Le traité de Seyssel est un accord signé à la fin de l'année 1124, entre le comte de Genève Aymon et l'évêque de Genève Humbert de Grammont, par lequel l'évêque de Genève est reconnu comme seul seigneur temporel sur la cité de Genève.
Contexte Au cours de cette période féodale, le pouvoir des seigneurs laïcs est suffisamment important pour que ceux-ci interviennent dans les affaires ecclésiastiques, notamment à travers les nominations.. La cité de Genève accueille non seulement le siège d'un diocèse (pouvoir spirituel) et d'un évêché (pouvoir temporel), mais aussi le pouvoir comtal, le territoire de l'évêché étant légèrement plus important que celui du comté..
Le comte Aymon de Genève profite de ce que son frère utérin, Guy de Faucigny, occupe le siège épiscopal pour accroître son pouvoir et ainsi s'emparer d'une partie des droits en tant qu'avoué, voire selon Pierre Duparc en abusant de son pouvoir pour « s'approprier, d'une manière plus directe encore, des biens d'Eglise, des revenus épiscopaux, des églises ou des dîmes »..
Le comte Aymon en profite par ailleurs pour construire un château dans la ville haute de Genève, dominant ainsi le Bourg-de-Four et la porte orientale de la cité... Le château sera d'ailleurs mentionné pour la première fois dans l'accord de Seyssel.
Dans le contexte de la réforme grégorienne, le nouvel évêque de Genève, Humbert de Grammont, tente de s'opposer à ce pouvoir laïc qui empiète sur ses prérogatives termporelles.. Il réclame ainsi le retour de l'ensemble des biens que le comte a pris à l'Église. Il finit par excommunier le comte, met le « comté en interdit » et le fait condamner par une assemblée réunie à Vienne, sous l'autorité de l'archevêque Pierre ..
Le traité Dans la lutte de pouvoir sur la cité de Genève entre les évêques de Genève et les comtes de Genève, le pape Calixte II délègue à l'archevêque métropolitain de Vienne, Pierre, la charge de régler le conflit. Le conflit se règle lors d'un accord ou traité signé à Seyssel en 1124Acte de l'année 1124 (REG 0/0/1/267)..
Jean Picot, Histoire de Genève, tome 1, 1811.
La rencontre entre les deux parties se fait à SeysselArticle de J.-J. Hisely "Les comtes de Genevois dans leurs rapports avec la maison de Savoie jusqu'à l'établissement définitif de la domination savoisienne dans le comté de Vaud soit jusqu'à la fin du treizième siècle", p. , in Mémoires de l'Institut national Genevois, tome , 1853.. Le comte Aymon y rencontre l'évêque, qui est accompagné de l'archevêque Pierre I revenant de Vienne avec une suite, dont font partie notamment Gérold de Faucigny, évêque de Lausanne, prévôt de l'église de Genève, ainsi que de nombreux chanoines, l'abbé d'Aulps, Guérin, et le prieur d'Abondance. Le comte Aymon est quant à lui accompagné de ses vassaux, notamment Boson d'Alinges, Rodolphe de Faucigny (frère de l'évêque) et Guillaume de Chaumont.
Le traité stipule expressément que l'évêque est le seigneur temporel de Genève et le comte son avouéAnsgar Wildermann, "Grammont, Humbert de" in Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version du 09.01.2007, en ligne: https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/018431/2007-01-09/ (consulté le 31.08.2023).Catherine Santschi, "Genève (diocèse, évêché)" in Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version du 11.07.2007, en ligne: https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/011399/2007-07-11/ (consulté le 31.08.2023).. Au terme du traité, le comte Aymon restitue la dizaine d'églises qu'il possède, et il rend hommage à l'évêque pour ses possessions provenant de l'Église. Le comte garde cependant sa « résidence [dans la ville] et l'exercice de la haute justice. » S'il reverse une partie des dîmes qu'il a usurpées à l'Église, il en garde cependant encore les deux tiers.. Les auteurs de l'ouvrage Le Diocèse de Genève-Annecy (1985) observent ainsi « De semblable restitutions étaient prévues pour l'ensemble de la féodalité laïque : en somme celle-ci conservait la part belle. »
Les suites Le traité ne règle cependant pas tous les conflits. Le successeur de l'évêque Humbert de Grammont, Ardutius de FaucignyArdutius de Faucigny : - Notices de l'« Épiscopat de Arducius de Faucigny » dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse), et celui du comte de Genève, Amédée , s'opposent à nouveau et un nouvel accord est signé à Saint-Sigismond, le , une sentence le , un autre accord à Aix-les-Bains en 1184, et un dernier à Desingy en 1219Paul Guichonnet, "Genève, de" in Dictionnaire historique de la Suisse (DHS), version du 11.02.2010, en ligne: https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/019515/2010-02-11/ (consulté le 31.08.2023)..
Pour aller plus loin Bibliographie . Louis Binz, Brève histoire de Genève, éd. Chancellerie d'État, Genève, 2000
Acte de l'année 1124 publié dans le Régeste genevois (1866), que l'on peut consulter en ligne dans le Répertoire chronologique des sources sur le site digi-archives.org de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (REG 0/0/1/267)
Articles connexes Histoire de Genève Comté de Genève
Lien externe
Notes et références Notes
Références
Seyssel Seyssel Catégorie:Histoire du canton de Genève