Un institut d'études politiques (IEP) est un établissement public d'enseignement supérieur français. Il existe onze IEP en France, situés à Aix-en-Provence, Bordeaux, Fontainebleau, Grenoble, Lille, Lyon, Paris, Rennes, Strasbourg, Toulouse et Saint-Germain-en-Laye.
Leur vocation est de diffuser les savoirs et de développer la recherche sur les questions politiques contemporaines, l'adjectif « politique » étant entendu dans son acception la plus large, incluant les questions sociales, internationales, juridiques et économiques.
Le terme « Sciences Po » est l’appellation couramment utilisée pour désigner les 10 premiers IEP. Toutefois, la marque étant la propriété de la FNSP (Fondation Nationale des Sciences Politiques), Sciences Po désigne l'Institut d'études politiques de Paris. En vertu d'un accord signé par les 10 directeurs d'IEP existant le les autres IEP doivent utiliser le terme « Sciences Po » suivi du nom de la ville dans laquelle ils sont situés (par exemple « Sciences Po Lyon » ou « Sciences Po Grenoble »). Hormis l'IEP de Fontainebleau qui s'est vu refuser l'utilisation de la marque. La FNSP est propriétaire de la marque depuis 1988.
Histoire
De l’École libre des sciences politiques aux Instituts d'études politiques (1945) L’École libre des sciences politiques est créée en 1872. Elle est nationalisée lors de la Libération, en 1945, dans le cadre d'une réforme de la formation de la haute fonction publique, par l'ordonnance du 9 octobre portant également création de l'École nationale d'administration et du Centre de hautes études administratives...
Les négociations entre l'ancienne école d'Émile Boutmy d'une part et le gouvernement provisoire d'autre part aboutissent à la décision, poussée par Michel Debré, de débuter une réforme de l'université française par le biais de la création d' qui, sur le modèle de Sciences Po, dispensent un savoir politique systématique et préparent aux concours administratifs.
Développement et croissance (1946-1968) Des instituts d'études politiques sont ainsi créés sur le modèle de Sciences Po. Cinq le sont en 1945, 1948 et 1956. Les six établissements appartiennent alors aux universités....... Les IEP de régions doivent favoriser la préparation au concours d'entrée de l'École nationale d'administration.
Il est décidé que le cursus des Instituts d'études politiques soient, comme à l'Institut d'études politiques de Paris historiquement, fondé sur une alternance entre cours magistraux et conférence de méthode. Le cursus doit durer trois ans, durée qui peut être réduite à deux années dès lors que l'élève peut justifier d'un diplôme universitaire. Debré appelle toutefois à la prudence dans la création des IEP, craignant , et qu'il y ait ainsi un déficit d'enseignants hauts fonctionnaires.
Les Instituts d'études politiques de province se développent au sein des universités ou adossées à celles pendant les premières années de l'après-guerre. Des moyens budgétaires sont alloués pour favoriser la préparation du concours de l'ENA, et des autres grands concours de la fonction publique, en leur sein. Entre 1947 et 1951, 6 % des élèves admis à l'ENA au concours externe (et 1 % au concours interne) sont issus des IEP de province. Entre 1952 et 1958, la proportion monte à 9 % (et 4 %), avant de baisser à 6 % entre 1959 et 1965 (mais 10 % pour le concours interne).
Refontes juridiques et stabilisation (1968-2011) Après la loi du 12 novembre 1968 sur l'enseignement supérieur, les instituts d’études politiques deviennent des établissements publics à caractère scientifique et culturel de plein exercice.Décret du relatif aux instituts politiques d’Aix, de Bordeaux, de Grenoble, de Lyon, de Strasbourg et de Toulouse.. Sciences Po (Paris) devient, lui, un établissement public indépendant et autonome de toute université.
Un nombre croissant d'élèves d'IEP de province rejoignent Sciences Po à l'issue de leur formation pour y préparer les grands concours administratifs. En 1968, sur 70 admis à l'ENA, 2 sont diplômés d'un IEP de province, comme en 1969 (sur 62 places) et en 1970 (70 places à nouveau) ; en 1971, en revanche, 6 admis le sont sur 77.
Après la loi du 26 janvier 1984 sur l’enseignement supérieur, l’Institut d'études politiques de Paris est classé dans la catégorie nouvellement créée des grands établissements., les autres pouvant devenir des établissements publics à caractère administratif (ce sera le cas d’Aix, de Bordeaux, de Grenoble, de Lyon et de Toulouse) ou des instituts internes d’une université (c'est le cas de Strasbourg) et , www.legifrance.gouv.fr, codifiés dans le code de l’éducation en 2003 dans les articles et suivants ainsi que et suivants devenus et suivants..
Nouvelles créations et développement (2012-...) En 2012, l'IEP de Rennes a ouvert un campus délocalisé à Caen. En 2017, l'IEP de Lyon a fait de même à Saint-Étienne.
En 2022, un nouvel IEP est créé à Fontainebleau au sein de l'Université Paris-Est-Créteil, il remplace l'École internationale d'études politiques créé en 2020..
Les entités Les onze IEP
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Les onze instituts d’études politiques sont : Nom Date de création Statut Institut d'études politiques de Paris 1872 EPSCP Institut d'études politiques de Strasbourg 1945 Institut interne de l'université de Strasbourg Institut d'études politiques de Bordeaux 1948 EPA associé à l'université de Bordeaux Institut d'études politiques de Toulouse 1948 EPA associé à l'université Toulouse I Institut d'études politiques de Grenoble 1948 EPA associé à l'université Grenoble-Alpes (anciennement Université Pierre-Mendès-France - Grenoble) Institut d'études politiques de Lyon 1948 EPA associé à l'université Lumière Lyon 2 Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence 1956 EPA associé à l'université d'Aix-Marseille Institut d'études politiques de Lille 1991 EPA associé à l'université de Lille Institut d'études politiques de Rennes 1991 EPA associé à l'université de Rennes I Institut d'études politiques de Saint-Germain-en-Laye 2013 Institut interne des universités de Cergy-Pontoise et Versailles Saint-Quentin-en-YvelinesInstitut d'études politiques de Fontainebleau2022Institut interne de l'université Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne (Paris XII)
Liens Il n'existe aucun lien statutaire, légal ou réglementaire entre les instituts d'études politiques, chacun étant pleinement indépendant des autres, à moins de signer un accord bilatéral ou multilatéral. Les onze instituts ne forment un « réseau » que dans le sens d'une parenté de buts et de formations. Les directeurs des Instituts d'études politiques se réunissent régulièrement afin d'échanger sur les orientations stratégiques des instituts. Ils collaborent également par .. Par ailleurs, depuis 2008, le concours d'entrée en première année est commun à six IEP, les instituts de Paris, Bordeaux et Grenoble organisant leur concours séparément. En 2014, l'IEP de Saint-Germain-en-Laye a lui aussi rejoint le concours commun..
Plusieurs centres de recherche des IEP de Paris, Bordeaux et Grenoble (par exemple le CEVIPOF à Paris, PACTE à Grenoble ou le Centre Émile Durkheim à Bordeaux) sont soutenus par la Fondation nationale des sciences politiques.
Mission L' du décret du leur donne pour mission :
Recrutement Dispositions d'admission Le recrutement des élèves se fait par différentes procédures d'admission sélectives, permettant l'accès en première année ou en quatrième année. La règle générale est le concours, même si elle accepte de plus en plus d'exceptions.
À partir de 2008, les six instituts d'études politiques d'Aix-en-Provence, Lyon, Lille, Rennes, Strasbourg et Toulouse organisent un concours d'entrée commun d'accès en première année (hexaconcours, devenu heptaconcours, puis Concours Commun), ouvert aux terminales et aux bacheliers de l'année précédente.. En 2008, un nombre total de , réparties entre les six IEP, est proposé aux candidats« Hexa succès… » (mot du directeur), rennes.iep.fr, ., les lauréats étant admis en fonction de leurs choix préférentiels et de leur rang de classement. À partir de 2014, un septième IEP, l'Institut d'études politiques de Saint-Germain-en-Laye, qui ouvre en , s'est associé au concours.
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Préparation aux concours Plusieurs lycées français publics et instituts privés organisent des formations aux concours à Sciences Po..
Sociologie Les Instituts d'études politiques font l'objet d'études sociologiques. La première, qui ne traitait que des IEP de Paris et de Bordeaux, fut La Noblesse d'État de Pierre Bourdieu, en 1989. Plusieurs études subséquentes ont été réalisées.
Les Instituts d'études politiques font partie des grandes écoles françaises qui ont une proportion d'étudiants ayant obtenu une mention Très bien au baccalauréat dans les plus grandes proportions (56%) ; seules les écoles normales supérieures ont un résultat plus élevé (69%)Cécile Bonneau & Pauline Charrousset & Julien Grenet & Georgia Thebault, 2021. "Quelle démocratisation des grandes écoles depuis le milieu des années 2000 ?", Paris School of Economics Working Papers.
Les IEP font aussi partie du groupe de grandes écoles les plus socialement sélectives, avec 68% des étudiants issus de catégories socio-professionnelles très favorisées, contre 72% pour les Ecoles normales supérieures. Les ENS et les IEP accueillent 7% et 8% d'étudiants issus de CSP défavorisées respectivement, ainsi que 14% chacun de CSP moyennes, en 2016-2017.
Enseignement Les instituts d'études politiques ne préparent pas à un métier en particulier mais délivrent une formation fondamentale et pluridisciplinaire incluant du droit, de l'économie (voir Enseignement de l'économie en France), de l'histoire, de la science politique, de la géographie, de la sociologie et des langues vivantes, afin de donner aux étudiants une solide culture générale, une aisance dans l'expression orale et une forte capacité de synthèse. Cette formation intellectuelle ouverte à l'international permet d'appréhender un large éventail de professions allant de la politique aux administrations publiques en passant par les affaires, le journalisme ou les métiers du droit.
Les IEP de province présentent en outre une ou plusieurs spécialités d'enseignement, par exemple la finance et les études européennes à Strasbourg, les études africaines à Bordeaux, le monde musulman et hispanophone (soit le Certificat d'étude sur le monde arabe contemporain ou sur l'Espagne et l'Amérique latine) ainsi que la géopolitique à Aix-en-Provence, puis le monde asiatique à Lyon. Les IEP de Bordeaux, de Lille et de Strasbourg ont en outre la particularité de proposer des filières intégrées dont les études se déroulent en alternance entre la France et une université partenaire à l'étranger (avec des pays comme l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Royaume-Uni…). Ces filières permettent de déboucher sur un double diplôme. Le campus délocalisé de l'IEP de Rennes à Caen propose une ouverture sur l'Europe du Nord (pays nordiques et baltiques).
Les IEP préparent aussi, pour certains d'entre eux, aux concours de la haute fonction publique. La plupart des admis à l'École nationale d'administration, au concours de directeur d'hôpital, et à l'Institut national des études territoriales (INET) sont ainsi diplômés d'un IEP.
Scolarité À l’origine, la scolarité dans ces établissements était de trois ans après le baccalauréat et servait à la préparation aux concours de la fonction publique. La très grande majorité des diplômés continuait donc leurs études en troisième cycle dans une université ou une école de formation des fonctionnaires (ENA, etc.). À la fin des années 1990, une année de césure à l’étranger s’est généralisée, portant la scolarité à quatre ans.
À la suite de la réforme dite « LMD », la formation des IEP est désormais organisée en cinq années, découpées en deux cycles. Désormais, tous les cursus des différents Sciences Po incluent une année à l’étranger.