Sanremo, anciennement San Remo, est une ville d'Italie située dans la province d'Imperia, dans la région de Ligurie.

Sanremo compte environ en 2025. En nombre d'habitants, elle est la quatrième commune ligurienne, après Gênes, La Spezia et Savone.

Le nom des habitants en français est Sanrémasques, avec le suffixe -ask typique du ligure ancien. Ils parlaient traditionnellement les dialectes ligures intémélien, d'Intemelia, nom désignant la région romaine qui s'étendait de Sanremo à Nice.

Sanremo est une ville touristique, connue notamment pour la culture des fleurs (chaque année a lieu un corso fleuri, Sanremo en fleurs, d'où le surnom de Cité des fleurs), pour son festival de la chanson italienne, son rallye automobile et son rôle de point d'arrivée de la course cycliste Milan-Sanremo.

Elle est une des quatre seules villes italiennes à avoir un casino (avec Venise, Campione d'Italia et Saint-Vincent du Val d'Aoste).

Géographie vignette|Vue sur la Piazza Bresca, lieu animé en soirée entre centre-ville et bord de mer à San Remo.

La ville est adossée à deux massifs montagneux qui commencent au mont Bignone ( mètres) et s'étendent jusqu'à la mer : à l'est vers le promontoire du cap Vert (surmonté du phare du cap de l'Arme), et à l'ouest jusqu'au cap Noir.

Le relief montagneux, les futaies de châtaigniers et l'influence de la mer permettent à la ville de profiter d'un climat méditerranéen doux.

Le hameau résidentiel historique, la Pigna, est comme accroché aux parois d'un promontoire dominé par l'église de la Madone de la Côte où les torrents San Francesco et San Romolo dévalent. À l'est, le torrent San Martino et, à l'ouest, le torrent Foce ont donné leurs noms aux parties respectives de la ville.

L'arrière-pays, à l'abri de la ville, est consacré en grande partie à la culture de fleurs (sous serres). En effet, la culture de fleurs joue un rôle important dans l'économie de la ville. Quelques oliveraies et des restes de cultures en terrasse, désormais pratiquement abandonnées, parsèment la campagne et les collines environnantes.

La partie boisée de l'arrière-pays a été récemment incluse dans le parc naturel de San Romolo-Mont Bignone. D'une surface d'environ , cette zone (anciennement parcourue par les sentiers muletiers) possède une grande valeur historique et est riche par sa faune, sa végétation, et ses paysages.

Sanremo est entourée à l'est par le hameau Poggio et à l'ouest par le hameau Coldirodi. Le premier est connu pour être la dernière partie en pente de la course cycliste Milan-Sanremo, le second pour l'importante pinacothèque Rambaldi.

Du point de vue administratif, la ville s'étend à l'est du cap vert jusqu'au hameau Bussana, le plus peuplé de la ville. Ce hameau a été reconstruit après le tremblement de terre de 1887 qui en avait détruit la partie centrale (ce site correspond aujourd'hui à Bussana Vecchia).. Les constructions en ruines ont été abandonnées jusqu’au début des années soixante quand des artistes venus du monde entier ont décidé de les repeupler, en remettant sur pied les constructions originelles en pierre. Unique en son genre, c'est aujourd'hui un laboratoire à ciel ouvert pour l'art, une porte ouverte sur la vie et la culture rurale du .

En 2006, la ville a reçu le Pavillon Bleu d'Europe pour la qualité des services offerts dans le port touristique (Portosole di Sanremo).

Hameaux

Beuzi Bevino Borello Bussana, qui comprend également le village artistique de Bussana Vecchia Coldirodi Gozo Inferiore Gozo Superiore Poggio (Sanremo) San Bartolomeo San Giacomo San Giovanni San Romolo (Sanremo) Pian Della Castagna Picchetta Verezzo, qui est divisée en Verezzo San Donato et Verezzo Sant'Antonio (qui sont deux paroisses distinctes) San Pietro Villetta

Toponymie

La toponymie hésite entre deux versions dérivées de l’étymologie : Sanremo et San Remo. Le nom de la ville semble être une forme dérivée de San Romolo « saint Romule de Gênes » (en dialecte local ligure, on trouve Sanrœmu ou Sanremu) ou encore de la contraction de San Romolo in Eremo ou de Sant'Eremo. Saint Romule de Gênes était un évêque de Gênes ayant vécu au et qui a passé une bonne partie de sa vie dans la ville ligurienne. Il mourut en ermite sur les pentes du mont Bignone.

La commune adopte officiellement le nom de Sanremo en 2002Statuto del Comune di Sanremo.

En France Le nom officiel de cette ville italienne n'est aujourd'hui pas francisé (contrairement à d'autres toponymes italiens possédant un nom français). Les dictionnaires d'usage précisent que les deux formes Sanremo et San Remo sont autorisées en françaisLe Petit Larousse (illustré) 2008, p. Le Robert encyclopédique des noms propres 2008, p. Dictionnaire Hachette 2008, p. .. Les grands atlas et cartes géographiques utilisent presque toujours la graphie San Remo<ref>Carte IGN 901, France basique au 1 millionièmeGeo Gallimard pour le Grand Atlas du monde de la Sélection du Reader's DigestGrand Atlas Le MondeGeographica.</ref>. Il est donc possible de retrouver l'une ou l'autre forme dans les divers médias contemporains français. Dans un contexte historique, on trouve aussi parfois la graphie accentuée San Rémo ou la présence d'un trait d’union San-Remo.

Cette double toponymie s'explique par la controverse entourant la graphie de ce nom en italien (voir ci-dessous).

Toutefois, la ville a fait historiquement partie de 1793 à 1814 du premier département français des Alpes-Maritimes (dont elle était un chef-lieu d'arrondissement), sous le nom français de Saint-Rème.

En Italie Le point de vue officiel est toujours controversé et est souvent le sujet d'interprétations diverses entre les deux formes. Dans tous les cas, il n'existe pas dans la religion catholique de saint Remo, explication retenue par ceux qui retenaient uniquement la forme contractée en un seul mot, comme c'est le cas actuellement dans la ville et dans tous les organismes publics régionaux.

Pourtant, à la fin de l'époque fasciste, il y eut des discussions sur l'orthographe exacte de la ville et de nombreuses personnes ont été tentées d'utiliser la version composée. Les partisans de cette orthographe se référaient à l'étymologie du nom et au principe de continuité historique : dans les cartes géographiques du on peut remarquer que la forme composée était employée (soit Civitas Sancti Romuli soit San Remo — mais c'est une traduction très contestable).

Plus récemment, en étudiant attentivement les documents des archives communales, on observe que le , l'Institut central de statistique avait listé la ville avec le nom composé San Remo, alors que l'administration, jusqu'à ce moment, ne respectait pas le nom officiel « San Remo ». En effet, le , le journal officiel italien (la Gazzetta Ufficiale) imposa que le nom officiel exact soit San Remo.

Ce même institut statistique intervint le pour rappeler à la ville l'édit du journal officiel. Toutefois, à l'initiative du préfet, le maire de l'époque répondit « Nous insistons pour que le nom soit modifié en Sanremo ».

Le , le président de l'institut central de statistique contacta à nouveau la ville et écrivit : « … le code communal devrait être modifié selon le nom suivi par l'institut (San Remo, ndr) en en-tête des documents officiels, des timbres utilisés par les services communaux. » et demanda des « preuves écrites de l'application de cette décision ».

Le , le maire envoya la réponse suivante : « Nous vous demandons de remarquer qu'à partir de maintenant le nom de la ville sera orthographié « San Remo » plutôt que « Sanremo » ».

La Seconde Guerre mondiale passée, le nom en un seul mot fut toujours utilisé. C'est pourquoi le maire, avec un édit daté du , envoya à tous les fonctionnaires la lettre suivante : « On porte à la connaissance des destinataires que l'orthographe exacte du nom de notre ville est le suivant : « San Remo ». Nous vous faisons parvenir cette information normative en vous priant de bien vouloir la faire suivre au personnel approprié, afin que les documents imprimés et les communications officielles utilisent le nom exact. ».

Cette décision ne fut jamais appliquée dans les organismes municipaux. Malgré cette décision « officielle » de la ville, la graphie « San Remo » continua à être refusée par la population. L'autre version était utilisée en grande majorité, en particulier dans les indications routières, ferroviaires, touristiques et même presque partout dans les documents officiels de la ville, de la province et de la région. Même les documents officiels électoraux indiquaient le nom Sanremo. Dans les documents centralisés, comme le Journal officiel, les registres des contribuables et dans les documents du centre de statistique, la forme San Remo continua, un temps, à être utilisée. Désormais, l'ensemble des médias italiens utilise uniquement la forme contractée « Sanremo ».

Finalement, à la suite des diverses délibérations du conseil municipal entre 1991 et 2002, la ville approuva (par une norme officielle de la commune) la forme en un seul mot.

Histoire

Préhistoire Le site de Sanremo a été habité très tôt dans l'histoire, comme en témoignent des restes d'installations humaines datées du Paléolithique. C'est à l'époque romaine que la ville commence à se développer de manière significative.

Antiquité Elle fut fondée le long de la Via Julia Augusta, probablement appelée ainsi par Caius Matutius, qui avait construit une somptueuse villa autour de l’oppidum ancien (près de l'actuel casino). Une autre interprétation fait référence à la divinité d'origine asiatique Mater Matuta, déesse de l'aurore, dont le nom serait donc devenu Matutia puis Villa Matutiæ.

Moyen Âge Quelle qu'en soit l'origine, il est cependant certain que, après la conversion de la population au catholicisme par le saint Orsmida et l'ermite saint Romolo, au la ville fut attaquée continuellement par des pirates sarrasins, qui contraignirent la population à se réfugier dans les montagnes. Passé cette période de dévastations, la ville fut reconstruite le long de la côte, dans les quartiers actuels de San Siro et de la Pigna (appelé ainsi à cause de la forme enroulée selon laquelle ce quartier fut construit pour des raisons militaires), entourée d'une muraille et défendue par un château. Cette zone fut par la suite dédiée à saint Romolo. Un document de 979A. Canepa, Illustrazione di antichi documenti riferentesi al Castello di S. Romolo, Albenga, 1935. indique que plusieurs familles demandent à l'évêque Teodolfo un lopin de terre (nommé castrum Sancti Romuli) pour un loyer réduit, dédié à l'évêque qui est « maintenant considéré comme un saint et vénéré par la population, qui dans sa tombe prie et invoque la protection divine contre les ennemis qui continuent à saccager et tuer »* N. Calvini, Pagine di storia sanremasca, Casabianca, Sanremo, 1978..

La ville appartenait précédemment au diocèse d'Albenga-Imperia, puis au comté de Vintimille, et finalement elle passa sous le contrôle des évêques de Gênes.

En 1297, Sanremo fut vendue aux nobles familles génoises de Oberto Doria et Giorgio De Mari qui en modifièrent le statut administratifE. Bernardini, San Remo, storia e anima di una città, De Agostini, Novara, 1987. En 1361, elle passa sous le contrôle de la république de Gênes jusqu'en 1367 quand la population fit une collecte pour se racheter et devenir une commune libre (toujours sous la protection de Gênes mais avec un statut particulier).

Temps modernes Au , les invasions sarrasines recommencèrent, dont celle du pirate Barbe-rouge, qui en 1544 ravagea la ville et pilla l'église de San Siro.