LHers est le nom de deux rivières du Sud-Ouest en France, l’Hers-Vif et l’Hers-Mort.

L'Hers-Vif LHers-Vif (ou Grand Hers ou Hers) est l'affluent le plus important de l'Ariège dans laquelle il se jette en rive droite à Cintegabelle (Haute-Garonne).

Toponymie

Noms du lieu L'Hers-vif s'appelle l'Èrç en occitan.

Historique du nom du lieu Les attestations anciennes de l’Hers sont « Super fluvium Yrce Alba, 959 (Gall. christ., XIII, Instr., c. 226). Irce, 968 (H. L., V, pr. 116, 3°). Irce Alba, 969 (Gall. christ., XIII, Instr., c. 227). Flumen de Ercio, 1002 (H. L., V, pr. 162). Ercium, 1010 (Gall. christ., VI, Instr., c. 21). Eres, 1o34 (H.L., V, pr. 201). Hircium, 1o35 (Gall. christ, XIII, Instr., c. 239). Fluvium Hert, 1110 (ibid., c. 14). Super ripam Erz, 1119- (H. L., V, pr. 468, 1°). Flumen Yrcii, 1173 (Arch. nat., J 3o3). Ercis, 1193 (Doat, 83, f. 222). Hercium, 1195 (ibid., f. 224). Flumen Ircium quod vocatur Alba, 1198 (Gall. christ., XIII, Instr., c. 233). Flumen Yrtii, 13o8 (Vida!, p. 69). Lert, XVIIIe s. (c. de Cass.). ».

L'Hers sert dans son cours supérieur de frontière entre les Ciuitates Tolosatium (Toulouse) et Narbonensium (Narbonne).

Interprétation et étymologie C’est aussi le nom de plusieurs lieux-dits qui ne sont pas des hydronymes : Hers, à Montespan (Haute-Garonne) à la limite du territoire de l’archiprêtré d’Izaut avec celui de Salies, à Mancioux (Haute-Garonne) et à Roquefort-sur-Garonne (Haute-Garonne), tous deux de part et d’autre de la Garonne à la limite du territoire de la Ciuitas Convenarum (Comminges) avec celui de la Ciuitas Tolosatium (Toulouse), à Blaziert (Gers), à la limite du territoire de la Ciuitas Ausciorum (Auch), avec celui de la Ciuitas Uasatica (Vasates), à Lay-Lamidou (Pyrénées-Atlantiques), à la limite du territoire de la Ciuitas Illoronensium (Oloron) avec celui de la Ciuitas Benarnensium (Lescar) ;

- avec un article : l'Hers à Villemagne (Aude), à la limite du territoire de la Ciuitas Tolosatium (Toulouse) avec celui de la Ciuitas Narbonensium (Narbonne) ;

- avec cet article agglutiné : Lhers à Accous (Pyrénées-Atlantiques), au fond d’une vallée pyrénéenne à la limite de Gallia (la Gaule) et Hispania (l’Hispanie) ; Lers à Anla (Hautes-Pyrénées) à la limite de la Barousse, à Aste-Béon (Pyrénées-Atlantiques) à la limite du territoire de la Ciuitas Illoronensium (Oloron) avec celui de la Ciuitas Benarnensium, **(Lescar), Lers du Beon en 1443 (reg. De la Cour Majour, B. 1, f° 122), Lertz en 1486 (not. D’Ossau, n° 1, f° 63), à Caux-et-Sauzens (Aude) proche de la limite du territoire de la Ciuitas Narbonensium (Narbonne) avec celui de la Ciuitas Tolosatium (Toulouse), à Plassac (Gironde) non loin de la limite du territoire de la Ciuitas Burdegalensium (Bordeaux) avec celui de la Ciuitas Santonum (Saintes), l'étang de Lers et le port de Lers dans le massif de Lherz (Ariège) sont à la limite entre la Ciuitas Tolosatium (Toulouse) et la Ciuitas Consorannorum (Couserans).

De manière analogue au cas de l’Hérault (Hérault), où l’on observe Arauris, Ier se > Araur, 807 > Eraur, 990 > Hérault ou celui de l’Yèvre (Cher) où Avera, 841 > Yèvre, on peut déduire une forme plus ancienne pour Hers : *Arcium > Ercium > Hers. *Arcium semble bien correspondre à un type protoceltique ou même proto-indo-européen *ardi-, avec le sens de « pointe », « extrémité », « bord » que l’on retrouve dans le vieil irlandais aird, de même sens et le mot bas latin arcia'', qui signifie « borne, frontière ».

Le cours de l'Hers L'Hers pyrénéen (ou Hers amont) vignette|L'Hers dans le vallon de Prades (09), la source est dans le fond à gauche. vignette|La source de l'Hers.

De , l'Hers-Vif prend sa source près du col du Chioula en Ariège, dans les Pyrénées, à une altitude d'environ et se nomme « Font de l'Hers » ou encore « Font du Drazet ».

Descendant dans la hêtraie puis dans les prés de fauche vers mètres d'altitude, les premiers villages que rencontre l'Hers sont Prades et Comus. À la sortie de Comus, le torrent s'encaisse et se perd dans les profondes et étroites gorges de la Frau avant de renaître en partie à la sortie de ces gorges sous forme de plusieurs résurgences, dont l'exutoire saisonnier de la fontaine de l'Esqueille. Ayant reçu le renfort de quelques ruisseaux, notamment le ruisseau de Malard au niveau du moulin de l'Espine, l'Hers arrive à Fougax-et-Barrineuf 5 kilomètres plus loin. Là, il reçoit en rive gauche son premier affluent notable : le Lasset, torrent descendu du cirque lové entre les pics du Soularac () et du Saint Barthélémy (). Cette origine élevée confère au Lasset un débit presque double de celui de l'Hers à leur confluent. De ruisseau, l'Hers devient alors une véritable petite rivière.

Celle-ci continue alors vers le nord-est et reçoit, en rive droite, les apports abondants de la fontaine intermittente de Fontestorbes. Cette énorme résurgence, l'une des plus importantes de France, restitue à l'Hers les eaux perdues dans la traversée des gorges de la Frau et y rajoute celles des précipitations tombées sur le plateau de Sault. Transformée et d'une ampleur encore augmentée par cet apport d'eau important, la rivière passe à Bélesta, puis traverse le Plantaurel par deux cluses et un tracé en baïonnette : est-ouest de Bélesta à l'Aiguillon, sud-nord dans la traversée du Plantaurel. À l'issue de la deuxième cluse du Plantaurel, au niveau du village du Peyrat, l'Hers-Vif quitte définitivement les Pyrénées.

Dans toute cette partie pyrénéenne de son cours, l'Hers se présente comme une rivière torrentielle aux eaux claires et rapides bondissant dans un lit caillouteux. En 35 kilomètres soit un quart de son parcours total, le cours d'eau aura dévalé de à d'altitude soit les 5/6 de son dénivelé total. Le confluent avec l'Ariège se trouvant à d'altitude, l'Hers ne descend que de dans les 100 derniers kilomètres de son parcours. La pente est donc beaucoup plus faible à l'aval du Peyrat. Mais la décroissance est progressive, comme le passage du torrent pyrénéen à la rivière de plaine aux eaux plus lentes.

La suite du parcours de l'Hers peut donc être divisée en deux : la traversée du piémont pyrénéen (ou Hers Moyen) et la basse vallée.

La traversée du piémont pyrénéen Après Le Peyrat, l'Hers-Vif passe ensuite Sainte-Colombe-sur-l'Hers, reçoit le Riveillou en rive droite au Moulin de l'Evêque et arrive à Chalabre, capitale du Quercorb, où il reçoit successivement le Blau puis le Chalabreil en rive droite. Dans un paysage assez charmant de collines rurales, mêlant cultures, prés et bois au milieu desquels serpente le ruban de la rivière, s'égrainent ensuite les villages de Camon, Lagarde où l'Hers reçoit à gauche les eaux du Touyre et enfin Roumengoux et Moulin-Neuf où arrive à droite l'Ambronne. À ce niveau, le tracé sinueux mais jusqu'ici globalement dirigé nord-nord-est marque un coude vers l'ouest, alors que la vallée restée assez étroite (moins d'un kilomètre de large) s'élargit considérablement à l'approche de Mirepoix. Lorsqu'il parvient au pont de pierre de cette ville, l'Hers, qui s'est progressivement assagi, a alors acquis sa physionomie définitive, qu'il conservera désormais jusqu'au confluent avec l'Ariège.

La basse vallée thumb|Vergers de pommiers le long de la rivière à Sonnac-sur-l'Hers. vignette|La vallée agricole de l'Hers près de Roumengoux, au pied des collines de la Piège. La cité médiévale de Mirepoix marque ainsi l'entrée dans la basse vallée qui constitue un prolongement de la plaine de la basse Ariège. Jusqu'à son confluent, l'Hers longe les collines de la Piège puis du Terrefort, situées sur sa rive droite et qui constituent les rebords Sud et Ouest du Lauragais. La rive droite est ainsi assez abrupte car le cours d'eau est collé au coteau. La plupart des villages se trouvent d'ailleurs de ce côté de la rivière afin d'éviter les inondations. Au contraire, la rive gauche est plus plane, en partie inondable, et supporte les cultures de maïs et de tournesol irriguées à partir des eaux de la rivière dont le débit estival est renforcé depuis fin 1984 par le barrage de Montbel. Les champs laissent néanmoins la place à une végétation rivulaire fournie aux abords relativement préservés de la rivière (le cours aval de l'Hers est d'ailleurs inclus dans la liste des sites Natura 2000).

thumb|Dernier barrage et passage à poissons sur le Grand Hers, avant sa confluence avec l'Ariège. C'est dans ce décor que l'Hers recueille les eaux du Douctouyre en rive gauche, juste avant de voir son tracé s'incurver de nouveau vers le Nord-Ouest, parallèlement à celui de l'Ariège mais à une dizaine de kilomètres à l'Est. L'Hers reçoit alors la Vixiège en rive droite, arrose Mazères, est traversé par l'autoroute A66, passe à Calmont et se jette dans l'Ariège en rive droite à quelques kilomètres en amont de Cintegabelle.

Organisme gestionnaire L'organisme gestionnaire est le SBGH ou Syndicat du bassin du Grand Hers.

Principaux affluents Les principaux affluents de l'Hers-Vif peuvent être classés en 3 catégories suivant leur origine :

affluents pyrénéens : le Lasset (), la fontaine intermittente de Fontestorbes et le Touyre () ;

affluents du piémont pyrénéen : le Blau () et le Douctouyre () ;

affluents des coteaux du Lauragais et du Razès : l'Ambronne () et la Vixiège () ;

le ruisseau du Cazeret, ; le Raunier, ; le ruisseau de Saint-Sernin, ; l'Estaut, .

Le barrage de Montbel Comme indiqué en rubrique "Hydrologie" ci-après, le débit naturel de l'Hers en période estivale est souvent faible. Or, la rivière traverse de Mirepoix à Cintegabelle une plaine agricole largement tributaire de l'irrigation via les eaux de la rivière. Pour remédier à l'inconvénient que constitue pour l'agriculture cette faiblesse des étiages, le barrage-réservoir de Montbel situé en Ariège (60 millions de mètres cubes) a été mis en service entre 1984 et 1985. Il apporte un soutien d'étiage et garantit un débit suffisant dans l'Hers entre Camon et la confluence de l'Ariège du au . Ce barrage alimente en outre l'adducteur Hers-Lauragais, vaste réseau permettant l'irrigation du Lauragais audois et haut garonnais, et contribuant également marginalement à l'alimentation du canal du Midi en période de sécheresse sévère et au soutien d'étiage de l'Hers-Mort via des transferts d'eau vers le réservoir de la Ganguise. Les 60 millions de mètres cubes nécessaires à l'accomplissement de ces diverses missions proviennent des hautes eaux hivernales et printanières de l'Hers-Vif collectées par un aqueduc souterrain situé au niveau du Peyrat. La partie de la réserve destinée au soutien d'étiage de l'Hers est restituée à la rivière au niveau du village de Camon, un peu en amont du confluent du Touyre.