Le Grand Prix de Saint-Georges-de-Chesné (Ille-et-Vilaine) est une ancienne course cycliste française, créée par le maire de la commune de l'époque, Louis DelaunayLa Chronique Républicaine, 8 mai 1948. L'épreuve connaît 22 éditions de 1948 à 1976. D'abord course régionale, l'épreuve devient dans les années 1960 l'un des critériums cyclistes les plus réputés d'Ille-et-Vilaine et de Bretagne Pourtant, au fil du temps, de grands rendez-vous se sont créés, propres à attirer les noms illustres et à provoquer de belles émotions : Callac (Côtes-d'Armor), Plouay (Morbihan), Châteaulin (Finistère), Saint-Georges-de-Chesné (Ille-et-Vilaine), Argentan (Orne), La Trimouille (Vienne) - où le circuit zigzague entre l'Île aux serpents et une usine de soutien-gorge aujourd'hui désaffectée -, Guéret (Creuse), Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Cité par Michel Dalloni, dans Le Vélo, coll. "100 Questions sur", éditions de la Boétie, 2013, chap.39 Comment sont nés les critériums ?Les anciens coureurs ont évoqué les nombreux critériums qui se disputaient en Bretagne : Callac, Guerlesquin, Châteaulin, Saint-Georges-de-Chesné, Rieux, Saint-Just et « surtout Bain-de-Bretagne » comme l’ont rappelé Jan Janssen (lire ci-contre) et Raymond Poulidor. Des critériums auxquels de nombreux champions d’Ille-et-Vilaine ont participé. Extrait de l'article « Avec les légendes du vélo, le public vibre toujours », Ouest-france, 22 octobre 2018..
Histoire
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Les prémices avant-guerre Des courses cyclistes régionales ont déjà lieu à Saint-Georges-de-Chesné dès les années 1920. En 1926, Eugène Bréard (sur cycles Sparting) gagne à Saint-Georges-de-ChesnéOuest-Éclair, 9 mai 1926 (la même année, il termine troisième à MartignéOuest-Éclair, 20 août 1926). Lors des assemblées annuelles de la commune, futur cadre des premières éditions du Grand Prix cycliste, des courses cantonales ont déjà lieu en 1929 et 1938. Une course régionale a lieu le sur un circuit de à effectuer deux fois, qui est réservée aux coureurs non licenciés. Les premières courses 1948-1950
La montée en puissance 1951-1958
Le Grand Critérium cycliste international 1959-1969
À partir de 1962, et jusqu'en 1970, la ville de Laval décide d'organiser un critérium cycliste professionnelLa Chronique républicaine, 6 septembre 1962, qui se déroule aux mêmes dates ( de septembre) que celui de Saint-GeorgesDates du critérium de Laval sur memoire-du-cyclisme.eu. Les deux critériums ont lieu le même week-end en 1962 et 1964, puis les organisateurs de Saint-Georges-de-Chesné décident d'avancer les dates des éditions 1965 et 1966. Les deux communes, distantes de , ne partagent pas le même budget. Cela prive le Grand prix à la fois de têtes d'affiche chez les coureurs et aussi de spectateurs car des services de cars sont organisés depuis le Pays de Fougères jusqu'à Laval. Pour exemple, lors de sa première édition, le critérium de Laval offre une Simca 1000 au vainqueurArsène Maulavé, Marcel Le Roux, Au temps des critériums, éditions Alan Sutton, 2008.
Le déclin du Grand Prix cycliste 1970-1976
Organisation Le Grand Prix cycliste est organisé par le comité des fêtes de la commune et par l'équipe municipale. Louis Delaunay est la cheville ouvrière de la course cycliste ; marchand de bestiaux de profession, il est à la fois maire de la commune et président du comité des fêtes. Le Grand prix cycliste se déroule, à l'origine, durant les fêtes annuelles de la commune : à la fin du mois d'avril ou au début du mois de mai. À partir de 1955, lorsque la course prend de l'envergure, elle se déroule au début du mois de septembre généralement, après le Tour de France, afin d'accueillir les coureurs qui ont brillé lors de cette épreuve. En 1959, la course est inscrite au calendrier international et doit avoir lieu le deuxième dimanche de septembre, après la fête des Angevines à FougèresLa Chronique Républicaine, 19 septembre 1959, qui comporte aussi une course cyclistePalmarès du Prix des Angevines à Fougères sur memoire-du-cyclisme.eu. Autour de la course cycliste, on trouve des animations : courses à pied, concours d'accordéon, concours de palet, courses de lenteur à vélo, bals, etc.
De 1949 à 1964, le contrôle sportif de l'épreuve est effectué par le Vélo Sportif FougeraisLe club fusionne avec La Roue d'Or Fougeraise en 1993 pour devenir le Club Olympique Cycliste Fougerais., l'un des deux clubs cyclistes de Fougères. Puis de 1965 à 1971 c'est le Véloce Club RennaisSite officiel du Véloce Club Rennais qui se prend en charge le contrôle sportif de la course. L'épreuve est parrainée par La Chronique RépublicaineSite de La Chronique Républicaine, l'hebdomadaire du pays de Fougères. 300px|thumb|La Chronique Républicaine parraine l'épreuve dès ses débuts, couvrant la course et offrant des primes.
Dans les années 1960, la course devient un des critériums les plus réputés d'Ille-et-Vilaine avec ceux de Bain-de-Bretagne et de Châteaugiron. L'épreuve attire dans la petite commune jusqu'à plus de six mille spectateurs. L'entrée est payante pour assister à l'évènement ; des palissades en bois sont dressées sur les routes, fermant l'accès au bourg, sur décision préfectorale. À partir de 1951, des tribunes sont installées près de la ligne d'arrivée (RD 23, actuelle rue du romarin). Des services de transport de cars sont mis en place, à partir de 1958, pour acheminer les spectateurs depuis Fougères et Saint-Aubin-du-CormierLa Chronique Républicaine, 6 septembre 1958.
Les speakers Le premier commentateur connu de la course est M. Sylvestre, des biscuits Gondolo, en 1959. Le journaliste sportif de Ouest-France et de Radio BretagneRadio Bretagne - Équipe sur le site « 100 ans de radio », Pierre Chable, commente la course en 1961, 1962, 1963, 1964 et 1967. Jacques Dufoix le fait uniquement en 1965La Chronique Républicaine, 31 juillet 1965. L'ancien coureur cycliste Césaire Le Mercier, qui a participé à la course en 1950, par ailleurs organisateur des Intervilles à Rennes« Quand les quartiers jouaient à intervilles », article de Olivier Brovelli, dans Le Rennais , 15 décembre 2005 et président de l'Amicale des arbitres d'Ille-et-VilaineLa Chronique républicaine, 4 juin 1966, commente en 1966, 1969 et 1970 (parfois sous le pseudonyme de Pepito).
Déroulement Un classement par points du meilleur sprinter est mis en place à partir de 1959, jusqu'en 1970. Un contre-la-montre, couvrant un tour du circuit, a lieu avant la course à partir de 1961 jusqu'en 1969. En 1970, le contre-la-montre ne se déroule plus sur le circuit mais devient une course de côte de . En 1969, les organisateurs tentent d'introduire une nouvelle épreuve de relais de trois coureurs sur trois toursLa Chronique Républicaine, 21 août 1969, mais elle est annulée à cause des intempéries et du refus des coureurs d'y participerLa Chronique Républicaine, 28 août 1969.
Plateau 300px|thumb|Trio de coureurs ayant participé au G.P. cycliste : Seamus Elliott (en 1959 et 1964), Jean Stablinski (en 1959, 1962 et 1964) et Jacques Anquetil (en 1964). D'abord simple course régionale de 1948 à 1950, réunissant surtout les coureurs des clubs cyclistes de Rennes et Fougères, l'épreuve s'ouvre aux professionnels à partir de 1951. La course prend de l'ampleur en 1955, année où la course a lieu en septembre, afin d'accueillir les coureurs ayant brillé sur le Tour de France. Le terme de critérium apparaît en 1958La Chronique Républicaine, 9 août 1958 et l'appellation "Grand Critérium cycliste international" en 1959La Chronique Républicaine, 12 septembre 1959. La course se fait sur invitation des organisateurs entre 1955 et 1969.
Les plus grands champions français des années 1960 y participent comme Jacques Anquetil (en 1964), Raymond Poulidor (en 1961, 1963 et 1966), Roger Pingeon (en 1966, 1967 et 1969), Jean Stablinski (en 1959, 1962 et 1964), Lucien Aimar (en 1966), Henry Anglade (en 1963) ou encore le "vétéran" Jean Robic (en 1959). Ils y affrontent des coureurs régionaux, notamment les "locaux" originaires du Pays de Fougères, dont certains sont coureurs professionnels eux aussi tels : Joseph Groussard (10 participations, 4 victoires) et son frère Georges Groussard (8 participations, 2 victoires), Henri Battais (6 participations), Eugène Letendre (4 participations), Émile Guérinel (4 participations, 1 victoire) ou Albert Bouvet (3 participations).
À partir de la fin des années 1950, le plateau s'internationalise au fur et à mesure des éditions accueillant : l'Irlandais Seamus Elliott (en 1959 et 1964), les Belges Germain Derycke (en 1961), Gilbert Desmet (en 1962, 1964 et 1966), son homonyme Gilbert De Smet ainsi que Benoni Beheyt et René Van Meenen (en 1963), Willy Bocklant et Edward Sels (en 1964), les Britanniques Brian Robinson (en 1961), Tom Simpson (en 1963), David Lancaster (en 1966) et Barry Hoban (en 1967 et 1969), les Espagnols Federico Bahamontes (en 1962 et 1964) et Andrés Gandarias (en 1969), les Allemands Rolf Wolfshohl (en 1963, 1964, 1965, 1966 et 1967) et Hans Junkermann (en 1963), les Italiens Vittorio Adorni (en 1964) et Felice Gimondi (en 1969), les Néerlandais Jan Janssen (en 1965) et Jo de Roo (en 1965), ainsi que le Luxembourgeois Johnny Schleck (en 1965). Parmi les coureurs de marque, on note l'absence d'Eddy Merckx, dont l'émergence correspond au déclin de l'épreuve. Néanmoins, Louis Delaunay tenta de le faire venir ; les négociations échouant sur le plan financier.
Circuit En 1948, le Grand Prix est une course en ligne et en 1949, il s'agit d'un circuit parcourant Saint-Georges-de-Chesné et les communes voisines. À partir de 1950, le circuit occupe le bourg de Saint-Georges-de-Chesné. Son parcours est modifié plusieurs fois oscillant entre 600 et , à répéter une centaine de fois. À chaque tour, le sprint était disputé pour l'obtention de primes offertes par les commerçants ou par le journal La Chronique Républicaine. En 1951, sur la place de l'église, au carrefour des routes de Mecé (RD 105) et de Combourtillé (RD 24), le virage du circuit est aménagé avec l'installation d'un plancher incliné de .
AnnéeLongueur du circuitNombre de toursLongueur de la course195012519512x7519522x7019532x571954570 m2x70195510019581000 m100100 km195912019611251962125196312519641251965125196612519671301969110197012519711519721976
Les 22 éditions
1948 : édition 0 Louis Delaunay, le maire de la commune et le président du Comité des fêtes, organise la "Grande course cycliste inter-régionale" le . À côté de la course régionale se déroule également une course cantonale, remportée par Barrier.
C'est le pensionnaire du Véloce-Club Rennais, Simon Lamour, qui remporte la course régionale longue de , avec 6 minutes d'avance.
Cette course en ligne, ne fut pas comptabilisée, dans la numérotation, par la presse comme la première édition du Grand Prix cycliste.
1949 : édition C'est la première mention de la course dans la presse sous l'appellation "Grand Prix de St-Georges-de-Chesné". L'épreuve, qui a lieu le , est ouverte aux coureurs de , et . C'est la première fois qu'est mentionné le contrôle sportif effectué par le Vélo-Sport fougerais. Autre première, l'épreuve se court en circuit. Le parcours d'une vingtaine de kilomètres ; part de Saint-Georges-de-Chesné, passe par Saint-Jean-sur-Couesnon au lieu-dit "la Juhellerie", par Vendel et enfin de nouveau à Saint-Georges-de-Chesné. Le circuit est à réaliser trois fois, soit au total. Les prix récompensant les coureurs s'élèvent à francs, auxquels il faut ajouter les primes. Il y a 30 coureurs au départ.
La course connaît beaucoup d'abandons sur crevaison, dus au mauvais état de la route entre Vendel et Saint-Georges-de-Chesné. C'est le pensionnaire du C.C.Rennais Régnier, qui s'impose devant les coureurs fougerais.
Classement général final1. Régnier C.C. Rennais 2. Morin V.S. Fougerais 3. Legeleux V.S. Fougerais 4. Lahaye C.C. Fougerais 5. Piarrot C.C. Fougerais6. Fleury V.S. Fougerais 7. Heudré C.C. Fougerais 8. Cupif C.C. Rennais
1950 : édition