Georg Friedrich Rudolph Theodor Herwegh (Stuttgart, - Baden-Baden, ), est un poète, révolutionnaire et traducteur wurtembergeois.

Démocrate radical, il prend part à l'insurrection badoise de Friedrich Hecker en .

Biographie

Fils d'aubergiste, Georg Herwegh fait ses études à Stuttgart, à Maulbronn et à Tübingen, où il suit des cours de théologieGustave Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains, vol. I (A-H), Hachette, 1858, pp. 874-875.. Il traduit en allemand des poèmes d'Alphonse de Lamartine et fournit des articles de critique au journal Europa d'.

Lors de son service militaire, une querelle avec un officier wurtembergeois l'oblige à s'exiler en Suisse en 1839. C'est donc à Zurich qu'il publie en 1841 les Chants d'un vivant (Gedichte eines Lebendigen), un recueil de poésies engagées dont la rhétorique libertaire lui vaut un succès considérable..

Après un retour triomphal dans son pays en 1842, il est banni en raison de la publication, contre son gré, d'une lettre virulente adressée au roi de Prusse, qui admire son talent. Il se retire à nouveau à Zurich, où il publie en 1843 ses Vingt-et-une feuilles de Suisse (Einundzwanzig Bogen aus der Schweiz). Persona non grata auprès des autorités conservatrices zurichoises pour avoir écrit des articles pour des journaux radicaux et menacé d'arrestation pour désertion par les autorités du Wurtemberg, il doit se réfugier à Bâle. En 1845, il s'installe à Paris.

thumb|upright=2|Trajet des troupes révolutionnaires dans le sud-Bade en avril 1848. En violet, le parcours de la « Légion démocratique » d'Herwegh. Herwegh et d'autres démocrates allemands exilés à Paris, comme Adelbert von Bornstedt, fondent une « Société démocratique » au lendemain de la Révolution française de 1848 (). Ce club prépare la constitution d'une « Légion des démocrates allemands », qui compte entre et et qui a pour but d'aider l'insurrection républicaine de Friedrich Hecker et Gustav Struve en Allemagne avant de se porter au secours des Polonais opprimés. Cette entreprise, comparable à celle de la légion belge, a bénéficié de l'aide du gouvernement français de Lamartine, qui souhaitait peut-être se débarrasser ainsi d'une source potentielle de désordre. Elle était soutenue par Ney de la Moskowa et Bakounine mais vivement critiquée par Marx et EngelsSur la « Société démocratique » de Georg Herwegh, voir Alphonse Lucas, Les clubs et les clubistes : histoire complète, critique et anecdotique des clubs et des comités électoraux fondés à Paris depuis la révolution de 1848, E. Dentu, Paris, 1851, p. 10-15. Voir aussi l'introduction de Charles Andler au Manifeste communiste de Marx et Engels, Paris, Société nouvelle de librairie et d'édition, 1901, pp. 43-44..

Parties de Paris le 24 et le Louis-Antoine Garnier-Pagès, Histoire de la Révolution de 1848, 2e éd., t. 4, vol. II, Paris, Pagnerre, 1866, p. 261., les troupes d'Herwegh arrivent cependant trop tard : Hecker est vaincu par l'armée régulière de la Confédération germanique à Kandern le . Or la « Légion démocratique » ne traverse le Rhin, entre Kembs et Kleinkems, que le à une heure et demie et n'arrive sur les lieux de la défaite que le . Après avoir tenté en vain de rejoindre un autre bataillon d'insurgés commandé par Franz Sigel, Herwegh fait battre ses troupes en retraite vers la Suisse voisine. Il est rattrapé et battu par l'armée régulière à Dossenbach (aujourd'hui quartier de Schwörstadt, près de la frontière suisse) le . Vaincu, Herwegh et plusieurs de ses camarades sont contraints de prendre la fuite en SuisseLouis-Antoine Garnier-Pagès, Histoire de la Révolution de 1848, 2e éd., t. 7, vol. II, Paris, Pagnerre, 1866, pp. 327, 335, 337, 340.. Il se réfugia ensuite dans le sud de la France.

Heinrich Heine, dont il fait la connaissance à Paris en 1841, appelle Herwegh l'Heinrich Heine, Poésies inédites, in Œuvres complètes, vol. 9, Calmann-Lévy, 1885, p. 232..

Ami de Richard Wagner, Herwegh lui fait découvrir la philosophie de Schopenhauer en lui apportant Le Monde comme volonté et comme représentation (hiver 1853-54)Willy, Rythmes et rires, bibliothèque de La Plume, 1894, p. 17..

Vie privée Herwegh épouse le Emma Siegmund (1817-1904), fille d'un riche marchand grossiste en tissus, fournisseur de la Cour de tissus de soieD'après Herzen, il aurait été banquier.. Herwegh est connu pour ses conquêtes féminines et il a dans sa liste de Don Juan les plus belles femmes de son époque comme d'Agoult, aimée de Liszt. Il est également l'amant de la femme d'Alexandre Herzen, Natalia I. Paperno, Intimité et Histoire: drame familial de Herzen dans la conscience de l'intelligentsia russe. L'on sait que Herwegh a provoqué Herzen en duel en vain. Herzen évite ce duel, pas par lâcheté, mais par mépris pour Herwegh. Plus tard, Emma Herwegh s'est ouvertement offerte comme maîtresse à Herzen, mais ce dernier a refusé Viktor Chirokov, Géométrie amoureuse de Herzen, in Nacha Oulitsa, Journal, février 2009, n° 111..

Œuvres

Einundzwanzig Bogen aus der Schweiz ("Vingt-et-une feuilles de Suisse"), Zurich et Winterthur, Literarischen comptoirs, 1843 Gedichte eines Lebendigen, mit einer Dedikation an den Verstorbenen ("Chants d'un vivant, avec une dédicace aux morts"), éd., Zurich, Literarischen comptoirs, 1843-44 Briefe 1832-1848 (Lettres à Marie d'Agoult), 2005 « L' “Avant-mars”. Poésie et prose politiques de Georg Herwegh, poète du Vormärz », présentation, traduction et notes de Lucien Calvié, Revue de poésie La Mer gelée, n° thématique « Mars » , Vanloo, , 2024. ⟨hal-04799952⟩

Bibliographie : Herwegh, Georg Friedrich Rudolf Theodor Andreas. Dans: Geschichte der deutschen Arbeiterbewegung. Biographisches Lexikon. Dietz Verlag, Berlin 1970, p. 202–203. : Herwegh. Ein Heldenleben. Die Andere Bibliothek, Volume 173. Eichborn, Frankfurt am Main 1999, . C. A. Ewald: Georg Herweghs Beziehung zu Liestal und Baselland. Dans: , Organ der Gesellschaft für Baselbieter Heimatforschung, Volume 32, 1967, Heft 3, p. 157–170 (Digitalisat).

(dir.): „Der Freiheit eine Gasse.“ Aus dem Leben und Werk Georg Herweghs. Volk und Welt, Berlin 1948. Bruno Kaiser (dir.): Georg Herwegh. Frühe Publizistik 1837–1841. Akademie-Verlag, Berlin 1971. : Die eiserne Lerche. Die Lebensgeschichte des Georg Herwegh. Beltz und Gelberg, Weinheim 1993, Thomas Kastura: Schaumschläger oder Revolutionär. Rezension bei literaturkritik.de, Nr. 10, Oktober 1999 (1. Jahrgang), abgerufen am 1. Juli 2018..

Herfried Münkler: Georg Herwegh (1817–1875): Ein Republikaner in Wort und Tat, dans: Frank-Walter Steinmeier (dir.), Wegbereiter der deutschen Demokratie. 30 mutige Frauen und Männer 1789–1918, Munich (C.H.Beck), 2021, p. 143–156. Walter Schmitz: Das lyrische Werk von Georg Herwegh. Dans: Walter Jens (dir.): Kindlers Neues Literatur-Lexikon. Das 23-bändige Werk auf CD-ROM. Kindler, Munich 2000, . Georg Herwegh. Dans: Heinz Ludwig Arnold (dir.): Kindlers Literatur Lexikon. 3., völlig neu bearbeitete Auflage. Metzler, Stuttgart/Weimar 2009, , Volume 7, p. 428 f. : Der demokrat’sche Bänkelsänger. In: Der Spiegel. Nr. 21, 2017, S. 110–113 : Georg Herwegh. Eine Biographie. Seine Zeit – unsere Geschichte, Wallstein Verlag, Götting 2020, .

Notes et références

Liens externes

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