Le christianisme est une religion originaire du Proche-Orient, fondée sur l'enseignement, la personne et la vie de Jésus de Nazareth, tels qu'interprétés à partir du Nouveau Testament. Il s'agit d'une religion du salut considérant Jésus-Christ comme le Messie annoncé par les prophètes de l'Ancien Testament. La foi en la résurrection de Jésus est au cœur du christianisme car elle signifie le début d'un espoir d'éternité libéré du mal et de la souffrance.

Les premières communautés chrétiennes naissent au en Terre sainte et dans les grandes villes de la diaspora juive telles que Rome, Éphèse, Antioche et Alexandrie. Le christianisme se développe à partir du dans l'Empire romain, dont il devient la religion officielle à la fin du , mais aussi en Perse, en Inde et en Éthiopie. Au Moyen Âge, le christianisme devient majoritaire en Europe, tandis qu'il s'amenuise face à l'islam au Proche-Orient. Il est devenu la religion la plus importante de la planète en raison de son expansion en Amérique à partir du et en Afrique depuis le . Il est actuellement présent dans tous les pays. En 2021, le nombre total de chrétiens dans le monde est évalué à , ce qui en fait la religion comptant le plus de fidèles, devant l'islam (avec 1,926 milliard de musulmans) et l'hindouisme (avec 1,074 milliard d'hindous)Status of Global Christianity, 2021, in the Context of 1900–2050, consulté le 27 septembre 2021..

Les Églises chrétiennes sont regroupées en différentes branches, dont les principales sont le catholicisme, le christianisme orthodoxe et le protestantisme (avec sa branche évangélique) représentant respectivement 51 %, 11 % et 37 % du total des chrétiens en 2017.

Étymologie

Le nom vient du mot grec Χριστός, Khristós, qui traduit l'hébreu Messie, מָשִׁיחַ - mashia'h (). Ce mot, originellement appliqué à différents personnages de la Bible (prophètes et rois), désigne dans le judaïsme tardif un personnage, issu de la ligne du roi David, qui viendra à la fin des temps apporter une ère de paix et de bonheur éternel. Le nom de Jésus-Christ a été donné par les chrétiens à Jésus, qu'ils considèrent comme étant le Messie prophétisé dans l'Ancien Testament.

Le mot Χριστιανός (Khristianós, chrétien) n'est pas utilisé par les Évangiles pour désigner les disciples de Jésus. Les Actes des Apôtres (11:26) indiquent que le nom de , dérivé de , signifiant , fut attribué aux disciples de Jésus de Nazareth à Antioche., en Syrie antique, qui était à l'époque une ville de langue grecqueE. Peterson (1959), "Christianus", in Frühkirche, Judentum und Gnosis, Herder, Freiburg, p. 353–372.. Les chrétiens ont rapidement adopté cette désignation pour eux-mêmes (Actes 26:28 ; 1 Pierre 4:16).

L'emploi le plus ancien du terme Χρῑστῐᾱνισμός (Khrīstiānismós, christianisme) se trouve dans la lettre de l'évêque syrien Ignace d'Antioche aux Magnésiens à la fin du Lettre d'Ignace d'Antioche aux Magnésiens, note 14, dans Les Pères apostoliques, Coll. Foi vivante, Cerf, 1998 174..

Croyances Le christianisme regroupe différents courants de théologie chrétienne, dont les principaux sont conservateur fondamentaliste ou modéré, libéral et progressiste George Yancey, Marie A. Eisenstein, Ryan P. Burge, Christian Theology and Attitudes Toward Political and Religious Ideological Groups, Interdisciplinary Journal of Research on Religion, Vol. 13, 2017, p. 8 Jennifer McBride, The Church for the World: A Theology of Public Witness, Oxford University Press USA, USA, 2014, p. 49.

Le fondement historique du christianisme est la foi en Jésus-Christ, Messie et Fils de Dieu, sa crucifixion et résurrection, ce qui est appelé kérygme J. Gordon Melton, Martin Baumann, Religions of the World: A Comprehensive Encyclopedia of Beliefs and Practices, ABC-CLIO, USA, 2010, p. 634-635. Schubert M. Ogden, The Understanding of Christian Faith, Wipf and Stock Publishers, USA, 2010, p. 74.. La résurrection est pour les premiers chrétiens le « signe indubitable » de la divinité du ChristPierre Liégé et Encyclopédie Universalis, Christianisme, dans : Encyclopédie Universalis, Paris, 1988.. Le christianisme est ainsi la religion de ceux qui croient en la divinité de Jésus, le ChristGrande Encyclopédie Larousse, Christianisme. La crucifixion et la résurrection montrent Timothy Ware, L'orthodoxie, L'Église des sept conciles, Desclée de Brouwer, Bruges, 1968, .. La résurrection du Christ symbolise l'idée que l'homme peut faire confiance au Bien, s'engager pour le Bien : Timothy Ware, L'Orthodoxie, L'Église des sept conciles, Desclée de Brouwer, Bruges, 1968, .. La Résurrection signifie aussi que Jésus continue de vivre avec ses disciples qui, par la foi, vivent de sa présence.

Le plus ancien témoignage écrit du kérygme, le noyau de la foi chrétienne, se trouve exprimé dans la Première épître aux Corinthiens, ch. 15 : Jacques Guillet, Jésus dans la foi des premiers disciples, Desclée de Brouwer, Paris, 1995, ..

Des professions de foi (ou credo) sont venues préciser la foi chrétienne, la principale étant le symbole de Nicée-Constantinople Anthony Towey, An Introduction to Christian Theology, T&T Clark, UK, 2013, p. 202-203.. Ces professions de foi sont divisées en quatre parties. La première confirme la doctrine monothéiste du christianisme en stipulant qu'il n'y a qu'un seul Dieu qui est aussi le Créateur. La seconde partie énonce que Jésus-Christ est le fils unique de Dieu et qu'il a souffert, est mort, a été enseveli et est ressuscité avant de monter au ciel afin de juger les vivants et les morts. L'expression de fils relève de la continuité de la tradition biblique, mais les chrétiens proclament que c'est Dieu qui se révèle de façon unique en son fils Jésus-Christ. La troisième partie des professions de foi dit que l'Esprit saint, puissance agissante de Dieu, anime et sanctifie l’Église et, finalement, la quatrième partie énonce que Jésus-Christ a institué une Église sur Terre.

Nouvelle lecture de l'Ancien Testament

vignette|Le péché originel représenté par Le Dominiquin, Chatsworth House. À la Bible hébraïque, qui correspond à ce que les chrétiens nomment l'Ancien Testament, les premiers siècles du christianisme ont adjoint le Nouveau Testament ; réunis, ces deux textes constituent la Bible chrétienne, qui présente quelques variantes selon les confessions, notamment les Livres deutérocanoniques. Le canon du Nouveau Testament est composé de 27 écrits : les quatre évangiles canoniques, les Actes des Apôtres, les épîtres de plusieurs apôtres aux premières communautés chrétiennes et l'Apocalypse. ; il exclut de nombreux textes chrétiens apocryphes, parmi lesquels une douzaine d’évangiles. Il rejette en particulier celui de Thomas, qualifié de gnostique.

Dès le , le concile de Jérusalem dut se prononcer sur la continuité de la nouvelle foi avec la Torah. Les chrétiens précisent que le Nouveau Testament ne vient pas remplacer l'« Ancien » mais l'accomplir.

Marcion, vers 140, rejeta la présence de l'Ancien Testament dans le canon chrétien. Le marcionisme distingue le Dieu créateur de l'Ancien Testament du Dieu d'amour des écrits pauliniens. Ces idées furent condamnées par le presbyterium romain présidé par l'évêque Anicet en 144.. La doctrine de Marcion resta cependant largement répandue dans tout le bassin méditerranéen pendant environ deux siècles. Elle laissera des traces dans les mentalités jusqu'à nos joursBéatrice de Varine, Juifs et chrétiens, repères pour dix-neuf siècles d'histoire, Desclée de Brouwer.

Irénée de Lyon affirme à la même époque que la Loi a été abrégée et non abrogée. Il bâtit une théologie de l'Histoire qui donne un sens à celle-ci, déterminé par le plan de Dieu, de la création à l'Incarnation et dans l'attente du retour du Christ..

L'inculturation du christianisme dans la civilisation gréco-romaine est l'œuvre des Pères de l'Église vers la fin du .. Nés pour la plupart dans des familles chrétiennes de l'élite locale, ils effectuent un travail de réappropriation de la Bible hébraïque, dont les citations abondent dans leurs ouvrages, associée à la philosophie grecque.

Révélation de Dieu comme amour

. Pour Hans Urs von Balthasar, cet énoncé constitue le cœur du discours chrétien sur Dieu : Pascal Ide, Une théologie de l'amour. L'amour centre de la Trilogie de Hans Urs von Balthasar, Lessius, Bruxelles, 2012, .. Catéchisme de l'Église catholique, Centurion/Cerf/Fleurus-Mame/Librairie éditrice vaticane, Paris, 1998, .. ajoute : , Dieu est Amour, encyclique Deus caritas est, Pierre Tequi, Paris, 2006, ..

Au sujet de la phrase , François Varillon écrit que et que mais François Varillon, sj, Joie de croire, joie de vivre, Conférences recueillies par Bernard Housset, préf. René Rémond, 1981, rééd. Bayard, 2019 , p. 46-48.. En récapitulant les attributs de Dieu (toute-puissance, sagesse, beauté, infini), Varillon constate qu'ils ne sont autres que . Il conclut : ..

L'exclamation de Timothy Radcliffe est représentative : Timothy Radcliffe, Pourquoi donc être chrétien? , traduit de l'anglais par D. Barrios Delgado, éditions du Cerf, Paris, 2006, ..

Morale chrétienne

Deux textes du Nouveau Testament sont fondamentaux pour la morale chrétienne : le Sermon sur la montagne dans l'Évangile selon Matthieu et l'Épître de Paul aux Romains. ; ils furent longuement commentés par nombre de théologiens tels qu'Augustin d'Hippone ou Thomas d'Aquin. Le Sermon assigne au croyant des objectifs de perfection difficilement réalisables. Le péché, honni mais inévitable, est ainsi une notion centrale dans le christianisme..

En lien avec la morale chrétienne et à sa racine se trouvent les trois vertus théologales citées par Paul de Tarse. que sont la foi, l'espérance et la charité.

Doctrine sociale

Né dans la société romaine reposant sur l'esclavage, le christianisme proclame que les hommes sont frères dans la foi en Christ mais ne remet pas en cause l'ordre établi et prône l'obéissance des esclaves à leur maître..

Le christianisme privilégie la charité envers les pauvres et les malades ; dès le , l'organisation de la diaconie établit des listes de pauvres et consacre à leur entretien une part des revenus des églises.. Le prêt à intérêt est donc interdit aux chrétiens par l'Église catholique comme contraire à cette notion..

Au , Calvin remet en cause cet interdit, ce qui le fait parfois qualifier de père du capitalisme, mais s'il légitime le prêt d'investissement, il ne remet pas en cause l'obligation de gratuité du prêt d'assistance au prochain dans le besoin. À la même époque, des institutions catholiques fondent les premiers monts-de-piété.

Au , les révoltes des ouvriers face à leur misère croissante amènent Frédéric Ozanam à fonder la société de Saint-Vincent-de-Paul pour l'aide aux pauvresGérard Cholvy, Frédéric Ozanam, l'engagement d'un intellectuel catholique au , .Madeleine des Rivières, Ozanam, un savant chez les pauvres, Les Éditions Bellarmin, Montréal et Les Éditions du Cerf, Paris, 1984, ., début de l'action du catholicisme social. En 1891, l'encyclique Rerum novarum de établit les grands principes de la doctrine sociale de l'Église catholique.