pour Enrique Flórez, les Olcades habitent un territoire montagneux.

Il est difficile d'une manière générale de définir précisément le territoire de ce peuple. Manuel Gómez-Moreno, archéologue et historien espagnol du , évoque une localisation à La Alcarria. Cette hypothèse consiste à localiser dans le sud-est de la Castille ce peuple, elle est soutenue précédemment par Antonio de Nebrija, Florián de Ocampo, M. Osuna, ainsi que par D. Pascual Madoz en 1848, Trifón Muñoz y Soliva en 1866 et Mauro Olmeda en 1975. Pour Javier Cano Galindo, il occupe un territoire qui correspond à peu près à l'actuelle province de Cuenca. Il reprend ainsi une théorie soutenue par d'autres historiens avant lui comme Mateo López en 1787, Miguel Morayta y Sagrario en 1886, Nicola Feliciani en 1906 et Pere Bosch Gimpera en 1932 et 1945. Enrique Flórez propose quant à lui d'étendre le territoire des Olcades de la sierra de Alcaraz et la sierra de Albarracín jusqu'à Segorbe. F. W. Walbank, W. Huss, A. Tovar et, plus récemment, Richard Talbert et U. Händl-Sagawe estiment que le territoire de ce peuple est proche des sources du Guadiana. Une autre proposition les situe entre les sources du Guadiana et du Tage, elle est soutenue par Antonio García y Bellido en 1954, Narciso Vicente Santos Yanguas en 1977 et José Manuel Roldán Hervás en 1978 et 1981.

Le Sud-Ouest de leur territoire est particulièrement discuté : Nicola Feliciani le considère sous domination des Carpétans, tandis que Adolf Schulten et Pere Bosch Gimpera pensent à une domination des Olcades. Konrad Mannert avance leur localisation dans le sud de la province de Cuenca. Il s'agit plus sûrement d'une zone de transition entre les Olcades, les Carpétans et les Orétans.

Globalement, l'historiographie contemporaine peut inclure dans le territoire des Olcades les sources du Guadiana et du Tage, le nord de la province d'Albacete, le sud de la province de Cuenca, la serranía de Cuenca et la vallée du Júcar. Ceci correspond à une zone comprise entre les Carpétans et les Edetans.

La ville principale est . Segóbriga est probablement l'un de leurs . À l'époque romaine, est fondée par les Romains pour contrôler le territoire.

Cartala/Althia

vignette|alt=Au premier plan, fondations en pierre de maisons. En arrière-plan des champs verts.|Vestiges de maisons sur le site archéologique de Cerro de la Virgen de la Cuesta, un des deux sites supposés de la capitale des Olcades. d'après Tite-Live ou selon Polybe est la capitale des Olcades. Le premier toponyme pourrait venir du terme punique Qart qui signifie « ville », mais il s'agit plus certainement du terme grec qui désigne l'expression « corbeille à fond pointu ». Le second toponyme pourrait être indigène, probablement ibérique. La Cartala de Tite-Live pourrait aussi se décomposer de la manière suivante : Cart-Althia (Cartala).

À la fin du Moyen Âge, Antonio de Nebrija et Florián de Ocampo estiment qu'il s'agit de la ville moderne d'Ocaña. Au Pere Antoni Beuter l'associe à la ville d'Altea, mais cette théorie n'est pas reprise a posteriori. Les archéologues font l'hypothèse du site archéologique de Cerro de la Virgen de la Cuesta à Alconchel de la Estrella ou de Los Galindos à Valera de Abajo.

Il s'agit d'un site fortifié de type qui est la localité principale des Olcades. Elle est prise après un siège et un assaut menés par l'armée carthaginoise dirigée par Hannibal Barca en où les Carthaginois semblent utiliser pour la première fois de l'artillerie de torsion. Il n'est pas possible de déterminer si la ville a subi de grandes destructions, ni si la majeure partie de ses habitants sont morts ou sont emmenés en esclavage.

Segóbriga

vignette|gauche|alt=Vestiges, principalement des fondations au centre de l'image, du forum de Segóbriga.|Vestiges du forum de Segóbriga. Segóbriga se situe sur le territoire des Olcades. Selon les sources, elle est à l'origine soit une ville olcade, soit carpétane, voire celtibère pour Annius de Viterbe.

La localité préromaine daterait du . Après l'attaque de l'armée lusitanienne de Viriate dans les années et la destruction de la ville indigène, la cité romaine est reconstruite à Cabeza de Griego près de Saelices au en tant que cité stipendiaire, ce qui l'oblige à verser un tribut à Rome. À l'époque d'Auguste, la cité devient un municipe.

Sous le règne d'Auguste, probablement entre et , le et une basilique avec des chapiteaux corinthiens sont construits. La construction du théâtre en dehors des murailles commence sous Tibère et se termine à la fin du règne de Vespasien. Puis sous les Flaviens, un complexe de de longueur comprenant un temple pour le culte impérial et des thermes est édifié à côté de la partie orientale du . La cité est alimentée en eau par un aqueduc de construit au milieu du pouvant amener l'eau depuis une source présente au nord. Un amphithéâtre est également construit en dehors des murailles.