Le lac Ontario (en ) est l'un des cinq Grands Lacs d'Amérique du Nord. Il est bordé au nord, à l'ouest et au sud-ouest par la province canadienne de l'Ontario, et au sud et à l'est par l'État américain de New York. Les eaux du lac Ontario sont partagées par la frontière canado-américaine. Du côté canadien, les principales villes sur le rivage du lac Ontario sont Kingston, Mississauga, Toronto, Hamilton et St. Catharines.. Du côté américain, les principales villes sur les rives sont Rochester, Watertown et Oswego.
Le lac Ontario est le dernier des Grands Lacs et sert d'exutoire à l'océan Atlantique par le fleuve Saint-Laurent, constituant ainsi l'extrémité ouest de la voie maritime du Saint-Laurent. Son principal affluent est la rivière Niagara, via les chutes du Niagara, provenant du lac Érié. Le barrage de Long Sault, ainsi que le barrage hydroélectrique Moses-Saunders, régule le niveau d'eau du lac..
Toponymie Évolutions successives du nom du lac L'explorateur français Samuel de Champlain a baptisé ce lac « Lac de Saint-Louis » en 1632, nom qui a perduré jusqu'à la fin du .
Le nom Ontarí'io est le plus souvent traduit du huron (ou wyandot), langue iroquoienne locale, par « beau lac ».. ou bien par « lac aux eaux brillantes ».. mais d'autres traductions existent.. Il pourrait également signifier « miroir de l'eau » en huron..
Le lac Ontario est également connu sous de nombreuses autres appellations.
Il est appelé Niigaani-gichigami par les Anichinabés..
La Relation des Jésuites (1662-1663) le désigne sous le nom de « lac Ontario » mais y réfère aussi parfois sous le nom de « grand lac des Iroquois »..
Dans ses Mémoires (publiés en 1703), le baron de Lahontan fait allusion à ce lac qu'il nomme « lac Frontenac », en indiquant que le s'y décharge .. Ce nom apparaît encore en 1712, sur une carte française réalisée par Jean-Baptiste de Couagne, et présentée au Musée canadien des Civilisations.
Le lac fut enfin désigné par le passé comme « lac Saint-Louis » ainsi que « lac Cataraqui », « Katarakui » ou « Cataracui ».., transcriptions françaises du mohawk Katarokwi...
C'est le lac Ontario qui a donné son nom à la province de l'Ontario. Le lac a également donné son nom à un lac sur un satellite de Saturne, Titan..
Décret de Donald Trump visant à débaptiser le lac Ontario Le , le président des États-Unis, Donald Trump, signe un pour débaptiser le lac Ontario afin de le renommer unilatéralement « lac Amérique ». Le décret ne s'applique qu'aux organismes fédéraux américains et n'a aucune portée internationale. Il s'agit de représailles consécutives à l'échec des négociations commerciales entre les États-Unis d'Amérique et le Canada.. Le texte accorde au secrétaire à l'Intérieur, Doug Burgum, pour collaborer avec le Bureau américain des noms géographiques afin de renommer « Lake Ontario » en « Lake America » dans les registres fédéraux officiels..
Dans la foulée de ce décret, Trump déclare : , vraisemblablement en « océan américain » ou « océan d'Amérique »....
Pour les géographes Reuben Rose-Redwood et Derek Alderman, l'obsession de Trump pour le nommage des lieux a donné naissance à un nouveau terme : le « narcissisme toponymique ».
Réactions canadiennes et américaines Le premier ministre du Canada Mark Carney, soutenu par le premier ministre de l'Ontario Doug Ford, réagit sur son compte X : . De son côté, la ministre de l'Industrie Mélanie Joly déclare son attachement au nom autochtone du lac : ..
Par ailleurs, Kathy Hochul, gouverneur de l'État de New York, le seul État américain bordant le lac, réagit sèchement à cette initiative du président : .. Faisant allusion à l'acronyme « HOMES », un moyen mnémotechnique que les élèves utilisent pour retenir le nom des Grands Lacs (Huron, Ontario, Michigan, Érié et Supérieur), Kathy Hochul déclare par l'intermédiaire de son service de presse : . (Supérieur, Huron, Amérique, Michigan et Érié).
Adaptation des applications de cartographie Depuis le , les utilisateurs de Google Maps aux États-Unis voient le nom du lac changé en « », s'alignant ainsi sur la désignation officielle fournie par le Geographic Names Information System (GNIS).. La dénomination « lac Ontario » reste utilisée au Canada. Dans le reste du monde, les deux noms apparaissent côte-à-côte.. Apple applique les mêmes changements sur son application Plans le , suite à une sollicitation de Doug Burgum, alors secrétaire à l'Intérieur des États-Unis....
En revanche, MapQuest déclare le que le lac Ontario garderait son nom sur son application.. La publication partagée sur son compte X est vue par de nombreux internautes et suscite de nombreuses réactions. L'engouement est si fort que l'application MapQuest se hisse à la fin du mois d' au sommet des téléchargements sur iPhone, au Canada comme aux États-Unis.
Résolution III/20 sur les entités géographiques partagées La résolution III/20, adoptée lors de la troisième Conférence des Nations unies sur la normalisation des noms géographiques (Athènes, 1977), traite des « noms des détails topographiques qui s'étendent au-delà d'une même souveraineté ». Elle recommande en premier lieu que les États concernés s'efforcent de parvenir à une dénomination commune pour les entités géographiques qu'ils partagent — qu'il s'agisse d'un lac, d'un cours d'eau ou d'une chaîne de montagnes traversant une frontière. Lorsque aucun accord n'est possible, la pratique cartographique internationale consiste à employer les dénominations utilisées par chacun des pays. La résolution souligne qu'une politique visant à retenir systématiquement un seul nom en excluant les autres serait à la fois injustifiable en principe et inadaptée en pratique. L'Organisation des Nations unies n'a pas vocation à arbitrer ni à imposer une dénomination unique.
De plus, la préservation des noms géographiques en tant qu'éléments du patrimoine culturel immatériel revêt désormais une importance majeure, en particulier lorsqu'il s'agit de toponymes issus des langues des peuples autochtones, des minorités nationales ou des communautés linguistiques régionales.
Géographie et hydrologie
vignette|alt=Carte montrant le bassin versant du lac Ontario.|Bassin versant du lac Ontario. Le lac Ontario est le lac situé le plus à l'est des Grands Lacs et le plus petit en termes de surface, avec , bien qu'il dépasse le lac Érié en termes de volume, avec contre . Il est le plus grand lac du monde. En tant que dernier maillon de la chaîne hydrologique des Grands Lacs, le lac Ontario présente l'altitude moyenne la plus basse du système, s'élevant à au-dessus du niveau de la mer, soit de moins que le lac voisin en amont (le lac Érié). Ses dimensions maximales sont de en longueur et en largeur. Le lac constitue une partie de la frontière entre le Canada et les États-Unis.. La profondeur moyenne du lac est de , avec une profondeur maximale de mesurée dans le bassin de Rochester.
La source principale du lac est la rivière Niagara, qui draine le lac Érié. Son émissaire est le fleuve Saint-Laurent. Son bassin versant couvre une superficie de et inclut les villes de Toronto et Hamilton.. Tout comme les autres Grands Lacs, son niveau d'eau fluctue durant l'année, en raison des changements saisonniers d'apports hydriques, ainsi que d'une année à une autre, selon des tendances de précipitation à long-terme... Ces fluctuations du niveau de l'eau font partie intégrante de l'écologie du lac et contribuent à la formation et au maintien de vastes zones humides. Le lac abrite également une importante pêche en eau douce, bien que celle-ci ait été affectée négativement par des facteurs tels que la surpêche, la pollution de l'eau et les espèces invasives..
Les barres de Baymouth, ou les cordons littoraux, formées par les vents dominants et les courants, ont créé un nombre important de lagons et de ports abrités., principalement près (mais pas uniquement) du comté de Prince Edward, en Ontario, et des rives les plus à l'est. L'exemple le plus connu de ce phénomène est sûrement la baie de Toronto, choisie comme capitale du Haut-Canada en raison de son port stratégique... D'autres exemples notables incluent le port de Hamilton, la baie d'Irondequoit, la baie de Presqu'ile et la baie de Sodus. Les barres elles-mêmes abritent de longues plages, comme celles du parc provincial de Sandbanks et du parc d'État de Sandy Island Beach. Ces bancs de sable sont souvent associés à de vastes zones humides, qui soutiennent un grand nombre d'espèces végétales et animales, tout en offrant des zones de repos essentielles pour les oiseaux migrateurs. La presqu'île, sur la rive nord du lac Ontario, est particulièrement importante à cet égard. Une caractéristique unique du lac est la baie de Quinte en forme de Z, qui sépare le comté de Prince Edward du continent ontarien, à l'exception d'un isthme de près de Trenton ; cette configuration favorise également la présence de nombreuses zones humides et de plantes aquatiques, ainsi que des pêcheries associées.
Les principales rivières se jetant dans le lac Ontario comprennent la rivière Niagara, la rivière Don, la rivière Humber, la rivière Rouge, la rivière Trent, la rivière Cataraqui, la rivière Genesee, la rivière Oswego, la Black River, la , la et la .. Le canal Welland se jette également dans le lac.
Géologie Le bassin du lac a été sculpté dans les roches tendres et friables de l'âge du Silurien par la calotte glaciaire laurentide au cours de la dernière période glaciaire.. L'action de la glace s'est effectuée le long de la vallée préglaciaire de la qui avait à peu près la même orientation que le bassin d'aujourd'hui. Les matériaux poussés vers le sud par la calotte glaciaire ont formé des reliefs tels que des drumlins, des kames et des moraines, se trouvant aujourd'hui tant sur les terres émergées qu'au fond du lac, réorganisant ainsi l'ensemble du système de drainage de la région.. À mesure que la calotte glaciaire se retirait vers le nord, elle obstruait encore l'exutoire de la vallée du Saint-Laurent, de sorte que le niveau de la surface du lac est monté. Cette étape est connue sous le nom de lac Iroquois. Le lac a été drainé à travers l'actuelle Syracuse (New York) puis par la vallée de la rivière Mohawk et du fleuve Hudson jusqu'à l'Atlantique. Le littoral de l'époque peut être reconnu par les paléoplages situées 10 à 25 milles (16 à ) du littoral actuel...
alt=Profil en long du réseau hydrographique des Grands Lacs.|vignette|292x292px|Profil en long du réseau hydrographique des Grands Lacs. Lors du retrait définitif des glaces de la vallée du Saint-Laurent, l'exutoire se situait sous le niveau de la mer. Durant une courte période, le lac devint ainsi une extension de l'océan Atlantique, intégrée à la mer de Champlain.. La croûte terrestre s'est ensuite progressivement soulevée à la suite du rebond isostatique, libérée du poids d'une calotte glaciaire qui atteignait environ d'épaisseur... Ce soulèvement se poursuit actuellement à un rythme d'environ par siècle dans la région du Saint-Laurent. Cette zone ayant été la dernière libérée par les glaces, elle connaît aujourd'hui le rebond le plus rapide. Ce phénomène entraîne un basculement progressif de la cuvette lacustre vers le sud, provoquant l'immersion de la rive méridionale et transformant les vallées fluviales en baies. Si l'érosion littorale affecte l'ensemble des berges, ce basculement en accentue les effets sur la rive sud, entraînant des pertes foncières pour les propriétaires riverains..
Climat vignette|Le est gelé. Des plaques de glace peuvent se former le long des rives du lac Ontario pendant l'hiver.|alt=Port d'Hamilton gelé et recouvert de plaques de glace.