Un bataillon est une unité militaire commandée par un officier supérieur et regroupant plusieurs compagnies, soit de 300 à .

Étymologie Le mot bataillon est dérivé de l’italien battaglione.

Formations militaires thumb|Symbole standard de l'OTAN pour un bataillon allié. Suivant le pays, le lieu ou l'époque, plusieurs bataillons forment : un régiment une demi-brigade une brigade un groupe-brigade (dans l'armée canadienne)

France Dans l'armée de terre, le bataillon était à l'origine une formation tactique pour le combat à pied, qui était constituée en regroupant les effectifs de plusieurs compagnies. Le bataillon était alors (sous l'Ancien Régime) l'équivalent pour l'infanterie de l'escadron dans la cavalerie, le régiment et la compagnie étant plutôt des formations administrativesLes expressions « former les bataillons » et « former les escadrons » traduisent bien cet état temporaire.. Par la suite, le bataillon devint progressivement une subdivision organiquec'est-à-dire qui fait partie de l'organisation permanente du régiment. du régiment mais cet échelon intermédiaire entre la compagnie et le régiment a presque entièrement disparu - sauf dans l'Aviation légère de l'armée de terre (ALAT - voir ci-dessous).

Dans la marine nationale, l'appellation de bataillon a été utilisée pour les fusiliers marins (voir notamment les bataillons de la Brigade de fusiliers marins engagés dans la bataille de Dixmude pendant la Première Guerre mondiale et le de fusiliers-marins des Forces françaises libres pendant la Seconde Guerre mondiale).

De nos jours l'appellation subsiste pour le Bataillon de marins-pompiers de Marseille.

Dans l'armée de l'air l'appellation de bataillon a également été utilisée (bataillon de l'air et bataillon du génie de l'air, ces dernières unités appartenant en fait à l'armée de terre) mais elle n'est plus en usage de nos jours.

Enfin, la Gendarmerie nationale ne comporte plus non plus de bataillons, les deux derniers ayant appartenu au d'infanterie de la garde républicaine au début des années 1980.

Le bataillon dans l'armée française contemporaine De nos jours, on trouve dans l’armée française trois types de bataillons (en sus du Bataillon de marins-pompiers de Marseille déjà cité) :

Bataillons organiques Les régiments de l'armée de terre sont subdivisés en compagnies et l'échelon bataillon a disparu. Cependant, trois des régiments d'hélicoptères de combat de l'aviation légère de l'armée de terre (ALAT) comportent des bataillons. Adoptée tout d'abord par le d'hélicoptères de combat basé à Pau, cette organisation a été également étendue aux et . Le (qui soutient les forces spéciales) comporte un effectif plus réduit et n'a pas adopté la structure bataillonnaire Sources : Site Internet de l'armée de terre et RHC..

Exemple : le d'hélicoptères de combat comporte trois bataillons organiques :

État-major, bureaux (BCOI, BCML) : Bataillon d'appui aéromobile (une escadrille de contrôle et de ravitaillement et une escadrille de commandement et de logistique). Bataillon d'hélicoptères de manœuvre et d'assaut (3 escadrilles de vol, dont une escadrille Cougar et 2 escadrilles de maintenance). Bataillon d'hélicoptères et reconnaissance et d'attaque (3 escadrilles de vol, 2 escadrilles de maintenance).

À noter également qu'à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, tous les élèves d'une année sont groupés en bataillons. En première année, les élèves font partie du troisième bataillon (élève-officier), en deuxième année, du deuxième bataillon (aspirant), enfin en troisième année, du « Premier bataillon de France » (sous-lieutenant). Le 4e bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr forme les officiers sous contrat, les officiers polytechniciens et les officiers de réserve. Bataillon devenu en 2021 l’École des aspirants de Coëtquidan.

Bataillons formant corps Ces unités portent le nom de bataillon par tradition (chez les chasseurs à pied, les chasseurs alpins ou dans l’infanterie de marine) mais sont en fait des régiments, c'est-à-dire de véritables formations administratives. De ce fait, ils sont commandés par un colonel ou un lieutenant-colonel.

Bataillons temporaires Le plus souvent interarmes, ces unités, qui d’ailleurs ne portent pas forcément la dénomination de bataillon, sont constituées pour accomplir une mission donnée pendant une période bien déterminée et sont en général sous les ordres du chef de corps du régiment qui fournit la majorité de leur effectif (donc également un colonel ou un lieutenant-colonel). Ce sont des Groupements tactiques ou des groupements tactiques interarmes (GTIA) (en anglais Battle Group) qui associent généralement des compagnies d’infanterie à des éléments des autres armes (arme blindée cavalerie, artillerie, etc.) ou des bataillons logistiques (BATLOG) ou encore des Bataillons de Commandement et de Soutien (BCS), ces deux derniers types d’unités comportant des éléments du Train et du Matériel.

Rappel historique Le terme de bataillon a été utilisé initialement dans la cavalerie et l’infanterie mais très rapidement son emploi a disparu dans la cavalerie, au profit de celui d'escadron.

Le mot bataillon décrivait une troupe au combat avant même que celles-ci ne soient regroupées en régiments au . En remontant encore dans le temps, à l’époque de la chevalerie on trouvait des batailles qui regroupaient plusieurs bannières.

Après la formation des régiments d’infanterie au , le bataillon, qui à l’origine n’était qu’un agglomérat de forces de tailles très diverses, devient la subdivision tactique du régiment, formation de combat constituée en regroupant les effectifs de plusieurs compagnies.

La taille du bataillon dépend de paramètres directement liés aux nécessités tactiques (nombre et proportion des piquiers et des arquebusiers par exemple) mais elle est également liée à d’autres contraintes (capacité de manœuvrer sous le commandement d’un seul homme, mais aussi capacités d’hébergement ou de cantonnement lors des campagnes). En fonction de la période, l'effectif moyen d'un bataillon varie entre 500 et hommes.

À partir du règne de , un bataillon est donc composé de compagnies, dont la taille et l’effectif varient également en fonction de la période. Mais pour manœuvrer ou combattre, la subdivision tactique du bataillon est le peloton et, suivant la période (et donc la taille des compagnies), chaque compagnie forme un demi-peloton, un peloton ou deux pelotons de son bataillon. Sur le plan tactique, l'échelon supérieur au bataillon est la brigade, qui regroupe les bataillons de plusieurs régiments (ce dernier étant surtout un cadre administratif).

Sous Louis XIV, un bataillon d'infanterie regroupe un effectif théorique compris entre , répartis entre douze et seize compagnies suivant la période.

À partir du début du , l’arme unique pour tout le bataillon est le fusil équipé de sa baïonnette. Les deux formations principales du bataillon sont l’ordre en colonne (ordre profond) et l’ordre déployé (ordre mince) sur trois rangs, chaque rang tirant généralement à tour de rôle. La disposition en colonne par division (deux pelotons de front) est privilégiée pour les déplacements rapides sur le champ de bataille mais également pour l’attaque, l’ordre déployé pour les feux de salves. Pour se défendre contre la cavalerie les bataillons se forment en carré (carré à centre vide constitué d'un ou de plusieurs bataillons).

Suivant l’époque, un régiment d’infanterie forme entre un et quatre bataillons mais, jusque vers le milieu du règne de , le nombre de bataillons par régiments n’est pas constant pour une époque donnée : par exemple lors de la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748) de nombreux régiments comptent un seul bataillon, certains en comptent deux, d’autres enfin en comptent quatre, chaque bataillon étant formé à l’époque de douze compagnies de fusiliers et d’une compagnie de grenadiers. Et dans les derniers mois de 1746, la plupart de ces régiments reçoivent un bataillon supplémentaire, qui sera réformé après la fin de la guerreDeux séries d'ordonnances en octobre et novembre 1746 puis entre novembre 1748 et janvier 1749..

Certains bataillons sont commandés par les officiers supérieurs du régiment en personne (colonel, lieutenant colonel), d’autres sont commandés par les plus anciens de leurs capitaines. En 1774 (ordonnance du ) est créé le grade de chef de bataillon - qui est d’ailleurs supprimé dès 1776 pour être recréé quelques années plus tard.

En 1762 (ordonnance du ), le bataillon d’infanterie française est composé de huit compagnies de 65 fusiliers et 4 officiers et une de 52 grenadiers et 3 officiers.

À partir de 1776, (réformes du comte de Saint Germain) les régiments compteront un nombre égal de bataillons (deux). Chacun des deux bataillons compte quatre compagnies de fusiliers et une compagnie de grenadiers () ou de chasseurs ().

Sous la Révolution, le régiment disparaît au profit de la demi-brigade, composée d’un bataillon de ligne provenant de l’ancienne armée royale et de deux bataillons de volontaires. Chaque bataillon compte huit compagnies de fusiliers et une de grenadiers.

Aux débuts du Premier Empire, un régiment de ligne compte trois bataillons de guerre et un de dépôt, chaque bataillon de guerre comptant une compagnie de grenadiers, une de voltigeurs et sept de fusiliers (appelées également compagnies « du centre ») mais en 1808, l’infanterie est réorganisée et le régiment compte désormais quatre bataillons de guerre et un bataillon de dépôt. L’effectif des compagnies augmente à 140 hommes tandis que leur nombre par bataillon diminue : chaque bataillon de guerre compte désormais quatre compagnies de fusiliers, une compagnie de grenadiers et une compagnie de voltigeurs. Chaque compagnie forme un peloton de son bataillon (en transférant éventuellement des hommes entre compagnies pour égaliser les pelotons). Chaque peloton comporte deux sectionsVoir notamment : Sokolov, Oleg : L’Armée de Napoléon – Éditions Commios Marcel Tache, 2003..

En 1873, un régiment d'infanterie est composé de quatre bataillons à quatre compagniesCité par André Corvisier - Dictionnaire d'Art et d'Histoire Militaires - PUF 1988.

En 1916, un régiment d'infanterie compte trois bataillons de trois compagnies (plus une compagnie de mitrailleuses)André Corvisier. Op Cit..

En 1939, le régiment d'infanterie regroupe trois bataillons à quatre compagnies.

De nos jours, comme mentionné plus haut, le bataillon « temporaire » que constitue le Groupement tactique interarmes (GTIA) est l'élément de base d'intervention dans la majorité des conflits (Afghanistan, Mali) tandis que des bataillons logistiques (BATLOG) ou de commandement et de soutien (BCS) sont mis en place pour assurer le commandement et le support des forces déployées.

Exemples de bataillons dans l'histoire de l'armée française Comme les exemples ci-dessous le montrent, l’appellation de bataillon a également été utilisée à de nombreuses reprises pour des unités temporaires (bataillon de marche, de passage, etc.). On pourrait comparer un GTIA à un bataillon de marche mais cette dernière appellation pouvait souvent impliquer une re-création à partir d'unités désorganisées ou détruites à la suite d'un combat alors qu'un GTIA est une unité constituée dès l'origine pour remplir une mission donnée dans un temps déterminé.

Bataillon de marche

thumb|Insigne du bataillon de marche 2 de l'Oubangui-Chari (Afrique équatoriale française). Une unité est dite « de marche » (BM) lorsqu'elle est formée à partir d'éléments d'autres unités ; en pratique, cela résulte le plus souvent de pertes trop lourdes dans les unités d'origine, mais cela peut aussi résulter d'un ralliement local d'unités plus petites. Le terme « marche » désigne une unité qui est formée pour un temps limité. En général, pour la durée de la campagne.