L'histoire de la radio en Belgique commence dans les années 1920, avec une évolution parallèle des stations de radio privées et publiques.

Radiodiffusion publique 1923-1940 : la période de l'Entre-deux Guerres En 1923, à Ruysselede, près de Bruges, un centre d'émission est construit pour couvrir les pays lointains. Lancées à titre expérimental en 1927, les émissions à destination du Congo belge deviendront régulières le . En 1927, le ministre Edouard Anseele met à l'étude un projet de « Société nationale de radiophonie ». En 1929, le projet de loi est déposé à la Chambre. Le , la loi instituant l'« Institut National Belge de Radiodiffusion » (INR) est votée. Cette loi et les arrêtés d'exécution vont régir le statut de l'Institut pendant 30 ans avec de grands principes comme l'interdiction d'émissions contraires aux bonnes mœurs ou constituant une offense à un chef d'État étranger. La publicité est interdite.

À côté de l'INR, quelques stations privées pourront émettre, mais leur autorisation est révocable.

Le financement de l'INR est assuré par la redevance (20 francs pour un poste à galène, 60 francs pour un poste à lampes). L'Institut fait des bénéfices les premières années, ce qui lui permet de constituer un fonds qui lui permettra de construire le bâtiment de la place Flagey. En attendant cela, les installations sont disséminées près des bâtiments initiaux dans le quartier de la Porte de Namur. En 1933, un violent incendie détruit une grande partie des studios. L'idée se fait alors jour de construire une Maison de la Radio mieux adaptée aux exigences techniques.

Le , les funérailles du roi Albert sont l'occasion de démontrer un savoir-faire servi par six reporters et un matériel, impressionnant pour l'époque, constitué de 16 micros d'ambiance. De nombreuses stations de radio d'Europe et d'Amérique du Nord relaient l'événement radiophonique. Cet événement connait un grand retentissement dans la presse, laquelle salue la sobriété des commentaires et la qualité technique du reportage. Ce fut, en Belgique, le premier reportage qui frappa les esprits.

En 1936, c'est le début de l'autonomie pour les deux composantes linguistiques du pays.

Un incendie en 1933 concrétise le projet d'une Maison de la Radio, dont l'existence était déjà dans les esprits. Sur la base de visites aux installations de Londres et de Berlin, les ingénieurs de l'INR prévoient un cahier des charges pour la future « Maison de la Radio ». Un premier concours d'architectes ouvert le se solda par une absence de projet retenu. Dans le jury figurait Victor Horta. Huit lauréats reçurent tout de même une prime.

Un deuxième concours fut lancé dans la foulée. Le , Joseph Diongre remporte le concours.

En 1934, l'INR achète à la commune bruxelloise d'Ixelles, un terrain de situé place Sainte-Croix (qui deviendra place Eugène Flagey du nom du bourgmestre de l'époque). Le , pose de la première pierre. Le gros œuvre sera terminé pour le . Le , installation de tous les services dans ce qui est à l'époque, un des bâtiments les plus fonctionnels pour la radiodiffusion : les studios sont construits dans deux tours acoustiques complètement isolées du reste du bâtiment. De plus, les bureaux situés en façade et tout autour du bâtiment isolent les studios des bruits de l'extérieur. La Maison de la Radio comportait six studios musicaux dont un, le fameux de plus de permettant des concerts avec un public de ; il était à l'époque, dans le monde, le plus grand studio spécifiquement conçu pour la radio. Le bâtiment « art déco » est habillé de briques ocre jaune de Hollande.

La vie musicale est importante puisqu'en 1932, on compte trois Orchestres : l'Orchestre symphonique (42 musiciens), l'Orchestre Radio (26 musiciens), l'Orchestre de brasserie (12 musiciens).

En 1938, cinq orchestres assureront des centaines de concerts, tant en studio qu'à l'extérieur : le Grand Orchestre symphonique, dirigé par Franz André (83 musiciens) le Radio Orchestre (30 musiciens) l'Orchestre léger (24 musiciens) l'Orchestre de Salon (9 musiciens) l'Orchestre de Jazz (15 musiciens).

1940-1945 : l'Institut National Belge de Radiodiffusion et la guerre Le , la Belgique est envahie. Dès 4 h du matin, les Belges sont tenus au courant par diverses informations, des communiqués. Dès le , les émissions sont émises d'un studio secret à Boitsfort. Le , les Allemands approchent de Bruxelles. Un émetteur à Veltem est sabordé, l'autre démonté et transporté en France. Des émissions seront émises, d'abord de Lille (appel de Léopold III à la résistance des forts de Liège), puis de Poitiers et de Montpellier.

La Belgique sera le seul pays envahi à ne pas laisser de stations aux mains de l'ennemi.

Le , l'INR doit cesser ses activités. La Maison de la Radio tombe aux mains de l'occupant, les émissions allemandes se feront avec des émetteurs mobiles installés par lui. C'est alors que Radio Bruxelles commence à émettre, certains employés de l'INR rejoignant la station.

Le , Radio Belgique commence à émettre depuis Londres. De nombreux employés de l'INR ayant suivi le Gouvernement belge en exil prennent part à ces émissions clandestines tant en français qu'en néerlandais. Des émissions sont émises ainsi depuis la BBC à Londres. Après l'appel historique du général de Gaulle, la radio devient un outil de propagande et de soutien moral. Dans le cadre de l'« European Services », les Belges entendent, dès le , la voix de Victor de Laveleye. Il lancera la formule « lutter tête baissée pour avoir un jour la tête haute ». Il inventera aussi le fameux V de la victoire que Winston Churchill reprendra.

Le gouvernement belge réfugié à Londres décide d'utiliser la colonie du Congo pour y installer un émetteur de grande puissance en ondes courtes. Cet émetteur de 50 kW sera commandé aux États-Unis et monté à Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa). Le , la première émission de l'Office de Radiodiffusion Nationale Belge (RNB) parvient aux auditeurs. Emis dans plusieurs langues à destination de la Belgique et de toutes les parties du monde, les programmes qui couvriront en 1944, 18 heures par jour seront fabriqués soit à Londres soit à New-York. Des émissions en anglais seront aussi réalisées à destination des troupes britanniques et américaines basées au Moyen-Orient.

Dès le début de la guerre, les émetteurs ont été sabotés ou démontés. Mais dès 1941, Paul Lévy, journaliste de l'INR pense à reconstituer le réseau pour l'après-guerre. Dès 1943, un réseau secret d'émetteurs sera constitué. Le , quelques heures après la libération, les émissions libres reprennent dans tout le pays à l'aide de stations installées à l'insu de l'occupant aux quatre coins du pays. Ces implantations seront le noyau du futur réseau régional de la radio. Le , la RNB cesse d'exister et l'INR reprend sa mission. L'arrêté royal qui finalise la transition et introduit l'idée d'un nouveau statut. Il faudra attendre 1960 pour le voir finalisé.

1945-1959 : l'Institut National Belge de Radiodiffusion dans l'après-guerre Après la guerre, la radio évolue. Le microsillon, apparu en 1948, et les goûts du public font que la part des orchestres radio va rétrécir. Seuls subsistent le Grand Orchestre Symphonique et l'Orchestre Radio. Les émissions parlées s'adaptent, s'allègent et se multiplient. Les transistors apparaissent, requérant une information plus concise. . Il faudra attendre le développement de la modulation de fréquence pour obtenir des réseaux avec des décrochages régionaux.

L'Institut National Belge de Radiodiffusion continue à utiliser l'émetteur de l'Office de Radiodiffusion National Belge à Léopoldville et diffuse ses émissions internationale sous le nom de La Voix de la Concorde.

En 1952, le centre d'émission de Wavre-Overijse, dont le projet avait été lancé en même temps que celui de la Maison de la Radio, mais retardé par la guerre, est mis en service. Il comporte les deux émetteurs en ondes moyennes de pour les émissions nationales et trois émetteurs ondes courtes (2 de et 1 de ) pour les émissions mondiales qui sont rapatriées du Congo et La Voix de la Concorde devient La Voix de l'amitié.

Le , après des essais de deux ans, la télévision expérimentale voit le jour. Certains locaux de la place Flagey ainsi que le studio 4 vont être reconvertis tant bien que mal en studios de télévision.

1959-1977 : Radio-Télévision Belge En janvier 1959 est créé un Ministère des Affaires culturelles qui aura désormais la tutelle de la radio-télévision. Le , la loi instituant la Radio-Télévision Belge est promulguée. De grands changements dans l'organisation : un Institut des Émissions françaises, une volonté de décentralisation calquée sur l'évolution du pays, ce qui amènera à la création des centres de production de : Bruxelles, Liège, Namur-Luxembourg-Brabant wallon, Mons un Institut des Émissions néerlandaises un Institut des Services communs, réunissant tous les services techniques, administratifs ainsi que les émissions mondiales. une spécialisation des programmes rendue possible par le réseau d'émetteurs FM : premier programme généraliste et d'information deuxième programme régional troisième programme axé sur la musique classique et la culture en général

Le développement de la radio-télévision de service public va entraîner le besoin de construire un outil plus adapté à la télévision ; ce sera la Cité de la Radio-Télévision au Boulevard Reyers dont la première pierre sera posée le . Elle sera occupée dès 1968 par la télévision, la radio n'abandonnant la place Flagey qu'en 1978. Les bâtiments de la place Flagey, longtemps délaissés ont retrouvé une nouvelle jeunesse en devenant un des pôles de la culture à Bruxelles.

Depuis 1977 : Radio-télévision belge de la Communauté française Le , la RTB ajoute le F pour affirmer son autonomie. Mais les difficultés financières s'amoncellent dans le cadre d'une concurrence de plus en plus ouverte avec les radios privées.

En avril 1991, la publicité commerciale est autorisée sur les ondes.

Un premier plan de réforme baptisé Objectif 93, mais lancé en 1991 tend à resserrer la gestion de la RTBF. Il aura notamment pour conséquence, la suppression de l'orchestre symphonique et le passage à la trappe des émissions en ondes courtes ainsi que le départ à la retraite de 600 collaborateurs sur les 2600 que compte la RTBF.

Le la première émission radio est émise d'un studio entièrement numérique à Namur.

À la rentrée, le , cinq radios de la RTBF sont émises depuis le boulevard Reyers avec pour conséquence, l'abandon de Flagey : La Première, chaîne de l'information, Fréquence Wallonie, chaîne des régions avec des décrochages par centre de production pour les informations (matin, midi et soir) ainsi que pour les émissions dialectales en wallon du vendredi soir, Musique 3, la chaîne des musiques et de la culture, Radio 21, chaîne des 18-35, Bruxelles capitale qui couvre la région du même nom.

Les difficultés financières liées au désengagement des pouvoirs subsidiants et l'augmentation des dépenses de la radio-télévision vont amener les organes de gestion à mettre en route un autre plan de réforme baptisé Horizon 97 ; une des conséquences sera la mise à l'écart de 650 agents sur 3200.

En octobre 2002 : réforme des radios de la RTBF, pour mieux s'adapter à la concurrence.

Radios privées Avant la Seconde Guerre mondiale