La rue Boissonade est une voie du quartier du Montparnasse dans le de Paris, en France.

Situation et accès Orientée globalement nord-est-sud-ouest, et parallèle au passage d'Enfer et à la rue Campagne-Première (à l'ouest), ainsi qu'à l'avenue Denfert-Rochereau et à une section de l'avenue de l'Observatoire (à l'est), la rue Boissonade commence au 156, boulevard du Montparnasse et aboutit au 255, boulevard Raspail, après un parcours de . Sa largeur minimale est de Rue Boissonade dans la nomenclature des rues de Paris, mise à disposition par la Mairie de Paris.. Le dernier numéro impair est le 59, le dernier numéro pair le 62« Rue Boissonade » sur le site bercail.com..

La circulation automobile s'effectue en sens unique à partir du boulevard Raspail, dans le sens contraire de la numérotation.

Les infrastructures de transport en commun qui desservent la rue Boissonade sont la station Raspail (sortie côté rue Campagne-Première) sur la ligne 4 et la ligne 6 du métro et la gare Port-Royal (sortie côté boulevard du Montparnasse) sur la ligne B du RER.

Voies rencontrées La rue Boissonade présente la particularité de n'être le débouché d'aucune autre rue, à l'exception de celui de la voie piétonnière privée B/14, fermée par une grille (voir 22 et 26).

Origine du nom La partie sud-ouest de l'actuelle rue Boissonade, précédemment en cul-de-sac et dénommée « rue Sainte-Élisabeth« Concordance des noms anciens avec les noms nouveau » In : F. de Donville, Guide complet de l'étranger dans Paros : suivi d'un guide à l'exposition universelle, Garnier frères, 1878, (en ligne). » porte, depuis 1875, le nom de Jean-François Boissonade (1774-1857), helléniste membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, né et mort à Paris, issu d'une famille originaire de Gascogne. Son fils Gustave ÉmileNé Gustave Émile Boutry, ultérieurement légitimé Gustave Émile Boissonade (Cf. Registre de naissances de Vincennes, année 1825, acte n° 55, vue 12/78.), conseiller-juriste, rédacteur du code civil et enseignant du droit moderne au Japon, à partir de 1873 et pendant plus de vingt ans. (1825-1910) s'est fait un nom au Japon comme conseiller-juriste.

Historique vignette|redresse|gauche|La rue Sainte-Élisabeth figurant sur la feuille 10 () de l'Atlas administratif des 20 arrondissements de la ville de Paris publié en 1872. Cette voie ne fut pas toujours d'un seul tenant. De son ouverture, de 1859 à 1893, seule existait l'impasse Sainte-Élisabeth, devenue rue Boissonade, dont l'accès s'effectuait boulevard Raspail et fermait vers le 26.

En 1893 s'ouvrit une seconde impasse côté boulevard du Montparnasse.

Jusqu'en 1934, la rue Boissonade était composée des deux impasses : la plus ancienne ouvrant sur le boulevard Raspail était longue de , et la plus récente sur le boulevard du Montparnasse mesurait ; leurs extrémités étaient délimitées par le mur de clôture du jardin du monastère de la Visitation qui débordait au milieu du tracé de la rue actuelle. Cette partie du jardin fut rachetée par la Ville, permettant de rabouter les deux impasses.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire 3 : l'écrivain français Romain Rolland (1866-1944), lauréat en 1915 du prix Nobel de littérature, y emménage en 1914Lettre autographe signée adressée le à Joseph Bédier, Catalogue « Les Autographes » [Thierry Bodin], , (), pièce , partiellement retranscrite sur le site association-romainrolland.org ; lettre par laquelle Roman Rolland informe le philologue romaniste Joseph Bédier (1864-1938) qu'il en précisant que en quittant le 162, boulevard du Montparnasse tout proche où il habitait depuis son divorce de Clotilde Bréal, en 1901. Il est encore riverain de la rue Boissonade à la fin de l'année 1920Lettre envoyée du « 3 rue Boissonnade (XIV), jeudi 30 déc. 1920 », présentée en tête et en fac-similé dans le catalogue D.M. Janvier publié en , citée sur le site association-romainrolland.org.. 4 et 6 : immeuble sur rue et passage. L'artiste peintre Auguste François-Marie Gorguet (1862-1927) est domicilié au 6 au moins depuis 1886. Sa présence en ce lieu est encore attestée en 1896. Il meurt en 1927 au 83, rue de la Tombe-Issoire.« Gorguet (Auguste-François-Marie », In : Qui êtes-vous ? Annuaire des contemporains, Ehret. G. Ruffy, Paris, 1924, (en ligne)., où l'impasse privée dite « allée d'artistes » est bordée d'une succession d'ateliers-logements. Le peintre Paul Aubin résida également au . gauche|vignette|Portrait de Jean Carriès dans son atelier de la rue Boissonade, par Louise Breslau (1886).. 8 : appartement des missionaires-artistes américains John Hafen, John B. Fairbanks, et Lorus Bishop Pratt, de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, de à .. 9 à 15 : grille de clôture de l'enclos du monastère de la Visitation de l'avenue Denfert-Rochereau, précédemment jardin de l'ancienne Institution de l'Oratoire du faubourg Saint-Michel, ancienne congrégation supprimée en 1792. 15 : lieu de culte catholique et aumônerie de la communauté coréenne de Paris« Aumônerie des Coréens » dans le Guide de l'Église catholique édité par la conférence des évêques de France sur le site eglise.catholique.fr.. Une salle y est réservée aux répétitions et réunions du chœur Coréen de Paris.. Le peintre Henri Bouchet-Doumenq (1834-1908) habite à cette adresse en 1887. 16 (ayant aussi pour adresses les 9 et 13, rue Campagne-Première« 16 rue Boissonade » sur le site bercail.com.) : partie arrière de la cité d'artistes du 9, rue Campagne-Première (vers 1890, Taberlet architecte) abritant une centaine d'ateliers-logement de rapport (voir rue Campagne-Première). Située sur le tronçon de la rue Boissonade qui n'a été percée que dans les années 1930, cette cité aboutissait, à son origine, sur le mur de clôture du couvent de la Visitation.. 17 : l'architecte décorateur et peintre Louis Süe (1875-1968) et son associé, Paul Huillard (1875-1966), s'installent à cette adresse en 1903Mathilde Dion, « Louis Süe », Notices biographiques d'architectes français, 2 vol., Paris, Ifa/Archives d'architecture du , 1991.. 18 : le peintre norvégien Karl Edvard Diriks (1855-1930) résida vingt ans dans cet immeubleBilly Klüver et Julie Martin, Kiki et Montparnasse, 1900-1930, Éditions Flammarion, 1989.. 20 bis : l'artiste peintre Toshio Bando (1895-1973) y vécut autour de 1923. 22 et 26 : entre ces deux numéros aboutit le passage piétonnier dénommé voie B/14. Située en contrebas par rapport au trottoir de la rue, cette voie privée est fermée par une grille, également privée, posée dans l'alignement des façades sur rue, en haut d'une volée de marches qui relie les deux niveaux. : domicile, dans les années 1930, du peintre et illustrateur Eugène NarbonneSociété des artistes français, Le Salon 1930, Mourgues frères, Paris, 1930, .Société des artistes français, Le Salon 1931, G. Lang, Paris, 1931, .Société des artistes français, Le Salon 1934, Mourgues frères, Paris, 1934, . (1885-1973). C'était aussi la maison du scénographe Umberto Brunelleschi dans les années (1912-1915 ca.)Jean-François Rodriguez, Rictus, Soffici e Apollinaire, paladini dello scultore Medardo Rosso tra Parigi e Firenze (1904-1929), 2003. 24 : le poète et dramaturge Paul Fort y habita, de 1904 à 1914, dans un appartement envahi par les exemplaires de sa revue poétique Vers et Prose, dont Apollinaire était l'un des collaborateurs. Il était aussi un des piliers de La Closerie des Lilas. 26, 28, 30 et 32, et aussi 10, voie B/14 : ensemble de corps de bâtiments conventuels, propriété de la « Fraternité de Paris des Capucins ». Leur maison, dans laquelle les frères mineurs capucins sont établis depuis 1934, comprend une partie ancienne, en brique, conçue par l’architecte Emmanuel d’Ault, à laquelle une aile a été ajoutée au début des années 1970. (32). Outre les activités de la fraternité de Paris, elle abrite des services de la Province de France (archives, bibliothèque franciscaine des capucins), ainsi que la résidence du frère ministre provincial« La fraternité de Paris se présente » sur le site www.freres-capucins.fr..Des deux chapelles, la plus ancienne (1934, Emmanuel d'Ault architecte) a été transformée en bibliothèque ouverte aux chercheurs, la plus récente (1973), plus modeste, est accessible le dimanche matin pour la messe. 33 : le peintre Conrad Kickert y vécut de 1937 à 1965, une plaque lui rend hommage. 34 et 36 (ancien 13L'ancien numéro (13) figure dans un relief au-dessus de la porte cochère de l'immeuble renuméroté 36.) : ancien atelier du sculpteur et ornemaniste Gustave Germain (1843-1909), puis de son fils Albert Raymond Germain, également sculpteur, qui est contraint d'abandonner cette activité en raison des séquelles d'un accident de guerre. Resté propriété de la famille, l'atelier est loué à des artistes, puis transformé en lieu de libre expression artistique et d'exposition en 1996, sous la dénomination « atelier Gustave ». (). 38, 40 et 42 ( en 1873L'ancien numéro (11) est encore visible à côté du porche portant actuellement le .) : immeuble mixte de logements et ateliers (1873). De nombreux peintres et sculpteurs y ont travaillé et habité : Au , le sculpteur Gabriel Faraill (1837-1892) meurt ici dans son domicile (ancien 11, rue Boissonade)Acte de décès , année 1892, état civil de Paris, .. Sa présence dans cette voie remonte aux années 1872-1874 durant lesquelles le catalogue du salon le signale au 10 de l'ancienne impasse Sainte-Élisabeth. Après un intervalle de plusieurs années, durant lequel l'impasse prend le nom de rue Boissonade (1875), il y redevient riverain, occupant à partir de 1882 et au moins jusqu'en 1891 la maison-atelier du 39 (ex 12, rue Boissonade)Cf. Sílvia Flaquer i Revaud, Maria Teresa Pagès i Gilibets, Inventari d'artistes catalans que participaren als Salons de Paris fins l'any 1914, Biblioteca de Catalunya, 1986, ., située en face de l'immeuble où il meurt en 1892. Au , l'artiste-peintre australienne Bessie Davidson (1879-1965), signalée au de la rue en 1922/1924, occupe ensuite successivement deux ateliers ici (), où elle conserve un logement jusqu'à la fin de sa vie ; Charles Picart Le Doux (1881-1959) habite avec sa famille, au moins depuis l'entre-deux-guerres, une petite maison d'un étage, en fond de courJules Romains, Amitiés et rencontres, Flammarion, 1970, () ; Raymond Legueult (1898-1971) y emménage vers 1937 dans un atelier voisin de celui de Bessie Davidson<ref>Richard R. Brettell, Nineteenth- and Twentieth-century European Drawings, Metropolitan Museum of Art, 2002, .</ref> ; le peintre André Michel (1900-1972) loge à cette adresse en 1945Société des artistes français, Le Salon 1945, Veuve Hérissany, 1945, .. 39 (ancien 12) : maison d'habitation pour artistes peintres et sculpteurs« Bonnenfant (Léon) » dans Émile Bellier de la Chavignerie, Louis Auvray, Dictionnaire général des artistes de l'école française…, , Renouard, Paris, 1885, (en ligne). (1880), en brique et pierre de taille, signée et daté à gauche , à droite Cette maison est représentative des nombreuses maisons-ateliers d'artistes de rapport bâties dans le quartierJean-Claude Delorme, Anne-Marie Dubois, Martine Muchy, Ateliers d'artistes à Paris, Parigramme, 1998, . L'année de construction (1896) donnée par les auteurs est erronée.. 43 : domicile, lors de leur arrestation par la Gestapo en 1944, des résistantes Suzanne Leclézio (1898-1987) et Yvonne Ziegler (1902-1988), où celle-ci avait également son atelier.. vignette|redresse|, Enfant jouant aux billes, médaillon ornant en son hommage la façade de la maison portant l'actuel . 44 et 46 (ancien 9) : immeuble mixte logements et commerces sur rue, bâti entre 1940 et 1967. La cour arrière est entourée d'ateliers datant de 1900« 44 rue Boissonade » sur bercail.com.