Georges Philippe François Gaillard, né à Bougie (Algérie) le , mort à Grasse (Alpes-Maritimes) le , est un industriel et homme de lettres français. Il fut sous-préfet et officier du durant la Première Guerre mondiale.

Biographie Georges Gaillard naît dans la famille d'un magistrat lyonnais, républicain, déporté en Algérie pour avoir soutenu la révolte des canuts de Lyon face à Louis-Philippe. Les Gaillard font souche en Algérie, sont apparentés aux Borgeaud et à Rocas, premier maire d'Alger. On y trouve des juristes, des avocats, des avoués, un conservateur des hypothèques, etc.

Paul Gaillard, père de Georges, fut avocat et bâtonnier permanent du barreau de Constantine. Il luttait pour la liberté de conscience et le pluralisme religieux, recevait à sa table alternativement l'évêque et le grand rabbin. Les trois frères de Georges Gaillard sont engagés volontaires en 1914. Le docteur Marcel Gaillard, mort pour la France, fut décoré de la Légion d'honneur à titre posthume ; Maurice Gaillard, avocat à la Cour d'appel d'Alger, président de la Société des médaillés militaires d'Alger et époux de la romancière Lucienne Favre, fut grièvement blessé aux Dardanelles et fait chevalier de la Légion d'honneur (trois citations) ; le médecin général Raoul Gaillard, grièvement blessé sur la Somme, fut élevé au grade de commandeur de la Légion d'honneur (cinq citations).

Georges Gaillard fait ses études à Paris ; il obtient sa licence, puis son doctorat de droit. Plus jeune avocat de France au barreau d'Alger, il abandonne cette profession. Il s'engage dans l'administration préfectorale, et devient chef de cabinet du ministre de la Marine.

Il épouse, en premières noces, l'héritière des Laminoirs Tréfileries de Lens, quitte la préfectorale pour prendre la tête de cette entreprise. Il s'investit également dans d'autres entreprises.

En tant que militant radical-socialiste, opposé à la droite anti-dreyfusarde et admirateur de Jaurès, il développe une activité sociale importante, notamment dans son usine de Lens. Il reçoit les félicitations de la Commission Internationale du Travail.

Engagé volontaire, comme ses frères, en 1914, il est officier du . Sous le couvert d'une mission pour le ministre du Commerce auprès du royaume des Pays-Bas, il fut sous-chef du à La Haye, en liaison avec l'Intelligence Service à Folkestone. Blessé en territoire ennemi, il demande à repartir en mission. Il est missionné par le maréchal Joffre pour rechercher et reconduire des troupes encerclées dans la forêt des Ardennes après la bataille de Charleroi. Il parvient à faire évader 622 Français, dont un capitaine grièvement blessé, le futur général Giraud.

À la demande du ministère des Affaires étrangères, il écrit des articles, sous couvert d'anonymat, dans les journaux français, dénonçant les exactions allemandes en Belgique. Il était officiellement correspondant de plusieurs journaux.

Dans le cadre de ses missions pour le gouvernement français, il fut reçu à la Cour de Hollande en 1915, et participa à l'organisation d'une soirée artistique au Théâtre royal de La Haye. La Reine de Hollande lui fit don en remerciement d'un nécessaire de bureau.

Entre 1916 et 1917, mandaté par Georges Clemenceau, il est envoyé pour plusieurs missions secrètes en Espagne. Il négocie au nom de la Direction générale des fabrications d'artilleries du Ministre de la Guerre. Il doit obtenir des accords entre le Comité des Forges de France, dont il est délégué, et les métallurgistes espagnols, pour des approvisionnements de métaux destinés à l'armée française, depuis la Hollande. Il accomplit plusieurs missions spéciales du Ministre de la Marine en Espagne, en tant qu'administrateur de la Société des Chantiers du Sud-Ouest.

Il soutient le capitaine Dreyfus ; il était lié à son frère, Mathieu Dreyfus. Durant la Deuxième Guerre mondiale, il recueille et cache, dans sa propriété de campagne, les enfants de la petite-fille de Mathieu Dreyfus (petite-nièce de Dreyfus). Il est le tuteur des enfants Giraud (petits-enfants du général) et parvient à empêcher qu'ils soient emmenés en Allemagne.

Après la guerre, en 1947, il travaille discrètement à une réconciliation entre De Gaulle et Giraud. Il adresse au ministre André Malraux un mémoire sur l'entente franco-américaine et les rapports Giraud-Eisenhower-Roosevelt, pour aider « l'œuvre de réconciliation et de rassemblement entreprise ».

Il eut des activités dans la presse littéraire. Il était le cousin de Nina de Callias(dite Nina de Villard), égérie des poètes du Parnasse et grande passion de Charles Cros, elle lui dédia son Coffret de santal. Elle accueillait dans son salon les plus grands noms de l'Art et de la Littérature de la fin du : Courbet, Verlaine, Rimbaud, Villiers de L'Isle-Adam, Leconte de Lisle, Théodore de Banville, Mallarmé, Heredia, Cézanne…, et était reçu, enfant, pendant ses vacances, chez la mère de Nina de Callias (Ursule-Émilie Gaillard).

Il fréquenta des personnalités du monde littéraire ou politique : le révolutionnaire anti-stalinien Boris Souvarine, André Maurois, la romancière Colette chez qui il déjeunait, Sacha Guitry, Yves Mirande ; il était apparenté à l'architecte Auguste Perret.

Carrière et activités Carrière administrative et politique 1901-1902 : Chef de cabinet du préfet de la Charente-Inférieure 1902-1903 : Chef de cabinet du préfet de la Seine-Inférieure 1904-1905 : Sous-préfet de Marennes (Charente Inférieure) 1905-1906 : Chef de cabinet du ministre de la Marine 1907-1910 : Sous-préfet de Mantes (Seine-et-Oise) 1911 : Sous-préfet honoraire

Activité industrielle

1911 - 1938 : Administrateur-délégué des Laminoirs, Tréfileries, Câblerie de Lens. Durant cette période, il collabore avec le ministère de la Marine. Il développe et fait breveter un filet pare-torpille et anti-sous-marins, ainsi que des dragues électriques de mines. Pour la mise au point de ces innovations, dont la Marine nationale sera la seule à disposer, il travaille avec l'Arsenal du Mourillon (1930-1940).

Il sera administrateur de plusieurs sociétés.

Administrateur des Chantiers maritimes du Sud Ouest Administrateur des Chantiers maritimes de Fécamp Administrateur des Chantiers maritimes de Paimpol Administrateur de la Société l'éclairage Levent Administrateur de la Société des Grands hôtels de la Méditerranée

Administrateur, délégué par le Gouvernement Français, des Sociétés allemandes installées sous le régime Français à Paris : 1930 à 1939 : Sté Siemens France (Président Général Royer) 1924 à 1934 : Sté Bamag-Meguin (installation de la poudrerie de Toulouse) 1923 à 1933 : Sté Ernest Heckel de Sarrebrück (pendant l'occupation française de la Sarre) 1930 à 1936 : Sté Caisse enregistreuse Record

Activité sociale En 1902, il crée, à Marennes, les premiers syndicats ouvriers ; à Mantes, il organise l'Union des syndicats ouvriers.

En 1920, il est délégué au Conseil économique du Travail organisé par le CGT.

Il est fondateur du Syndicat professionnel des ingénieurs et techniciens de l'industrie (USTICA) organisme rattaché à la CGT.

Il est membre de la Commission d'enseignement technique de Lens.

En 1929, il reçoit une motion de félicitations de la Commission internationale du Travail pour les réalisations sociales de son usine de Lens : coopérative, bains-douches, fonds de retraite et de prévoyance, fonds de congés payés, cantine, cité ouvrière modèle.

Activités dans la presse Il écrit des articles, à la demande du Ministère des Affaires étrangères, durant la guerre 1914-1918. Il est cofondateur de La Revue de Hollande, revue littéraire qui a existé de 1915 à 1918 et qui lança de nombreux écrivains dont André Maurois: Mathijs Sanders, « Een intellectuele trait d'union. La Revue de Hollande (1915-1918): literaire betrekkingen tussen Nederland en Frankrijk », in: Tijdschrift voor Tijdschriftstudies, 30 december 2011, ..

Il est correspondant en Hollande pour Le Temps, Excelsior, Le Matin.

Il collabore après la guerre 1939-1945 au journal France Outremer, et dans la reprise du Monde colonial illustré.

Décorations Officier de la Légion d'honneur à titre militaire. Croix de guerre avec trois palmes Médaille militaire Médaille des évadés avec deux palmes

Citations

Notes et références

Voir aussi Sources et bibliographie

Excelsior, La Voix du Nord, Le Journal de Lens, L'Écho d'Alger,

Liens externes

Conscience et Démocratie : blog politique de sa petite-fille Marie Mayer.

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