Les Monastères de Kirti de l'école Gelugpa du bouddhisme tibétain sont situés à Taktsang Lhamo et à Ngaba dans la préfecture autonome tibétaine et qiang de Ngawa, dans la province du Sichuan, ainsi qu'à Dharamsala, en Inde.

Histoire des monastères Fondation des deux principaux monastères Le premier monastère de Kirti fondé par Kirti Rinpoché se trouvait à Gyelrang. Les deux principaux monastères de Kirti connus de nos jours sont Taktsang Lhamo à Dzoge fondé par le Kirti RinpochéTwo Tibetan monks die of self-immolation protest, 25 avr. 2013 et à Ngaba, dans le Sichuan (l'Amdo). Taktsang Lhamo fut entièrement détruit durant la révolution culturelle, était en cours de reconstruction en 1991Marc Moniez, Christian Deweirdt, Monique Masse, Le Tibet, 1991, , p. 513, et est maintenant reconstruit. Disséminés dans la région, approximativement 30-40 monastères plus petits sont affiliés aux monastères de Kirti.

Fondation d'un monastère en Inde par des Tibétains en exil thumb|Kirti Rinpoché lors d'une manifestation à Washington en 2011 Lobsang Tenzin Jigme Yeshi Gyantso, l'actuel Kirti Rinpoché, a fondé un monastère de Kirti à Dharamsala, en Inde, en ..

Fermeture d'une école affiliée au monastère en 1998 Une école affiliée au monastère de Kirti fut fermée en 1998. Cette école servait d'école primaire pour environ 500 jeunes moines du monastère. Elle était financée à la fois par le monastère et par le gouvernement. En , les autorités prirent le contrôle de l'école et y appliquèrent de nouvelles règles : enseignement en chinois sauf pour le cours de tibétain, uniforme scolaire au lieu de la toge de moine, suppression des contacts avec l'étranger, fin des subventions privées, stage de formation des instituteurs à l'histoire et la culture chinoises. Cette politique, qui visait les écoles financées par des associations caritatives étrangères ou par des abbés, fut appliquée dans toute la région Tibet Justice Center Reports - A Generation in Peril - II. Education..

Arrestations des moines et mauvais traitements et fortes tensions en 2008-2009 Selon le Tibetan Centre for Human Rights and Democracy (TCHRD), en 2008, des manifestants tibétains pacifiques furent touchés par des tirs sans discernement de troupes armées, et au moins 8 morts furent apportés au Monastère de Kirti de Ngaba16 March 2008..

Selon Warren W. Smith Jr, le , des moines du monastère de Lhamo Kirti manifestèrent en brandissant des drapeaux tibétains et en criant des slogans réclamant l'indépendance, la liberté et le retour du dalaï-lama. Ils furent rejoints par des civils avec lesquels ils incendièrent 24 magasins et 81 véhicules. On estima le chiffre des dégâts équivalent à la totalité des rentrées fiscales du comté sur les dix dernières années. Des habitants affirmèrent que 18 Tibétains avaient été tués par les forces de sécurité chinoises à Ngaba : des photos des cadavres en furent envoyées à la presse étrangère à titre de preuve. La Chine n'y vit rien de concluant Warren W. Smith Jr, Tibet's last stand? The Tibetan uprising of 2008 and China's response, Rowan & Littelfield, 2010, 299 p., pp. 14-15 : (note 8 à la p. 38 : "Sichuan Officials Brief Press on Management of Urest in Aba Prefecture", Beijing, Zhongguo Wang in Chinese, 3 April 2008, in OSC CCP20080404584003)..

Selon Bruno Philip, journaliste au Monde qui a interrogé des sources locales à Ngaba (ch. Aba) en , le , des moines du monastère de Kirti, ont manifesté. Plusieurs milliers de personnes se sont jointes et ont attaqué les boutiques chinoises et les policiers qui en retour ont tiré, tuant entre 8 et 20 personnes. Les cadavres de 7 ou 8 personnes portant des impacts de balles ont été portés par les manifestants au monastère de Kirti. Plusieurs centaines de moines ont été interpellés par la police puis relâchésEchos du Tibet, Reportage, Le Monde, 12 décembre 2008, Bruno Philip.

Selon Free Tibet Campaign, fin , 50 moines de ce monastère ont été sévèrement battus par la police armée chinoise Chinese armed police used spades and meat choppers to beat Tibetan monksDes moines auraient été battus par la police chinoise au Tibet.

Selon International Campaign for Tibet, le , les autorités ont bloqué l'entrée des moines, et l'un d'entre eux portant un drapeau tibétain et la photo du Dalaï Lama s'est immolé avec de l'essence, et se serait effondré après que la police armée du peuple New protest today in Ngaba after officials ban prayer ceremony eut tiré des coups de feuChine : la police tire sur un moine tibétain..

Selon l’agence Chine nouvelle, un moine tibétain du monastère aurait avoué avoir inventé et propagé des rumeurs selon lesquelles la police locale avait abattu le moine qui s’était immolé par le feu. Il a admis qu'il avait menti pour « aggraver les troubles dans le but d'attirer l'attention de l'étranger ». Le lama qui a tenté de s'immoler par le feu est en traitement à l'hôpitalUn moine tibétain avoue avoir fait circuler des rumeurs contre la police, 6 mars 2009..

Des photos ont été publiées sur Internet montrant le moine à terre entouré de policiers armésVous ne verrez pas cette photo sur le Net chinois. De plus, selon le TCHRD, il a été demandé au moine de subir une amputation des deux jambes, probablement pour supprimer les preuves des coups de feu Monk who set himself on fire asked to amputate legs..

Manifestations et immolations de 2011

La journaliste Ursula Gauthier indique qu'un jeune moine, Rigzen Phuntsog, s'est immolé par le feu le pour « protester contre l'occupation chinoise ». Selon des sources tibétaines « des policiers auraient éteint les flammes tout en le rouant de coups de pied, ce qui aurait précipité sa mort ». Par contre Pékin accuse « une action criminelle soigneusement organisée dans le but de déclencher des troubles ». À la suite de cette immolation, la ville de Kirti a « été le théâtre d'une révolte désespérée et d'une violente répression », deux personnes ont été tuées pour s'être opposées à des déplacements de camions emportant 300 moines vers une destination inconnue"Chine : la grande répression." par Ursula Gauthier Le Nouvel Observateu du 28 avril au 4 mai 2011..

La police du comté de Aba (province du Sichuan) a déclaré que l'auto-immolation de Rigzin Puntsog était une affaire criminelle, méticuleusement préparée et visant à provoquer des troubles. Le au soir, l'adolescent de 16 ans, accompagné d'un autre moine, avait acheté trois bouteilles d'essence et, le 16 au matin, annoncé qu'il allait s'immoler le jour même. Après le passage à l'acte, des moines le ramenèrent au monastère et l'y gardèrent pendant près de 11 heures si bien que, lorsqu'ils acceptèrent, après négociation, qu'on l'emmène à l'hôpital du comté, il mourut d'arrêt cardio-respiratoire. Le directeur de l'hôpital déclara que Rizgen Phuntsog était bien mort de ses brûlures et qu'aucune blessure due à une arme n'avait été décelée sur son corps, ajoutant qu'il aurait pu être sauvé s'il était arrivé plus tôt Lhama's self-immolation carefully planned (1) et Lhama's self-immolation carefully planned (2), China Tibet Online, 26 avril 2011.. Plusieurs bouddhas vivants, dont Jampel Gyabmotso, du monastère de Gomang, ont condamné le refus par le groupe de moines de laisser soigner la victime, le qualifiant de contraire à la doctrine bouddhiste, pour qui toute vie est sacrée Living Buddhas: refusing to help a dying man is against Buddhist principles, China Tibet Online, 25 mai 2011..

Le , le « bouddha vivant » Gyalton, vice-président de l'association bouddhiste de la province du Sichuan, a dénoncé la série d'immolations comme manifestation d'extrémisme nuisible au développement du bouddhisme. Il a qualifié le suicide de grave déviation par rapport aux principes du bouddhisme, et l'auto-immolation d'acte contre nature. Ces immolations causent, selon lui, effroi et répulsion et risquent d'amener petit à petit la population à perdre la foi Monk decries extremism in Tibetan Buddhism, People's Daily Online, 18 octobre 2011..

En , le dalaï-lama a dénoncé le génocide culturel au Tibet mené par la Chine comme étant à l'origine de la vague d'immolations de Tibétains Dalai Lama blames Tibetan burning protests on cultural genocide, The Guardian, 7 novembre 2011..

Affirmation du contrôle de l'État et menace de disparition du monastère

La journaliste Ursula Gauthier indique que le monastère de Kirti est « l'épicentre du mouvement »Tibet : L'immolation des moines entraîne des troubles inquiétants, Ursula Gauthier, 24 janvier 2012.. Tsering Woeser affirme que ce monastère est menacé de disparition. Le après l'immolation du moine Rigzen Phuntsog, policiers ont encerclé les lieux. Les moines du monastère devaient être soumis à une éducation patriotique. Les moines qui refusent de se soumettre à celle-ci disparaissentLe Monastère Kirti menacé de destruction, Tsering Woeser, 16 janvier 2012.. Selon le journaliste Peter Lee, le gouvernement a implanté dans le monastère de Kirti un « comité de gestion démocratique » dépendant du bureau des affaires religieuses, afin d'y affirmer la suprématie du gouvernement sur l'establishment religieux tibétain bouddhiste, rompre les liens entre le monastère et son rinpoché en exil à Dharamsala et contrôler les rapports entre le monastère et ses trente succursales monastiques dans la région Peter Lee, Will Aba be the CCP's Waterloo, Asia Times Online, November 11, 2011, p. 1 of 2 : .

Selon Samuel Ivor, le , des responsables chinois des affaires religieuses au sein du United Front Work Department de Ngaba vinrent au monastère et déclarèrent que plus de membres de la communauté monastique de Kirti allaient être expulsés. Une liste des moines habitant ou fréquentant le monastère avait été préparée à cet effet. Plusieurs moines devaient partir le jour même d'après la liste placardée sur les murs. Répondant pacifiquement, les moines firent valoir que le monastère était leur chez-eux Samuel Ivor, Over 1200 Monks expelled from the Kirti Monastery - Tibet, The Tibet Post International, 29 juin 2011 : .

Selon Peter Lee, il semblerait que les effectifs du monastère soient passés de à un millier en . Le gouvernement chinois proposerait des sommes d'argent aux moines expulsés de Kirti pour qu'ils se défroquent et renoncent à leurs vœuxPeter Lee, , p. 2 of 2 : . Le journaliste Arnaud de La Grange estime pour sa part le nombre des moines restant à , nombre d'entre eux étant envoyés en « rééducation patriotique »Pékin face aux immolations de moines tibétains , Arnaud de La Grange, Le Figaro, octobre 2011 . Harriet Beaumont, la porte parole de l'ONG Free Tibet confirme que les autorités chinoises imposent « un programme de rééducation patriotique » aux religieux. Ces derniers doivent alors « prêter serment d'allégeance à la République Populaire de Chine et renier le dalaï-lama »Quand l'immolation devient le seul moyen de se faire entendre, Marie-Yemta Moussanang, Le Monde des Religions, novembre 2011..

Selon Kirti Rinpoché, l'abbé du monastère, depuis le départ en camion militaire de 300 moines vers une destination inconnue le , de nouvelles règles ont été imposées au monastère comme l'interdiction de recruter de jeunes garçons pour en faire des moines et l'instauration d'un numerus clausus pour les moines, le tout sous la menace que la survie de l'établissement était entre les mains des moines Testimony of Kirt Rinpoche, Chief Abbot of Kirti Monastery to the Tom Lantos Human Rights Commission on the grim human rights situation in Tibet as reflected by manys cases of self-immolation, November 3, 2011 : .