Pastiches et Mélanges est une œuvre de Marcel Proust, publiée en 1919 par la NRF. Il s'agit d'un recueil de préfaces et d'articles de presse parus principalement dans Le Figaro à partir de 1908, rassemblés en un volume à la demande de Gaston Gallimard.

Les Pastiches Le livre est dédié à un ami de l'auteur, « Walter Berry » (Walter Van Rensselaer Berry), un juriste américain et francophile qui plaida la cause de la France auprès du gouvernement des États-Unis lors de la Première Guerre mondiale.

La première partie, Pastiches, contient neuf pastiches littéraires. Tous ont pour thème commun l'« affaire Lemoine », fait divers qui défraya la chronique en 1908-1909. Un escroc du nom de Henri Lemoine (1878-?) avait prétendu détenir le secret de la fabrication du diamant et, à la suite d'expériences truquées, avait fini par recevoir la somme considérable d'un million-or de Sir Julius Wernher, président de la De Beers. Sur plainte de Wernher, le coupable se vit interrogé en , puis jugé en et condamné à six ans de prisonCf. à ce sujet ...

Les neuf pastiches relatent donc l'affaire Lemoine « à la manière de » Balzac, Flaubert, Sainte-Beuve (dans son feuilleton du Constitutionnel), Henri de Régnier, Michelet, Émile Faguet et Renan, et sur le modèle du Journal des Goncourt (également imité par Proust dans À la recherche du temps perdu). Le recueil se clôt par le pastiche des Mémoires de Saint-Simon, auteur particulièrement admiré par Proust.

La plupart de ces textes ont paru dans le Supplément littéraire du Figaro à partir de 1908.

L'affaire Lemoine inspira à Proust d'autres pastiches, qui ne figurent pas dans ce recueil : à la manière de Chateaubriand et de Maeterlinck, et une seconde imitation de Sainte-Beuve.

Les Mélanges

Les Mélanges comprennent quatre sections.

La première, « En mémoire des églises assassinées », réunit, en une centaine de pages, des textes consacrés aux destructions provoquées par la Première Guerre mondiale à Caen, Amiens et Rouen, notamment. D'autres pages, écrites en 1900, évoquent John Ruskin, dont Proust avait traduit La Bible d'Amiens.

La deuxième section, « La mort des cathédrales », est un article du Figaro de 1904 où Proust s'opposait à l'un des articles de la loi de séparation de l'Église et de l'État, en une dizaine de pages.

La troisième section, « Sentiments filiaux d'un parricide » (1907), traite d'un drame de la folie, en 15 pages.

Enfin, « Journées de lecture » (1905 et 1907) est la préface à la traduction de Sésame et les lys de Ruskin, traduit par Proust pour le Mercure de France, en 50 pages.

Extraits des Pastiches La fabrication du diamant vue par Renan :

Le succès de Lemoine vu par les Goncourt :

Le succès de Lemoine vu par Saint-Simon :

Le procès de Lemoine vu par Flaubert :

Notes

Bibliographie Louis Aragon, « Les Pastiches et Mélanges », in Littérature, , Paul Aron, « Sur les pastiches de Proust », in Contextes, , Jean Milly, « Les Pastiches de Proust », in Le Français moderne, , Marcel Proust, Contre Sainte-Beuve, précédé de Pastiches et Mélanges et suivi de Essais et Articles, éd. établie par Pierre Clarac avec la collaboration d'Yves Sandre, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1971

Catégorie:Livre paru en 1919 Catégorie:Œuvre de Marcel Proust Catégorie:Le Figaro Catégorie:Pastiche