Sésostris est le de la égyptienne et a régné au cours du . Il est le successeur d' avec qui il a peut-être été corégent pendant 2 ou 3 ans et dont il est peut-être le fils ou le gendre par son épouse principale ; c'est avec elle qu'il engendra son succésseur .
Généalogie vignette|gauche|redresse=0.8|La reine dite Oueret, femme de Sésostris et mère de (musée du Louvre, E32564).
Sésostris est peut-être le fils de son prédécesseur, , mais rien ne vient confirmer ce lien de manière certaine ; une autre hypothèse fait de lui le membre d'une autre branche de la famille royale, qui aurait épousé la fille du roi . Le nom de sa mère est inconnu, mais parmi les hypothèses se trouve la reine Sénet, connue comme étant épouse d'un roi et mère d'un autre.
Sésostris a au moins deux épouses et peut-être quatre : , dite Oueret, attestée par plusieurs documents qui font d'elle l'épouse de et la mère de ; elle pourrait également être identique à la fille homonyme d', , attestée par deux statues assises grandeur nature découvertes à Tanis et aujourd'hui conservées au musée du Caire ; ses titres de « fille du roi de son corps », « Maîtresse des Deux Terres », « Grande au sceptre », « Maîtresse de toutes les femmes » et « Aimée de Khâkhéperrê » font d'elle une fille d' et une épouse de , Itaouéret, attestée uniquement par sa tombe double qu'elle partage avec Sathathorméryt dans le complexe pyramidal d' à Dahchour ; elle porte les titres de « fille du roi » et « Celle qui est unie à la couronne blanche », faisant d'elle une probable fille d' et peut-être une épouse de , Khénémet, attestée uniquement par sa tombe double qu'elle partage avec Ita dans le complexe pyramidal d' ; elle porte les mêmes titres qu'Itaouéret, faisant donc d'elle une probable fille d' et peut-être une épouse de .
On lui connaît plusieurs enfants potentiels : deux fils : le futur , fils de la reine , Senousert-Seneb, mentionné sur un papyrus découvert à El-Lahoun (P. Berlin 10095), trois ou quatre filles : , mentionné sur un papyrus découvert à El-Lahoun (P. Berlin 10095) ; à une « fille du roi » nommée Itakaÿt est également attribuée la pyramide située dans le complexe pyramidal de à Dahchour ; cette princesse est parfois considérée comme identique à la fille du roi du papyrus, ce qui ferait d'elle l'épouse de , mais elle est également considérée comme une fille de , , mentionné sur un papyrus découvert à El-Lahoun (P. Berlin 10095), Sathathoriounet, attestée uniquement par sa tombe située dans le complexe pyramidal de à El-Lahoun, une dame inconnue, enterrée dans la pyramide du complexe pyramidal de et dont les titres (« fille du roi » et « Celle qui est unie à la couronne blanche ») font d'elle la fille d'un roi et l'épouse d'un autre, identifiés respectivement comme et L'ouvrage de Dodson et Hilton place fautivement la reine comme fille du roi dans la représentation de l'arbre généalogique de la dynastie (p. 92-93)..
Règne vignette|gauche|redresse=0.8|Pectoral au nom de Sésostris .
Accession au trône
et son successeur Sésostris partagent une brève corégence, la seule incontestée de tout le Moyen Empire. Contrairement à la plupart des monuments à double date, la stèle de Hapou de Konosso indique explicitement que ces deux rois ont régné ensemble pendant un certain temps et que l'année 3 du règne de Sésostris équivaut à l'année 35 du règne d'. L'année 35 d' indiquée sur la stèle de Hapou est également la plus haute date connue pour lui.
Longueur de règne
La durée des règnes de Sésostris et de est l'une des principales interrogations actuelles concernant la chronologie de la . Le Canon royal de Turin semble attribuer un règne de dix-neuf ans à Sésostris et de trente ans à Sésostris . Cette vision traditionnelle a été remise en question en 1972 par l'égyptologue américain William Kelly Simpson, qui a observé que la dernière année de règne attestée de Sésostris était sa , et celle de Sésostris sa .
Kim Ryholt suggère que les noms figurant sur le Canon ont été mal arrangés. Il propose deux durées de règne possibles pour Sésostris : dix ans et un peu plus, ou dix-neuf ans. L'égyptologue Thomas Schneider cite l'article de Mark C. Stone, publié dans le Göttinger Miszellen en 1997, qui détermine que la plus haute année de règne enregistrée pour Sésostris était sa , d'après la stèle du Caire JE 59485.
D'autres universitaires préfèrent lui attribuer seulement dix ans de règne, et accordent plutôt le règne de dix-neuf ans à Sésostris . D'autres encore, comme Jürgen von Beckerath ou Frank Yurco, maintiennent le point de vue traditionnel d'un règne de dix-neuf ans pour Sésostris , étant donné le niveau d'activité entrepris par le roi pendant son règne. Yurco note que la réduction de la durée du règne de Sésostris pose des difficultés, car « ce pharaon a construit une pyramide complète à El-Lahoun, avec un temple funéraire en granit massif et un ensemble de bâtiments. De tels projets ont pris, de manière optimale, de quinze à vingt ans pour être achevés, même avec des briques de terre cuite utilisés dans les pyramides du Moyen Empire ».
Le problème de la durée du règne de Sésostris n'est pas encor résolu. De nombreux égyptologues préfèrent aujourd'hui lui attribuer un règne de neuf ou dix ans, uniquement en raison de l'absence de dates attestées pour lui au-delà de sa de règne. Cependant le jour et le mois de la mort de Sésostris pourraient être déterminés. Selon Jürgen von Beckerath, les documents du temple d'El-Lahoun, la ville pyramidale de Sésostris , mentionnent souvent la fête de « l'aller-retour au ciel » qui pourrait être la date de la mort de ce souverain. Ces documents indiquent que cette fête a eu lieu le du de Peret.
Activité en Égypte vignette|droite|Tête de statue de Sésostris provenant de Karnak.
L'oasis du Fayoum est une région de la Moyenne-Égypte habitée depuis plus de 8 000 ans. Pendant le Moyen Empire, elle devient un centre important. Tout au long de cette période, les dirigeants entreprennent des projets de développement faisant du Fayoum un centre agricole, religieux et de villégiature. L'oasis était située à 80 km au sud-ouest de Memphis et offrait des terres arables autour du lac Moéris, une étendue d'eau naturelle.
Sésostris poursuit un projet commencé par d'exploitation des ressources naturelles de la région marécageuse pour la chasse et la pêche. Le projet sera poursuivi par ses successeurs et s'achèvera sous le règne de son petit-fils . Pour le mettre en œuvre, Sésostris développe un système d'irrigation avec une digue et un réseau de canaux qui siphonnent l'eau du lac Moéris. Les terres récupérées sont ensuite cultivées, doublant la superficie des terres cultivables de la région, selon Miroslav Verner.
Le culte du dieu crocodile Sobek est très répandu à l'époque. À Qasr el-Saghah, un temple anépigraphe lui est parfois attribué, parfois à .
Activité hors d'Égypte vignette|gauche|Procession des Âamou - Tombe de à Beni Hassan.
Le règne de Sésostris inaugure une période de paix et de prospérité, sans campagnes militaires enregistrées (seule une inspection des fortifications de Nubie est faite en l'an 3) et avec la prolifération du commerce entre l'Égypte et le Proche-Orient. Il envoie des expéditions dans les carrières du Sinaï et au Ouadi el-Houdi.
À peu près à la même époque, des groupes d'étrangers d'Asie occidentale visitant le roi avec des cadeaux sont enregistrés, comme dans les peintures funéraires du fonctionnaire qui a également servi sous . Ces étrangers, peut-être des Cananéens ou des Bédouins, sont appelés Âamou (ˁȝmw), y compris le chef accompagné d'une bouquetin de Nubie et nommé Abisha le Hyksôs (ḥḳȝ-ḫȝsw.t, Heqa-kasout pour « Hyksôs »), la première occurrence connue du nom « Hyksôs».
Succession
Les preuves sérieuses d'une corégence entre Sésostris et son fils manquent à l'appel. Murnane identifie la seule preuve à un scarabée sur lequel sont inscrits les noms des deux rois. Mais l'association peut s'expliquer comme le fait d'une datation rétroactive, où la dernière année de règne de Sésostris est absorbée par la première année de règne de Sésostris . Les preuves contemporaines du Canon royal de Turin donnent à Sésostris une durée de règne de dix-neuf ans et quelques mois. Une inscription dédicatoire célébrant la reprise des rituels commencés par Sésostris et , et un papyrus avec des entrées identifiant la dix-neuvième année de Sésostris et la première de , ne sont pas des preuves et n'impliquent pas une corégence. Murnane soutient que s'il y a eu une corégence, elle n'a pas duré plus de quelques mois.
Sépulture vignette|gauche|Pyramide de Sésostris .
Sésostris construit son complexe pyramidal à El-Lahoun, à l'entrée de la dépression du Fayoum. Sa pyramide est très endommagée et laisse entrevoir la colline rocheuse sur laquelle elle est élevée. Elle se composait d'une structure massive en briques, construite autour d'un noyau rocheux et soutenue par d'imposants murs de calcaire. Cette pyramide a une base de de côté et une hauteur de . S'inspirant des complexes pyramidaux de l'Ancien Empire pour les éléments annexes, la pyramide fut pour la première fois dotée d'une entrée camouflée et située ailleurs que sur la face nord du monument, afin de rendre la tâche impossible aux pilleurs. L'égyptologue William Matthew Flinders Petrie a découvert au un trésor composé de nombreux bijoux et de poteries dans une galerie souterraine proche de la pyramide.
Titulature
Notes et références Notes
Références
Bibliographie
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Liens externes
La dynastie égyptienne. Datations, titulatures, cartouches, translittérations, etc.
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