La Compagnie des mines de La Clarence est une compagnie minière qui exploitait la houille grâce à deux fosses situées à Divion et Calonne-Ricouart dans le Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais.
Les travaux de la première fosse comprennent deux puits qui sont commencés en 1896, mais la production ne commence qu'en 1901, car ce sont à l'époque les puits les plus profonds du bassin minier et d'Europe, respectivement et . La production augmente d'année en année. Le , six ans après la Catastrophe de Courrières, un coup de grisou entraîne la mort de . La fosse 2 est donc construite à partir de 1916 afin d'assurer l'aérage des chantiers de la fosse 1 - 1 bis.
La production continue d'augmenter durant l'entre-deux-guerres. Des maisons sont construites pour y loger les ouvriers. En 1946, la Compagnie est nationalisée et cesse d'exister. Les installations font désormais partie du Groupe d'Auchel. Le puits 1 est modernisé en 1951, mais un second coup de grisou le , combiné à un gisement très grisouteux, très profond, et peu productif, entraîne la fermeture de la fosse 1 - 1 bis, et par voie de conséquence, son puits 2, destiné à l'aérage. Ils sont remblayés en 1955.
Au début du , il subsiste le terril plat de la fosse 1 - 1 bis, ainsi que ses ateliers, ses salles des machines d'extraction, et sa lampisterie. Le chevalement modernisé du puits 1, démonté, modifié et remonté à la fosse Sabatier est le seul vestige de cette fosses à Raismes. Quant à la fosse 2, sa salle de machine d'extraction est le seul vestige, parmi les hangars plus récents de l'entreprise actuelle.
Historique
Pendant que la Compagnie des mines de Ferfay-Cauchy effectue des sondages à Camblain-Châtelain, la Société de Recherches de La Clarence découvre la houille à Divion en 1894. Cette dernière effectue une demande de concession qui est aussitôt contestée par la Compagnie des mines de Ferfay-Cauchy qui souhaite une extension de sa concession. La Société de La Clarence reçoit finalement par décret du une concession de .
Deux puits sont mis en chantier en . Pendant ce temps, la Compagnie effectue des sondages à Ourton et Beugin qui mettent en évidence la présence de charbon au-delà de mille mètres de profondeur. L'extraction débute le et augmente d'année en année. En 1906, Messieurs Coëtvoët, Renouard, Tesse, Hermary, Jardel, Salmon, Thiriez et Steverlynck siègent au conseil d'administration.
Le se produit un coup de grisou qui entraîne la mort de et en blesse 23. En 1916 débute le fonçage et la construction de la fosse 2, devenue nécessaire pour aérer les travaux du fond. En 1920, M. Michaux est toujours le directeur de la Compagnie, il est aidé dans son travail par M. Dardant. En 1923, M. Bouteille est le directeur technique. Cléophas Joly est le délégué mineur. En 1930, M. Amelin est le directeur de la Compagnie. Neuf ans plus tard, M. Aurel dirige les travaux. Pierre Desbordes est ingénieur pour le fond, M. Laurent sous-ingénieur des travaux pour le fond, et M. Wette ingénieur au jour.
En 1934, de charbon sont produites, et en 1938. sont alors employés par la Compagnie, dont 940 au fond, et 202 au jour. La Compagnie possède , trois écoles, une église et une consultation de nourrissons.
En 1946, la Compagnie est nationalisée, et intégrée dans le Groupe d'Auchel. Le puits 1 est modernisé en 1951, mais un nouveau coup de grisou, combiné à d'autres facteurs entraîne la fermeture de la fosse 1 - 1 bis, et par voie de conséquence, son puits d'aérage, le 2. Le chevalement du puits 1 n'ayant servi que trois ans, il est démonté puis remonté au puits 2 de la fosse Sabatier du Groupe de Valenciennes à Raismes. Les puits sont remblayés en 1955.
Au début du , il subsiste de la Compagnie et de ses fosses les cités minières, des ateliers, la lampisterie et les machines d'extraction de la fosse 1 - 1 bis, l'ancien chevalement moderne du puits 1, désormais à la fosse Sabatier, ainsi que la machine d'extraction de la fosse 2.
Les fosses
Fosse 1 - 1 bis dite La Clarence thumb|Le puits 1.
Puits 1
1896 - 1955
Puits 1 bis
1896 - 1955
La fonçage de deux puits à Divion est commencé à partir d'. Les deux puits sont destinés à assurer l'extraction. Le puits 1 est profond de et est à son ouverture le plus profond d'Europe. Il reste toutefois le plus profond du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Le puits 1 bis atteint la profondeur de , il figure parmi les puits les plus profonds du bassin minier. Pour atteindre cette profondeur, les travaux sont longs. la production ne débute que le . Cette année-là, la fosse très grisouteuse produit , elle est dirigée par M. Bivert. En 1902, la production est de , l'année suivante, permettent de produire .
En 1906, la direction est assurée par M. Moulinier, qui est directeur technique. sont employés par la Compagnie, dont 287 au fond et 74 au jour. Quatre ans plus tard, au fond et 167 au fond permettent à la Compagnie de produire de charbon.
Catastrophe du 3 septembre 1912 thumb|La foule attend avant d'entrer pour reconnaître les victimes. En 1912, le directeur technique est M. Michaux. Le , à , pendant que les de la coupe du matin remontent, et que d'autres mineurs descendent pour commencer leur travail, une explosion de grisou se produit. Durant la journée, et le lendemain, des cadavres et des blessés sont remontés. Des sauveteurs provenant des Compagnies de Marles, Liévin et Bruay viennent apporter leur aide.
M. Michaux, directeur de la mine et Clément Dupont, ingénieur, supervisent les secours. De nouvelles explosions se produisent, entraînant la mort de plusieurs sauveteurs, et de Clément Dupont. Plusieurs incendies se déclarent dans les galeries. Le corps de M. Dupont sera découvert par l'ingénieur M. André Defline qui dirige les opérations de sauvetage. M. Defline sera félicité par Jean Dupuy, ministre des travaux publics, et sera cité à l'Ordre du Corps des Mines pour son dévouement.
Au , le bilan s'élève déjà à , il n'est pas définitif. Par solidarité, les Compagnies de Marles et de Bruay emploient les mineurs de La Clarence dans leurs fosses pendant toute la durée des travaux de sauvetage. Le bilan final est de et de . La Catastrophe de Courrières, qui a eu lieu six ans plus tôt est encore dans tous les esprits.
Des funérailles sont faites aux victimes de la catastrophe, en présence de Jean Dupuy, ministre des travaux publics et de Émile-Louis-Cornil Lobbedey, évêque d'Arras, et d'une foule considérable.
Pour éviter qu'un incident similaire ne survienne à nouveau, il est décidé d'ouvrir un puits supplémentaire, destiné à l'aérage. Il s'agit de la fosse 2.
Pendant la Première Guerre mondiale, la fosse produit en 1914/1915, en 1916, en 1917 et en 1918. dont 747 au fond et 255 au jour sont employés par la Compagnie qui, pour les loger, construit .
En 1946, la Compagnie est nationalisée, et la fosse fait partie du Groupe d'Auchel. La production atteint à peine par jour, il s'agit d'une des plus faibles du bassin minier. Malgré le fait que la fosse soit reconnue très grisouteuse, elle est modernisée en 1951 avec l'installation d'un nouveau chevalement et une nouvelle machine d'extraction est construite par-dessus le puits 1. La production atteint un pic de nettes par jour en 1954 et un peu moins de y travaillent.
Catastrophe du 20 juin 1954
Le , un coup de grisou entraîne la mort de dix mineurs. Cette catastrophe, en plus d'une exploitation pénible et à grande profondeur avec des résultats de production peu encourageants, entraîne la fermeture de la fosse le . Les qui y travaillaient sont mutées aux autres exploitations des groupes d'Auchel et de Bruay. Les puits sont remblayés en 1955. Le chevalement du puits 1 étant pour ainsi dire neuf, il est démonté puis remonté au-dessus du puits 2 de la fosse Sabatier du Groupe de Valenciennes à Raismes, toujours existant.
Au début du , les ateliers, la lampisterie, et les bâtiments des machines d'extraction sont toujours existants. Les têtes des puits 1 et 1 bis sont matérialisées, ce qui permet leur surveillance par le BRGM.
Fosse 2 dite Salonique thumb|La fosse 2.
À la suite du coup de grisou survenu à la fosse 1 - 1 bis, il est devenu nécessaire de créer un autre puits destiné à assurer l'aérage de la fosse principale. Un nouveau puits dénommé 2 ou « Salonique » est commencé le à au nord-ouest du puits 1, à Calonne-Ricouart. Son diamètre est de , un des plus larges du bassin minier, car il est destiné à aérer une fosse qui en plus d'être grisouteuse, exploite un gisement en grande profondeur. Le puits atteint la profondeur de .
Lorsque la fosse 1 - 1 bis est arrêtée, le service l'est aussi à la fosse 2, toutefois, les ventilateurs continuent de fonctionner pendant que les deux puits sont remblayés. Mais le , une explosion se produit durant les travaux de remblaiement, faisant sauter le sas, les ventilateurs, le garnissage du chevalement, les vitres, les tuiles ... Beaucoup de précautions sont prises dès lors pour continuer le remblaiement.
Au début du , le seul vestige de la fosse est la salle de la machine d'extraction, intégrée à un ensemble de hangars plus récents, dont un surplombe le puits. La tête de puits est matérialisée, ce qui permet sa surveillance par le BRGM.
Notes et références
Notes
Références
Références aux fiches du BRGM
Références à
Références à
Voir aussi
Articles connexes Bassin minier du Nord-Pas-de-Calais Compagnie des mines de Bruay Compagnie des mines de Marles Liens externes
Bibliographie
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