Henriette Hauser, alias Citron, née Henriette Hausser le dans l'ancien arrondissement de Paris et morte le dans le arrondissement de Paris, est une actrice, une artiste lyrique et un modèle français.

Biographie

Jeunesse Henriette Hausser naît en 1830 à Paris, fille naturelle d'Annette HausserActe de mariage du , Gournay-en-Bray, Archives de Seine-Maritime. En , à dix-huit ans, installée à Gournay-en-Bray avec sa mère devenue , elle épouse Michel Salvador Ferdinand Boulier, un pharmacien de trente et un an. Mais cinq semaines plus tard, elle se marie à nouveau, avec un dénommé Louis Nicolas Vaté, un marchand de nouveautés âgé de trente-cinq ansActe de mariage du , Gournay-en-Bray, Archives de Seine-Maritime. Deux ans plus tard naît dans la même commune leur fils, prénommé Louis HenriActe de naissance du , Gournay-en-Bray, Archives de Seine-Maritime.

Carrière D'après l'historien du théâtre Henry Lyonnet, Henriette Hausser commence sa carrière en 1856 à Bruxelles, qu'elle quitte en 1862 pour La Haye. Dans la presse belge, on la présente en 1859 comme , qui l'année précédente et vient de débuter au , à Turin. En 1863, la presse française commence à mentionner son nom, à l'occasion des représentations de la féerie Peau d'Âne, à la Gaîté, où elle se fait remarquer en reprenant le rôle de Ferraris. Très vite considérée comme une actrice demi-mondaine, Henriette Hausser participe aux événements de la vie parisienne du Second Empire — bals, réceptions, courses hippiques... Dans une rubrique du journal Le Géant intitulée « Les jolies femmes de Paris », le romancier Charles Diguet dresse d'elle un portrait dithyrambique, louant ses attributs physiques, son , ses , , .

À l'instar de Marie Colombier, actrice du théâtre du Châtelet, Henriette Hausser donne elle-même à l'occasion des soirées, dont le coût la conduit à contracter des dettes conséquentes : en 1870, le tribunal de la Seine la condamne ainsi à rembourser près de à son débiteur, le restaurateur Louis Bignon. Peut-être pour échapper à ses déboires en France, sa carrière théâtrale se déroule en partie à l'étranger, à Berlin, ou à Londres où elle est engagée pour reprendre le répertoire du Gymnase.

En 1872, son mari, Louis Nicolas Vaté, resté à Gournay et devenu voyageur de commerce, meurt à l'âge de cinquante-huit ansActe de décès du , Gournay-en-Bray, Archives de Seine-Maritime. Après son rôle dans La Closerie des genêts de Frédéric Soulié, en 1874, la carrière sur scène d'Henriette Hausser semble marquer le pas.

Elle devient la maîtresse du prince héritier Guillaume des Pays-Bas qui, en désaccord avec sa famille, a quitté La Haye pour Paris. Parce qu'il porte le titre de prince d'Orange-Nassau, il reçoit par plaisanterie du duc de Gramont-Caderousse le surnom de prince Citron, et Henriette Hausser devient par ricochet Citron.

En 1876, elle sert de modèle à Édouard ManetJoy Newton, « Zola et le saut dans les étoiles », La Représentation du réel dans le roman. Mélanges offerts à Colette Becker, Paris, Oséa, 2002, p. 167 , qu'elle a probablement rencontré chez la poétesse Nina de Callias, elle-même représentée en 1873 sur le tableau de Manet La Dame aux éventails. On dit d'Henriette Hausser qu'elle a déjà posé en 1866 pour le peintre Charles-François Marchal et son tableau Phryné, et inspiré à Alexandre Dumas fils le personnage de de Santis dans sa pièce Le Demi-Monde en 1855. Manet baptise sa toile Nana, comme le personnage de courtisane créé la même année par Émile Zola dans le roman L'Assommoir, que le peintre a lu dès sa parution en feuilleton. Henriette Hausser pose debout, en déshabillé devant un miroir, sous les yeux d'un homme en habit. Le tableau, refusé au Salon de 1877, est exposé chez Giroux, un magasin du boulevard des Capucines. Peu après, Henriette Hausser pose à nouveau pour Manet, aux côtés des peintres Victorine Meurent et Henri Guérard, pour Le Skating. En 1879, Zola publie le roman Nana, dont la cocotte Nana est cette fois le point central et qui en raconte la chute. Le personnage est inspiré de plusieurs figures de l'époque, artistes et demi-mondaines, comme Blanche D'Antigny, Valtesse de La Bigne, Cora Pearl ou Hortense Schneider.

Durant la décennie suivante, désormais qualifiée d', Henriette Hausser se produit épisodiquement sur scène, lors de concerts dans lesquels elle chante, déclame de la poésie ou joue du cithare. Mais son nom est peu à peu oublié. En 1884, à l’occasion de la vente de tableaux d'Édouard Manet, Le Figaro parle d'elle comme , qui a posé pour Manet ou Marchal.

Henriette Hausser continue de jouer à Paris jusqu'en 1894. Elle meurt, veuve, en 1895 à Paris, dans son domicile du 67, avenue de WagramActe de décès du , Paris , Archives de Paris, et est inhumée trois jours plus tard au cimetière parisien de Saint-OuenRegistre journalier d'inhumation, , cimetière parisien de Saint-Ouen, Archives de Paris.

Théâtre

1859 : Noblesse oblige, théâtre Scribe, Turin 1863 : Peau d'Âne, féerie de Louis-Émile Vanderbuch, Laurencin et Clairville, théâtre de la Gaîté : la fée Coquette (en remplacement de Ferraris) 1864 : Une tasse de thé, théâtres des Jeunes-Artistes () 1866 : Orphée aux Enfers, opéra bouffe en 2 actes et 4 tableaux d’Hector Crémieux et Ludovic Halévy, musique de Jacques Offenbach, Bouffes-Parisiens 1870 : Les Vieux Garçons, comédie en 5 actes de Victorien Sardou, Londres : Clémence 1874 : La Closerie des genêts, drame en 7 actes de Frédéric Soulié, théâtre de Cluny : Léona

Dans la culture

Littérature

1855 : Le Demi-Monde, pièce d'Alexandre Dumas fils, créée au théâtre du Gymnase le (Henriette Hausser aurait inspiré le personnage de de Santis)

Tableaux

Phryné, Charles-François Marchal, 1868 (tableau disparu, connu d'après sa gravure« Mademoiselle Phryné », dessin de Charles Marchal, gravure de Sado Cuccinotta, in Arsène Houssaye, Les Parisiennes, II, Mademoiselle Phryné, Paris, Dentu, 1869, non paginé (vue 268/404)) Nana, Édouard Manet, 1877, coll. Kunsthalle de Hambourg Le Skating, Édouard Manet, 1877, coll. Fogg Art Museum, Cambridge (avec Victorine Meurent et Henri Guérard)

Bibliographie

Notes et références

Notes

Références

Catégorie:Émile Zola Catégorie:Édouard Manet Catégorie:Naissance en novembre 1830 Catégorie:Naissance dans l'ancien 4e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en avril 1895 Catégorie:Décès dans le 17e arrondissement de Paris Catégorie:Nom de scène Catégorie:Décès à 64 ans Catégorie:Actrice française de théâtre Catégorie:Demi-mondaine Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière parisien de Saint-Ouen