La Special Service Brigade était une brigade commando de l'armée britannique. Formée durant la Seconde Guerre mondiale, elle comprenait des éléments de l'armée britannique ainsi que des Royal Marines.
Historique
En 1940, des volontaires furent appelés pour servir comme soldats à partir de certaines formations encore en Grande-Bretagne et d'hommes de la division dissoute originellement augmentée de divisions de l'armée territoriale et qui avait été en service en Norvège. Plus tard, d'autres recrutés furent amenés de différents théâtres d'opération, ainsi que des ressortissants étrangers venus rejoindre les Alliés.
Un commando était composé d'une unité d'état-major, plus dix troupes de 50 hommes y compris trois officiers (changé en 1941 en six troupes de 65 hommes par commando y compris une troupe d'armes lourdes).
Chaque commando était totalement responsable de la sélection et de l'entraînement de ses propres officiers et hommes de troupe. Les troupes de ces commandos recevaient un complément salarial car ils devaient trouver eux-mêmes leur propre logement à n'importe quel moment en Grande-Bretagne. Ils entrainaient leur forme physique, leur aptitude à la survie, le sens de l'orientation, le combat au corps à corps, à tuer silencieusement, aux transmissions, à l'assaut de rochers et à utiliser des engins amphibies, des véhicules, des armes (y compris l'utilisation des petites armes capturées à l'ennemi) et à la destruction. Beaucoup d'officiers, d'instructeurs NCOs et d'entraînement assistaient à différents cours données par les forces du Special training centre à (Écosse). Ainsi dans le Highland, des Combined operations établirent un centre important regroupant toutes les forces du centre d'entraînement amphibie à Inveraray et en 1942 un centre d'entraînement commando spécifique à Achnacarry près de Spean Bridge. Tous les entraînements de ces camps se faisaient avec des munitions réelles.
Commandants Brigadier Lord Lovat, DSO, MC (blessé le ) Brigadier Derek Mills-Roberts (à partir du )
Composition
No. 4 Commando
No. 10 Commando IA Commandos
Débuts Le bataillon No.4 Special Service fut formé à partir des Nos. 3 et 8 Independent Companies en et vit sa première opération à Guernesey, l'Opération Ambassador. À la fin de , ils devenaient le No.3 Commando.
Le bataillon No.3 Special Service fut formé des Nos.4 and 7 Independent Companies fin . En , ils furent renommés No. 4 Commando.
Le No.6 Commando entra en action en Norvège en .
En , les No.3 Commando et No.4 Commando furent impliqués dans le raid sur les Iles Lofoten en Norvège.
Le No. 10 Commando a été créé le et rattaché au 1 SSB à la suite de la décision du 16/04/42 du COHQ, afin de faciliter l'emploi de commandos étrangers dans les opérations combinées sans devoir consulter les gouvernements respectifs.
Opération Claymore vignette|upright=1|Commandos en action en Norvège, 27 décembre 1941. (Opération Archery). vignette|upright=1|Un soldat blessé est aidé pour être embarqué sur une Landing Craft Assault (LCA). (Opération Archery).
L’opération Claymore est un raid sur les îles Lofoten, le , mené par le No. 3 Commando et le No. 4 Commando, 52 Norvégiens de la et des équipes de démolition venues du 55th Field Squadron des Royal Engineers. Cette force fit un débarquement sans opposition et, en général, continua à n'en rencontrer aucune autre. Ils atteignirent leur objectif de destruction des usines d'huile de poisson et quelque d'huile et de glycérine (une partie de cette huile étant destinée à l'usage des armes).
Avec cette bataille navale et ces destructions, un total de fut coulé. Peut-être le butin le plus significatif de ce raid fut cependant la capture d'un appareil pour les roues du rotor d'une machine Enigma et ses livres de code venus de la Krebs allemande. Ces codes de la marine de guerre allemande que Bletchley Park n'arrivait pas à lire, fournissant les renseignements nécessaires pour permettre aux convois alliés d'éviter les concentrations de U-Boats.
Les Britanniques eurent un seul blessé, par accident, et revinrent avec 228 prisonniers allemands, 314 volontaires norvégiens légalistes et une quantité de collaborateurs Quisling.
Opération Archery
L'objectif de ce raid de par les , No.3 Commando, No.4 Commando et No.6 Commando, avec une petite équipe de Norvégiens, était de détruire des installations allemandes à Vågsøy, aidés par la RAF qui devait fournir une couverture aérienne et attaquer le terrain d'aviation de Herdla près de Bergen. La partie marine de cette force consistait en un croiseur, quatre destroyers et deux péniches de débarquement, les bateaux de guerre ouvrirent les opérations avec un bombardement du rivage de l'île de Maloy.
Les commandos étaient divisés en cinq groupes, le premier débarqua à l'ouest du sud de Vagsoy pour sécuriser la zone puis se rapprocher de la ville. Le second débarqua au nord de la ville pour empêcher que des renforts allemands arrivent. Le troisième débarqua sur Maloy pour se confronter aux canons et à la garnison installée là, bien que la marine de guerre avait fait du bon travail et que les canons étaient réduits au silence. Le quatrième débarqua dans la ville elle-même qui se révéla être le principal centre de la résistance. Le dernier groupe resta à l'intérieur des bateaux pour agir comme flotte de réserve.
La garnison des Allemands dans la ville était plus importante que prévu et des renforts durent être requis, venant du groupe de l'ouest, de la flotte de réserve et d'éléments du groupe de Maloy. Des combats, maison par maison, s'ensuivirent mais à 13 heures 45 environ c'était fini et la force rembarqua bientôt peu après. Laissant derrière eux tonnes détruites, des entrepôts, des chantiers navals, des installations de production d'huile de poisson et toutes les installations allemandes détruites. 98 Allemands furent faits prisonniers ainsi que 4 ‘Quislings’, 77 Norvégiens aussi décidés à retourner avec eux en Grande-Bretagne.
vignette|upright=1|Opération Archery, des soldats allemands sont capturés en Norvège.
La garnison des Allemands eut environ 150 tués, les Britanniques perdirent 19 hommes et eurent 57 blessés et la force norvégienne perdit 1 homme et eut 2 blessés. Les effets postérieurs de ce raid ne mirent pas longtemps à avoir des conséquences, les Allemands pratiquèrent des représailles contre la population norvégienne, ce qui inspira des protestations du roi de Norvège Haakon VII et du gouvernement en exil. Les troupes allemandes se renforcèrent ainsi et durcirent leurs défenses, ce qui mobilisait des troupes qui auraient pu être utilisées ailleurs.
Dieppe
Le raid de Dieppe, connu aussi sous le nom de la Bataille de Dieppe ou opération Jubilee, est une attaque sur le port de Dieppe (Seine-Maritime) occupé par les Allemands sur la côte nord de la France le . Plus de fantassins, majoritairement des Canadiens, furent soutenus par de gros contingents de la Royal Navy britannique et des forces aériennes alliées. L'objectif était de s'emparer d'un port important et de le tenir pendant une courte période, à la fois pour prouver que c'était possible et de récupérer des renseignements des prisonniers allemands et du matériel capturé tout en évaluant la réponse allemande. Le raid était aussi destiné à utiliser les forces aériennes pour attirer la Luftwaffe dans un grand affrontement planifié.
Environ 252 navires quittèrent différents ports dans la nuit du et comme ils approchaient de la côte française tôt le matin du , les choses commencèrent à tourner mal.
15 Fusiliers Marins Commandos français participèrent à cette opération, répartis sur chaque fuseau avec le No.3 Commando, No.4 Commando et le 40 RM Commandos.
Flanc droit, Yellow Beaches: No. 3 Commando La mission du lieutenant-colonel du No.3 Commando était de neutraliser une batterie allemande sur la côte (nom de code : GOEBBELS), près de Berneval, qui pouvait avoir une influence sur le débarquement à Dieppe quelque six kilomètres à l'ouest. Les trois canons de et les quatre canons de de cette 2/770 Batterie devaient être mis hors d'action pendant le temps que la force principale s'approchait de la plage la plus importante.
Le bateau emmenant le No.5 Group du No.3 Commando, s'approchant de la côte vers l'est, ne fut pas averti de l'approche d'un convoi côtier allemand qui avait été localisé par des stations de radar britanniques « Chain Home » à 21 heures 30. Des S-boats allemands escortant un tanker allemand torpillèrent quelques-uns de ces engins de débarquement et mirent hors de combat le Steam gun boat 5 les escortant. Ultérieurement, un Motor Launch 346 et un Landing Craft Flak 1 s'unirent pour écarter les bateaux allemands mais le Groupe fut dispersé, avec quelques pertes, et les défenses ennemies sur la côte furent alertées. Seule une poignée de commandos sous l'ordre du commandant en second, le major Peter Young, débarqua et escalada les falaises entremêlées de fils de fer barbelés. Finalement, 18 commandos atteignirent le périmètre de la Batterie GOEBBELS via Berneval et engagèrent le combat contre leurs cibles avec de petites armes à feu. Incapables de détruire les canons, leur tireurs d'élite contre les canonniers empêchèrent toutefois les canons de tirer avec efficacité lors de l'assaut principal. Ainsi, juste une poignée de soldats britanniques déterminés neutralisa la plus dangereuse des batteries allemandes de la côte dans la zone de ce raid pendant la période la plus critique de l'opération.
4 fusiliers marins commandos français (Troop 1 du No.10 Commando IA) participèrent à ce combat. L'un d'entre eux fut tué (Moutalier), un second fût capturé mais réussi à s'évader pour rejoindre son unité 10 mois plus tard (César).
thumb|Le lieutenant-colonel Lord Lovat, officier commandant du No.4 Commando, à Newhaven au retour du raid sur Dieppe.
Flanc gauche, Orange Beaches: No.4 Commando Le No.4 Commando arriva en force et détruisit ses objectifs, fournissant le seul succès de l'opération. La plupart des hommes du No.4 Commando, sains et saufs, retournèrent en Angleterre. Cette partie du raid fut considérée comme un modèle pour les futurs raids des commandos. Lord Lovat devint célèbre comme officier à cette occasion (Orange Beach). On lui décerna la Distinguished Service Order pour son action et le attaché au No.4 Commando, reçut la Victoria Cross pour sa bravoure.
5 Fusiliers Marins Commandos français de la Troop 1 du No.10 Commando participèrent à ce combat.
Le capitaine Patrick Anthony Porteous, VC Le à Dieppe (France), le était l'officier de liaison entre deux détachements dont la tache était d'attaquer les armes lourdes de défense côtière. Durant l'assaut initial, le capitaine Porteous, avec le plus petit détachement eut la main transpercée, néanmoins il ne désarma pas et tua son assaillant, de ce fait il sauva la vie d'un sergent britannique. Dans l'intervalle, les deux officiers de l'autre détachement avaient été tués et le sergent major sérieusement blessé, aussi le capitaine Porteous, en face de tirs diminuant, se rua à travers la zone dégagée pour prendre le commandement et dirigea les hommes dans une charge réussie contre l'ennemi, quand il fut sévèrement blessé pour la seconde fois. Il continua jusqu'à l'objectif final toutefois, mais finalement s'écroula après le dernier canon qui avait été détruit.
D DAY, Sword Beach
vignette|upright=1|Sword Beach. Lord Lovat, à droite de la colonne traversant à gué. De dos, au premier plan, le sonneur Bill Millin. vignette|upright=1|Commandos de la 1st Special Service Brigade sur le toit de leur jeep avec des soldats allemands capturés près des terrains d'atterrissage de planeurs à Ranville, le 7 juin 1944. vignette|upright=1|Commandos de la 1st Special Service Brigade creusant à proximité des planeurs Horsa près de la garnison de la zone est de la 6th Airborne dans l'Orne, le 7 juin 1944.