thumb|Émissions de dioxyde de carbone par habitant et pays en 2017, estimées sur la base des consommations (émissions locales et émissions dues aux importations, moins émissions dues aux exportations)..
L'empreinte carbone ou le contenu carbone d'une activité humaine est une mesure des émissions de gaz à effet de serre d'origine anthropique, c'est-à-dire imputées aux activités humaines. Elle dépend des facteurs d'émission des intrants liés à cette activité, et en particulier des facteurs d'émission associés aux sources d'énergies utilisées. Par exemple, pour l'année 2022, l'empreinte carbone moyenne d’un Français était estimée à environ 9,2 tonnes équivalent CO2 par personne (en incluant les émissions de gaz à effet de serre induites par la production et la consommation de biens et services importés).
Les facteurs d'émission associés aux sources d'énergie correspondent pour l'essentiel à des émissions de dioxyde de carbone ().
Ils s'expriment en général en grammes d'équivalent par kilowatt-heure () ; ils peuvent également s'exprimer en grammes d'équivalent carbone par kilowatt-heure.
La mesure réelle ou l'évaluation modélisée des facteurs d'émissions des différentes sources d'énergies permettent d'établir des bilans d'émissions et par la suite d'investir dans des équipements ou dans des procédés consommant moins de ressources de combustibles fossiles de manière à moins affecter le climat.
Les contenus en dioxyde de carbone par activité peuvent être regroupés par ensembles d'activités présentant des caractéristiques et des finalités similaires. On parle alors de contenus en dioxyde de carbone par usage (chauffage, éclairage, transports).
Les termes « facteurs d'émission » et « contenus » sont souvent utilisés pour désigner la même notion. Dans cet article, conformément aux usages de la Base Empreinte administrée par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), le terme « facteur d'émission » est employé lorsqu'il s'agit d'un kilowatt-heure, produit, livré ou consommé, et « contenu » lorsqu'il s'agit d'une activité ou d'un usage.
Les facteurs d'émission et les contenus en dioxyde de carbone peuvent être évalués selon deux conventions : soit en émissions directes dues à l'utilisation de l'énergie chez le consommateur final ; soit en analyse du cycle de vie (ACV), tenant compte des émissions dues à l'utilisation de l'énergie mais également des émissions indirectes dues aux chaînes d'approvisionnement et de toutes les transformations énergétiques en amont (production, transport, distribution), voire en aval (recyclage, démantèlement).
Définition et histoire Avant que l'empreinte carbone ne soit plus connue, le concept d'empreinte écologique, développé par William E. Rees et Mathis Wackernagel dans les années 1990, fut en vogue..
Selon le , le terme « empreinte carbone » est utilisé comme diminutif pour la quantité de carbone (généralement en tonnes) émise par une activité, une personne, un groupe ou une organisation, par sa consommation en énergie et en matières premières. La composante carbone de l'empreinte écologique va au-delà de cette définition en traduisant cette quantité en surface de forêt nécessaire pour séquestrer ces émissions de dioxyde de carbone. Cela permet de représenter la demande que les combustions de ressources fossiles exercent sur la planète. L'empreinte carbone représente environ 60 % de l'empreinte écologique de l'ensemble de l'humanité..
L'empreinte carbone d'un produit est définie comme la somme de tous les gaz à effet de serre émis tout au long de son cycle de vie depuis l'extraction de la matière première jusqu'à son élimination..
Le terme « empreinte carbone » a été choisi car le dioxyde de carbone est le principal gaz à effet de serre contribuant au réchauffement climatique. Le calcul se fait en comparant le potentiel de réchauffement global de différents gaz par rapport à celui du .
Le terme « empreinte carbone » a été initialement popularisé par une campagne publicitaire de de dollars menée par la compagnie pétrolière et gazière BP entre 2005 et 2007 dans le but de détourner l'attention du public de la responsabilité des entreprises du secteur pétrolier vers une responsabilité individuelle de leurs clients vis-à-vis du changement climatique....
Utilisation Depuis le protocole de Kyoto de 1995, les pays mesurent leurs émissions de gaz à effet de serre, ce qui permet de calculer leurs empreintes carbone.
Le calcul de l'empreinte ou bilan carbone aide à définir les stratégies et les solutions les mieux adaptées à chaque secteur d'activité et de participer ainsi plus efficacement à la diminution des émissions de gaz à effet de serre.
En France, depuis 2020, l'article L229-25 du code de l'environnement rend obligatoire l'établissement d'un bilan carbone tous les trois ans pour les services de l'État, les collectivités territoriales de plus de , les établissements publics ou de droit publics de plus de et tous les quatre ans pour les personnes morales de droit privé employant plus de en métropole et en outre-mer..
Données, évolution
Monde La quantité mondiale de gaz à effet de serre émis lors de l'année 2018 s'établissait à 49 milliards de tonnes d'équivalent , soit une augmentation de 50 % par rapport à 1990.. Cela correspond à environ cinq tonnes par Terrien, avec de fortes disparités entre les pays.
Europe En 2019, selon un rapport de l'organisation à but non lucratif Carbon Disclosure Project (CDP), 882 entreprises européennes produisant 75 % des émissions de ont consacré à de nouvelles actions de réduction de leurs émissions, dont en recherche et développement (R&D) et en investissements. Or, il faudrait passer de 59 à par an pour être sur la trajectoire permettant d'atteindre les objectifs européens de réduire de 50 % à 55 % les émissions en 2030 comparées à 1990, puis d'atteindre la neutralité carbone en 2050. Les dépenses de R&D sont surtout le fait du secteur des transports et les investissements du secteur de l'électricité ; par contre, le secteur des matériaux (acier, ciment, mines et chimie) n'a représenté que 5 % des investissements bas carbone alors qu'il est responsable de 38 % des émissions. Un quart des entreprises européennes classées A pour leurs investissements bas carbone sont françaisesLes entreprises européennes doivent faire plus pour réduire leur empreinte carbone, Les Échos, 25 février 2020..
France En 2010, l'empreinte carbone moyenne d'un habitant (émissions de gaz à effet de serre induites, en France et à l'étranger, par la consommation de la population résidant en France) était identique à celle de 1990, alors que le niveau moyen par personne des émissions sur le territoire a diminué de 19 %. En tenant compte des échanges extérieurs, elle s'élevait en 2010 à environ équivalent (dont pour le ), soit 51 % de plus que la quantité émise sur le territoire national. De 1990 à 2010, les émissions associées aux importations se sont accrues de 62 % pour atteindre la moitié de l'empreinte carbone de la consommation de la France en 2010. Le calcul de cette empreinte carbone prend en compte trois gaz à effet de serre (GES) : le dioxyde de carbone (), le méthane () et le protoxyde d'azote (), qui représentent 97 % des six GES pris en compte par le protocole de Kyoto..
En 2016, elle est estimée à 10,7 tonnes équivalent , soit en baisse de 5,5 % par rapport à 2010). L'empreinte carbone moyenne des Français a augmenté de 1,2 % sur la période 1990-2016. Au cours de la même période, le niveau moyen des émissions par habitant sur le territoire a diminué de 16,4 %L’empreinte carbone - Note préalable à l’élaboration du troisième rapport gouvernemental annuel au titre de la loi dite «SAS» du 13 avril 2015 : « Les nouveaux indicateurs de richesse – 2017 », ministère de la Transition écologique et solidaire, avril 2018..
Selon le Commissariat général au développement durable, en 2017, 70 % des émissions de gaz à effet de serre des ménages proviennent de trois postes principaux : logement, transports et alimentation ; la part de l'empreinte carbone liée à la consommation des ménages (y compris les émissions engendrées par la fabrication et le transport de produits qu'ils consomment) était d'environ 689 millions de tonnes équivalent en 2016, soit 13 % de plus qu'en 1995, mais rapportée au nombre d'habitants, elle reste relativement stable : . Dans le logement, le chauffage est responsable de 68 % de l'empreinte, devant les usages « spécifiques » de l'électricité qui ont doublé depuis 1985.
La stratégie nationale bas carbone (version projet de ) indique que l'empreinte carbone de la France , avant de baisser légèrement de -2,7 % jusqu'en 2016Projet de Stratégie nationale bas carbone, décembre 2018.. Selon le rapport du Haut Conseil pour le climat de 2019, tandis que le bilan carbone français a diminué depuis 1995, passant de 9 tonnes équivalent carbone par habitant et par an en 1995, à moins de 7 t en 2017, l'empreinte carbone des Français a augmenté de 20 % entre 1995 et 2015 : . Ceci s'explique par la désindustrialisation du pays et l'augmentation des importations d'objets manufacturés. Le journaliste Sylvestre Huet estime que permettrait de provoquer , compte tenu du fait que l'électricité française utilisée par les usines ...
En 2015, cette empreinte est évaluée à (tonnes équivalent-carbone), dont (24,1 %) dans les transports (en particulier l'automobile : 16,3 %), (22,4 %) dans le logement (en particulier le chauffage : gaz 5,4 %, fioul 4,1 %), (19,5 %) dans l'alimentation (en particulier viande et poisson : 9,5 %), (21,7 %) dans les biens de consommation (en particulier informatique et électronique : 8,5 %) et (12,3 %) dans les servicesJean-Marc Vittori, Et si on réduisait d'abord notre pollution individuelle, Les Échos, 11 décembre 2019..
Un rapport publié en par l'OFCE et l'ADEME évalue l'empreinte carbone totale de la France à par habitant, dont 47 % provenant des émissions importées. En moyenne, l'empreinte carbone d'un ménage est de , dont 5 proviennent des biens de consommation, 4,6 de l'alimentation, et 2,3 de la consommation de services. Les 10 % de ménages les plus riches ont une empreinte carbone 2,11 fois plus forte que les 10 % les plus modestes. En tenant compte du fait que les ménages les plus aisés comptent moins de personnes, le rapport est de 3,9 entre les deux catégories de population, alors que le rapport entre les revenus est de 11. Le revenu ne saurait donc expliquer à lui seul le niveau d'empreinte carbone des ménagesClimat : l'empreinte carbone des ménages ne dépend pas seulement de leurs revenus, Les Échos, 9 janvier 2020..
Le , le ministère de la Transition écologique publie une étude qui estime l'empreinte carbone de la France en 2019 à équivalent , en hausse de 7 % par rapport à 1995Estimation de l’empreinte carbone de 1995 à 2019, Ministère de la Transition écologique, 11 décembre 2020.. Mais par tête d'habitant, elle a diminué de 5 % en vingt-cinq ans, de à . 54 % des émissions qui constituent cette empreinte carbone proviennent des produits, services et matières premières importés, qui ont progressé de 72 % depuis 1995 alors que les émissions intérieures ont baissé de 25 %. En 2019, l'empreinte carbone serait composée pour 74 % de , 20 % de et 6 % de . L'OCDE calcule une empreinte carbone limitée au d'origine énergétique en 2015 ; celle de la France est estimée à de par habitant, inférieure à la moyenne européenne de et à celle de l'Allemagne (), mais largement supérieure à la moyenne mondiale () ; celle des États-Unis atteint ()L'empreinte carbone de chaque Français diminue légèrement, Les Échos, 18 décembre 2020.. Une autre étude, sur la distribution des empreintes carbone des ménages, montre, la même année 2020, que les émissions des ménages tendent à croître selon le revenu, mais très différemment selon le lieu de vie (rural, urbain ou péri-urbain) et selon ..